Se conduire en motard responsable

Une prise de position éditoriale sur mon opinion personnelle sur le débat de la sécurité à moto.

Le débat parfois vif entre motards sur les notions de responsabilité individuelle d’un côté et de liberté individuelle de l’autre peut être ramené (schématiquement) à un dilemme entre sécurité et confort (au sens de confort de l’individu, de la recherche de son intérêt particulier immédiat).

Deux thèses s’opposent:
– le confort procure la sécurité, même si la sécurité impose parfois de diminuer son confort ;
– le confort diminue le sentiment de vulnérabilité et la notion de responsabilité, ce qui impacte la sécurité.

Certains les mettent non pas en opposition, mais en rapport causal. Selon eux, un trop grand confort diminuerait la vigilance, tandis qu’à l’inverse, un moindre confort maintient éveillé et sur ses gardes.
Un copain à moi se demandait par exemple si le port du casque jet n’aiguisait pas le sens de la prudence, vu le sentiment de vulnérabilité plus grand qu’il procure. Cela peut se tenir.
Sauf qu’en poussant le raisonnement au bout, on pourrait dire que ceux qui conduisent en t-shirt et sans gants devraient rouler plus prudemment puisqu’ils seraient censés se sentir plus vulnérables. On sait bien que ce n’est pas le cas.

A l’opposé, la recherche systématique de la sécurité à moto, telle qu’elle est parfois menée à nos jours (et qui est en un sens une contradiction interne, puisque ce mode de transport représente intrinséquement un risque), se rapproche du fameux « principe de précaution » invoqué à tout bout de champ.
Là encore, en poussant à fond cette logique, on en arrive à nier la notion de responsabilité individuelle. Après tout, chacun n’est-il pas responsable de son intégrité ? Pourquoi devrions-nous diminuer notre confort, notre plaisir, notre intérêt personnel et immédiat, au nom du respect de notre propre sécurité et de celle des autres ?
Sauf que…
Comme souvent, une argumentation inverse est tout aussi possible.
L’argument qui tend à faire croire que l’on peut s’adonner en toute sécurité à la vitesse de façon isolée n’est valable qu’en milieu protégé, c’est-à-dire sur circuit. Nous partageons la route. Au-delà des risques qu’il encoure pour lui-même, le motard évalue souvent mal ceux qu’il peut faire courir aux autres. Une moto lancée à pleine vitesse peut couper une voiture et en tuer les occupants. Le motard sera certainement tué lui aussi, mais il ne partira pas seul.

Au total, on ne s’en sort pas, chacun y va de son raisonnement et les positions s’échelonnent tout au long du spectre entre les deux extrêmes, d’un côté les tenants de la liberté individuelle totale à l’américaine (enfin, dans les Etats qui n’imposent pas le port du casque), de l’autre les partisans du tout sécuritaire.
Beaucoup modulent leur opinion selon le sujet, sont plus sécuritaires sur tel point, plus libertaires sur un autre. Cela peut même varier dans le temps. Chacun voit midi à sa porte en fonction de son expérience ou de ses souhaits personnels…

Ma position qui vaut ce qu’elle vaut, c’est-à-dire pas grand-chose: bien sûr, chacun est libre.
Bien sûr, quand on parle de casque jet par exemple, le premier impacté sera le motard qui aura privilégié le confort sur la sécurité. En cas d’accident, s’il est défiguré ou qu’il prend la bulle dans les dents, il ne pourra s’en prendre qu’à lui-même. Il sera le premier responsable et le premier concerné.

Mais sera-t-il le seul ?
C’est à mes yeux le même débat que celui sur la gratuité des secours.
Un accident coûte de l’argent à la collectivité. Les soins, une hospitalisation prolongée, la rééducation, ça coûte cher, très cher, tous les personnels des services de santé pourront en témoigner.

Quand un mec se plante en montagne parce qu’il a été assez bête pour aller faire du hors-piste alors qu’il y avait un bulletin d’alerte avalanche, il coûte des milliers d’euros à la collectivité. A tel point que maintenant, les communes de montagne veulent faire payer, au moins en partie, les victimes d’accident.
Pour info, un blessé grave (handicapé lourd et à vie) coûte au total entre cinq à six millions d’euros aujourd’hui en France.

Dans la même optique, qu’en est-il du motard irresponsable qui va aller se planter et se blesser gravement parce qu’il aura négligé la combi intégrale cuir pour éviter d’avoir chaud ?
Je pousse l’exemple volontairement très loin, mais l’idée est la même. Les conséquences d’un accident vont forcément coûter au contribuable, c’est-à-dire à tous (enfin presque). Sans compter le temps perdu par les secours qui auraient peut-être pu être utiles sur un autre sinistre, etc.
Nous vivons dans une société organisée. Chacun de nous est un citoyen qui représente à la fois un capital et un investissement pour la société, notre pays et notre nation. Le pays a financé notre éducation, payé pour nos études et attend en retour une production, un travail, des cotisations, des impôts, des enfants pour renouveler le cycle. Un motard qui se tue par négligence, c’est un électeur, un contribuable, un salarié, un parent qui disparaît.

La moto est une activité à risque, à nous de l’assumer et de réduire le risque au minimum tout en préservant notre plaisir.
Comme ce n’est pas possible d’atteindre le risque zéro, y a pas de règle, de barème, d’échelle, d’évaluation exhaustive. Chacun fait à son idée. Tant qu’elles ne mettent pas les autres en danger et qu’elles ne nuisent à personne, toutes les pratiques de la moto sont respectables.
Sauf que personne peut garantir de se planter tout seul comme un grand sans blesser qui que ce soit. Et qui peut être sûr de ne déranger personne en prenant deux secondes de plaisir égoïste à taper la grosse accélération en ville ?

Une fois ce postulat posé, et au risque de faire grincer quelques dents (de pignon de chaîne), je pense pour ma part qu’un motard (un usager de la route en général, d’ailleurs) est TOUJOURS responsable, au moins partiellement, en cas d’accident.
On pourra multiplier les exemples, mais je dis, persiste et signe que l’accident s’est produit parce le motard n’avait pas pris assez de précautions ou pas conduit de façon adaptée aux circonstances, à l’environnement, aux conditions de conduite, etc.
Et ce même quand c’est l’autre véhicule qui est responsable au regard de la loi et/ou des assurances.
Un « accident » au sens propre est un concours de circonstances. Pour avoir un accident (avec un tiers, bien sûr), il faut être deux: chacun en est une cause, même si l’un en subit les conséquences et se trouve plus victime que l’autre.

« Etre prudent, ça ne veut pas dire être peureux et rouler à l’arrêt, mais simplement prévoir ce qu’il peut se passer. (…) Sur la route, tu n’es pas le roi du monde. »
C’est un propos de Denis Bouan, neuf fois vainqueur du Dark Dog Moto Tour, dans un article du hors-série « Pilotage sur route » du magazine Motos&Motards en 2014.

* * *

Alors au final, que pouvons-nous faire pour nous conduire en motards responsables ?

Premièrement, éviter ou réduire les conséquences physiques d’une éventuelle chute (avec ou sans choc, préalable ou ultérieur) en portant en permanence un équipement de protection le plus complet possible.
Je pense m’être assez étendu sur le sujet à travers différents articles sur chacune des conditions de circulation.

Deuxièmement, parvenir à éviter ou réduire l’impact en cas de choc, en sachant réaliser un évitement et en sachant effectuer un freinage d’urgence, à n’importe quelle vitesse, quelles que soient les conditions. Dans ce domaine, rien ne remplace l’entraînement et les stages de perfectionnement.

Troisièmement, et c’est le plus important, en apprenant à éviter les situations d’urgence. La vraie sécurité, c’est de savoir éviter totalement l’accident. Et là, pas de mystère, c’est l’expérience qui joue. Avec le temps, les kilomètres, on apprend à savoir où et quoi regarder, à repérer les situations qui peuvent poser problème. Il y a les pettis indices qui nous signalent que là-bas devant, se présente un risque, même si on ne le voit pas encore. Au bout d’un moment, cela confine à une sorte de sixième sens. Et on sait prendre de suite les mesures pour réduire le risque, en général ralentir tout simplement, augmenter les distances de sécurité, poser les doigts sur le frein, tomber un rapport…

Le secret de la longévité à moto, c’est de savoir éviter les problèmes, pas de savoir réaliser au dernier moment un évitement ou un freinage de trappeur.

  24 comments for “Se conduire en motard responsable

  1. 9 novembre 2014 at 13:10

    « seule « une approche humble » évite l’accident »

    Quoique cet article date 🙂 je l’ai lu avec attention. Car il souligne le fait que certains motards, trop rares, ont un je approche que je partage, certains avec expérience d’autres moins. Ca fait un bail que je conduis des 2 roues et un bon moment aussi que je prend mes distances avec les clubs/groupes motards etc.
    Bien sur je suis de ceux qui s’arrèterons pour un motard en panne ou en difficulté, mais j’ai appris à me méfier de la « grande famille », celle qui voudrait que si on enfourche un deux roues on devient un « chouette motard », qu’on partage tous les même idées, que la faute c’est toujours chez les autres, blabla..

    Et bien non, j’ai croisé un tas de « crétins débiles » à moto (des sympas aussi heureusement), mais je ne me sens aucunement solidaire des toutes une série d’idées ni « concept » de cette fameuse famille qui a un peu trop tendance à s’appuyer sur des certitudes de comptoir.
    De plus, avouons-le, avoir envie de sortir des dogmes précontraint est souvent mal vu dans ce « milieu » qui sous des discours parfois ouvert existe une pression réelle sur la liberté de penser individuellement.

    Notre sécurité passe d’abord et avant tout par nous même, pour une raison très simple, à moto on est toujours perdant. On pourra râler 150 ans sur « les autres », le complot intergalactique contre les « motards », qu’on soit en droit ou en tort dans les statistiques est un simple indicateur car quoiqu’il arrive, en tant que motard, on « perdra » d’office le combat, la vie, ou une partie de notre autonomie.

    Je ne veux pas dire dire et je n’ai pas dit qu’il ne fallait pas certains combat, mais que le premier choix est individuel. Rouler ou non, en sécurité ou non (le plus possible). Si on répond oui au deux questions alors la seule décision qui s’impose est d’admettre nos faiblesses, au sens propre comme au figuré, bref une remise en question individuelle car c’est le SEUL moyen existant immédiat pour assurer/augmenter sa PROPRE sécurité.
    Tous le reste est juste du blabla.

    Merci pour cet article qui me prouve que même si nous ne sommes pas nombreux, il existe un nombre de motards qui pense vraiment au mot responsabilité.

    • robert
      10 novembre 2014 at 18:24

      ++++++ avec madmike

      • Julos
        23 décembre 2015 at 21:24

        Je répond avec retard mais sa fait plaisir de voir des motard comme madmike, du moins sa vision de la moto.
        Je viens d’avoir mon permis et j’ai déjà pu constaté que avec le temp j’ai pris une sorte d’aissance au guidon, et cet aissance me fait peur car je sais que c’est elle qui peut me mettre au tas pour rien. Donc avec un réelle travaille sur moi j’essaye de calmer ce second moi un peut fou car oui et sa va en faire sourir plus d’1 même avec 25 cv on peut très vite se mettre au tas suffis de pousser 5 eme qui en general ne rechigne pas a monter a 120.

        Bref, personellement en tant que jeune motard j’ai déjà abandonner les club car je me suis embrouiller avec un chef qui na pas supporter que je respect les limitation, et de plus j’essaye de jouer un maximum la carte de l’anticipations plutot que la carte de la situations d’urgence. Sincerement sa coute quoi de se mettre a 70 au lieu de 90 au abord d’une intersection un peut traite ?(je pourrais ecrire un roman de tout ses situations) surtout quand y reflechissant bien la douce sensation que tout le monde rafole c’est bien l’accelerations et non la vitesse, sa permet de profiter d’une petite accelerations.

        Fin bref, je pense que ont a pas besoin de chiffre pour dire qu’il y a plus de motard fou que de motard responsable, c’est dommage mais c’est comme sa surtout que soyons honnete internet n arrange pas les choses.

        Bref, on va pas faire des lecon de morale a tout les motard fou car on les salut et puis après tout le danger tu peut le crée, l’éviter, l’anticiper mais t’aura toujours un facteur chance qui va faire que peut être tu aura mal réagis mais malheureusement souvent sa se paye d’une vie !

        • robert
          24 décembre 2015 at 11:25

          ++++++Julot
          si cela peut intéresser certains, j’ai développé une petite règle mémotechnique permettant au motard d’augmenter ses chances de survie: grand V = 5 petits V.
          grand V, comme Vulnérable (les motards le sont tous)
          5 petits v : ma vitesse (je la maîtrise, je la respecte), ma visibilité (je l’augmente), ma vigilance (je bannis alcool, stup, médicaments, fatigue), mes vêtements de protection (j’en porte en toutes circonstances), mon véhicule (je l’entretiens et le laisse d’origine)

    • Teomme
      24 décembre 2015 at 12:01

      Perso, je roule seul la grande majorité du temps, hormis mon road trip avec des potes que j’ai rencontré bien avant la moto, autour d’autres passions (d’ailleurs on a découvert un peu par hasard qu’on faisait tous de la moto, c’est dire comme on était des riders solitaires !
      Le monde motard est plein de paradoxes et de kékés et ça ne me donne pas envie d’aller ni dans les clubs (rouler à plus de trois c’est vite lourd) ni dans les rassemblements (vive le bruit et les frimeurs).

      Pour la p’tite histoire:
      Hier, je gare ma moto à côté de deux autres (dont un modèle identique au mien). Je repère d’un coup d’œil les pots neufs.
      Lorsque je reprends la moto, les deux bonhommes sont aussi en train d’enfourcher les leur.
      Petit salut de la tête, et le mec me dit en souriant « va falloir penser à changer de pot ! »…(j’ai celui d’origine reconnu comme peu démonstratif)
      C’était dit gentiment, mais n’empêche que ça montre bien ce que sont les dogmes motards: Avoir un pot bruyant, rouler vite…

      La liberté en moto existe (il suffit d’avoir fait des courses en ville un 23 décembre pour s’en convaincre 😀 ) mais elle peut vite être étriquée , et confondue avec le fait de se plier aux codes imposés par la presse et l’industrie motocycliste.

      • robert
        26 décembre 2015 at 17:42

        Rassurons nous, les motards sont grégaires, mais quand même, le jour ou ils auront la même moto, liront le même magazine, auront le même assureur, choisiront le même antivol, auront les mêmes formateurs formatés….Et ben il est pas pret d’arriver 🙂

  2. André Sterpin
    2 septembre 2013 at 01:27

    J’apprécie beaucoup votre travail, mais je suis un peu circonspect quand à la certitude de la responsabilité des deux parties.
    Un petit camarade s’est retrouvé avec une autre voiture à l’envers sur son toit, difficilement prévisible n’effectuant aucun dépassement et en regardant bien devant soi!

    Sinon, merci beaucoup pour ce site où j’apprends beaucoup!

  3. Didier P
    25 février 2012 at 13:52

    Bonjour à toutes et tous, j’ai passé le permis A1 il y a 30 ans, j’ai repris une 125 depuis 3 ans, je fais environ 18000km par an pour le boulot (conditions de campagne essentiellement ex Marseille Laciotat par la gineste tout les jours y compris l’hiver(suis originaire de l’est lol) sauf quand il neige(bus) , j’avoue que certains motards par ici me font peur j’arrive à me demander lorsqu’ils me doublent dans la gineste , si je vais pas les retrouver en bas du ravin,et pourtant de temps en temps les gendarmes sont dans le coin, mais pas dans les virages du col sur la ligne droite pour voir si ils dépassent pas le 90 lol, je trouve qu’en dissuasion ça fait juste,non? Et ça c’est pour les gros cubes, je ne parle même pas du 50CC qui m’a mis deux km dans la vue , alors que mon compteur marquait 100km/h,dans un bruit infernal, alors là c’est éxagéré, on peut se demander légitimement »que fait la police? »
    de mémoire il me semblait que les 50 ça roulait a 45km/h plus ou moins LOL
    Pour moi être motard responsable , c’est ne rien sacrifier à sa sécurité, et a celles des autres, et comme pour la voile que je pratique un peu , surtout ne pas partir en pensant que le chemin sera le même qu’hier(trop d’assurance c’est le risque d’erreur qui peuvent entrainer de lourdes conséquences)

    Tiens j’ ai une question, pour le nouveau permis A2, dans quelle conditions pensez vous que je puisse l’obtenir? il me semble qqu’une 250 sera plus appropriée, notamment sur autoroute sur lesquelles je galere un peu
    Merci de vos réponses cordialement Didier

    * * *

    Réponse

    Le permis A2 ne concerne que les personnes âgées d’entre 18 et 24 ans, et encore pendant seulement deux ans.
    Pour conduire une moto 250 cm3, vous devrez obtenir le permis A. Les épreuves d’examen sont les mêmes.
    Voir les articles concernant le permis moto sur ce site.

  4. FranckyGoes
    24 février 2011 at 22:19

    Comment être un bon motard, responsable … et respectueux des autres usagers.
    La question est posée. La réponse est en chacun de nous comme tu le dis et tu donnes de bonnes « recettes ».
    A chacun de savoir quand il roule au dessus de ses pompes par rapport aux conditions météo, de circulation ou de fatigue.
    L’arsouille, c’est bien mais vaut mieux être au mieux de sa forme et de sa concentration. La prudence générale est de mise : NE PAS faire confiance aux autres usagers, NE PAS se faire non plus trop confiance A SOI, TOUT anticiper.
    C’est là qu’on reconnait un vrai pilote, responsable (aware comme dirait un certain Belge pratiquant les arts martiaux lol).
    Il sait apprécier le risque à sa juste valeur, quand et où il vaut mieux rendre la main.
    Et le pilotage prend alors tout son sens : faire corps avec sa machine; la dompter, tous ses sens en éveil, les muscles prêts à se tendre pour une action dans l’urgence.
    C’est cette connaissance de prendre des risques calculés qui donne une certaine sensation de liberté au guidon, enivrante et jouissive.
    Le pilote responsable cogite à donf au guidon de son engin, oscillant en permanence entre le risque et la sécurité, les sensations et le confort.
    Sa survie est à ce prix.
    Encore merci à toi Fab
    FranckyGoes
    V+++

  5. Ornach
    29 décembre 2010 at 18:50

    « je pense pour ma part qu’un motard (un usager de la route en général, d’ailleurs) est TOUJOURS responsable, au moins partiellement, en cas d’accident. »
    Je le pensais; et je me disais « si tu es hyper vigilant, que tu te construis des stratégies de protection , tu peux éviter l’accident »
    Eh bien non ! un jour, à 10m avant un rond point , en attente dans ma file, bien au milieu, (ma femme était derrière !) j’étais vigilant aux arrêts/ départs et je n’ai rien vu arriver : un véhicule est entré dans le rond point à 9h pour en sortir par la voie ou j’attendais peinard; sauf qu’il est sorti un peu (trop!) à gauche: d’ou crash costaud ; merci BMW le cylindre du flat m’a sauvé le pied !
    Je ne sais vraiment pas ce que j’aurai pu (dû?) faire pour éviter l’accident ce jour là: mauvais endroit, mauvais moment!
    Et je dis ça alors que je suis , en général (et non pas toujours!) assez d’accord avec la citation du début !

  6. Xieht
    29 décembre 2010 at 00:52

    100% d’accord : l’accident n’est pas une fatalité et dans presque tous les cas il y avait quelque chose à faire pour l’éviter.

    Pratiquant aussi l’alpinisme, on a pour habitude de distinguer le risque objectif et le risque subjectif. En gros, le premier c’est le sérac qui s’écroule quand vous êtes dessous, c’est la chute de pierres dans un couloir. Imprévisible, vous êtes juste au mauvais endroit au mauvais moment. Sur la route, je n’y crois pas. Je n’ai encore jamais vu une voiture tomber du ciel sur un motard (d’un pont pourquoi pas, c’est le « presque » de ma 1ère phrase, tellement rare).

    Je citerai juste les conseils de mon moniteur d’auto-école dont je me rappelle toujours 25 ans après :
    * ton comportement doit toujours être prévisible
    * tu dois toujours prévoir ce qui va arriver autour de toi
    * tout peut arriver

    Résultat : je suis le conducteur en voiture le plus chiant du monde. Je ne parle quasiment pas à mes passagers –> je m’occupe de la route (et je râle devant les comportements imbéciles, désolé)

    Résultat bis : pas d’accident

    Résultat ter : je me dis que n’avoir pas eu d’accident en 25 ans ne veut strictement rien dire pour les années à venir

  7. Juju
    30 septembre 2009 at 12:48

    « Pour info, un blessé grave (handicapé lourd et à vie) coûte au total entre cinq à six millions d’euros aujourd’hui en France. »

    Achevons les 😉

    • toto
      26 mars 2013 at 15:59

      achevez moi si ça arrive !

      • 27 mars 2013 at 09:24

        bonjour,
        à l’occasion de ce commentaire ,je relis la conclusion de cet article et ses trois éléments; je me demande: suis-je au point avec ces trois trucs? pour le premier : oui mes protections sont plutôt au top… le second; déjà plus rare, mais celà m’arrive encore de tester l’abs tranquillement en ligne droite , juste pour voir!! ou d’essayer d’éviter absolument cette plaque d’égout , là ! pour le troisième point…. pas sûr que je sois capable de m’empêcher de prendre trop de risques, pour des raisons bêtes, énervement, las d’attendre derrière l’autre C… qui ne veut pas se ranger, etc…. du coup ,je me dis que le chauffard le plus dangereux: ben c’est moi…..et vous?

        • olbir
          27 mars 2013 at 22:16

          Il est illusoire d’imaginer que même avec de l’expérience nous sommes à l’abri de la faute; avec le temps nous savons bien que la moto comporte un risque plus important, mais n’est ce pas la une raison en plus du plaisir de la conduite qui fait que nous apprécions tant ce moyen de rouler? Alors sommes nous pour autant des chauffards, je ne crois pas.

          • 28 mars 2013 at 09:56

            merci , j’ai envie de croire que tu as raison…
            marco

      • Philippe Roche
        28 mars 2013 at 17:19

        Cher Monsieur,
        Nous sommes enchantés de voir en vous notre premier client potentiel depuis la création de notre entreprise « On Achève bien les Chevaux ». Afin de pouvoir finaliser votre dossier, nous vous serions reconnaissants de bien vouloir nous communiquer vos nom, adresse, le moyen que vous avez choisi pour nous prévenir en cas d’accident grave, et surtout votre numéro de Carte Bleue.
        Soyez assuré que, dans tous les cas, nous trouverons un moyen approprié pour vous faire passer de vie à trépas de façon indolore, pourvu que le moyen de payement que vous avez choisi soit en mesure de couvrir les frais qu’une telle intervention implique.
        Dans l’attente de vous lire, je vous prie de croire etc…
        (;-)

        • Philippe Roche
          28 mars 2013 at 17:23

          En fait, c’était une réponse destinée à toto, mais elle ne s’est pas placée comme je le voulais.

      • 29 mars 2013 at 09:58

        pour philippe
        Monsieur,
        Nous sommes enchantés de voir en vous notre premier client potentiel depuis la création de notre entreprise « On Achève bien les Chevaux ». Afin de pouvoir finaliser votre dossier, nous vous serions reconnaissants de bien vouloir nous communiquer vos nom, adresse, le moyen que vous avez choisi pour nous prévenir en cas d’accident grave, et surtout votre numéro de Carte Bleue.
        Soyez assuré que, dans tous les cas, nous trouverons un moyen approprié pour vous faire passer de vie à trépas de façon indolore, pourvu que le moyen de payement que vous avez choisi soit en mesure de couvrir les frais qu’une telle intervention implique.
        Dans l’attente de vous lire, je vous prie de croire etc…
        (;-) :

  8. Ornach
    6 juillet 2009 at 20:07

    Bien d’accord sur la responsabilité partielle en cas d’accident; mais ce n’est pas le plus important: ce qui est réellement important c’est ce que je peux apprendre de cet accident quand je m’en sorts sans trop de casse corpo; et de même quand ça s’est bien passé, mais trop juste trop chaud !
    la responsabilité ,de sa sécurité, de celle des autres (mais bon soyons réaliste: surtout de la mienne!) ne serait-ce pas plutôt un état d’esprit: quelle stratégie de protection puis adopter pour limiter le risque et prolonger ce plaisir de rouler en moto?
    Cela se construit au fil les chaleurs, des Km et des années;
    Par contre ces situations (à risques) ne me semblent pas enseignées, transmises ni même répertoriées, avec leurs stratégies de protection « possibles »
    Il resterait à chacun de faire son marché dans ce pannel de comportements inventé et mis en commun
    Ne serait-ce pas celà se prendre en main ??

    – – –

    Réponse

    Oui, bien sûr, ce serait merveilleux de pouvoir réunir et partager nos expériences pour apprendre les uns des autres.
    Reste à trouver par quel moyen, sous quelle forme…
    Ce site est une première idée. Je travaille sur une autre, avec une association de formation continue des motards, pour des cours de perfectionnement tout au long de l’année.
    S’il y a d’autres idées, je suis preneur.

  9. Arnaud
    12 novembre 2008 at 09:36

    Bonjour, et encore bravo pour un article bien fait, franc du collier, et fondé sur des faits et non une simple idée.

    Je me permet de repondre à Hervé. Je suis tout à fait d’accord avec lui sur le fait que seule « une approche humble » evite l’accident, que ce sois sur 2, 4, 3, ou 27 roues. En revanche, je me permet d’apporter un leger bemol sur la notion de « maturité ».

    Ayant 21 ans, 2 ans de permis B en main, et 5 ans d’études superieures derrière moi, je peux dire objectivement que la maturité, surtout sur route, n’est pas directement lié à l’age. Alors oui, je suis d’accord que la limitation en puissance à 21 ans evitera aux jeunes tout frais d’aller se vautrer en beautée avec une grosse R1 toute belle que papa et maman Jean Naiduflouz lui auront offert pour son noel, mais n’est-ce pas reducteur de considerer que l’age est le seul facteur de maturité ?
    De plus, mais la on se lance dans un debat plus general sur la notion de seuil, est on reellement plus mature à 21 ans qu’a 20 ans ? Ou à 22 qu’a 21 ?

    Malgré tout, je le concede, nous somme dans une société qui necessite des règles generalisées, et le palier d’age semble, malheureusement, la solution la plus pratique.

    Je conclurai sur mon avis, qui vaut ce qu’il vaut : la maturité nait dans l’experience.

    Pourquoi ne pas faire visionner aux nouveaux inscrits aux permis (oui j’ai bien dit auX) un film clair et franc, sur les dangers du vehicule associé, et de la route par extension, pour sois, comme pour les autres (famille inclue, par retour de balle) : vidéo de temoignage d’handicapé lourds, details d’un accidents. … Mais aussi obligation des equipements de securité : expliquer le role de chaque élement : « si vous ne mettez pas votre cuir, ce n’est pas seulement une amende que vous risquez, mais, outre de nombreuses et douloureuses fractures, d’importantes liaisons cutanées » etc etc. Qu’on ne vois plus des cakes en GSXR-750 en short et t-shirt (qui n’ont pas tous 21 ans …).

    Batissons des hommes au lieu de construire une repression.

    Bonne route à tous

    Arnaud

  10. hervé
    11 novembre 2008 at 23:54

    A près plus de 10 ans de pratique diverses, ville, rando d un jour ou sorties de plusieurs jours Il me parait évident que c’est une’ approche humble et anticipatrice de la route qui peux nous éviter des accidents. J ‘y ajouterai une attention de chaque instant et le fait de ne jamais se considérer comme un trés bon, de ne’ pas jouer sur la facilité que procure une moto que nous connaissons trop bien.Ne perdons de pas de vue qu’entre
    2002 et 2008 le parc roulant a gonflé de plus de 35% avec beaucoup de trés jeunes permis , en réalité encore des ados avec des mentalités de gosses qui jouent avec leur nouveau jouet la moto comme ils le font avec leur jeu vidèo. Nous revient l’éternel problème de la maturité plus tardive chez le garçon. L’idée qui circule » depuis un certain temps déja de décaler son passage de permis à 21 ans me semble une solution sage et trés raisonnable au regard de leur taux accidentogène trés nettement supérieur aux filles. Ce délai de 3 années leur permettra d’acquérir la maturité nécessaire et le sens de la responsabilité

  11. Raphaël
    30 mars 2008 at 17:32

    Bonjour,

    Je ne suis évidemment pas d’accord concernant notre responsabilité permanente : quid de l’accident par l’arrière, faute à un conducteur ne sachant pas discerner les distances (personne âgée, mal-voyante, ivre, ou tout simplement un connard qui ne pète que plus haut que son cul) ? Arrêté à un feu rouge, tamponné par deux rougeots, quel était ma responsabilité ?

    Non, il n’y a pas de stigmatisation à faire sur notre communauté, mais bien sur l’ensemble des usagers de la route, piétons compris, car nous ne sommes que très rarement responsables de l’accident : 5%, 1% par inadvertance, 2% à cause de la vitesse, 2% à cause d’une perte de contrôle du véhicule (source INSEE 2007).
    Il faut dire la vérité au public : les précautions doivent être obligatoires, ne serait-ce qu’à cause du coût engendrés par des brulures facilement évitables; mais il faut aussi faire confiance aux motards, notamment en supprimant ces brides ridicules aux jeunes conducteurs, tout en conservant celle des 100ch. éventuellement.

    Malgré cela, je suis d’accord avec une grande partie de votre article, et vous en félicite par ailleurs.
    Amicalement,

    Raphaël.

    – – –

    Tout le monde a le droit de ne pas être d’accord.
    Mais même dans les cas que tu cites, le motard avait une possibilité d’éviter l’accident. Quand on s’arrête au feu rouge, on reste en première et on garde un oeil sur les rétros, justement pour surveiller si un crétin n’arrive pas à fond de train.
    Il faut discerner entre la responsabilité pénale, la responsabilité d’assurance et la responsabilité technique, voire « morale ».
    L’idée générale est tant que le motard avait moyen d’éviter l’accident, on peut dire qu’il en est partiellement responsable (de mon point de vue).

  12. Christian
    13 octobre 2007 at 14:11

    Bonjour,
    Bravo pour votre article « se conduire en motard responsable » analyse excellente.
    Après avoir possédé un certain nombre de bécanes (depuis la R60/2 en 1973 jusqu’à la Honda Varadero 1000 récemment) je viens d’acquérir une R 1200 RT d’occasion récente – année 2006 6300 kms. Le vendeur, bien que professionnel, n’est pas un concessionnaire BM- En ce qui concerne la pression de pneus (montée en Bridgestone BT), il me recommande de gonfler à 2.5 (avt) et 2.8 (ar); j’ai lu pour ma part 2.5/2.9 sur le bouquin et sur des sites dédiés aux pneus. Quel est votre avis ?

    Réponse

    Bonjour et merci.
    Les pressions de pneus préconisées sont indiquéées dans le manuel du conducteur. Sur une RT, il est conseillé 2,3 / 2,8 en solo et 2,5 / 2,9 en duo ou chargé. Personnellement, je règle à 2,5 / 3,0 car je roule souvent chargé et à bonne allure. Cela me permet de faire durer le pneu plus longtemps.
    Mais une différence de 0,1 bar à l’arrière joue peu, on ne la sent pas (une différence sensible commence à 0,3 bar, surtout à l’avant) et cela joue surtout sur l’usure du pneu.
    Restez sur 2,5 / 2,9, c’est parfait. Mieux vaut être légèrement surgonflé que sous-gonflé.

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