Pourquoi faire de la moto ?

La question semble idiote, mais elle vaut la peine de s’interroger : pourquoi la moto ? Quelles raisons, bonnes ou mauvaises, voire un peu des deux, nous conduisent à vouloir rouler avec un deux-roues moteur sur la route ? Que vous soyez motard débutant, confirmé ou potentiel, cet article a pour but de vous faire vous interroger, mais la réponse ne concerne que vous.

Première précision : comme dans la quasi totalité de mes articles, je traite ici de la pratique moto sur la voie publique, sur la route.
L’un n’exclut pas l’autre, mais les autres pratiques motardes, tout aussi intéressantes, techniquement utiles et sportivement passionnantes qu’elle soient, relèvent d’un usage « périphérique », secondaire.

Mon propos ne s’adresse pas aux purs sportifs de la moto, mais à la très grande majorité des motards de route, y compris celles et ceux qui, de façon plus ou moins régulière, pratiquent également les disciplines sportives et/ou de loisirs que sont la vitesse sur circuit, l’enduro, le cross (et toutes ses facettes : SMX, FMX, side-car cross…), le trial, le stunt, le drift, le moto-ball, le dragster, le dirt track, le grass track, le supermotard, les courses sur glace, les courses de côte…
Tout ça, c’est très bien, je respecte, voire j’aime quand c’est bien fait, et même je pratique occasionnellement. Mais je vais parler de la moto de route, celle qui nécessite un permis (ou tout au moins un titre de conduite) et une moto homologuée.

Encore une fois, cette pratique n’est pas exclusive des autres. Nombre de motards passionnés pratiquent ou ont pratiqué une discipline motarde de sport ou de loisir.
C’est entre autres le propos du documentaire américain « Why We Ride » (Pourquoi nous roulons), réalisé en 2013 et qui présente simplement la passion de la moto, à travers (presque) toutes ses facettes : tourisme, conduite en ville, balade, seul, en groupe ou en famille, sur piste, sur circuit, en tout-terrain, par des hommes, des femmes et des enfants, de tous âges, de toutes races, aujourd’hui et hier, voire avant-hier…

En voici la bande-annonce, à regarder juste pour les belles images si vous ne comprenez pas l’anglais non sous-titré.

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Commençons déjà par une mauvaise raison, qui va me permettre d’écrémer le lectorat et de ne pas faire perdre davantage de temps à ceux qui se seraient égarés par mégarde sur ce site.

Si pour vous, la moto ne possède que pour seul et unique but de rouler vite et de faire du bruit, vous pouvez refermer cette page et reprendre une activité normale, qui doit probablement consister à vous tripoter la nouille en regardant des vidéos de freestyle sur route et d’allongement du pénis.

Si par contre, vous faites de la moto pour n’importe quelle autre raison… et même si, de temps en temps, vous aimez rouler vite et faire du bruit… là vous pouvez continuer à lire.

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Maintenant que j’ai perdu la moitié de l’auditoire (je préfère la qualité à la quantité), réfléchissons ensemble : pourquoi vouloir trouver une raison pour laquelle faire de la moto ?

Réponse : parce qu’il vaut mieux en avoir une bonne de raison pour supporter tous les inconvénients de la moto !

Rouler à moto, cela coûte, forcément.
D’accord, c’est très variable, mais une fois le permis en poche (ce qui prend déjà du temps et de l’argent), il faut acheter une moto (même si ça se trouve à partir de 1.000 euros), l’assurer, l’entretenir, payer le carburant, acheter de l’équipement, peut-être payer une place de stationnement…
Est-ce que cela coûte plus cher qu’une voiture ? Tout dépend de la voiture, mais globalement, conduire une moto revient à peu près aussi cher qu’une voiture. Sans compter que la plupart des motards ont aussi une voiture et paient donc pour la caisse + pour la moto.

Rouler à moto, c’est dangereux.
Certes pas tout le temps, pas obligatoirement, on ne joue pas sa vie à chaque kilomètre, mais de façon générale, même en conduisant prudemment, la moto reste un moyen de transport plus dangereux qu’une voiture.
Pour y réfléchir, lire l’article La notion de risque à moto.

Corollaire quasi indissociable, le (relatif) danger perçu lié à la pratique de la moto amène en général des réactions, réflexions, remarques, conseils, remontrances, de la part de l’entourage familial et/ou professionnel.
A moins d’être né(e) dans une famille de motards (et encore) et/ou de travailler dans le milieu motard, vous allez forcément susciter des réactions, pas toutes favorables. Même si la pratique motarde s’est largement démocratisée depuis les années 1990, apparaître comme motard fait toujours son petit effet, pour le meilleur comme pour le pire.
Même si vous roulez « pépère », les gens qui ne vous connaissent pas font vite l’amalgame et vous considèrent comme un connard de motard, comme ceux qui les font sursauter en les frôlant à 240 et leur cassent les oreilles avec leur pot full barouf à 120 décibels en ville.

Rouler à moto, c’est contraignant.
L’été, on a chaud, on transpire… Beaucoup de gens croient que c’est agréable de faire de la moto quand il fait très chaud, détrompez-les !
Quand il pleut, on est mouillé. Et l’hiver, on a froid.
Pour ne pas avoir (trop) froid et/ou être (trop) mouillé, on s’équipe et là, on a l’air d’un débile avec la tenue de spationaute…

Bref, non seulement les non-motards ne comprennent pas comment vous pouvez accepter de payer pour faire des ronds sur un circuit ou pour partir faire du tourisme à moto pendant vos congés, mais en plus si vous faites la somme de tout ce que vous coûte la moto sur dix ans par rapport à, par exemple, une addiction au bridge… vous réalisez que vous auriez pu économiser de quoi acheter un appartement cash !

D’ailleurs, soyons honnêtes : l’argument financier constitue la première raison pour laquelle les motards raccrochent le casque.
C’est rarement que la passion n’est plus là, mais plutôt que la vie leur impose d’autres priorités et qu’ils n’ont plus les moyens de tout combiner. D’ailleurs, bien souvent quelques années plus tard, quand ils retrouvent plus de temps et d’argent, ils reviennent à la moto.

Alors, vous ne pensez pas qu’il faut vraiment de solides raisons pour envisager ces sacrifices ?

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La première raison (dans mon cas) a été le côté utilitaire : gagner du temps, me faciliter la vie sur la route et dans les rues.
Et près de 15 ans plus tard, cela reste une de mes joies à moto !

Je suis quelqu’un de très indépendant, qui aime pouvoir faire ce qu’il veut quand il veut. Et pour ça, la moto, c’est top…
Avec une bécane, on ne reste pas coincé dans les ralentissements, on arrive toujours à passer, on est beaucoup moins tributaire des aléas de la route : des travaux, un accident, une route fermée… Là où les bagnoles restent bloquées cul à cul, nous on passe.
Pas besoin de forcer le passage, pas la peine de risquer sa peau pour essayer de gagner cinq secondes ou d’embêter les gens en roulant sur le trottoir à plus de 5 km/h. Rien que par le fait de rouler à moto et de maîtriser suffisamment pour remonter les files en sécurité, on gagne de toute façon du temps par rapport aux voitures.

Et le temps se gagne encore plus sur le stationnement. Pas besoin de prévoir 15 minutes de marge, le temps de trouver une place libre dans le quartier, pas la peine de dépenser des sous en garage souterrain.
Sans pousser le bouchon jusqu’à imiter les blaireaux qui veulent à tout prix stationner leur bécane pile devant l’endroit où ils vont, sans verser dans l’incivilité en gênant le passage des piétons (y compris des poussettes et des fauteuils roulants), la moto permet de stationner bien plus librement que la voiture.

Depuis que je roule à moto, j’ai revendu la voiture, je ne prends presque plus jamais les transports en commun, je ne suis plus contraint par les horaires des trains… Et ça, cette liberté de mouvement, de déplacement, pour quelqu’un comme moi, cela n’a juste pas de prix.

Soyons francs, le revers de la médaille existe.
N’avoir qu’une moto et plus encore, rouler tous les jours à moto, constitue une énorme contrainte.

Cela suppose d’habiter une région au climat clément, où il est possible de se déplacer à peu près toute l’année à moto, donc sans verglas. Ou alors, il faut travailler chez soi. Ou pouvoir se rabattre sur d’autres moyens de transport quand la météo est trop rude : vélo, transports en commun, covoiturage.

Cela implique aussi de posséder un équipement motard conséquent afin de pouvoir s’adapter aux conditions climatiques. Et si on roule souvent, voire sur de longues distances, cet équipement devra être renouvelé régulièrement, tous les ans pour certains éléments (gants, tenue de pluie d’entrée de gamme), tous les deux à trois ans pour la plupart (casque, bottes), tous les cinq à dix ans pour les éléments les plus solides ou qui ne servent que très occasionnellement (équipements chauffants, équipements ventilés, coque dorsale).
Ce qui suppose d’avoir de la place pour les entreposer.

Prendre la moto ne fait pas toujours gagner du temps.
Rouler à moto en s’équipant correctement, cela suppose de passer au minimum trois à cinq minutes à s’équiper avant de partir et autant à se déséquiper en arrivant. Sur de courts trajets (moins de 15-20 minutes), cela ne vaut pas vraiment le coup… Et c’est pire l’hiver, quand on met facile dix minutes à s’équiper.

Rouler à moto tous les jours en ville ou en péri-urbain, sur les rocades et autres périphériques… c’est pénible.
D’accord, c’est moins pénible qu’en voiture. Mais c’est aussi moins confortable et plus dangereux. Il faut vraiment que le temps gagné en vaille la chandelle. Il faut surtout rouler prudemment, prendre le temps d’acquérir de l’expérience tout autant que celui de s’entraîner au freinage, au maniement à basse vitesse, aux techniques d’évitement.
Et du coup, conséquence logique, c’est très fatigant. Conduire une moto en sécurité dans ces conditions demande énormément de concentration, une vigilance de tous les instants, l’impératif d’être en forme, pas fatigué, pas alcoolisé, pas sous médicaments.

Autant le savoir : le plaisir à conduire une moto dans les embouteillages ou en ville ou sur une autoroute toute droite / chargée / mouillée… il faut vraiment le chercher très loin !
Disons que c’est un moindre mal.

* * *

Un autre argument avancé, surtout par les jeunes motards : ça coûte moins cher qu’une voiture.
Là, je réponds : attention, ça peut coûter moins cher !

Rouler à moto vous coûtera effectivement moins cher… si vous n’avez qu’une moto.
Effectivement, si vous ne possédez que la moto et pas de voiture, le budget d’usage devient intéressant.

Le coût d’achat est moins élevé, globalement.
Une moto d’occasion en bon état peut se trouver à partir de 2.000 à 3.000 euros et avec 5.000 euros, vous pouvez acquérir une très bonne machine. A partir de 10.000 euros, on entre dans le haut de gamme sur le marché de l’occasion et le milieu de gamme en achat neuf.
Même en y ajoutant le prix d’un équipement complet et de qualité (environ 1.000 à 2.000 euros), cela reste très en dessous du budget pour une voiture de qualité équivalente.
Certes, on trouve des voitures d’occasion à partir de 1.000 euros, mais dans quel état ? A qualité égale, la moto reste moins chère.

Le gain financier diminue légèrement quand vient le temps d’assurer la moto, surtout avec une garantie tous risques.
Néanmoins, cela reste encore intéressant pour la plupart des motos.

D’autant plus qu’une économie substantielle peut être réalisée sur l’entretien.
Il est bien plus facile d’entretenir soi-même une moto qu’une voiture. L’ensemble des pièces mécaniques s’avère bien plus accessible, les tutoriels vidéo et la revue technique moto permettent d’acquérir le savoir-faire, l’offre immense en ligne aide à trouver les outils et les pièces à moindre coût…

Les motos paient également moins cher aux péages d’autoroute, de l’ordre de 40 à 50% de moins en classe 5 (moto) qu’en classe 1 (voiture).
Cela dit, il faut vraiment emprunter très souvent des autoroutes payantes pour que cela fasse vraiment une différence. Or à moto, l’autoroute n’est pas vraiment la route la plus sympa à utiliser…

MAIS
Ce raisonnement financier ne tient que si vous ne possédez pas de voiture.

Avec une voiture en plus dans l’équation, tous les coûts liés à la moto viennent en supplément.

Cela commence dès le permis.
Si vous passez le permis moto en premier, cela peut se défendre.
Mais c’est rarement le cas. Et si, comme la plupart des gens, vous détenez déjà le permis B et passez le permis A/A2 ensuite, le permis moto devient immédiatement une dépense conséquente (autant sinon plus que pour le permis auto) et superfétatoire.

Ne rouler qu’à moto présente certains inconvénients, notamment pour le transport de passagers et de bagages.
La moto ne peut transporter que deux personnes et celles-ci doivent toutes deux être équipées correctement, ce qui peut aller jusqu’à doubler le budget d’équipement si vous roulez avec votre passager par tous temps.

Pour transporter des bagages, des courses, la moto n’est pas le moyen de transport le plus évident.
Si vous vivez en ville, il est toujours possible de se faire livrer et/ou de louer une voiture, à la journée ou à l’heure. Certaines motos sont dotées de coffres rigides, parfois d’une grande contenance, bien pratiques pour les fortes charges. Et si vous vivez près des commerces, un vélo et/ou un bon sac à dos suffisent à dépanner. Il faudra juste s’habituer à faire les courses toutes les semaines et pas un gros plein par mois.

Bref, tant qu’on vit seul ou à la limite en couple, cela peut s’envisager. Surtout si votre conjoint possède une voiture…
En revanche, dès qu’un enfant arrive, là… il faudra forcément une voiture et la moto devient un luxe.

Entretenir sa moto soi-même représente une économie (et un plaisir quand on aime bricoler), mais cela suppose un minimum d’investissement financier sur les outils et surtout d’avoir la possibilité matérielle de le faire, dans un garage ou dans une cour, de préférence sous abri chauffé et avec un bon éclairage.
Mécaniquer sur le trottoir, j’ai donné, on atteint vite ses limites, surtout en hiver et/ou quand on habite au 9e étage…

Or s vous vivez en ville, posséder un garage ou un lieu abrité pour bricoler (en plus d’entreposer la moto) revient cher.
Mais à l’inverse, laisser la moto stationnée dehors entraîne pas mal de soucis. En plus de la laisser exposée aux intempéries, elle reste à la portée des indélicats, des vandales, voire des voleurs.
Par rapport à une voiture, il faut reconnaître que posséder une moto en ville comporte son lot de contraintes qui amène des dépenses non négligeables.

La comparaison des coûts perd également de son intérêt si vous roulez vraiment beaucoup à moto.
Pour quelqu’un comme moi qui parcourt entre 25.000 et 50.000 km par an à moto, le budget d’usage est pharaonique. Même en roulant souple, les pneus durent deux fois moins longtemps et coûtent deux fois plus cher que des pneus auto. Mes motos n’ont besoin d’une révision que tous les 10.000 km, mais ça reste deux fois plus souvent que pour la plupart des voitures. Avec des motos de plus de 1.000 cm3, la consommation de carburant tourne entre 5,5 et 7 litres aux 100 km.

Bref, d’un point de vue strictement économique, la moto ne coûte pas forcément plus cher, mais pas systématiquement moins cher qu’une voiture.
La moto revêt certains avantages en termes de gain de temps, mais impose aussi ses contraintes sur le côté pratique.

* * *

Tous ces aspects bassement matériels (mais réels) s’envolent vite quand on goûte aux joies du guidon…
Rouler à moto, c’est surtout – et ça le restera toujours – un immense, énorme, génial plaisir de conduite !

C’est difficile à expliquer à quelqu’un qui ne l’a jamais vécu, qui n’a jamais conduit ou au moins roulé en passager sur un deux-roues moteur.
Il faut vivre pour le comprendre, le voir pour y croire, éprouver ces sensations, ressentir au plus profond de soi ces émotions qu’aucun autre véhicule de série à prix raisonnable ne permet.
Je vais essayer de faire court car sur ce sujet, je pourrais écrire un de ces « flatpavés » dont certains me prêtent le secret…

Conduire une moto, c’est avant tout ressentir une intense sensation de liberté.
Et une grande liberté suppose une grande responsabilité. En théorie, dans l’idéal, évidemment… C’est pourquoi la conduite moto, pratiquée avec responsabilité, fait grandir dans sa tête, mûrir.

Mais la moto, c’est la liberté de pouvoir aller là où les autres véhicules terrestres à moteur ne vont pas. De pouvoir s’arrêter où on veut, sans gêner. De pouvoir rouler très vite… ou pas. De rouler tranquille, la truffe au vent, en balade, en prenant le temps d’admirer le paysage sans aucune barrière autour de soi, sans carrosserie, sans cette caisse de métal et de verre qui nous emprisonne. De ne pas rester bloqué comme ces automobilistes dans leur boîte à roues.

Rouler à moto, c’est vivre libre, exercer sa liberté de mouvement, de déplacement dans un monde de plus en plus formaté, corseté.
En se rappelant que notre propre liberté s’arrête là où commence celle des autres.

C’est aussi une usine à sensations physiques.
Le rapport poids/puissance d’une moto procure une accélération qui ne peut être atteinte que par des voitures inaccessibles au commun des mortels. Or c’est l’accélération qui donne vraiment une sensation grisante. La vitesse stabilisée, même élevée, on s’en lasse très vite car le corps humain ne la ressent pas.

Rouler à moto hors ville, en balade, c’est aussi communier avec l’environnement, vivre au rythme de la nature. Pas de chauffage, ni de climatisation, pas d’autoradio qui beugle, pas de suspensions qui gomment tout… A moto, on ressent la chaleur, le froid, le vent, les odeurs, les bruits (enfin, si on ouvre le casque et qu’on roule assez doucement). En voiture, on subit la route, A moto, on vit la route : on ressent ses imperfections, on épouse ses courbes, on roule en harmonie avec elle.

Et surtout, à moto, on penche, on angle, on incline !
On apprend à jouer avec la vitesse, la force centrifuge, la gravité, l’effet gyroscopique, l’adhérence. Bien prendre un virage (pas forcément très vite), arriver à l’inclinaison maximale de sa moto, faire frotter le repose-pied, poser le genou si on en a envie… amène des sensations proches des sports de glisse, de ce que l’on peut ressentir en surf, en ski : une impression de glisser sur l’air sans tomber, voire de voler.

Rien ne peut remplacer ça. Même la plus coupleuse des voitures décapotables, la plus puissante des voitures de sport ne pourra jamais procurer cette sensation que l’on éprouve à mettre la moto sur l’angle.
Et ça aussi, ça n’a pas de prix, ça vaut tout l’or du monde.

Pour tout cela, la conduite moto est un excellent anti-dépresseur.
Attention, je ne dis pas que cela doit devenir un exutoire ! Mais parce que la conduite moto responsable requiert une concentration intense, elle permet de se vider la tête, de se changer les idées.

La moto m’a permis de me remettre de plusieurs épisodes douloureux de ma vie personnelle. Mieux encore, mes allergies respiratoires cessent quand je roule. Au printemps, hors moto, j’éternue à longueur de temps, j’ai les yeux qui piquent, la gorge qui me démange, le nez qui coule à flot. Je monte sur la moto, je ferme mon casque et cinq minutes après, tout va bien. Mon allergologue m’a expliqué que mon cerveau est tellement concentré sur la tâche de conduite qu’il en oublie la réponse allergique…

 * * *

Pour l’instant, je n’ai parlé que du motard (ou de la motarde) tout(e) seul(e) sur sa moto.
Mais la moto, c’est aussi plus que ça !

Même pour le motard seul, la moto demeure un excellent outil de rencontre, une bonne façon d’entrer en contact avec les autres, surtout en voyage.

Partez à moto, surtout à l’étranger, surtout dans des pays où les motos ne sont pas très répandues. Enlevez le casque et faites un sourire : vous verrez, les enfants viendront en premier vous voir tout de suite, et leurs parents suivront. Même sans maîtriser la langue du pays, vous arriverez à échanger, ce sont toujours les mêmes sujets : d’où on vient, où on va, le nom de la moto, à combien elle monte…
Jamais vous ne verrez ça avec une voiture, à moins d’un modèle d’exception. Encore moins à pied ou à vélo. Le seul autre moyen de transport qui suscite autant d’intérêt, c’est le cheval.

Rouler à moto, c’est aussi le plaisir de partager, de communier avec vos proches qui partagent cette pratique, voire cette passion.

Rouler en duo, avec votre conjoint, la personne qui compte le plus au monde pour vous, procure des moments inoubliables. Et d’autres encore, différents, quand cette personne partage votre passion au guidon, avec sa propre moto.

Rouler en (petit) groupe, avec des amis, des potes, des gens dont on se sent proches, partager tous les moments hors de la conduite, les pauses, les étapes, les soirées au bar ou au coin du feu, les repas à se raconter les arsouilles, les moments qu’on vient de passer ensemble, à rouler les uns à côté des autres, chacun sur sa moto mais sur la même route au même moment… est une expérience de vie géniale.

Rouler à moto, c’est aussi croiser d’autres motard(e)s, des inconnu(e)s, que l’on ne reverra sans doute jamais, mais qu’on salue quand même, parce qu’on partage une communauté de pratique, de passion et de destin. Et quand vous êtes arrêté(e) quelque part, il ne faut en général pas longtemps pour qu’un motard vienne se mettre à côté de vous et commence à vous parler… même quand vous n’avez pas envie de causer.

Et si ce n’est pas un autre motard, c’est un automobiliste qui viendra vous questionner sur votre moto, parce que lui aussi, ça le tente. Ou le papy du coin qui vous racontera ses aventures sur les motos de sa jeunesse, la larme à l’oeil. Ou les enfants qui viendront admirer la machine. Tous les gosses adorent les motos.

Bref, la moto, ça rapproche !

Bon, on ne va pas se voiler la face non plus…
Le mythe de l’esprit motard, de la grande communauté des motards solidaires, c’est mort depuis longtemps.

La démocratisation de la moto et les ravages de la société individualiste sont passés par là. Ce n’est pas parce que le monsieur à côté porte un casque qu’il va devenir votre pote pour la vie. Et le fait qu’il roule avec la même moto que vous ne l’empêche pas d’être (peut-être) un malotru, voire un fâcheux.

Le monde de la moto reflète en bonne partie le reste du monde.
Il y a de tout et pas mal de n’importe quoi. Vous aurez l’occasion de vous en apercevoir (si ce n’est déjà fait), les motards ne sont pas meilleurs que les autres conducteurs et j’irais même jusqu’à dire qu’il existe un sacré paquet de gros connards parmi eux. Et tiens, je suis même sûr que j’en suis un pour certains de ceux-là…

Alors au final, rouler à moto ou pas ?
Sans conteste, oui.

Le succès des motos et des scooters n’est pas près de diminuer.
Les problèmes de circulation demeurent un thème central pour presque toutes les catégories de population, aujourd’hui majoritairement urbaine ou rurbaine, et les deux-roues motorisés sont de plus en plus considérés comme une solution pour réduire la perte de temps dans les embouteillages.

L’effet « boule de neige » aidant, les acheteurs d’une moto ou d’un scooter se font de plus en plus nombreux, ce qui modifie à la fois la composition, le comportement et donc l’image de la population d’usagers de deux-roues, contribuant au succès croissant de ces modes de transport, et ainsi de suite.
On peut s’en plaindre comme s’en réjouir, en constater les avantages et les effets pervers, mais le phénomène est là.

Si le succès des deux-roues depuis 15 ans s’explique en grande partie par leurs atouts en matière de mobilité urbaine, d’autres fondements se dessinent par les grandes tendances du marché : moins de motos sportives, plus de trails routiers et de néo-rétros, plus de maxi-scooters…
Moins d’esbroufe, de bruit, de consommation de carburant et de moto « loisir réservé à la belle saison ».
Plus de confort, de maniabilité avec des véhicules orientés vers un usage quotidien dans des conditions diverses.

Ce qui n’empêche pas la persistance de la moto comme loisir grâce à la modularité.
Les roadsters d’aujourd’hui offrent autant de puissance que les sportives d’hier, dont ils reprennent d’ailleurs souvent l’essentiel (moteur, freins), tout en devenant plus maniables et faciles à utiliser dans la circulation urbaine.
Grâce à l’évolution technologique, avec de multiples possibilités d’équipement pour plus de protection, de bagagerie et de confort, les roadsters sont devenus polyvalents et peuvent être utilisés pour se rendre au travail, faire de petites balades ou partir en voyage.

Autre fondement du succès et de la modification de l’image de marque : les efforts en matière de sécurité, de confort et de protection de l’environnement.

Les utilisateurs de deux-roues disposent aujourd’hui des machines les plus évoluées qui aient existé dans ce domaine, à des prix sans cesse plus bas et accessibles au plus grand nombre.
D’où une extension croissante de leur spectre d’utilisation : non seulement une même moto peut convenir à un nombre croissant d’usages (avec des limites dans chacun d’entre eux), mais il apparaît continuellement de nouveaux engins, toujours plus spécialisés, qui élargissent l’offre.

L’offre créant la demande, on assiste à une explosion de la communauté des utilisateurs en une multitude de sous-groupes spécialisés, rarement solidaires, souvent concurrents, qui se rassemblent parfois lorsque leur existence ou leurs valeurs semblent menacées.
Le principal ciment de ces différents groupes restant leur opposition (plus ou moins radicale, depuis la simple affirmation de la différence jusqu’à la rébellion) au reste de la société et à ses gouvernants.

Les motos, le marché de la moto (et des scooters) et leurs utilisateurs connaissent une évolution manifeste.
A la condition de voir les autorités locales et nationales adopter une politique intelligente et constructive, on peut espérer que les deux-roues motorisés deviendront bientôt un des modes de transport des plus naturels.

Dans ce subtil échange permanent en triangle – fait d’images (image de marque, clichés, préjugés), de rapports de fascination/répulsion et rejet/désir d’intégration, de rapports de force… –  entre la communauté des utilisateurs, la population générale et les gouvernants de la société, chacun doit comprendre et assumer ses responsabilités, et les faire comprendre aux autres, pour parvenir enfin à des rapports pacifiés.

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  44 comments for “Pourquoi faire de la moto ?

  1. Philippe Roche
    13 février 2017 at 15:44

    Il y a encore une autre raison de faire de la moto : certains jours, quand tout va vraiment bien, on n’est pas sur la moto, on est la moto. Si j’en avais la possibilité, je mettrais le mot « est » en italique ou en gras. Plus exactement, on devient un centaure mécanique, pour qui toute intention se traduit par une action immédiate de la moto, et toute sensation perçue par la moto est immédiatement transmise au cerveau, comme si, la moto et moi, nous formions un grand corps indivisible. C’est une sensation extraordinaire, impossible à expliquer à ceux qui ne l’ont jamais éprouvée.
    J’ai du temps libre cette semaine, et j’attends impatiemment ma nouvelle moto après mon accident du mois de décembre. C’est pourquoi j’ai du temps à consacrer pour écrire ici, au lieu de me balader sur les belles routes de ma région, alors qu’il fait un temps superbe…

    • oldbir
      13 février 2017 at 22:07

      Ce sentiment ,cette sensation où chaque organe de la machine est notre , ou chaque organe petit à petit a réussi une greffe parfaite, pour que nous ne soyons nous même la moto incarnée, procure effectivement un sentiment inégalé.

    • Valérie
      6 avril 2017 at 11:22

      Bonjour à tous
      je ne suis pas une « motarde » au sens pur du terme même si j’ai partagé cette passion pendant plusieurs mois par le passé. Je ne vais pas non plus répondre à vos commentaires que j’ai lu avec beaucoup d’intérêt de même que l’article de Fabien. Je trouve cette univers très séduisant.
      Je fais une recherche sur la marque Motoguzzi pour un projet et je cherche des informations sur l’esprit « clan » qui peut habiter les gens qui partage cette passion pour la moto, de même que la place de la femme dans ce clan.
      Est-ce qu’il y a quelqu’un qui possède une Motoguzzi « une belle italienne » pour reprendre une des expressions que j’ai lue ? Merci pour vos réponses et bonne route

  2. Philippe Roche
    7 septembre 2016 at 19:06

    La moto, c’est le pied.
    A condition, bien sûr, d’avoir eu l’occasion d’en faire l’expérience. C’est ce que m’a fait valoir un ami, avec qui j’ai fait hier une superbe balade en Savoie et Haute-Savoie, quand je lui ai fait cette remarque.
    Il a raison, c’est évident. Mais quand on a eu la possibilité d’y goûter, le plaisir est encore plus intense quand on le partage avec un(e) passager(ère), ou bien, comme moi hier, avec cet ami en qui j’ai toute confiance, et dont je suivais la moto dans des paysages magnifiques, sur des routes sublimes, en ayant l’impression d’être au paradis des motards.
    C’est un sentiment difficile à décrire, mais quand on le ressent, on se fiche pas mal des arguments qui pourraient nous inciter, ou, au contraire, nous faire renoncer à la pratique de la moto.
    Une précision importante : je vais travailler avec ma moto, et je roule toute l’année.
    Après ce petit message, je repose la question « Pourquoi faire de la moto ? », mais je vous en ai déjà donné la réponse.
    Amicalement,
    Philippe.

  3. Fred
    15 juin 2016 at 18:43

    Il y a moi, la route et son paysage et ma mob ou bien ma mob, moi et la route et son paysage ou encore la route et son paysage, ma mob et moi etc.. 6 combinaisons pour un résultat unique dans lequel l’harmonie et l’instant présent ou motard/moto et routes se confondent pour devenir le motocyclisme.
    Moto plaisir et sentiment intense de vivre.
    Pour moi sur ma maintenant « vielle » K100, le but c’est de rouler sans peur et sans reproches.. pas d’adrénaline pour n’être que dans ce que je maitrise parfaitement.. rythme pépère et respect de la mécanique pour aller loin et longtemps et arriver reposé. Voilà mon pourquoi je fais de la moto 😉

  4. Taisiss
    4 juin 2016 at 15:19

    Qu’est ce que je trouve dans la moto ? Si on me donnait 1€ chaque fois qu’on me pose la question, je ne travaillerais plus …

    Et ma réponse est la suivante : pour être dans le « ici et maintenant », pour me dire en enfilant ma veste « je ne sais pas où je vais, mais je sais que je vais y prendre du plaisir », pour « vivre le trajet » plutôt que pour viser une destination.
    Pour rentrer chez moi après une petite ballade trempé jusqu’au slip, mais heureux …

    Et merci à tous pour vos réponses. Certaines m’ont tiré une larme (vous marrez pas, c’est vrai). 😉

  5. MagalieB
    30 mai 2016 at 19:20

    Quel bel article… et que de commentaires riches en émotions… l’esprit motard n’est pas « mort »…
    Je pense qu’un motard n’a qu’à fermer les yeux pour ressentir toutes les raisons qui le font enfourcher sa moto…
    Je ne parle ni de vitesse, ni de folies… juste d’un bien être immense…
    Merci Fabien…

  6. Fred
    25 mars 2016 at 19:41

    Faire de la moto, c’est pour moi l’occasion d’être entièrement à ce que je fais lorsque je roule sur des petites routes au revêtement parfois dégradé. Trouver un rythme harmonieux, profiter de l’instant présent.. bref c’est le côté relaxant qui me plait.

  7. Erneval
    10 mars 2016 at 08:34

    À 18 ans, lorsque j’ai passé mon permis, j’aurai bien été incapable d’expliquer mon besoin de faire de la moto: je n’étais ni passionné de mécanique ou de vitesse, ni en manque de voyage et de liberté, pas du tout téméraire… Je ressentais seulement cela au fond de moi comme un besoin impérieux . Les années ont passé et cette passion ne s’est pas éteinte, elle est devenue de plus en plus forte mais aussi de plus en plus réfléchie.

    Pourquoi faire de la moto? C’est une question que je me suis souvent posé. Je pense que chaque motard peut trouver sa propre réponse et que chaque réponse est respectable.
    Il existe pourtant des raisons que je trouve moins légitimes que d’autres.
    Parmi elles , les raisons utilitaires: la moto n’est pas le moyen de voyager le plus sûr, le plus confortable,le plus économique, le plus pratique, le moins polluant … Parfois, même pas le plus rapide…
    La moto est aussi considérée par certains comme un accessoire de mode : on l’achète comme un signe d’appartenance sociale. On roule peu avec, on ne sort plus des villes. Désolé, mais s’acheter une moto ce n’est pas s’acheter une vie.

    Le plaisir le plus évident est celui du pilotage: on ne conduit pas une moto , on la pilote . On doit penser ses trajectoires, ses freinages, ses accélérations,on doit penser la route, s’adapter au revêtement, à la circulation… On est confronté à des forces physiques que l’on ne côtoie pas usuellement à de telles intensités: l’accélération, la décélération, la force centrifuge, la force gyroscopique. Je n’invente rien: la moto est une usine à sensations! Il y a des instants fabuleux où l’on est en communion parfaite avec sa machine et avec la route, où l’on enchaîne les courbes les unes après les autres avec décision et élégance, où l’on est intensément concentré et pourtant hyper-conscient de ce qui nous entoure. Ces moments là n’appartiennent qu’aux pilotes… Je ressens parfois la moto comme un prolongement de moi même, qui me permet d’accéder à un ailleurs inapprochable sans elle.
    On ne doit pas rechercher l’adrénaline qui est l’hormone de la peur et du stress: il n’y a pas de plaisirs dans les risques inutiles, dans la fascination morbide du danger. La moto ne pardonne pas aux insensés… Pas d’adrénaline donc, mais plutôt des endorphines, le neurotransmetteur du plaisir et du bonheur: comme d’autre je me surprends à sourire caché dans mon casque intégral.

    La seconde raison que je mettrais en avant est que la moto est une invitation au voyage. Il n’est pas une fois où je n’ai ressentis l’envie de partir au loin au moment de grimper sur ma machine, pour découvrir en paraphrasant Baudelaire là où « (…) tout n’est qu’ordre et beauté,luxe, calme et volupté. » La moto est la clef de cet ailleurs. En voiture seuls comptent le point de départ et le point d’arrivée. Pour le motard c’est le trajet qui est important : il s’engage seul face aux aléas du parcours et aux éléments. Au dessus de sa tête, le ciel, le soleil, les nuages et les étoiles, autour de lui: le monde… Par définition le motard est modeste : il est minuscule dans la circulation, vulnérable et il voyage léger. Il n’est jamais perçu comme un envahisseur comme l’automobiliste au volant de sa grosse berline ou de son camping car,il peut encore lui rencontrer de « vrais gens ». Le motard applique le conseil que prodiguait Jules Verne à un de ses personnages:  » Regarde, de tous tes yeux, regarde! » Il n’est pas comme le touriste basique un consommateur du monde, il est encore capable d’en ressentir la vastitude, la variété, la rudesse, d’en apprécier les paysages, les odeurs, les sons. Voyager en moto c’est s’engager dans un monde vrai, non édulcoré pour les touristes en manque de soleil et d’exotisme, loin des hôtels clubs et des parcs d’attractions.

    Pourquoi fait-on de la moto? Voilà, bien modestement quelques réponses qui me sont tout à fait personnelles. J’aime la routine qui précède le départ: enfiler son casque et ses gants, fermer sa veste, pendant que la moto au ralenti ronronne. J’aime l’odeur de la campagne les soirs d’été, l’odeur des pinèdes et celle des champs de lavande. J’aime les alternances d’ombre et de lumière.
    J’aime la pression du vent et le bruit des gouttes de pluie et de la grêle sur mon casque quand le temps change. J’aime les accélérations et le frein moteur qui fait pétarader l’échappement. J’aime voir danser les phares des voitures quand la nuit tombe. J’aime tracer des courbes parfaites sur les belles routes. J’aime la petite route du Rioumajou dans les Pyrénées,ou celle qui fait le tour de l’île de Moorea, ou tout ces chemins de campagnes qui ne mènent nulle part. J’aime ces petits cafés dans des villages minuscules où l’on s’arrête pour se réchauffer l’hiver ou se rafraîchir l’été.
    J’aime ce petit moment de convivialité gratuite qu’est le salut motard. J’aime les discussions sans fin sur la moto. J’aime rentrer chez moi après une courte balade ou un grand voyage et raconter… J’aime  » l’esprit motard » si il existe encore…

    Amicalement
    Alain.

    (PS. Pour moi motard est un terme générique qui englobe aussi les motardes qui sont la moitié la plus agréable et la plus intelligente de notre espèce à deux roues.)

    • 10 mars 2016 at 14:51

      Dieu que c’est bien écrit !! Magnifique, merci pour ce témoignage.

    • Khal
      30 mai 2016 at 15:33

      Tellement Vrai. Votre commentaire me donne l’envie soudaine d’évasion. Du bureau, mon esprit à errer quelques instant, le temps de lire ces belles phrases.

      Merci à vous…

      Khal

    • RC
      14 mars 2017 at 09:49

      Bonjour Alain,

      Je te remercie pour ce texte d’une grande beauté. Mille Merci.

  8. TGGOCP
    7 mars 2016 at 22:12

    Pour ma part c’était principalement un besoin de retrouver mon indépendance au niveau du déplacement, après avoir vécu des années dans une grande ville où nul véhicule ne m’était nécessaire pour me rendre aux endroits souhaités. La ville était très bien desservie en transports en commun et le plan de circulation des routes étant assez contraignant, je ne voyais pas l’avantage d’avoir une voiture (pour mon cas), la moto je n’y avais même presque jamais songé, c’était un rêve de gosse enfoui quelque part au tréfonds de mon cerveau.

    Revenu désormais vivre en campagne dans un petit village, le besoin de se déplacer s’est fait de nouveau sentir : pour aller voir des proches, des amis, etc. La voiture je l’ai exclue d’emblée, j’en ai possédée deux et non merci, plus jamais. Déjà je n’aime pas être enfermé, ensuite je suis une âme plutôt solitaire donc je transportais rarement de gens, enfin les frais d’entretien et d’essence me semblaient extrêmement coûteux par rapport au plaisir ressenti. C’était uniquement utilitaire et j’ai toujours eu du mal à cracher autant de biftons pour ça.

    Je suis donc parti sur une idée d’un deux roues motorisé. Au départ j’ai songé à prendre une mob des années 80 en occas, mais je me suis dit qu’un gabarit d’adulte dessus, ça risquait de faire tâche. Autant un ado dessus c’est classe, autant un adulte… J’ai regardé quelques vidéos sur le web, ouais bof, ha ha. Trop grand pour ces engins, j’aurai eu l’air d’un crapaud sur une boîte d’allumettes. J’ai donc vite pensé à autre chose, alors il y avait bien le scooter mais je n’ai jamais adhéré au design.

    Je me suis dit qu’il n’y avait rien d’autre qu’une petite 125, ne possédant pas le permis A à ce moment-là. J’en ai parlé avec un pote qui lui bien sûr était ravi puisqu’une fois ce moyen de transport en ma possession, j’allais pouvoir aller lui rendre visite beaucoup plus souvent. On a regardé vite fait quelques annonces, une était bonne (mon web était en panne, lui regardait depuis chez lui et me commentait les annonces). A un moment il me sort « Oh j’en vois une noire super jolie qui pourrait te plaire, pas chère en +, et pas trop loin de chez toi. Tu veux le numéro ? » J’ai dit banco direct et tenté d’appeler. Ni une ni deux, j’étais chez le gentil petit retraité en devenir dès le lendemain soir pour aller voir la bête, je l’ai achetée cash immédiatement, après l’avoir vu un petit moment sous tous les angles, entendu le moteur tourner, et l’avoir fait tester à mon beauf (titulaire du permis A depuis longue date). Mon beauf me l’a ramenée chez moi alors que je n’avais pas encore la formation 125 de commencée.

    Mon choix s’était donc portée sur une Honda 125 CBF de 2010, noire. Je l’ai gardée un an et durant cette année, nombre de motards m’ont dit que je n’allais pas rester longtemps là-dessus si ça me plaisait. 🙂

    A l’auto-école, une fois la formation 125 achevée 15 jours plus tard, le mec me dit « Bon eh bien à dans un an pour le permis A » en riant, il ne croyait pas si bien dire…

    6 mois après je m’inscrivais au permis A, et ça m’a pris 6 autres mois pour l’obtenir car il a fallu repasser le code puis j’ai échoué quelques fois sur des épreuves de ce permis un peu difficile. J’aurai parcouru 5500km sur la 125 sur une durée de 1 an. Depuis maintenant presque 1 an, je suis l’heureux possesseur d’une Kawasaki Versys 650 de 2014, noire. A laquelle j’ai ajouté un peu de rouge et un peu d’équipement (poignées chauffantes, liserés de roues, etc.).

    Quel bonheur d’être au guidon de cette Versys chaque jour, la moto répond au poil toujours vaillamment (je l’ai achetée quasi neuve), ce n’est pas un monstre de puissance mais il y en a suffisamment pour bien se faire plaisir malgré tout. Et moi ce n’est pas tant la vitesse que j’aime (que je n’aime pas, en fait, mon manque d’exp fait que rouler trop vite, hormis en ligne droite, m’effraie + qu’autre chose. Je n’ai pas tellement confiance en nos routes d’ici, souvent abimées ou parsemées d’embûches de toutes sortes). Alors l’état des routes fait parfois un peu chier parce que je n’ose pas encore me pencher, toujours peur qu’il y ait une pomme de pin sur la route qui me fasse tomber ou un truc comme ça. Et il pleut souvent aussi donc les routes sont souvent légèrement glissantes.

    Pourtant, malgré tout ça, le plaisir d’être au guidon d’une moto n’est pas comparable à celui d’être au volant d’une voiture. En moto on prend le temps de regarder le paysage tout en roulant, on prend le temps de s’arrêter pour regarder un paysage, ce que l’on ne fait absolument jamais en voiture, l’objectif ultime étant uniquement de se déplacer d’un point A à un point B en y prenant presque aucun plaisir, et même souvent en rageant sur l’inconduite des autres conducteurs. Et on arrive stressé et énervé à la maison. 🙂

    En moto ce n’est pas du tout comme ça. Et même si des cons sur la route peuvent nous pourrir certains moments, on arrive toujours à destination avec le sourire parce qu’on est contents d’avoir piloté sa moto un moment, tout simplement. Et ça mine de rien, ça fait toute la différence pour moi.

    Avant quand il fallait me déplacer en voiture, si ce n’était pas pour aller faire un truc fun, ça m’emmerdait. Et puis je pensais au coût de l’essence aussi. En moto ça ne m’arrive absolument jamais puisque la moindre excuse pour la piloter est bonne. Aller en ville faire un truc pourri ? Aucun problème, puisque j’y vais à moto. 🙂

    Voilà, c’est surtout ce petit truc (qui change tout) chez moi qui fait que je suis sur une bécane depuis presque 1 an, après une petite année de 125 (et aussi plusieurs années sur une 103 SP du temps de mon adolescence, que j’adorais).

    Parfois, je me demande si ce besoin d’être sur un 2 roues motorisé n’a pas un lien avec cette mob des années 80 que j’ai tant utilisée à l’époque et que j’adorais. Sans doute un peu. Et puis la moto, c’est souvent un rêve de gamin, enfin c’était un peu le cas chez moi.

  9. 1 mars 2016 at 18:44

    Merci pour ce site, ces articles, ces commentaires !!

    Alors moi (femme de 47 ans) je n’ai jamais fait de moto. Comme tout le monte j’ai toujours été fascinée par la moto. Je me suis souvent arrétée pour regarder une belle moto ou faire une photo. Clairement, je n’ai jamais fait de photo de bagnole. une bagnole, c’est utilitaire, point. Pendant longtemps ça me faisait peur. D’ailleurs j’ai dissuadé mon mari de passer son permis, je le voyais déjà raide mort sur la route.

    Et puis…. ça fait peut être cliché mais j’ai visionné la série des « sons of anarchy » et je me suis demandé ce que ça fait de rouler sur de tels engins. Tout de suite j’ai pensé que les Harley étaient hors de prix. Puis je suis allé les voir, les prix. Et, oh surprise, ce n’est pas si cher que ça.

    Nous avons 2 voitures dont une qu’il faudra bientôt changer. Et alors là, je me suis dit « pourquoi pas par une moto » (ok j’ai pigé, pas une grosse Harley en sortie de permis). D’autant que les voitures actuelles, je les trouve moches pour la plupart. Et voilà que je me met à chercher des infos, que je tombe sur cette mine d’or qu’est ce site.

    Je lis vos commentaires, ces articles si bien rédigés, ça me donne de plus en plus envie ! Je commence à me renseigner sur les moto écoles vers chez moi. Je suis en nord Isère, à la campagne, il n’y en a pas pléthore mais on m’en a signalé une pas très loin qui a l’air pas mal. Je vais aller renifler l’ambiance de ce côté.

    Voilà, je voulais partager sur cette page consacrée au tout début, là où j’en suis en fait. Des fois je me dis que ce projet est totalement fou. Puis je me dis « et pourquoi pas » ? En plus je ne vous dis pas combien ça fait plaisir à mon petit mari (et oui, toujours le même), qui se dit qu’il va sans doute gouter aux joies de la moto dont il rêve depuis tant de temps !! Passer le permis à deux, ça doit être cool ! Les gamins (17 et 14) nous encouragent en plus !!

    Nous vivons en Isère, dans une région de très très jolies routes donc en moto, ça doit être top !! Prochaine étape, voir avec cette fameuse auto école si je peux faire 2h d’essai sur plateau histoire de tester la moto avant de m’engager.

    En attendant, je parcours le site dans tous les sens !! Bravo pour ce contenu si riche !

    • Cocmag
      1 mars 2016 at 21:43

      Vas-y Verobike ! Lance-toi, fonce… Enfourche le « deux roues » ! Comme toi, j’ai hésité à franchir le pas, et pour mes 40 « rugissantes » le choix était fait : « Je roulerai à moto » malgré les mises en garde de ma famille. La moto ? Les accidents ? Et tes enfants ? Mais la décision était mûrement réfléchie… et je ne regrette rien ! Génial de retrouver ces sensations de liberté « contrôlée » car il faut être hyper-vigilent.

      La seule différence avec toi, c’est que je possédais le permis depuis 18 ans, et j’ai déjà perdu un genou à 14 ans… les imprudences de l’adolescence. Alors reprendre un guidon à 42 piges, devenir « presque » un vrai motard, et faire partager ce plaisir avec mes enfants, c’est le pied ! Des amis motards « flics » me donnent même de précieux conseils…

      Il te faudra peut-être un peu plus de temps pour prendre de l’assurance sur un deux roues, mais une fois l’appréhension passée et l’apprentissage des bonnes bases en poche, tu ne regretteras rien. Comme toi, j’étais venu sur ce site (hautement bien fait) et j’y avais trouvé toutes les réponses sur la moto…

      • 3 mars 2016 at 14:19

        Merci pour tes encouragements Cocmag !! Avec mon mari, nous sommes super motivés. Nous fêtons nos 20 ans de mariage cet été et on s’est dit que ce serait sympa de s’offrir la formation de 7h, un équipement sérieux et chacun sa petite 125 pour commencer avec en ligne de mire la pratique des exos en autonomie pour ensuite aborder le permis A, et monter tranquillement en gamme pour aboutir à la bécane de nos rêves.

        • Annabelle
          15 avril 2016 at 17:59

          Salut Véro!
          Moi je n’étais pas spécialement intéressée par la moto non plus avant de connaître mon copain qui lui roulait depuis quelques années. Alors ont commencé les balades à moto tous les deux, puis les voyages (bretagne, dordogne, massif central et pyrénées et cet été les Alpes suisses et autrichiennes) et là j’ai réellement apprécié ce que veut dire être motard et faire de la moto… Partir avec pas tant de choses que ça et ne se concentrer que sur la route et notre périple… J’ai vu des paysages que je n’aurais pas autant apprécié si je n’avais pas senti le vent sur mon casque vu les virages approcher…

          Aujourd’hui c’est bon, je me suis lancée, j’ai eu mon code aujourd’hui et j’ai commencé les heures de conduite! Moi qui pensais adorer être derrière j’adore encore plus être au guidon! J’ai hate de parcourir les routes avec mon homme mais sur ma bécane… =)

          Alors si tout ça vous tente tous les deux c’est le moment d’essayer!!! De toute façon vous vous en rendrez compte très vite si ça vous plais… Et la 125 c’est plutot pas mal pour commencer, une de nos amies est sur une 125 et elle suit nos bécanes quand on se fait des virées, pas besoin de rouler à 200 pour se faire plaisir (mais ce n’est que mon avis!)

          • Verobike38
            17 avril 2016 at 12:07

            Hello

            Personellement je n’ai pas très envie de jouer les passagères. Mais j’adore rouler en voiture et rien que l’idée de faire de la moto me fait énormément kiffer. Je piaffe d’impatience -à attendre ma formation !! J’ai lu tellement de belles choses, qu’il me tarde de les expérimenter !

            • denis-laurent PEREZ
              10 avril 2017 at 11:31

              deltalima bonjours verobike,tres bonne moto ecole en nord isere ,j en sort,et je peu te dire qu jerome te fait travailler dur,mais ca vaut le coup,j ai 63 ans et maintenant je fais de la moto presque tous les jours avec un bmw r1200rt,je reviens du grau d agde via nimes,ales,bourg saint andeol;valence;beaurepaire et enfin la maison,et je pourrais t ecrire un roman pour expliquer pourquoi faire de la moto,mais ce que je souhaite pour toi , c est de suivre ton reve ,,,,,,,tu comprandra. demain depart pour le portugal, courage bis

              • Verobike38
                10 avril 2017 at 15:25

                Hello
                Pas encore le permis, car trop cher pour ma bourse, mais depuis ma formation 125, je roule le plus que je peux et j’aime vraiment ! L’idée est maintenant de faire le plus d’expérience sur la route possible, en attendant de pouvoir passer le précieux permis ! Mais même sur petite cylindrée, c’est vraiment du bonheur. C’est simple, je ne prends la caisse que quand je ne peux faire autrement !

  10. FABIZ
    28 février 2016 at 20:43

    Salut Fabien et le bonjour de Belgique.

    Chouette article : je m’y reconnais un peu…
    J’ai décidé (après mure réflexion et une lecture approfondie de ton site) de passer mon permis moto. Voici mes bonnes raisons :

    – mon premier objectif était de me libérer du rythme métro-boulot-dodo quotidien : 14 ans de train sur une ligne où l’on relègue la lie du matériel ferroviaire… abandon de mon abonnement malgré sa gratuité (payé par mon employeur pour des raisons idéo-écologiques)…
    – mon deuxième objectif était une sorte de défi : mes 40 ans en poche, serais-je capable de maitriser la chose ? il semble que oui puisque je vous écris !

    Pour diminuer l’impact du coût j’ai :

    -réalisé mes achats aux soldes, me permettant le milieu de gamme pour un équipement neuf gore-tex, un casque 5 étoiles crash testé etc. pour un prix maîtrisé.
    – combiné mon assurance voiture familiale-moto afin d’avoir un tarif préférentiel.
    – scruté le marché de l’occasion pour trouver ma première moto idéale (à chacun la sienne)… pour moi une Honda Deauville 700 de 2009.

    Alors OUI… oui on crève de chaud en été et oui on ressemble à un cosmonaute, oui ça prend du temps de s’équiper, oui c’est fatiguant de réfléchir constamment, guettant l’écart de conduite des autres tout en n’en faisant pas soi même (en 1ans et demi je peux vous dire que j’en ai croisé des faiseurs de sueurs froides!)

    Mais quel bonheur quand je débâche ma moto chaque matin, que je remonte (a vitesse réduite) les files de voitures embouteillées et qu’au retour, je place la mentonnière en mode « jet » pour passer par un itinéraire bis, histoire d’en profiter…

    Bonne continuation à toutes et tous

  11. Quentin
    22 février 2016 at 20:08

    Je ne sais pas pourquoi mais quand tu as parlé du cheval, je l’ai tout de suite imaginé avec une plaque d’immatriculation sur le fion. Merci pour l’article en tout cas 😉

    • Alexis
      28 février 2016 at 16:18

      Je fais de la moto car je ne supporte plus la politique des maires qui massacrent leur voirie en réduisant les espaces de circulation, et réduisent les places de parking.
      Tout est embouteillé maintenant.
      A moto je gagne 30 mn par jour dans les bouchons et je me gare gratuitement.
      Je m’y suis mis à cinquante ans avec une bonne grosse routière, et je ne suis pas prêt de reprendre ma voiture.
      Tant que les politiques ne nous ont pas encore enlevé cette liberté, il faut en profiter.

      • Mecontent
        14 juillet 2017 at 14:45

        Bonjour. Les politiques tout comme les entreprises t incitent plutôt fortement à prendre les transports en commun c’est dire comment ils nous traitent, c’est sur que les députés et les patrons eux on les voit jamais dans ces cages à poules

  12. Glt
    20 février 2016 at 09:50

    Bonjour,

    A 49 ans et après 5 ans de conduite d’un scooter 125, histoire d’être sur que le 2 roues n’était pas une lubie mais bien une source de plaisir, je me suis décidé à passer le permis A, que je viens d’obtenir. Je voulais simplement vous remercier pour avoir créé ce site que j’ai parcouru avant et pendant ma formation. J’y ai puisé un grand nombre d’informations qui m’ont parfois conforté dans mes choix mais aussi, et souvent, permis de me rendre compte que je n’adoptais pas les bons comportements. Lire vos articles, c’est en quelque sorte gagner en expérience. Nul doute que vous m’avez aidé à obtenir ce précieux sésame.

  13. MOUNIER Jean-Pierre
    18 février 2016 at 15:33

    Bonjour…
    et BRAVO… de tout cœur pour Votre Site super bien réussi et surtout qui aborde intelligemment les vrais problèmes et les Vrais raisons de faire parti de la Communauté des Motards…

  14. Disklad
    9 février 2016 at 16:21

    Pour ma part je diviserai le sujet en deux : Pourquoi débuter ? Pourquoi continuer ?

    J’ai débuté/essayé la moto à mon sens pour deux raisons : d’une, j’ai un père motard depuis sa jeunesse, j’ai donc grandi un peu là-dedans, même s’il n’est pas du genre communautaire. Enfant, je l’attendais rentrant du boulot car parfois il m’emmenait faire un tour du pâté de maisons. Ca reste un peu dans le sang je suppose. De deux, j’ai à la fois des amis proches qui se sont mis à la moto, et, il ne faut pas se leurrer, c’est comme pour la clope, l’image du motard est attirante.

    Ma première approche n’était donc pas vraiment utilitaire, je me débrouillai très bien avec la voiture et les transports en commun. Vivant en région parisienne, j’ai mis du temps avant d’oser faire de l’interfile, ça ne m’aurait donc servi à rien, et je sortais la moto uniquement le week-end les premiers mois.

    Pourquoi j’ai continué ? Parce que le plaisir. Le moindre trajet, le plus pourri du monde, un quart de tour de périph’ à 18h, devient intéressant (agréable ?) à moto. A chaque trajet, je me vide la tête, car je dois être concentré sur ce que je fais. Parfois j’ai peur, parfois je suis énervé, mais deux virages plus loin, c’est terminé. Et puis j’essaye des choses, je tente de m’améliorer, je travaille le lent, je travaille mes trajectoires, ma position. Je suis actif, je n’attends pas que le trajet se passe. Et puis dimanche matin le GPS m’emmène au fin-fond de Carrières-sur-Seine et je découvre une petite route le long de la Seine, avec des cygnes, des gens qui font leur jogging, les péniches et un brin de soleil qui pointe. Et là, je lève ma visière et ma tête et je profite. (Certes c’est pas la panacée mais à Paris on profite de ce qu’on a) Et puis à un péage alors que je suis limite niveau essence, un autre motard que je viens de rencontrer, de 20 ans mon aîné, me fait « vas-y, je te suis, si tu tombes en panne je t’en passerai ». Et il m’a suivi, alors qu’on s’est traîné sur 10 bornes… Puis est venu faire le plein avec moi histoire de taper la causette et de me donner des astuces pour éviter ce genre de péripéties. Génial aussi ce souvenir du GP du Mans, avec ce défilé de motos et les gens assis dans leur chaise de camping aux rond-points pour faire signe de la main, ou sur les ponts de l’autoroute jusqu’à Paris.

    Bref. Plusieurs personnes ont tenté de me faire abandonner (dont des motards), mais c’est trop tard, j’y ai goûté…

  15. Patrick
    8 février 2016 at 18:08

    Très bon article FlatFab, superbement rédigé qui aborde vraiment la question sous tous les angles.

    Pourquoi faire de la moto, voilà la bonne question. Pour moi, cela a commencé avec la fascination aussi bête soit t’elle de la Fatboy dans Terminator 2 et ce que pouvait inspirer cette bécane : la liberté, l’envie de vivre comme bon te semble, les espaces, la puissance tranquille etc. J’avais 10 ans. Pour moi, si je devenais adulte, il me fallait ça pour m’accomplir comme un rite de passage.

    J’ai grandi, je suis devenu, je pense, « adulte » et ce rêve de gosse non accompli commençait vraiment à me peser. Etant une personne peu sûre d’elle, la peur de passer le permis a retardé fatalement les choses, sans pourtant jamais éteindre la flamme. Puis au fil de rencontres, de lectures (et notamment de moto passion sécurité) j’ai décidé de me lancer en Février 2015. Après moultes difficultés (si l’envie et la passion n’y étaient pas, j’aurais abandonné) j’ai obtenu le précieux sésame. Et commencer à vivre mon rêve. Certes pas encore au guidon d’une belle HD mais d’une italienne (la dolce vita^^)pour commencer. C’est en quelque sorte cette communauté motarde virtuelle ou réelle qui m’a permis d’accéder à la première marche de mon rêve de liberté.

    Cette liberté, elle s’exprime déjà par ne plus dépendre des transports en commun en région parisienne, de pouvoir aller où je veux sans perdre un temps fou en correspondances etc. C’est très utilitaire et si loin des idéaux de ma jeunesse. C’est la liberté de sentir le vent et/ou les gaz d’échappements 🙂 Il en prend encore un coup le rêve de la route 66. Moi c’est plus N13 et ça fait forcément moins rêver. C’est rouler par tous temps, redécouvrir les éléments même si ce n’est pas toujours rose. Rétablir une sorte de connexion avec l’exterieur et l’environnement qui nous entoure. C’est tellement trivial et pourtant, il y a ce truc sans filtre quand on est sur la moto qui fait que l’on a l’impression de vivre à 100% l’instant présent. Ce quelque chose d’indescriptible mais que nous comprenons tous dans notre pratique.

    C’est aussi une sorte d’anti-dépresseurs dans la morosité actuelle : on se pose dessus, on démarre, on ne pense qu’à la moto, qu’aux actions à réaliser pour dompter ce bout de métal dans une relation quasie symbiotique. Mes ami(e)s et parents non motards ne comprennent absolument pas cette envie de faire de la moto. Pour eux, les points négatifs comme les sacrifices, la mise en danger, les coûts directs et indirects etc sont bien trop importants pour ne serait ce qu’adosser les mots passion ou plaisir à cette pratique. Un plaisir de surcroit égoïste qui ne rend service à personne car bon on ne peut mettre facilement les courses de la semaine sous sa selle de roadster. Ou dépanner mémé si elle a un malaise… Et totalement masochiste pour accepter toutes les vissicitudes liées à la pratique.

    Finalement, pourquoi faire de la moto : peut être tout simplement parce que cela nous plaît et fait rêver en nous le gosse que nous étions 🙂

    Amitiés motardes
    Patrick

  16. Quadrapasfou
    8 février 2016 at 09:57

    Aaahhhh, l’esprit motard et les joies de la moto :))

    Bien que n’ayant mon permis que depuis quelques mois, j’avais déjà fait pas mal de kilomètres « dans les bois » ou sur des chemins forestiers et cela depuis mes 17 ans. J’avais donc déjà une idée bien précise de ce que je cherchais à moto : les sensations d’équilibre et le fait d’être dehors (la puissance du moteur, pour moi c’est secondaire). J’en ai encore découvert d’autres (de plaisirs) depuis que je roule bien entendu.

    Sur le prix, surtout, c’est vrai que ça représente un budget (tout comme la voiture), MAIS :
    – le coût de l’achat sera toujours bien moindre (une R 1200 GS neuve a 20 000 euros aurait pour équivalent voiture, par exemple, une Audi Q5 à 50 000 euros – je compte les options, c’est allemand. Le compte est vite fait tout de même). Ben oui, à 20 000 euros on a une voiture très correcte certes, mais on n’a pas l’équivalent en gamme.
    – le coût de l’entretien est un peu plus élevé (fréquence des révisions et des changements de pneus), mais le coût du stationnement n’a rien à voir.
    – en voiture on prend souvent l’autoroute, qui est chère. En moto on y va moins et en plus il y a un tarif réduit par rapport aux voitures.

    Pour ce qui est de la solidarité motarde, je n’ai pas connu la période mythique où « c’était mieux avant » (oui, je me moque un peu, mais c’était toujours mieux avant, dans tous les domaines), je note que la moto rapproche les individus et fait tomber les façades sociales. Rien que ça, c’est sympa. Bien souvent, alors que j’étais en train de poireauter, tout endimanché et en costard, j’ai regardé telle ou telle moto que je trouvais jolie et qui était garée juste devant moi. Puis se pointe le proprio de la moto, pas du tout look costard, et en deux secondes on se met à tchatcher tout à fait librement, sans arrière-pensée du type « qui c’est et qu’est ce qu’il me veut, celui-là ? ».

    • Philippe Roche
      8 février 2016 at 17:20

      Non, la solidarité motarde n’est plus vraiment ce qu’elle était : dans les années 70, tous les motards s’arrêtaient pour m’aider à dépanner ma 175 Peugeot de 1954, et Dieu sait que ça arrivait souvent (qu’elle soit en panne, je veux dire !) De nos jours, les utilisateurs de 50 et de 125 cc ne sont plus considérés comme des motards en devenir comme c’était le cas en ce temps-là. Il est vrai aussi que les deux-roues sont infiniment plus fiables qu’ils ne l’étaient à l’époque.
      En revanche, tu as tout à fait raison de souligner que la moto continue à faire tomber les barrières sociales, que ce soit en France ou ailleurs. Si tu as eu la curiosité de regarder le film « Why we Ride » dont Fabien a posté la bande-annonce, tu y trouveras l’interview d’un black américain (an Afro-American, in case we need to be politically correct) qui va tout à fait dans ton sens. Il y dit en substance que tu discutes très facilement avec un autre motard, jusqu’à ce que tu découvres qu’il est neurochirurgien. Va savoir pourquoi, mais un neurochirurgien est considéré aux Etats-Unis comme la personne la plus intelligente qui puisse exister. En France, on dirait qu’il sort de Saint-Cyr. Mais voilà, par la grâce de la moto, ce black (qui a l’air très sympa par ailleurs) peut discuter avec la fine fleur de la société américaine sans aucun filtre social.

  17. Philippe Roche
    7 février 2016 at 19:19

    C’est marrant, les motards qui exposent sur leur Vlog les avantages et les inconvénients de la moto vivent dans des régions où il n’y a que des lignes droites, pas un seul virage à part les rond-points : que dalle, nada, niente ! 😉
    Plaisanterie mise à part, quand on a vraiment envie de faire de la moto, on ne pèse pas le pour et le contre. On en connaît les inconvénients à l’avance, ou bien on les découvre petit à petit, mais la passion fait qu’on les accepte : un peu de peine pour tellement de joie, ça vaut le coup !
    Philippe.

    • Zerty
      7 février 2016 at 20:00

      La pire connerie que j’ai entendue de la part d’un gars qui sort sa moto que 2 mois dans l année c’est que selon lui les motard qui roule toute l’année ne sont pas ceux qui accumule le plus d experience…
      Pour sur que rouler 2 mois dans l année sous un beau soleil avec une route seche donne plus d’experience qu’un roule tout les jour comme moi.
      Bref, simple retour sur une reflexion stupide qu’un keke en 900 cbr ma fait. Se sont les même que l’ont ramasse pendant l été et qui diront que le pneu a decrocher ….

      • Philippe Roche
        7 février 2016 at 20:45

        Je ne comprends pas bien pourquoi tu mets ton commentaire en réponse au mien. Je suppose que tu veux dire que, comme moi, tu es un roule-toujours, mais que tu établis une distinction très nette entre les motards qui roulent toute l’année et les autres.
        Tu en as le droit, et, pour être tout à fait franc, j’en ai un peu assez de saluer tout ce qui circule en deux-roues en été, alors qu’en hiver tu n’as que très rarement l’occasion de lever la main gauche pour dire : « Salut, copain ! »
        Cela étant dit, tout le monde a le droit d’avoir envie de faire de la moto, même si ce n’est que pendant les beaux mois de l’année. Dans certaines régions de France, il est d’ailleurs presque impossible de rouler en hiver.
        Amicalement,
        Philippe.

        • Zerty
          8 février 2016 at 13:19

          Non enfait si tu veut j’ai rien contre ses personne mais je voulais juste faire partager la critique, et c est vrai que l hiver j ai rarement l occasion de saluer un copain en normandie. C est juste que les critique du style les roule toujours sont pas les plus aguéris sa me fait rire

          • Philippe Roche
            8 février 2016 at 17:48

            Tu as raison, bien sûr. Un motard qui roule toute l’année est évidemment bien plus aguerri que celui ne roule qu’en juillet et en août.
            Mais cela ne nous dit pas pourquoi toi, tu fais de la moto. C’est le sujet de l’article de Fabien, et on aimerait bien savoir ce qui te motive à te geler les couilles en hiver, même si, en Normandie, les températures sont rarement négatives…
            Avec un pseudo comme ça, Je suppose que ton prénom commence par un A. Tu nous dis quoi, comme on dit dans le Nord ?
            Philippe.

            • Zerty
              8 février 2016 at 17:59

              Philipe roche jai pas compris la fin de ton message, mais pour te repondre se qui me motive a me les cailler l hiver c est que meme avec 0° sa reste un plaisir de rouler, certain perde le plaisir de rouler a partir d une certaine temperature ou meme la pluie. Mais en normandie il gèle peu mais il pleut enormement.

        • Quadrapasfou
          8 février 2016 at 14:20

          En plus, vu la douceur de l’hiver actuel, il est parfaitement possible de rouler partout. J’ai d’ailleurs vu pas mal de motards (moins qu’en juillet évidemment) sur les routes de Chartreuse le week-end dernier.

          • Zerty
            8 février 2016 at 17:54

            Pour moi les seule conditions qui m’enpeche de rouler c est le gel et la neige.
            Je reviens du boulot et yavais des grosse rafale genre 100 km/h sa peut aller faut juste rouler moin vite mais sinon a partir d’un certain point c est comme le gel c est stupide de risquer.
            Sinon pour finir, j’ai pas la pretentions de juger qui que se soit je respect autant le keke qui va sortir sa sportive sous 30° que celui qui roule toute l ‘anner. Mais certain jugement de valeur sont infonder, la moto toute l’année c est un choix que j’ai fait et je ne le regrette pas, surtout que vivant en campagne j’ai pas de bouchon a eviter donc jai pas de reelle interet a sortir toute l année.
            Mais bon les jugement entre motard c’est comme les harley ou les 125 c’est toujours infonder a mon gout

  18. Denilson
    6 février 2016 at 08:03

    Hello!

    Le plus bel écrit sur la moto que j’ai pu lire! Superbement bien écrit; tu décris bien tout ce que je peux ressentir depuis la découverte assez récente de cette passion.

    Je connais très bien l’effet « anti-dépresseur » de la moto; J’étais dans une salle période il y a 2 ans et j’ai accompagné mon frère pour l’achat de sa première moto. Il m’avait forcé à venir avec; Le proprio sort la moto du garage, une belle GS500 de 2001, allume le moteur et là :-)) WAW j’étais limite 10 fois plus emballé que mon frère. Ca a commencé là pour moi! Ensuite j’ai passé le permis le plus rapidement possible et dépensé toutes mes économies dans l’équipement et l’achat de ma bécane actuelle. J’ai déjà roulé beaucoup de km avec sur 1 an, fait des chouettes rencontres lors de balades en groupe, les gens se retournent dans la rue, on me pose des questions, les gosses adorent,… Un de mes meilleurs souvenirs reste le Moto Gp des Pays Bas; des milliers de motos sur la route l’impression de faire partie d’un monde à part et le retour: pendant presque 100km à tous les ponts et sur les aires d’autoroutes, une foule de gens qui nous font signe avec leurs enfants! On était crevés après 700km de route mais mentalement j’étais au top!

    J’espère continuer à rouler trèèèèèès longtemps

  19. oldbir
    5 février 2016 at 18:11

    Si chacun a ses propres raisons: utilitaire, tourisme ou autres; je pense que le ressenti, les sensations éprouvées peuvent être identiques. Personnellement depuis que je possède le permis (fin des années 60) j’ai eu la chance de pouvoir utiliser ou la voiture, ou la moto; et bien dans la mesure du possible j’ai toujours privilégié le 2 roues, les sensations éprouvées hiver comme été étant incomparables, et ce qui est formidable c’est qu’a chaque fois que je remonte sur ma moto, la fébrilité des premières virées est en rien émoussé . Alors pourquoi faire de la moto ?

  20. KOZICKI Christian
    5 février 2016 at 16:38

    C’est amusant, mais j’ai eu souvent l’impression de me retrouver dans cet article. La situation personnelle qui fait que la moto n’était pas du tout une préoccupation (d’autant que j’avais eu un accident sans trop de gravité dans ma jeunesse), puis l’expatriation en région parisienne, les transports en voitures ou public, puis le ras le bol et la sensation de ne plus avancer. J’ai alors décidé de tenter avec une 125 Varadéro. J’ai tout de suite vu que ca me plaisait, et donc en route pour le gros cube. Une CBF 1000 ensuite et une BMW R1200 RT depuis 2012. Dès le gros cube, on a voyagé en duo, mais le plus souvent sur le week end ou sur la journée. De temps en temps la semaine. Et quel plaisir de faire cela en couple. C’est vrai qu’on partage tout, la pluie, le vent, la grosse chaleur quand on s’arrête, mais aussi les bonnes odeurs et le plaisir de s’arrêter pour regarder un beau paysage. Et tant pis s’il fait froid, rien que la vue des paysages nous réchauffe….
    Oui tout simplement, je me fais (nous nous faisons mon épouse et moi) plaisir à moto. Nous avons vraiment l’impression d’être libre et de faire ce que nous avons envie.
    Les rencontres ? J’ai fait la connaissance d’un forum sur lequel je suis inscrit depuis 4 ans maintenant et j’ai rencontré pas mal de personnes qui pratiquent comme moi, Cool, tranquille, ….Et c’est vrai que partout les gens regardent la moto, et les mômes vous regardent avec des yeux qui en disent long, d’où un petit signe de la main !!!!!
    Et maintenant que je ne travaille plus, retraite oblige, j’envisage de partir sur plusieurs jours seul, ce que je n’aurai jamais imaginé avant, ni même en voiture.
    Bref que du bonheur….

  21. 5 février 2016 at 09:15

    Très bon sujet!
    J’ai l’habitude de dire qu’il y a plusieurs choses que j’aime dans la moto: parmi tant d’autres:
    C’est quand tu découvres un beau paysage, tu as le sentiment de faire parti du tableau. Alors qu’en voiture on est comme « coupé » du monde qui nous entoure.
    Ce n’est pas tellement la vitesse elle même mais plutôt la sensation d’accélération, la réponse immédiate du moteur quand tu accélères et ce même avec un petit 500cm3, ça c’est fun!
    Et bien entendu cette impression d’être dans un manège dont je décide du mouvement quand j’enroule des virages… même si ce troisième point il m’a fallut du temps pour l’apprécier, le temps de le maitriser un peu!
    L’échange, le partage, bien sur. Mais aussi cette sorte de bulle de « silence » quand je roules et qui fait que je n’ai pas du tout envie d’avoir un intercom’ (bon ok, c’est aussi parce que je veux pouvoir insulter mon mari à loisirs quand il m’emmène dans des endroits foireux sans risquer de nous amener au divorce!).
    Toutes ces raisons font que quoi qu’il se passe dans ma vie, dès que j’ai les fesses sur ma selle j’ai la banane, mon casque s’appelle EXO 1000, le bien nommé! Toutes ces raisons ont fait aussi que si mes débuts en moto ont été difficiles, disons le, laborieux même, je me raccrochais à chaque plaisir pour trouver l’énergie de continuer mon apprentissage, convaincue qu’une jour j’aurais plus de temps de plaisir que de galère: j’avais bien raison! 😉
    L’endorphine générée par ce plaisir n’est pas à négliger: un jour je suis partie en moto avec un torticolis qui ne me lâchait pas depuis 48 heures…il a disparu en une heure de roulage!
    Par contre pour ce qui est du gain de temps… je ne suis pas encore assez douée pour me garer n’importe où et je suis certainement la seule motarde à préférer aller en ville en tram qu’en moto parce que sinon je suis rarement garée à l’endroit le plus près… Pour ce qui est des points négatifs, je te rejoins, rien à ajouter.
    Souvent on me demande comment est ce que je peux aimer la moto, est ce que je n’ai pas peur? Je pense que la moto ne laisse jamais indifférent, que la différence entre un motard et la personne qui n’aime pas la moto c’est le ratio entre le plaisir et la peur qui fera pencher la balance… comme pour les manèges à sensation, en fait!

  22. Cathwoman
    5 février 2016 at 08:40

    Encore un superbe article !

    Merci Fabien 🙂

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