Gérer son stress à l’examen

La mauvaise gestion du stress est une des principales sources d’échec à l’examen moto. Le stress est une réaction normale du corps humain : il est possible d’en faire un atout, s’il est bien géré, grâce à une bonne préparation avant et pendant le jour du permis.

Première publication en janvier 2007.
Mise à jour en mars 2020.

Explications

Le problème avec le permis moto, c’est qu’on a tant envie de l’obtenir…

Tout le monde passe le permis B, celui pour conduire une voiture, une de ces caisses de métal à quatre roues, un des fondements de notre société industrielle et individualiste.
Le permis B est une nécessité, une étape obligée, et pour tout dire, presque une formalité. Qui peut déjà poser problème pour certaines personnes (et j’en ai fait partie)…

Le permis moto, c’est autre chose !
On ne le passe pas par hasard ou par obligation. Mais par goût, de sa propre volonté née du désir de conduire une moto : en un mot, par passion.
D’où un investissement affectif bien plus grand. Même si l’on a déjà conduit un deux-roues motorisé, un scooter, une mobylette, une 125 cc… la première fois que l’on enfourche la moto d’école reste un moment d’émotion.

L’apprentissage nous fait ensuite prendre conscience de la difficulté que représente la maîtrise d’un tel engin.
On tombe ou on voit les autres tomber. On a tant de mal à pencher cette p… de s… de moto, à réussir ce b… de m… de demi-tour, à ne pas toucher ces c… de poteaux et de plots sur le lent !

Dans le même temps, les moniteurs nous montrent à quel point ce permis est bien plus difficile que le B, on voit les autres élèves plus expérimentés revenir d’examen l’oreille basse et le casque lourd de peine et de sueur au bout du bras.
Bref, on doute !

Et c’est bien ce stress lié à l’examen, surtout à celui du « plateau », qui constitue la plus grande difficulté à surmonter pour réussir.

Celui qui dit qu’il n’en a rien à faire est un menteur. Que ferait-il ici ? Il aurait dépensé tout cet argent et ce temps juste pour le plaisir de rater l’examen ? Cette bonne blague… Il flippe lui aussi, mais il ne veut pas le dire.

Avant l’examen

L’anxiété, l’angoisse, appelez ça comme vous voulez selon l’intensité de cette force qui serre le coeur et bloque le cerveau, c’est votre plus grand défi.

A faire !

Si vous êtes d’un naturel anxieux, que vous stressez facilement, que vous étiez déjà limite en panique lors de l’évaluation initiale, que le moindre examen blanc vous fait trembler… il serait bon d’anticiper le stress à l’examen.

Avant tout, informez-vous !
Rien ne fait plus peur que l’inconnu. Renseignez-vous sur comment se passe l’examen. Discutez avec votre formateur, mais aussi avec les autres élèves qui ont déjà passé le plateau et préparent la circulation. Regardez des vidéos en ligne (qui ne seront jamais filmées pendant un véritable examen, c’est interdit).

Vous avez aussi le droit d’aller assister à un examen, c’est gratuit, c’est (plus ou moins) autorisé… à différents échelons selon les centres d’examen.
Dans tous les cas, vous avez le droit d’aller reconnaître les lieux, de voir où c’est, à quoi ça ressemble.
Assez souvent, vous avez le droit d’accompagner le formateur à un examen, à condition de rester loin en retrait, de ne rien dire (pas un mot !), de rester à côté de la voiture sur le parking.
Attention, si vous n’êtes pas candidat, vous n’avez pas le droit de pénétrer sur les parcours, sur le plateau. Voire d’entrer dans le bâtiment du centre d’examen (s’il y en a un), mais cela dépend des centres.

Autre chose : il est strictement interdit de filmer ou de prendre des photos sur un centre d’examen du permis de conduire !
Le mieux est d’éteindre votre téléphone avant de sortir de la voiture et de ne pas y toucher tant que vous êtes sur le centre d’examen.

La première chose à faire est de se préparer mentalement bien à l’avance.
Et si vous sentez que vous stressez déjà rien que d’y penser, il ne faut pas hésiter à vous faire aider.

Demandez à votre école de vous faire passer au moins un examen blanc.
Cet examen blanc doit se rapprocher le plus possible des vraies conditions. Evidemment, il ne pourra pas se faire sur le centre d’examen, vous serez forcément sur votre piste d’entraînement que vous connaissez, ans un environnement qui ne sera pas celui du centre d’examen.
Dans la mesure du possible, l’examen blanc ne doit pas être mené par votre formateur habituel, mais par quelqu’un d’autre (qui sait comment ça se passe, bien sûr !). Encore mieux si vous ne connaissez pas cette personne, ce sera pareil avec l’inspecteur.
Un formateur qui connaît son boulot change d’attitude lors d’un examen blanc : il doit vous vouvoyer, vous appeler « Monsieur » ou « Madame », rester sérieux, avoir le même discours et la même attitude qu’un inspecteur.

Il y a des moyens de combattre l’anxiété.
D’abord l’expérience, directe ou indirecte : s’informer, se préparer, répéter (examen blanc).
Mais aussi des exercices de relaxation, de maîtrise de la respiration, de sophrologie, de yoga.
Voire un recours à l’hypnose thérapeutique, ça marche très bien pour les examens de conduite !

Des traitements médicamenteux (mais sans effets secondaires ni accoutumance) peuvent aider contre l’anxiété légère.
En homéopathie, je conseille Sédatif PC + Zenalia : Sédatif PC à prendre à partir de 2-3 jours avant l’épreuve, Zenalia dans l’heure précédente.
En traitement de fond, à commencer 15-20 jours avant l’épreuve, préférer la phytothérapie : Phytotrac + Euphytose + Vagostabyl.

Si vous éprouvez des problèmes à rester concentré(e), vous pouvez demander à votre médecin traitant de vous prescrire des bêta-bloquants à faible dose.

A ne pas faire !

Déjà évitez de vous rajouter de la pression inutile
Dans la mesure du possible, essayez de ne pas trop en parler autour de vous.
Vos proches savent sans doute que vous préparez le permis, mais est-il nécessaire de leur annoncer la date de l’examen ?
Même avec les meilleures intentions du monde, les sollicitations de l’entourage peuvent mettre la pression.
Il vaut mieux le leur dire qu’une fois que vous aurez le permis en poche, ils auront la bonne surprise d’apprendre la nouvelle.

Dans la même logique, je ne pense pas que ce soit une bonne idée d’acheter sa moto avant d’avoir le permis.
Je pourrais vous lister plein d’arguments, mais le plus important est que cela vous ajoute une pression de malade : très souvent, vous vous mettez une forme d’impératif à réussir pour pouvoir conduire cette bécane qui vous attend dans le garage, devant laquelle vous passez tous les jours…

Soyez sûr(e) de vous, de votre niveau !
Si vous n’êtes pas constant à l’entraînement sur l’ensemble du parcours, mieux vaut attendre une semaine de plus, prendre deux ou trois heures de cours supplémentaires. Car si vous vous plantez, vous les prendrez quand même, vous paierez en plus une autre présentation et vous devrez attendre encore plus longtemps.

Ne tentez pas l’examen sans vous y être sérieusement préparé !
L’examen du permis de conduire n’est pas une loterie. Ne vous dites pas que « sur un malentendu, ça peut marcher ! » : cela ne marchera pas, croyez-moi…

Juste avant l’examen

A faire !

Comme pour l’examen de code, il est important d’avoir ses affaires prêtes la veille de l’examen, ses papiers, etc.
Il faut que tout soit déjà prêt pour ne pas paniquer le matin avant de partir.

Le jour de l’examen, SOYEZ A L’HEURE au rendez-vous et ayez avec vous TOUS LES DOCUMENTS nécessaires.
En l’occurrence, arrivez plutôt dix minutes avant l’heure qu’après.

La plupart des écoles de conduite proposent un rendez-vous dans leur bureau avant d’aller au centre d’examen…
Si vous préférez vous rendre par vous-même sur le centre d’examen, vérifiez bien votre itinéraire la veille (pas cinq minutes avant de partir !) et prévoyez un plan B en cas de travaux, embouteillage, panne…

La veille de l’examen, prenez un repas léger et équilibré, et couchez-vous tôt.

A ne pas faire !

Evitez les tranquillisants qui engendrent souvent une somnolence.

L’alcool est bien entendu proscrit, à part peut-être une petite bière car le houblon contient des bêta-bloquants qui favorisent la concentration (un truc appris en pratiquant le tir sportif)… mais attention à l’effet diurétique !

Quant au cannabis, je déconseille : il permet certes une certaine décontraction, mais induit une perte de vigilance et de concentration préjudiciable.
Sans parler de l’impact négatif sur votre image de marque au cas où l’inspecteur s’en rend compte.

A l’examen

Avant et pendant l’examen, évitez de communiquer votre stress et surtout de vous laisser contaminer par le stress des autres.
Il vaut mieux éviter de trop parler avec les autres candidats.
Il faut s’isoler, rester dans sa bulle, se concentrer sur sa performance.

Par contre, parlez-vous à vous-même ! Vous êtes seul(e) dans votre casque, profitez-en.
Se parler permet de se concentrer sur l’instant présent, sur ce que l’on doit faire là maintenant tout de suite.
Cela évite à l’esprit de s’éparpiller en pensant déjà à ce qui va arriver plus tard.
Se parler permet de se concentrer sur l’objectif immédiat et de ne pas se disperser en pensant à l’inspecteur, à la ligne, au freinage, au demi-tour… alors qu’on n’y est pas encore.

Vous avez même le droit de chanter !
Notamment sur le parcours lent où il y a un temps à respecter.
Si vous avez du mal à savoir s’ils sont dans le bon tempo, choisissez une chanson que vous aimez bien, que vous connaissez par coeur et que vous allez chronométrer.
Chanter, fredonner, chantonner vous permet de vous concentrer sur l’exercice tout en sachant où vous en êtes puisque vous connaissez la durée exacte de ce que vous chantez.

Il est déconseillé de manger, surtout beaucoup, juste avant l’examen.
Le sang affluerait dans l’appareil digestif, au détriment du cerveau et des muscles. Il faut avoir digéré depuis une bonne heure. Mieux vaut arriver un peu le ventre creux, ça stimule les réactions. En cas d’attente prolongée, une orange, une banane, c’est ce qu’il y a de mieux.

Et pensez à passer aux toilettes avant ! Surtout les filles…

Autre bonne idée, passer l’examen l’après-midi après une dernière séance d’entraînement le matin.
Cela permet de se rassurer, de s’échauffer, de bien se mettre la moto « dans les pattes ». Et aussi de discuter avec les élèves qui sont passés le matin pour anticiper les habitudes et l’humeur de l’inspecteur.

Une fois sur le plateau, profitez de chaque occasion de vous projeter mentalement dans les parcours à suivre.
Sur le parcours, vous allez vous arrêter trois fois :

  • à la fin du parcours lent sans passager,
  • à la fin du freinage (pour la montée du passager),
  • à la fin du parcours lent avec passager (pour la descente du passager).

Soit trois occasions de vous arrêter pour respirer, vous détendre un peu et réfléchir à la suite.
Ces trois zones d’arrêt sont dites « neutralisées », vous avez le droit de poser les deux pieds au sol et de rester à l’arrêt « un certain temps ».
Les consignes d’examen ne spécifient pas de minimum, ni de maximum pour les temps d’arrêt.
Evidemment, vous n’aurez pas plusieurs minutes, ni même plusieurs dizaines de secondes… Mais si besoin, vous pouvez vous « poser » cinq à dix secondes, l’inspecteur ne peut pas vous pénaliser pour ça.

A chaque arrêt, respirez ! Vous avez le droit d’attendre quelques secondes avant de repartir, pendant lesquelles vous pouvez réfléchir à la suite des parcours.

Je pense tout spécialement au deuxième arrêt, pour la montée du passager.
Le passager vous attend sur le côté de la piste, à l’opposé de votre point d’arrivée (c’est fait exprès pour le mettre en sécurité au cas où le candidat rate son freinage).
Il doit donc traverser la piste à pied en marchant, puis déplier les repose-pieds passager avant de monter en selle : cela vous laisse facile cinq secondes pour respirer et réfléchir à la suite.
Même une fois que le passager est en selle, vous vous assurez qu’il est bien installé (vous avez le droit de lui parler à ce moment-là) et vous vous préparez à repartir, tranquillement, sans urgence…

De même, avant CHAQUE essai (surtout le second), prenez le temps de vous poser !
Sur la moto, au point mort, sans tenir le guidon : redressez-vous, respirez profondément et lentement, regardez le parcours, refaites-le dans votre tête, prenez des points de repère visuels, repérez là où vous devez emmener votre roue avant…
Respirez, concentrez-vous.
Ne partez jamais « à l’arrache ».

Tenez compte de la variable « inspecteur » !
A force de faire des parcours d’examen, d’en entendre parler, de voir les autres le passer ou le raconter, on s’y habitue, on avance en terrain connu, même s’il n’est jamais conquis.
Cette expérience est relativisée par la nouveauté, l’inconnue représentée à chaque fois par l’inspecteur. Chacun a sa méthode, ses habitudes.

Aucune règle ne régit le passage de l’examen, l’inspecteur est entièrement maître de la façon dont il le fait passer, du moment qu’il respecte la loi, c’est-à-dire l’égalité de traitement. Si l’élève n’est pas content, le seul recours possible est le tribunal administratif, avec de faibles chances de succès.

Bref, en dehors de quelques règles, l’inspecteur est seul maître après Dieu.
Son attitude peut grandement contribuer à augmenter ou diminuer votre stress.

A ce propos, sachez que les règles de conduite de l’examen imposent à l’inspecteur certaines lignes de conduite.

Il appartient à l’expert :
de faire preuve d’une politesse et d’une courtoisie constantes ;
de veiller à la plus grande neutralité dans l’expression orale et l’observation du candidat ;
de s’assurer que tout ce qui est demandé est bien compris ;
d’éviter toute attitude dépréciative envers le candidat, qu’elle soit formulée ou non ;
de s’interdire toute interprétation immédiate, tout jugement de valeur « a priori », qu’il soit favorable ou non ;
de lever toute ambiguïté, notamment dans les consignes.
L’attitude générale de l’expert doit se fonder sur l’objectivité de son évaluation et le respect du principe d’égalité de traitement des candidats.

Instructions fixant les modalités d’évaluation de l’épreuve pratique de l’examen du permis de conduire des catégories A1 et A2, Délégation à la Sécurité Routière, Sous-direction de l’Éducation Routière et du permis de Conduire, Version en vigueur à compter du 1er mars 2020.

Si vous constatez que l’inspecteur ne respecte pas ses règles, vous avez le droit d’en faire la remarque, soit auprès de lui, soit auprès de votre accompagnateur, soit auprès du délégué départemental à l’éducation routière (s’il est présent sur le centre d’examen).

Le stress de l’examen diminue fortement vos capacités mentales, notamment en terme de réflexes. On peut estimer que l’élève qui se présente au plateau, surtout la première fois, perd entre 20 et 50% de ses moyens. C’est-à-dire que tout va se passer beaucoup plus vite et s’il se produit un imprévu, il mettra plus de temps que d’habitude pour réagir.

Or à l’examen, il n’y a pas de deuxième chance.
Certes, le plateau comprend deux essais. Mais ne rêvez pas ! La pression est telle que l’on réussit souvent moins bien le second essai que le premier.
C’est pourquoi il faut bien se mettre dans la tête qu’on doit réussir dès le premier essai. Cela implique d’être certain d’être au moins à 90% de ses capacités dès ce premier essai.

Pas de répétition, pas d’échauffement : il faut être efficace tout de suite.
Donc, on doit se présenter en étant au mieux de sa forme et de ses performances.

Restez sur vos acquis, faites ce que vous savez faire !
Le jour de l’examen, les élèves ont souvent tendance à vouloir faire les choses « mieux », à vouloir « impressionner l’inspecteur ». Il faut se garder de ces changements improvisés à la dernière minute.
Il faut garder en tête ce que l’on a appris en cours et le répéter avec exactitude. Cherchez à bien faire ce que vous avez appris, pas plus.

Lire le récit de son examen par RoadTrippeur.

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