Se conduire en vrai pilote

Les avions et les motos ont ceci de commun que les humains qui les manient aiment à s’appeler « pilotes ». Ces engins partagent également d’autres similitudes dans le cadre d’une analyse systémique. Est-ce à dire que les motards devraient se comporter comme des pilotes de chasse ? Qu’est-ce que cela implique ?

Une comparaison en termes d’analyse systémique (au sens de systèmes de transport) entre le milieu de l’aviation civile de transport de passagers et celui du transport routier de passagers par véhicules individuels s’avère riche d’enseignements.

Personnellement, je n’y avais jamais spécialement réfléchi.
C’est Christophe Guillou, ancien formateur moto, formateur de moniteurs moto, ex-coordinateur du projet de Guide pour la Formation des Motocyclistes (GFM) à l’Institut national de Sécurité Routière et de Recherches (INSERR), qui a attiré mon attention sur ce sujet lors d’un entretien dans le cadre d’un travail de recherche en accidentologie moto. Qu’il en soit remercié !

* * *

Principe de base : ce n’est pas l’accident lui-même qui pose problème, mais ses conséquences.
Des « accidents », au sens de « événement imprévu, fortuit, soudain et inattendu qui entraîne des dégâts et des dommages », il s’en produit tous les jours, partout, tout le temps. Cela ne nous gêne pas, tant que leurs conséquences demeurent acceptables, c’est-à-dire socialement, médicalement, financièrement tolérables.

A partir de cette notion de seuil de tolérance, on peut affirmer que l’accident de la circulation n’est pas toujours tolérable, cela dépend de sa gravité.

Dans le cas du système de transport aérien de passagers, l’accident n’est pas toléré car il implique (presque forcément) des morts en grand nombre.

Dans le cas du système routier, l’accident est toléré tant que ses conséquences restent « minimes » : soit seulement matérielles (tôle froissée), soit corporelles (blessés légers, voire graves, mais sans séquelles durables).

C’est sur ces bases que s’est construit le système routier de nos sociétés occidentales modernes, avec le symbole de la voiture de tourisme sur laquelle la société a fait un choix collectif : que tout le monde ait accès à ce moyen de transport individuel. Un choix démocratique.
Le taux d’équipement des foyers en voitures individuelles constitue d’ailleurs un indicateur reconnu de l’avancement politique et économique d’une société.

Mais en mettant tout le monde sur la route, en donnant le droit de conduire à tous, la société ferme les yeux sur les inégalités que nous affichons tous face à l’acte de conduite automobile, un acte complexe qui met en jeu de nombreuses procédures sensorielles, intellectuelles et sensori-motrices.
En d’autres termes, nous ne sommes pas tous égaux face à la conduite.

Nous sommes censés être au moins égaux devant la formation à la conduite.
Mais là aussi, au-delà de la théorie, des inégalités matérielles existent. Tout le monde ne suit pas le même nombre d’heures de formation initiale. Cette formation est encadrée, mais peu ou pas normalisée. Les écoles de conduite ne sont pas toutes logées à la même enseigne et sont rarement contrôlées.
L’examen du permis de conduire est censé constituer une forme de norme, mais nous savons bien que les inspecteurs du permis de conduire ne travaillent pas tous de la même manière, n’ont pas les mêmes exigences.
Il n’existe pas de visite médicale, ni d’obligation de formation continue, ni même de recommandation, même pas de la part des assureurs (ou pas tous).
En résumé, on conserve un haut degré de risque et d’incertitude lié au facteur humain.

Côté véhicules, ce n’est pas mieux.
Le parc national de voitures affiche une immense diversité dans les gabarits, les performances, l’équipement en système de sécurité, la fiabilité mécanique. Hormis un contrôle technique minimal obligatoire au bout de 4 ans, puis tous les deux ans, on laisse chaque conducteur libre et responsable de l’entretien de son véhicule.
Ainsi roulent chaque jour sur nos routes des véhicules avec des pneus sous-gonflés, des plaquettes de freins usées, des pneus usés, des filtres à air encrassés, etc.
Le seul équipement de sécurité obligatoire dans les véhicules carrossés est la ceinture de sécurité, mais si elle est présente partout, son utilisation reste partielle, surtout pour les passagers.
De même, certains équipements comme le système de freinage ABS ou les coussins gonflables de protection (airbags) sont obligatoires et/ou très répandus sur les voitures récentes, mais ne sont pas encore généralisés à tout le parc automobile roulant.

Dernier aspect, l’infrastructure routière : on sait ce qu’il en est.
Là aussi règnent hétérogénéité, normalisation minimale, multiplicité des niveaux de responsabilité et de compétence.

En résumé, avec le transport automobile accessible à tous, chacun accepte le principe qu’il y aura des accidents.

C’est ce que l’on appelle un milieu de fréquence : on sait qu’il y aura beaucoup d’accidents, mais on va essayer de faire en sorte d’en diminuer le nombre, et surtout les conséquences, que les gens ne soient pas irrémédiablement blessés ou tués dans ces accidents.

La route, c’est « beaucoup d’accidents, mais de faible gravité, si possible. »
Dans l’aviation, c’est l’inverse : la forte gravité des accidents entraîne l’obligation du « zéro accident, si possible ».

* * *

L’aviation a instauré un système totalement sécurisé, dans toutes ses composantes : le conducteur, le véhicule, l’environnement.

L’aviateur est trié sur le volet, contrôlé médicalement apte, formé pendant des mois, voire des années, avec obligation de formation continue tout au long de sa carrière (d’ailleurs limitée dans le temps), avec des certifications spécifiques pour chacun des différents appareils qu’il aura à piloter.

Les avions sont conçus dès le départ pour une sécurité maximale, avec des commandes doublées, voire triplées, la capacité de voler sur un seul moteur, avec des systèmes anti-incendie, la capacité de résister à de très fortes contraintes mécaniques (vents, ouragans, orages, trous d’air, turbulences, etc.), voire à la foudre…

Afin de s’assurer que cette sécurité demeure optimale tout au long de la durée de vie de la machine, ces véhicules sont soumis à des révisions, des vérifications constantes, une maintenance dont la durée égale voire dépasse le temps de service effectif de l’appareil, et qui est effectuée par des techniciens qualifiés, formés tout au long de leur carrière.

L’environnement du système de transport aérien est surveillé en permanence, organisé par des contrôleurs aériens qui savent à chaque instant où se situe chaque appareil, d’où il vient et où il va.
Chaque action est encadrée, définie par des procédures strictes, communes à tous dans le monde entier, avec un langage commun.
L’outil global de transport aérien doit être capable de maîtriser les risques de fréquence, avec un système du type « un accident pour un million d’incidents ».

Bref, un système sécurisé à 99,99%. Rien à voir avec le système routier.

* * *

Or la moto, en tant que mode de transport, présente de nombreuses caractéristiques communes à l’avion. Et notamment que le moindre accident implique presque toujours des conséquences corporelles et souvent mortelles.
Le transport à moto devrait donc répondre au même principe du « zéro accident si possible ».

On voit tout de suite le problème : un mode de transport proche des contraintes de l’aérien se déplace dans un système qui ne rassemble presque aucune des conditions requises, sur un réseau routier conçu dans une optique de nombreux accidents à basses conséquences – bref, au milieu d’un monde qui n’est pas fait pour lui.

Et il n’existe que peu (voire pas) de moyens de modifier cet état de faits.

Former les motards comme des aviateurs ?
Il faudrait accepter que seule une petite partie d’entre nous rassemblera l’ensemble des exigences physiques, cognitives et sensori-motrices pour conduire une moto en totale sécurité, quelles que soient les circonstances.
Ce n’est plus 1 ou 2 millions de motards qu’il y aura en France, mais dix fois moins !
Et encore ceux-ci devront-ils eux aussi accepter de subir des contrôles médicaux et des tests d’aptitude réguliers, de suivre des formations continues, de repasser ces tests à chaque fois qu’ils changent de moto, etc.
Le tout à leurs frais, bien sûr…

Adopter sur les motos les mêmes niveaux de sécurité que sur les avions ?
Demander au véhicule moto un niveau de fiabilité comparable à celui d’un avion le rendrait tellement cher qu’il serait inaccessible financièrement à 99% d’entre nous.

Renforcer la sécurité de l’environnement ?
Qui a envie de rouler à moto sur une route surveillée en permanence, où il sera constamment fliqué et remis dans le droit chemin à la moindre incartade ?

Que faire alors ?

* * *

On peut agir sur une petite partie de l’ensemble de ces composantes du système. Améliorer la formation initiale des motards. Inciter à la formation continue. Favoriser l’adoption des système de sécurité sur les motos (freinage ABS, par exemple). Renforcer le niveau de protection des équipements. Rehausser le niveau de sécurité des routes, normaliser l’infrastructure…
Tout cela requiert beaucoup de temps et de moyens.

Mais l’enjeu fondamental reste l’intégration de cet « orni » (objet roulant non identifié) qu’est la moto dans un système qui n’a pas été conçu pour lui, c’est-à-dire la prise en compte des motards par l’ensemble des autres usagers, par les pouvoirs publics, par les responsables de l’infrastructure, par le législateur, etc. Bref, par toute la société.

Et pour quoi, pour qui ? Pour une population d’usagers minoritaire, qui représente environ 30 millions de personnes sur les 460 millions d’habitants de l’Union européenne.
Croyez-vous que nos sociétés accepteraient de modifier profondément leurs modes de déplacement pour assurer la sécurité de « seulement » 6,5% de la population ?

Il appartient donc au motard lui-même – tout seul dans son coin ou organisé en groupe, association de défense, moto-club, etc. – de se comporter en « vrai » pilote, c’est-à-dire en aviateur.

Je m’explique sur la notion de « vrai pilote ».
D’abord, une définition du terme. Pilote : personne qui est chargée de conduire un avion, une voiture, un bateau… Synonymes : aviateur, barreur, conducteur, timonier.
Toutefois, le mot « pilote » et son corollaire, le pilotage, recouvrent une notion de conduite « supérieure », qualifiée. Qu’il soit de chasse (en avion), de port (en bateau) ou de course (en voiture), le pilote est celui qui conduit mieux que les autres, qui possède une compétence de pilotage supérieure à celle de la conduite en général.

C’est sur cette notion de « meilleure conduite » que s’appuient les motards qui se désignent, se conçoivent comme des pilotes. Parce que l’examen du permis de conduire de catégorie A est plus complet que le B, parce que la conduite d’une moto sur le système routier réclame une plus grande attention (pour toutes les raisons vues plus haut), parce que les motos de série sont sans doute les véhicules routiers qui se rapprochent le plus des machines utilisées en compétition de vitesse, parce qu’une moto est un engin qui répond à la moindre sollicitation du corps, au moindre changement de position, qui accélère et freine fort…
Beaucoup de motards ne parlent pas de « conducteur » de moto, mais de pilote.

Pour autant, se comportent-ils comme des pilotes ?
Les pilotes « professionnels » sont des spécialistes hautement qualifiés dans leur domaine respectif, avec toute une série de tests, d’examens, de contrôles que nous avons déjà évoqués. Difficile à reproduire pour un motard « civil ».

Comment un motard pourrait-il se comporter en « vrai pilote » ?

Je connais assez bien le monde l’aviation militaire. Par passion personnelle pour l’aviation de combat autant que par mes études, mes contacts amicaux, familiaux et professionnels dans l’armée de l’Air, j’ai pu approcher des pilotes et divers personnels de l’Air, discuter avec eux, étudier les procédures des pilotes militaires.
Je peux témoigner que ce ne sont pas des « Rambo », ni des « casse-cous ». Un pilote militaire est un professionnel dont la principale qualité est de savoir analyser un très grand nombre d’éléments d’information pour pouvoir prendre, dans un temps extrêmement court (on parle en secondes ou dixièmes de seconde), une décision irrévocable aux conséquences graves.

Ouvrir le feu à partir d’un avion de guerre, que ce soit par un tir canon, un tir de missile ou un largage de bombe, ce n’est jamais anodin. Une fois que la munition a été mise à feu, on ne peut la rappeler, la rattraper. Il est donc fondamental d’être certain à 100% d’avoir ouvert le feu à bon escient.

Même en dehors des missions armées, un pilote prend l’air aux commandes d’un avion qui ne lui appartient pas et qui vaut plusieurs dizaines de millions d’euros (entre 50 et 100 millions pour un Rafale, selon ce qu’on inclut dans le coût unitaire). Lui-même, en tant que pilote formé pendant au moins trois ans aux frais de l’Etat, vaut une fortune.
Inutile de dire qu’à ce tarif-là, on déploie un luxe de précautions pour éviter tout accident…

Tout est là, dans les précautions, dans les mesures mises en place AVANT le départ.
Il ne s’agit pas tant de compétence de pilotage pendant le déplacement (en vol ou sur route) que d’adopter une attitude professionnelle pour se concentrer dès la mise au point du plan de vol sur ce qui est nécessaire pour que tout se passe bien jusqu’à l’arrivée.

Première étape: choisir le bon appareil.

On ne vole pas sur le même type d’avion pour une mission d’interception que pour un bombardement, une reconnaissance ou de la détection en vol. Pareil pour les motos : certaines sont plutôt faites pour rouler vite en solo, d’autres pour rouler loin en duo, certaines ne tolèrent que les bons bitumes, d’autres acceptent d’emprunter des chemins, etc.
Comme la majorité des motards ne disposent que d’une seule moto, la question de prendre un véhicule pour chaque type de déplacement ne se pose pas. Mais on peut au moins songer à adapter la moto au type de mission envisagé: prévoir de la bagagerie pour un long voyage, surgonfler les pneus en cas de long trajet autoroutier, régler les suspensions, etc.

Deuxième étape: l’équipement

Assurer sa propre sécurité pour un pilote, c’est non seulement mettre en oeuvre un haut niveau de compétence de pilotage, mais aussi savoir que tout homme est faillible, que l’erreur est humaine et que l’accident peut toujours se produire.
Le bon pilote revêt donc la tenue adaptée à sa mission : toujours un casque, toujours à la bonne taille, bien réglé et attaché, toujours avec un écran ; toujours des gants, adaptés au climat, mais toujours dotés de protections à la paume, aux phalanges et à la tête cubitale du poignet) ; toujours des chaussures, bottines ou bottes qui protègent la cheville, les orteils et la malléole ; toujours un blouson ou une veste avec protections homologuées CE aux épaules et coudes.
Selon le temps, la longueur du trajet, sa nature (tourisme, balade tranquille, arsouille) et l’environnement (route, tout-terrain, circuit), il portera des protections supplémentaires : pantalon de cuir avec ou sans coques aux genoux et hanches, protection dorsale, tenue de pluie, sous-vêtements chauds, blouson ventilé, gants chauffants, etc.

Troisième étape : la check-list

Avant chaque trajet en « territoire ennemi », se faire une liste des éléments à vérifier, que ce soit sur la moto, sur votre équipement et sur ce que vous emmenez.
Voir l’article « Le nécessaire de sécurité à toujours emmener« .

Sur la route à moto, surtout si vous partez seul(e), la moindre défaillance mécanique, l’oubli d’un équipement, une carte ou une feuille de route incomplète, peut causer de gros soucis. Visualisez mentalement l’intégralité de l’itinéraire et pensez à tout ce qui pourrait vous être utile. Etudiez la météo et voyez s’il y a un risque de pluie ou de froid. Faites une feuille de route, prévoyez les temps d’arrêt et de pause et s’il y a probabilité d’arriver de nuit, pensez aux équipements réfléchissants.
Sans aller forcément jusqu’à rédiger une « check-list » écrite complète à cocher, prenez au moins un moment bien avant de partir (pour éviter d’être perturbé(e) par l’excitation du départ) pour réfléchir à tout.
Avant chaque départ en voyage, mettez au point votre propre procédure pour vérifier le niveau d’huile moteur, la pression des pneus, le plein de carburant, le niveau de la batterie…
Juste avant de partir, vérifiez que chaque chose est à sa place, ne serait-ce que pour ne pas avoir à chercher, à tout déballer, pour mettre la main sur le petit truc qui se cachait au fond d’un sac.
Et l’essentiel: vérifiez que tous vos documents de vol (pardon, de circulation) sont bien en place, accessibles facilement et à jour.

Après chaque pause, chaque arrêt, refaites le tour. N’avez-vous rien oublié ? Vos poches sont-elles bien fermées ? Tout est toujours bien arrimé sur la moto ? Rien n’a bougé ? La pression de pneus n’a pas varié ? Pas de fuite de fluides visible sous la moto ?

Une check-list écrite n’est qu’un moyen de rien oublier. Si vos procédures mentales sont au point, restez-en là. Mais si vous vous apercevez après plusieurs voyages que vous avez tendance à oublier des choses, réfléchissez-y à deux fois et n’ayez pas honte de tout mettre par écrit. Cela ne fera pas de vous un mauvais pilote, mais un professionnel sérieux.

Quatrième étape : le plan de vol

Il est facile de sauter sur sa moto et de partir rouler le nez au vent. Mais tout le monde sait que la plupart des accidents se produisent dans un rayon de 5 km autour de son domicile, souvent sur de courts trajets quotidiens (on connait « par coeur », alors on fait moins attention) ou sur des déplacements inopinés.
Si vous roulez sans savoir où vous allez, vous augmentez évidemment le risque de décider de changer de direction au dernier moment, donc de surprendre un autre usager.
Avoir au moins une idée du trajet, avoir pris le temps de tracer un itinéraire sur carte, disposer d’une feuille de route ou avoir programmé un itinéraire sur son GPS avec guidage vocal permet de se concentrer sur sa conduite.

Autre point, ne vous jetez pas de suite, dès la sortie du garage, dans un combat tournoyant en pleine circulation ! Surtout si vous partez pour un trajet autre que le sempiternel domicile-travail-domicile, démarrez progressivement et augmentez le rythme progressivement. Laissez-vous le temps de vous habituer, de vous concentrer sur la conduite, de ressentir les réactions de la moto.

Cinquième étape : les tactiques de combat

La conduite sur route ouverte, comme le vol en territoire hostile, est un processus mental complexe qui met en oeuvre des processus sensori-moteurs qui ont été analysés et classifiés selon une nomenclature qui porte différents noms : VADA (voir, analyser, décider, agir), OCDA (observer, comprendre, décider, agir), PADA (percevoir, analyser, décider, agir)… Certains parlent aussi de CIPDA (chercher, identifier, prévoir, décider, agir).

Les militaires utilisent la notion de « boucle OODA » (observer, orienter, décider, agir), un concept inventé par un instructeur militaire de l’US Air Force, le colonel John Boyd. L’idée de base est de vaincre un ennemi et lui survivre par quatre processus se chevauchant et interagissant: « Observe, Orient, Decide and Act », qui permettent de formaliser le cycle de décision.

Premier processus, observer

Il ne s’agit pas de juste « voir », mais de « chercher-identifier », de regarder avec une démarche active tous les éléments d’information qui se présentent en avant, derrière et sur les côtés. Il s’agit de rechercher les menaces potentielles, de déterminer rapidement si elles représentent une menace réelle ou non, et de ne pas perdre de temps à traiter ce qui n’est pas une menace.
A ce sujet, voir l’article « Où regarder ? »

Deuxième processus, s’orienter

Il s’agit de s’orienter mentalement et physiquement pour être capable de traiter toutes les menaces qui pourraient affecter votre mission. Cela concerne aussi bien votre position sur la moto que la position de la moto sur la route, ou sa vitesse. L’objectif est de constamment s’adapter à la configuration de l’environnement pour conserver la meilleure observation possible.

Troisième processus, décider

Il peut paraître aisé de prendre une décision simple face à une situation de danger, comme par exemple choisir de freiner, d’éviter ou d’accélérer face à une voiture qui vous déboîte sous le nez. Mais cette décision dépend en fait d’un grand nombre de variables, parmi lesquelles (en vrac) les conditions météo, le niveau de compétence de pilotage, les habitudes prises ou le niveau d’entraînement dans les différentes manoeuvres possibles. Décider de la manière de gérer une situation délicate s’avère difficile quand vous n’êtes pas certain des réactions de la moto parce que vous n’avez jamais pratiqué de manoeuvre d’évitement.
Pour répondre de la façon la plus adaptée à un environnement dynamique, changeant, il faut être capable de mettre en oeuvre toutes les solutions possibles. D’où l’importance de l’entraînement.

Exemple, un motard de ma connaissance, débutant avec moins d’un an de permis, part rouler (très tranquillement) avec son fils derrière lui. A un rond-point, une voiture le dépasse par la gauche et vient lui couper la route de la sortie qu’il voulait emprunter et où circulait déjà une autre voiture. Tout ce qu’il a vu a été un mur de métal en face de lui, il était persuadé de ne pas pouvoir freiner à temps. Il a avant tout pensé à son fils, à ne pas percuter pour éviter la collision frontale et donc il a couché la moto. Pas trop de casse physique au final, tout le monde s’en sort bien. Ce n’est qu’après qu’il s’est rendu compte qu’il aurait peut-être pu s’arrêter à temps, s’il avait su effectuer correctement un freinage d’urgence sur l’angle, qu’il aurait pu voir venir la situation de conflit, ou encore qu’il aurait pu pratiquer un évitement en rebasculant la moto sur la gauche.

Quatrième processus, agir

La dernière étape qui résulte des trois autres. Ce n’est que parce que vous aurez bien observé, vous serez bien orienté et aurez pris rapidement une décision que vous pourrez entreprendre toutes les manoeuvres nécessaires pour éviter la menace, que ce soit de simplement ralentir bien avant l’obstacle parce que vous l’aurez senti venir ou un évitement d’urgence au dernier moment.
Dans toutes les configurations, la concentration et l’entraînement jouent un rôle fondamental.
Comme tout pilote professionnel, vous ne devez prendre les commandes de votre machine qu’en étant au meilleur de votre condition physique et mentale.
Lire l’article « Rouler au mieux de sa forme« .

Et comme tout pilote, vous devez vous former et vous entraîner, régulièrement, encore et toujours. Pas forcément tous les jours comme un pilote de course, pas forcément toutes les semaines comme un pilote de chasse, pas forcément pendant trois mois tous les cinq ans comme les motocyclistes des forces de l’ordre…
Mais une demi-journée de maniement sur un parking par an, un stage d’un week-end tous les deux ou trois ans, ce serait déjà pas mal !
A l’heure actuelle, moins de 10% des motards français ont déjà suivi ne serait-ce qu’une journée de formation post-permis dans toute leur vie. On en voit le résultat tous les jours sur la route…
Lire les articles

Précision: si vous prenez la peine de lire ces articles, vous verrez que je fais bien la différence entre « stage de pilotage » (sur circuit, pour le circuit, dans une optique de recherche de vitesse et de sensations) et « stage de perfectionnement de conduite » (sur circuit aussi pour raisons de sécurité, mais orienté route, dans une optique de recherche de sécurité).
Ces formations ne nécessitent pas le port d’une combinaison de cuir, on les suit avec sa propre moto. Elles coûtent encore trop cher à mes yeux, alors que les mêmes coûtent 50% moins cher ailleurs en Europe. Mais d’une part, vous pouvez les faire financer par votre entreprise au titre du Droit Individuel à la formation (DIF), d’autre part, la plupart donnent droit à une réduction de la prime d’assurance.
Il faut arrêter de dire qu’il est impossible de se former parce que c’est cher !

 

  48 comments for “Se conduire en vrai pilote

  1. Webvince
    6 mars 2014 at 13:45

    Une fois de plus un excellent article qui rejoint ce que j’ai vu l’an passé en suivant un stage auto dans le cadre du DIF, ça s’intitulait « conduite responsable ». Je ne suis déjà pas un fou du volant, mais après une journée à essayer de vraiment comprendre les réactions d’une voiture (exercices d’évitement, perte d’adhérence sur route mouillée…), on ressort encore plus calme !
    La route est pleine d’imprévus, se prendre pour Valentino Rossi c’est bien… Sur un circuit ! Mais mettez le meilleur pilote de course sur la route et balancez lui inopinément sous les roues une flaque d’huile ou un « étourdi » qui a grillé un stop, s’il est pris au dépourvu il ira au tas comme tout le monde !
    On a tous à peu près le même temps de réaction, la seule chose qui peut permettre d’avoir la bonne réaction, c’est l’anticipation…

    Etant encore en phase d’apprentissage le perfectionnement n’est pas encore à l’ordre du jour ;o) Mais pour info, où trouver des stages motos éligibles au DIF ?

    • FlatFab
      8 mars 2014 at 19:33

      Je m’étais un peu renseigné là-dessus et a priori, il n’y a pas de critère spécifique pour les formations éligibles au DIF : il suffit que l’employeur soit d’accord.
      Donc des stages de perfectionnement de conduite moto, de préférence orientés sécurité, pourraient être acceptés.

      • Webince
        11 mars 2014 at 11:03

        OK merci. Je me renseignerai pour le soumettre à ma DRH… Pour les formations 2015, les voeux de formations étant clos pour cette année ! D’ici là j’espère que j’aurai le permis… ;o)

  2. robert
    6 mars 2014 at 10:00

    lire cet article avant de passer le permis A, il faudrait que ce soit obligatoire…Le motard doit d’abord assurer lui même sa propre sécurité et se comporter comme un usager vulnérable.
    juste une remarque, le rapport Maids précise qu’en cas d’accident mortel, la responsabilité du motard est plus engagée que celle de l’automobiliste.
    L’automobiliste « plus responsable », c’est dans le corporel simple.

  3. brisy
    4 janvier 2012 at 13:20

    salut aviateur,
    bonne année tout d’abord,tu as raison et c’est bien d’être multimodal (où plus simplement à vélo et en moto) ça permet de croiser les points de vue et les problèmes, j’avoue que parfois en ville je me retrouve dans le sas vert avec la moto( sans faire vroum toutefois…).les bandes cyclables ou pistes; non, jamais. mais, en fait, on est tous contrevenants à un moment ou un autre, dès lors qu’on roule , l’important étant de rester conscient de nos erreurs ou faiblesses et de ne pas être trop sévères avec les autres usagers puisque nous sommes tantôt les uns tantôt les autres

  4. brisy
    3 janvier 2012 at 09:24

    bonjour,et bonne année à tous(tes)
    petite aventure hier matin, vers 8h30 en prenant la route comme d’habitude je fais mon petit check list (cf ce blog) et je démarre plutôt doucement en restant dans les premiers métres abrité sur l’arrière par les voitures staionnées devant chez moi.bien m’en a pris, puisque je me retrouve immédiatement à côté d’un cycliste (genre sportif ) que je n’ai absolument pas vu malgré le contrôle visuel et rétroviseur dans ma voie avant de démarrer …. si j’étais parti cash en prennant toute ma voie je l’aurais catapulté :dieu sait où?
    bref prudence ,encore prudence et vista ! l’imprévu est toujours possible qui nous surprend là où on ne l’attend pas, sans aller vite et cycliste moi-même ,j’imagine le choc . bonne route à tous(tes)
    marco

    p.S. j’ai oublié de préciser que devant chez moi sur la moitiè du trottoir il y a une piste cyclable(on est en belgique) et que normalement ce cycliste aurait du l’emprunter….

    • Aviateur35
      3 janvier 2012 at 22:26

      Salut Brisy,
      Je suis moi aussi cycliste (2 roues pour le vélotaff et trike [vélo couché] le week-end).
      Je suis éberlué par le nombre de cyclistes non éclairés, même de nuit. Certains cherchent l’accident.
      Quand aux pistes cyclables, en France, leur emprunt n’est obligatoire que si un panneau rond bleu avec un cycliste dessus est implanté.
      Un panneau carré ou bien pas de panneau du tout = piste cyclable facultative, même s’il y a un tracé au sol.
      Pour développer le sujet, je dirais qu’il y a conflit (et je le vois tous les jours) lorsque les motards empruntent eux-même les bandes cyclables, et notamment les sas situés au niveau des feux tricolores, sur toute la largeur de la chaussée.
      Déjà, c’est interdit et dangereux. En plus, les cyclistes (donc moi-même) sont soumis à la fumée de leur pot d’échappement dans les narines, au bruit du pot dans les zoreilles, voire aux coups de gaz « virils-qui-donnent-un-genre-mais-qui-servent-à-rien ».
      Je pense que ces motards là n’ont rien de vrais pilotes.

  5. patrice66
    26 décembre 2011 at 18:06

    Il ya deux ans que je suis motard , ayant eu mon permis en decembre 2009. j’ai roulé tranquille sur une Harley Dyna super glide. En cotbtre je change mamoto, pour une autre harley , mais un SOFTAIL HERITAGE. le jour ou je la reois, je fais 150 metres et un imbécile, qui arrivait en face de moi, me coupe la route pour entrer dans un garage. Résultat chute et quelques echymoses. 15 jours apres je roulais egalement tranquillement, . Un automobilistee etait arrete au stop. Lorsque j’arrive à sa hauteur, il demarre et me heurte sur le cote gauche. Cette fois moto est bien abimée et moi avec une fracture du genou. je reprends la moto depuis quelques jours bien que je ne sois pas encore totalement « réparé » et apres seulement 12 semaines d’immobilisation.
    J’aimerais prendre des cours, car j’avoue que cette fois ci j’angoisse un peu. Mais sur sur ma région (PERPIGNAN) il n’ ya rien, et surtout on me repond qu’avec une harley ce n’est pas possible car les cours sont faits pour les rroutières ou les sportives. je trouve cela dommage. Car même si dans ls deux cas je n’y suis pour rien, un peu plus d’experience aurait peut etre évité!!!!
    ah au fait j’ai 66 ans et je me régale avec ma Harley

    * * *

    Réponse

    Je ne sais pas qui t’a dit qu’il n’y avait « rien » dans ton coin, mais c’est faux…
    Regarde ici :
    http://92.243.29.212/afdm34.htm

    • patrice66
      3 janvier 2012 at 09:52

      merci du renseignement et meilleurs voeux pour 2012

    • 4 janvier 2012 at 07:19

      Bonjour,
      Si un we en Haute Savoie te tente, regarde par là, herbergement possible:

      http://www.ffmc-74.fr/index.php/menunos-actions/menuformations/75-artinsciptiontraj2012

      V+

      Philippe

      • patrice66
        4 janvier 2012 at 09:20

        Merci Philippe, la Savoie c’est un peu loin, mais pourquoi pas, ce serait une bellle occcasion egalement de ballade.
        Pour rebondir sur les équipements vous avez tous raison. Mais je vis dans le Sud de la France, il y fait parfois tres tres chaud. Prendre ma moto pour aller a la plage distante de 5 km et m’equiper entièrement!!!!!. Je roule aussi avec le club Harley. Nous sommes equipes, mais pas comme le voudrait la securité. Nous avons des casques jets, des jean’s enfin le « Biker » quoi!!! lol. On roule à 100 /110 maxi, et on se fait doubler par des hordes de motars tout equipes et roulant comme des « fondus » Le mois dernier un de ces jeunes de 27 ans est decédé. Un autre m’a avouer qu’avec sa Kawa.. je ne sais plus quoi, il passait la seconde a 168 km/h…sans commentaire.
        Je fais egalemet beaucoup de vélo, et une amie a chute, magré son casque, 2 mois de coma et elle n’est pas encore remise ‘je m’en occupe en tant qu’ancien assureur).
        La protection est bien et meme tres bien, mais encore faut il pouvoir la mettre, et je préfére rouler a 90 comme je suis, qu’a des vitesses…. equipe comme un pilote de course ou de chasse
        BOnne année et RIDE COOL AND RIDE SAFE
        Ps je pars chez le kine me faire « réparer » mon genou » blessé lol…

  6. brisy
    24 novembre 2011 at 17:42

    allez, je m’y colle sans droit ,ni titre, juste pour dire que forcément dans ce blog si on lit chaque article précisémment ; eh bien il ya des contradictions qu’on peut relever….du simple fait que les exigences sont souvent contradictoires… se mettre dans l’état d’esprit alerte et détendu pour rouler où en roulant c’est bien (top) se relaxer au lieu de rouler ennervé, c’est mieux, faire une petite liste des trucs à vérifier ou à emporter même juste mentalement pareil, gérer l’espace autour de la moto en arrière, en avant, latéralement , revenir aux rétros etc… voilà ce que je garde (sans l’avoir relu) de cet article passionnant . faut rien prendre au pied de la lettre : t’as raison de dire qu’au top on y est pas souvent (par définition) par contre ,effectuer les vérif nécessaires sur la moto chaque semaine où même chaque démarrage ben peut-être que ça sauve ta peau une fois ou l’autre…. y a pas longtemps pour la première fois depuis que je roule en verifiant regard direct avant de changer de file ; il y avait une voiture dans l’angle mort (ouf! just in time) merci à fabien de l’avoir rappeléune enième fois (le regard!!!) merci aux animateurs de l’AFDM de l’avoir serinné tant et plus :ça sert. nulle part ailleurs trouve-t-on autant de moelle dans l’os, parfois c’est juste la façon de le dire qui ne « passe » pas .amicalement
    marco

  7. Momo
    23 novembre 2011 at 23:45

    Bonjour Autant j’ai été séduit par des tas d’autres articles de ce blog, autant, là, j’ai plus de mal. Cette comparaison avec d’autres corporations, militaires ou autres, où l’on définit des attitudes par des séries mnémotechniques d’initiales ne me « parle « pas. En tant que apprenti motard, je suis bien plus sensible aux expériences racontées que ce langage présentement utilisé. Egalement, quand on évoque une « parfaite condition » ou « être à son top » avant de prendre la route, je trouve que ce sont des expressions galvaudées qui ne font que reprendre les abus de langage que l’on fait trop souvent quand on parle de « parfaite maîtrise » de telle ou telle langue, logiciel, connaissance d’un domaine. Qui est « au top »? Et « au top » de quoi? Etre « au top » ne peut littéralement définir que de très courts instants, rares dans une année ou une pratique. Faut-il attendre ce jour béni pour prendre sa moto? Stupide! Et comment jauger son « Top »?L’état de « meilleure forme physique », chez un sportif est souvent aléatoire, et dure une période de temps limitée, qui ne dure même pas un mois.
    C’est contradictoire avec l’idée qu’il faut rouler beaucoup pour accumuler de l’expérience. Si on doit ne rouler « qu’au top », on roulerait bien peu souvent! Quasiment pareil pour le terme « au mieux de sa forme physique et mentale »: comment la définir? Des milliers de gens prennent leur moto tous les jours. Ils ne sont certainement pas dans leur condition optimale tous les jours! Ne peut-on plutôt évoquer les cas où il vaudrait mieux éviter de prendre sa moto? Comme, par exemple, quand on est en retard pour aller quelque part, et qu’on sait donc qu’on va « bourrer »? Ou définir les cas où se sent fragilisé, même inconsciemment: préoccupation forte pour un événement, une émotion, etc? Ce serait plus parlant pour le profane.
    N’abusons donc pas des expressions qui ne servent pas le discours que, encore une fois, je ressent positivement, mais bien moins dans cet article.

    – – –

    Réponse

    Effectivement, on ne peut pas tout le temps rester « au top », ou plus simplement au mieux de sa forme. Mais dans ce cas, on adapte sa conduite. Si on ne se sent pas au mieux, on ne va pas prendre de risque.
    Tu peux jouer sur les mots, tout prendre au pied de la lettre, ou chercher à comprendre l’esprit.
    Tu te focalises sur certaines expressions qui ne concernent qu’une toute petite partie de cet article. Ces notions sont plus développées dans un autre article, dont j’ai indiqué le lien, sur « rouler au mieux de sa forme ». Tu y trouveras réponse à tes questions.

  8. brisy
    5 octobre 2011 at 15:30

    moi j’ai été séduit par cet article… ça vient de mon expérience de la mer , là aussi il faut essayer de prévoir, d’anticiper, pour être prêt en cas de besoin et faire face à des conditions pas toujours choisies….je viens de faire le stage afdm ile de france et juste avant celui de l’école de pilotage peugeot à Nivelles en Belgique. je ne regrette pas mes sous ,ni le temps passé; comme un fait exprès ;deux freinages d’urgence cette semaine, ouf! ça s’est bien passé les consignes étaient encore toutes fraiches. c’est seulement personnel ,mais ça m’aide de penser que ma formation est meilleure, une couche après l’autre,le plaisr s’accroit avec la maitrise,merci au rédacteur de ces articles précis, utiles,ouverts amicalement
    marco
    meilleure maintenant, comme pour le gilet air bag , une couche ,puis une autre ; on arrive à un risque acceptable. le plaisir lui ne fait que s’accroitre avec la maitrise…. merci encore au rédacteur de ces articles, précis, ouverts , utiles

  9. Marc
    3 octobre 2011 at 05:32

    Article aussi étonnant que les réponses qu’il a pu susciter! Après 30 ans, plus de 400000km sur une multitude de motos et aucun accident, je retrouve enfin le langage pour « exprimer » cela à un tiers.

    La réalité de mon apprentissage fut une toute autre: 5 ans de chance(s), 5 ans d’auto-apprentissage de « pilotage », de maîtrise de grosses machines puissantes, de longs trajets, de terrains divers. Et ensuite seulement, ce que j’appelle faire de la moto. Aller (relativement) vite au point d’avoir des sensations, de se tenir en dehors de tout pépin, d’être dans son propre rythme ou flow de concentration, sans le moindre sentiment de risque, découpant le monde extérieur en entités à causer des problèmes potentiels, consciemment et avant coup. Et s’en distancer, physiquement, mais intérieurement aussi, ne pas se plaindre, ne pas râler, cela ne sert à rien si ce n’est qu’à bloquer l’attention pour la situation suivante!

    Comme le déplorent certains, quand ils prennent l’attitude du motard victime, pour moi et vis-à-vis de moi-même, tout accident est toujours la « faute » du motard! Que ce soit vrai ou non, administrativement, moralement, pénalement s’il le faut, on s’en fout: c’est l’attitude qui protège…

  10. J.C.
    14 juin 2011 at 16:05

    Cet article m’a beaucoup intrigué; Il s’intéresse à la pratique de pilotage, à la tenue vestimentaire à l’état physiologique de la personne qui conduit une moto mais pas tellement à sa façon d’être. Certes le « pilotage » d’une moto requiert des compétences et des savoir faire qui doivent être réactualisées en permanence mais il obéit aussi à d’autres paramètres, à des savoirs être d’ordre éthique, moral dont il faut tenir compte.
    La première chose consiste à se dire qu’à moto on est pas membre d’une élite routière mais bel et bien un utilisateur lambda du réseau routier un peu tout nu au milieu du trafic! Les tentations sont grandes de lâcher nos chevaux fougueux (n’importe quelle moto de plus de 70 CV accélère comme une Porsche) mais les impératifs du code de la route et de la courtoisie s’imposent à nous; je tenterais bien un néologisme un nouveau concept, celui d' »automotocycliste », qui ne met pas en guerre les différents utilisateurs de l’espace routier mais au contraire les unit par une pratique courtoise et la moins risquée possible de la conduite;
    Soyez prudents, conduisez (pilotez) avec discernement.

    – – –

    Réponse

    Il me semble pourtant avoir été très clair dans l’article :
    « Il ne s’agit pas tant de compétence de pilotage pendant le déplacement (en vol ou sur route) que d’adopter une attitude professionnelle pour se concentrer dès la mise au point du plan de vol sur ce qui est nécessaire pour que tout se passe bien jusqu’à l’arrivée. »
    C’est bien de comportement que je parle, de savoir-être, de vertus éthiques dont il s’agit de faire preuve.

    • J.C.
      9 juillet 2011 at 12:24

      Je ne veux pas faire preuve de mauvaise humeur mais il me-semble que beaucoup de choses sont à revoir dans les comportements des utilisateurs de moto !
      Je voudrais tout d’abord revenir sur les 125 et autres tricycles qui devraient suivre une véritable formation à la conduite longue et sanctionnée par une attestation.
      Pour le reste, beaucoup de choses m’agacent dans l’attitude de certains prétendus motards, que ce soit sur la route où sur les forums internet dont l’ineptie du contenu est généralement affligeante.
      Je vois des néologismes tels que « caisseux » pour les automobilistes, brelon pour moto, gommard pour pneu, etc…, j’en passe beaucoup, qui sont à la limite de la stupidité ! Il faut manquer d’imagination pour oublier que l’on est pas seulement motard mais aussi piéton, cycliste, automobiliste, utilisateur des transports en commun. Or c’est pourtant le cas. Je ne comprends pas non plus la lutte pour obtenir la fin de la limitation à 100 cv sur la route; La compétition est ouverte à la plupart d’entre nous et là, pas de limitation de puissance.
      Le comportement de certains sur la route me met hors de moi. J’ai envie de faire un doigt d’honneur à quelques fondus qui me dépassent de l’autre côté de la ligne continue dans un bruit d’enfer (échappement non réglementaire pour gagner 2 kilos et d’hypothétiques chevaux) en totale accélération et pleine vitesse en me tirant la patte!
      Ma vision de la moto est toute autre. pour moi c’est la liberté, l’aventure, les destinations lointaines, le faible coût d’utilisation mais pas le fait de se comporter comme un Hittite dans le trafic. Bien sur, je ne respecte pas toujours les limitations de vitesse (sauf dans les agglomérations) et j’en assume la responsabilité, mais j’essaye de me fondre dans le trafic en essayant de ne pas importuner les gens : ce ne sont pas des caisseux où je ne sais pas quoi encore de péjoratif mais des êtres humains, comme vous et moi, qui pour la plupart aspirent à l’harmonie et à la tranquillité.
      J’habite la Franche-Comté (très agréable à découvrir à moto) et je vois des hurluberlus qui passent leur dimanche à faire la même montée tout l’après-midi avec leur copine perchée, cramponnée sur le minuscule strapontin de leur ultra sportive illégalement débridée ! Imaginez l’effet qu’ils produisent sur les familles qui se baladent !
      Depuis notre région, très bien placée au coeur de l’Europe il y a beaucoup de voyages à faire. Dans la journée vous pouvez effectuer des allers et retours inférieurs à 500 km pour visiter la Suisse, l’Allemagne du Sud (forêt noire, Bavière), et même (en deux jours de préférence) le nord de l’Italie.
      Dans deux semaines, je pars pour un périple de quelques jours avec ma tente et mon sac de couchage en direction de Venise en effectuant un grand détour par le lac de constance, la Suisse (et le Liechtenstein), l’Autriche, les Dolomites. Je me réjouis à l’avance de ce périple alpin que j’ai déjà effectué en voiture et avec ma famille.
      Dans le « civil », ma profession se situe dans le domaine de l’aide et de l’éducation et je me dis que si je pouvais transférer mes compétences dans le monde motocycliste, cela m’intéresserait beaucoup !
      Bonnes vacances à toutes et à tous;
      Faites vous plaisir en gardant la tête froide au guidon de vos montures.

      J.C.

  11. Jean-Michel
    5 juin 2011 at 16:41

    Bonjour Fabien, bonjour à tous,
    au hasard de mes recherches sur Internet, je tombe sur cet article qui fait référence à deux de mes passions: l’aviation et la moto. Je me permets donc une petite et humble intervention. La vie m’a gâté puisque, j’assouvis pleinement ces deux passions: 19 ans comme pilote de chasse, pilote de ligne sur Airbus depuis 10 ans et motard depuis presque 30 ans avec quasiment tous les types de moto. A la veille de la cinquantaine, j’ai maintenant la chance de posséder une 850 TRX pour mon plaisir personnel et une R1150 RS pour le faire partager avec mon épouse (qui, elle, n’a pas changé depuis 23 ans, je précise !). J’arrête là ma présentation pour en venir à ce qui nous intéresse: le parallèle entre les 2 mondes. Pour moi le point essentiel est plus un état d’esprit général que de réelles capacités de « pilotage ». J’habite en Alsace et je roule quasiment toujours dans les Vosges. Quel bonheur que ces routes boisées sinueuses à souhait, ces centaines de cols magnifiques, cette route des crêtes paradisiaque ! C’est aussi un laboratoire d’analyse de comportements routiers fantastique ! Et qu’y voit-on de nos jours ? Des automobilistes qui téléphonent au volant et qui, se prenant certainement pour notre Sébastien « international », coupent systématiquement dans les virages même pris à 50 à l’heure. En face, des hordes de motards avec des missiles air-air débridés à 180 cv qui se croient en finale de superbike ( avec le bruit qui va avec !!!). Evidemment, j’exagère un peu !
    Premier constat, un manque de respect des règles de sécurité et de savoir-vivre. Divergence évidente avec le monde de l’aéronautique. Le respect des règles et des autres, on l’apprend très jeune, souvent douloureusement. Certains me diront: phénomène de société connu ! Je répondrai, oui, de toute évidence. Mais devons-nous être des moutons ? A mon niveau, ne faisant pas de piste, je me suis résolu à revendre mes superbes Termignoni carbone au son si mélodieux mais au combien dérangeant pour les villageois, les marcheurs, les cyclistes !
    Venons-en maintenant à cette notion de « pilote ». Un des secrets de la survie dans un avion de chasse, c’est connaître les limites: les siennes et celles de sa machine. Je roulais il y a 2 jours avec ma RS pour rôder une paire de pneus neufs et après 150 kms de routes de montagne, je rencontre 2 motards en super-sportives. Ils n’allaient pas se faire passer par une BM ! Le rythme s’accélère ! Je vous avoue que j’adore enrouler à des vitesses prohibées dans ces routes de montagnes. Le premier du duo est apparemment plus expérimenté et ça commence à devenir sportif. Je ne cherche pas à doubler (vue la vitesse dans les virolos, je n’y ai même pas songé !). Je sens que le 2 ème est aux limites, il coupe dans les virages, sans visibilité, jusqu’au moment où il négocie mal un virage serré et termine à la ramasse de l’autre côté de la chaussée. Je sens que sa reprise est plus hésitante en ligne droite jusqu’au moment où il fait un signe à son pote qui signifie « STOP, j’arrête de jouer au C.. ! ». Je le dépasse à vitesse réduite et je le salue très cordialement . Je pense qu’il était allé au delà de ses limites mais il a eu l’intelligence d’écouter la raison. Que ce serait-il passé s’il y avait eu une voiture dans ce virage ? Malheureusement, je suis effaré par le nombre de motards que je croisent en virage et qui, sous prétexte que leurs roues sont du bon côté de la ligne, se croient protégés alors que tout le haut de leur corps (et celui de la passagère en jeans/baskets sur le strapontin) est largement de l’autre côté, à bonne hauteur pour qu’une collision ne leur laisse aucune chance. Inconscience collective, erreur de pilotage. Je ne sais pas. Dans un avion de chasse, dans un espace en partie contrôlé, entouré en majorité de pros et bien que des dangers persistent, on peut se permettre le « no-limits ». De la même façon avec une moto full-power, sur piste, avec un équipement adéquat. Et même là, le risque zéro n’existe pas. Alors le « pilotage » moto sur routes ouvertes, ne serait-ce pas plutôt cet état d’esprit qui permet de se faire plaisir par des trajectoires maitrisées, sans dépasser ses limites, en respectant les autres ? Et, sans vouloir jouer au vieux c.. j’espère que toute cette nouvelle génération de motards (pas toujours jeunes en âge d’ailleurs !) comprendra ce que signifie ce signe de la main que l’on échange sur les routes. Ce même signe que l’on se faisait entre pilotes de chasse et qui signifie: respect et solidarité.
    Au plaisir de vous croiser dans notre magnifique massif des Vosges et restez prudents et respectueux, il en va de votre vie et de notre image. Pour votre information, le projet de fermer la route des crêtes refait surface. Le jour où ça arrivera ce sera un échec collectif !
    Merci d’avoir eu le courage de me lire jusqu’au bout et merci à Fabien pour son site.
    Amicalement

  12. FranckyGoes
    20 février 2011 at 12:51

    Bravo : belle réflexion sur le pilotage tel qu’il devrait être pour motard digne de ce nom ! CQFD
    Tu viens de me donner une idée : j’ai des heures de DIF à ne plus savoir qu’en faire.
    Je m’en vais de ce pas essayer d’obtenir un stage de perfectionnement dans ce cadre : belle idée si elle est acceptée.
    V+++
    FranckyGoes

  13. Antho
    5 octobre 2010 at 22:33

    Bonjou je voudrais réagir à cette phrase.

     » (s’il y en a des trop inconscients pour réaliser les dangers qu’ils prennent, alors il faut toucher au porte monnaie). »

    je suis tout à fait d’accord sur se point, mais je tiens à ajouter que les JJA (oui ma mère et moi appellons les personnes portant auccune protection en moto des JJA= Juin Juillet Aout, les trois mois ou l’in peut voir les kékés se prendre pour rossi en tongue.tishirt.)

    Ben ses kéké, le plus souvent ont des bécane qui ont coûter à la base ‘la peau du cul’, je fait une majorité. Donc rajouter 200 euros pour un blouson des gants un casque intégrale. J’voit pas se qui choque… enfin bon je dit ça, mais j’ai sans doute pas la notion de l’argent à mon âge. M’enfin bon je préfert débourser une somme pour protêger mon p’tit cul, que m’écraser sur le macadam et prendre deux voir trois semaine sans aller à l’école et tordue de douleur parce que j’ai plus de peau…

    Pardonnez mes expressions, mais les abrutits de se genre ça me débècte…

  14. Ubbo
    7 août 2010 at 00:37

    Bonjour,
    J’ai réellement apprécié la lecture de cette article, un chouia long, un peu idéaliste, mais j’y adhère. Qui susciterait tellement de commentaires de ma part que je vais me contenter de celui là lol.

    • Ubbo
      7 août 2010 at 15:02

      J’y pense, comme dit cet article suscite tellement de commentaires de ma part, qu’au final j’ai effacé ce que j’avais commencé à écrire. Ya juste un truc que je voudrais écrire, concernant l’équipement (parce que ça m’agace de voir des nains sortir en chaussures basses/ short t shit en été).

      Je trouverais réellement utile, comme en allemagne, le fait de voir les assurances prendre en compte, lors d’un accident, l’équipement du motard (s’il y en a des trop inconscients pour réaliser les dangers qu’ils prennent, alors il faut toucher au porte monnaie).

      • Laurent
        11 août 2010 at 10:27

        entièrement d’accord pour les nains en t-shirt et tong surtout qu’au final c’est nous qui payons leur soins de peau alors qu’avec une équipement minimum… Le jour de ma première (et seule glissade pour le moment) mon équipement à très bien tenu mais on pouvait voir les impacts de graviers et les traces sur la peau. Quand je pense que tout cela aurait pu être dedans Aie…..
        Le problème vient aussi des assureurs. Je m’explique :
        – qu’on sorte tous les jours en tong et short ou avec un équipement complet c’est le même tarif. Pourtant les conséquences en cas des chutes sont bien différentes. L’argument: c’est pour votre sécurité… sauf qu’en France le culte de l’argent et plus important que la sécurité pour la majorité (perso je préfère le culte de la sécurité mais bon le porte feuille est aussi important surtout quand on voit le pris des équipements)
        – moto avec ou sans ABS : même tarif. Idem c’est pour votre sécurité… ça laisse songeur surtout quand la voiture à coté se rabat sans prévenir sur la file de gauche parce qu’elle a entendu le 2 tons des gendarmes…. Résultat le levier de frein sur le retro du malade en voiture et heureusement que j’avais l’ABS sinon c’était un beau soleil sur le periph et c’est tout benef pour l’assureur qui n’aura pas à payer…

        Bref quand les assurances commenceront aussi à encourager les motards avec des prix et des réductions sur les équipements basiques ( j’entends par là blouson, patalons, gants, bottes … et pas forcément l’airbag d’entrée car je ne vois pas l’intéret de l’air bag et short, t-shirt et tong; pour les stages c’est déjà fait) il y aura peut-être moins de nains en short.

        Petite anecdote …. qu’est ce que je peux rire en voyant des gusses en short et t shirt avec une super dorsales… on en short avec un super blouson cuir de course…

        • 3 septembre 2010 at 15:11

          Il n’y a pas que les assureurs, mon concessionnaire lors de l’achat de ma moto m’a proposé 10% du pris de la machine en équipement en lieu et place d’une remise sonnante et trébuchante. J’ai trouvé cette initiative très bien.

  15. Gégé
    6 août 2010 at 18:31

    Bonjour,

    Je suis pilote avion (privé) et moto. Ta comparaison des deux « mondes » me parait tout à fait à propos. Je me fait personnellement les mêmes remarque souvent. Ce sont deux activités dangereuses qui ne sont pas gérées de la même façon. Personnellement, j’aborde la moto dans le même état d’esprit que l’avion. Je connais mes check-list moto comme mes check-list avion.

    A cause des autres usagers et des infrastructures pas toujours adaptées, je me sent bien plus vulnérable sur ma moto que dans mon avion. C’est regrettable.

    Il y a un mois, j’ai eu le malheur de subir un accident sur l’autoroute. Les accidents d’autoroute en moto représentent 5% du total. Je roulais à 90 kmh à cause de pneus tout neufs. Il y avait peu de monde. Je me sentais donc en sécurité.

    Mais une voiture m’a doublé en réalisant une sorte de queue de poisson et a fait un tête à queue à 5 m devant moi en se rabattant. Il a perdu le contrôle de sa 107. Je l’ai percuté de plein fouet. Vol plané, glissade. Je n’ai rien compris. Je suis passé à 30 cm d’un poteau.

    Je n’ai eu que des bleus et un peu mal au cou. J’étais très bien équipé. L’état de mon équipement est effrayant. Entièrement râpé, troué, griffé de la pointe des pieds jusqu’à la tète. Le cuir des gants est lacéré. A travers mon casque, j’ai eu des bleus au visage suite au choc.

    J’imagine très bien dans quel état je serais si j’avais été en short, t-shirt et sandales avec un casque jet.

    Même avec une probabilité faible d’accident, une conduite raisonnable, une philosophie adaptée, un accident peut être imprévisible et peu survenir en dehors de tout facteur humain personnel. Il faut en être conscient pour l’intégrer.

    En aviation, il n’y a pas de temps pour la réflexion ou l’improvisation. Les gestes et procédures font partie de l’entrainement pour devenir des automatismes. Une fois acquis, il faut les entretenir. Et ensuite ce n’est que du plaisir !

    Pourquoi ne pas faire pareil en moto ?

  16. David
    20 juin 2010 at 11:38

    Je souhaiterais que ce que je m’apprête à dire reste en dehors d’une vive polémique.

    Je roule assez souvent sans protection – comprendre jean, basket, cuir et casque modulable sur Paris – , il est impensable pour moi et pour d’autres de rouler toujours équipé.

    Pourquoi?

    Dans de multiples occasions -non exhaustif- on ne peut pas se rendre à un lieu avec un ou des équipements de sécurités.
    Travail : Réunion professionnelle, déplacement professionnel.
    Sortie : bar, cinéma, théâtre, musée.
    Vie de tous les jours : acheter du pain faire des courses (faire les courses dans un hypermarché tout équipé c’est un challenge).

    J’en passe et des meilleurs. J’ai tendance à croire que ceux qui prônent le tout équipement possèdent surtout, au-delà de la volonté de le faire, des conditions qui leurs sont favorables (réunions entre motards, vivre en campagne, possibilité de ranger son équipement à son travail, pouvoir se changer et j’en passe encore une fois une pleine liste)

    Enfin, j’aimerais faire remarquer une chose qui me tient tout particulièrement à coeur et que j’ai eu l’occasion de voir à de multiples reprises comme tout le monde : les accidents moto.

    Un jour de semaine, je me décide à partir en Chevreuse en classique tee-shirt, tong et caleçon (boutade pour les sécuritaires).
    Bien sûr beaucoup moins d’accueil chaleureux de la part des motards, ce qui me parait «normal».
    Dans les 17 tournants, deux accidents, deux motards, deux motards équipés. Ce n’est qu’une illustration. Mais la sécurité a un effet particulièrement pervers chez les jeunes, «je suis équipé je peu roulé et justement parce que je suis équipé je peux rouler au-delà de mes pompes renforcées».
    Les mêmes qui m’ont fait un mouvement de tête dédaigneux se sont plantés. Moi j’étais en caleçon, je suis rentré en caleçon.
    Pas de casse rien de grave, mais c’est un phénomène qu’il faut souligné plus fréquemment je pense.

    On le voit notamment sur de nombreux forums et sur la route où l’impression de sécurité toute relative de l’équipement fait que l’on se permet des folies – c’est à mettre au même niveau que de se sentir protégé par l’habitacle de sa voiture, même combat, même problème – .

    Comme j’aimerais une mise en garde « un équipement de sécurité ne dispense pas d’une conduite adaptée», les jeunes l’oublient.
    La triplette, sécurité, protection donc permission fait commettre des erreurs.

    Cordialement un lecteur assidu.

    • Marchand Nicolas
      23 juillet 2010 at 11:02

      Bonjour à tous,

      j’évoquais il y a 30 jours environ les « comiques » qui roulent en short + tongues à moto. On va rajouter le t-shirt qui va bien avec ….
      J’ai eu le malheur d’en ramasser un hier soir en début de soirée.
      Cause de l’accident: Accélération sur un zébra a 50 -60 km, dérapage, puis la moto ( une belle ducati ) s’est couchée et il a fait à priori une quinzaine de mètres en glissade et culbutes diverses . Il fait 32 degrés en ce moment à Nice et vers 20H le macadam était, comment dire, à température.
      Sa seule chance a été (mais elle est bien maigre) qu’une équipe SP se trouvait très proche du lieu de l’accident ainsi qu’une voiture du SAMU. Nous sommes arrivés qq. minutes avant le SAMU. On voyait l’os des épaules au pied. Le pauvre gars souffrait le martyr et le SAMU a du le  » shooter » car on ne pouvait le toucher. de plus le petit orteil n’existait plus. je rappelle a tt le monde l’extreme importance de ce tt petit orteil d’ou l’intérêt de porter des chaussures dignes de ce nom en cuir ou des bottes. Dernière chose, le casque etait ferme mais pas assez serré. Du coup le visage a été sérieusement entamé aussi.

      Résultat des courses: la vie qui bascule à 35 ans
      Evitable : oui sans discussion

      Et pour répondre à david : certes vous n’avez pas tort- L’équipement procure une sensation de sécurité et on a tendance a accélérer. Entendons nous bien cela dure un laps de temps assez court . après la conduite redevient  » normale ». Une politique ultra sécuritaire ne changera pas la mentalité et l’éducation de chacun ( surtout ds le monde actuel) mais je pense très sincèrement qu’on éviterait beaucoup beaucoup de drames.

      Merci de m’avoir lu et pardon de bon matin pour cet article morbide mais je n’ai pas très bien dormi a cause de ça et j’ai besoin d’en parler.

      Un Homme heureux chaque jour sur sa moto

      – – –

      Réponse

      Merci de ton témoignage.

  17. Daniel SLOSMAN
    17 juin 2010 at 15:51

    Bravo et milles merci. La richesse et la qualité des infos fournies sur ce site est extraordinaire. En tant que « jeune motard » (en nombre de km) qui, était anti-roues pour des raisons professionnelles (le choc d’être confronté aux poly-trauma) et après avoir essayé d’empêcher mon fils de 20 ans de faire de la moto, je me retrouve à plus de 50 ans, sur 2 roues pour le surprendre. Pas facile…
    J’ai fait 10 ans de parachutisme sportif, on m’a dit que j’étais imprudent, puis je suis devenu instructeur de plongée et recycleurs, on m’a dit que j’étais inconscient, je commence la moto on me dit que je suis fou.
    Et pourtant toutes ces activités ont un point commun, il y a un côté « sportif » dans le sens ludique, hobby, plaisir, etc… que l’on peut évoquer mais aussi un côté artistique au sens d’apprendre l’art du pilotage. Ton article est totalement pertinent. Par analogie avec mon expérience dans ces autres loisirs, je demeure convaincue qu’investir dans la prévention est le seul moyen de faire progresser la sécurité du 2 roues. La recherche d’un responsable est du domaine du spécialiste en responsabilité civile ou assécurologique, mais dieu sait à quel point j’ai changé ma manière de conduire vis à vis du 2 roues. Je ne parle pas du vélo ou du scooter qui brule le feu rouge ou qui remonte le sens interdit, mais du motard que la voiture de devant ne veut pas laisser passer même si il n’y a aucune raison ou du motard qui parait loin, auquel on ne fait pas attention avant de tourner à gauche ou simplement de la portière de voiture que l’on ouvre sans avoir vraiment prêté attention au possible motard qui pouvait venir.
    Renforcer l’éducation du chauffeur de voiture en l’invitant à connaitre les sensations de la moto, faite des actions « portes ouvertes » ou plutôt « roues libres » pour faire rouler des chauffeurs de voiture. Chacun d’entre eux vous offrira son respect et découvrira différemment le monde qui l’entoure, il deviendra au minimum un partenaire et, pourquoi, certains, comme moi, se découvriront une âme de passionné.
    En 20 ans tant le parachutisme que la plongée a subi la pression du législateur et de la répression. Il y a moins d’accident en plongée car le matériel est devenu beaucoup plus sécuritaire, en plongée malgrè le renforcement drastique de la législation et de la répression policière on ne pourra pas empêcher le plongeur bargeot de faire une connerie (qu’il ne comprendra jamais)…par analogie qui empéchera le conducteur alcoolisé et sous l’emprise de drogue, de rouler sans permis, rien n’y fera…
    Mais de nouveau si la prise de conscience collective considère que chaque sport / activité de loisir / hobby justifie une formation complète et non pas a minima, formation maitrisée et standardisée, formation ouverte à tous, sans la recherche de performance mais une recherche de qualité, comme on peut la retrouver en plongée, le motard nouveau se fera plaisir, de manière sécuritaire, la connaissance lui donnera le respect quand il redeviendra un usagé sur 4 routes dans sa vie de tous les jours.

  18. sylvain
    17 juin 2010 at 12:27

    J’ai beaucoup apprécié cette définition de « pilote  » de moto pour sous entendre toute l’exigence et la rigueur de conduite requises ; je suis par contre surpris des premières réactions au texte , assez virulentes à mon sens . L’accident pour moi ,n’est pas une fatalité , même si des facteurs extérieurs complètement étrangers à la qualité de la formation surviennent : conducteur ivre ou malvoyant (si , si ,j’en vois!) qui ne percute par l’arrière , ne s’arrête pas à un feu ou au stop , traînée de gaz-oil dans un virage…Je crois résolument au bénéfice de la formation continue à moto , et pense aussi que ces stages sont difficiles d’accès actuellement . Je considère la route comme un milieu hostile , même si je ne considères pas les autres usagers comme des « ennemis », c’est pourquoi l’analogie avec le pilote de chasse me convient bien , toute proportion gardée . Il s’agit en premier lieu d’OBSERVER…
    Je serai sûrement un très mauvais pilote sur circuit , mais actellement , après avoir parcouru plus de 370 000 km en presque trois décennies sur plusieurs motos , sans aucun accident , je crois qu’en étant très exigeant avec soi-même ,humble et lucide , ce type de véhicule n’est pas plus dangereux que d’autres activités de loisirs , où , là aussi , des facteurs extérieurs interviennent , quelque soit le degré d’entrainement .
    Je connais bien les services de traumatologie , pour y exercer , et je suis aussi consterné de voir autant de comportements tels ceux décrits par Nicolas MARCHAND : la négligence propre au tempérament latin vis-à vis de la sécurité est une grande lacune culturelle dans notre pays . Sans doute aussi une question de maturité…
    Par bonheur , je vois nombre de jeunes motards très correctement équipés , et des personnes d’âge mûr rouler en chemisette , sandales , et mains nues…Certes , nous avons cette liberté , même si c’est toujours la collectivité qui assume les conséquences de cette liberté . J’y vois une forme de tolérance , mais qui , peut-être ne durera pas .
    Les assureurs ont tout intérêt à ce que leurs assurés soient le moins coûteux possible en cas de sinistre corporel (ce qui est presque toujours le cas
    lors d’accidents de moto)
    Merci pour cet article , cette réflexion , qui me pousse à me remettre aussi en question , rien n’étant plus confortable que l’habitude.

  19. nicolas marchand
    12 juin 2010 at 08:15

    bonjour a ttes et ts,
    merci pour ce nouvel article.
    Que doit on retenir? une seule chose pour moi la notion de responsabilité
    J’habite à nice et la T°C commence a monter serieusement ces derniers jours. Les mauvaises habitudes de beaucoup de motard st reparties de plus belles. Short , tong et +++ et ce du scoot 50 au hayabusa. Je vs laisse imaginer la temperature du macadam qd il fait plus de 30 dehors!!!!!!!!! à l’ombre bien sur !!!
    Alors on peut discuter de beaucoup de choses mais :
    Comme flatfab l’a dit de nombreuses fois qd on peut mettre 10000 euros ds une moto on peut mettre un peu de sous ds son equipement. J’ai perso acheté un ensemble streetguard 3 + gants il y a peu.Oui c’est tres cher !!!!! Oui il va etre difficilement supportable aux heures chaudes bientot mais bon. c’est ca ou perir.
    C’est un juste un gros coup de gueule contre ts ces petits et grands cons qui roulent a poil sur leur moto. Qd j’ai achete mon equipement chez BM, le vendeur me dit en partant avec un certain humour que je devais etre le seul a avoir un equipement plus honereux que mamoto ( ce qui n’est pas le cas mais histoire de me faire revenir pour acheter une moto BMW)
    Je n’ai pas de pretention en tant que conducteur de 2 roues mais
    Si votre moto est à votre portée ( techniquement), entretenue régulièrement, si vs etes correctement equipés et avec un minimum de bon sens au volant on eviterait beaucoup beaucoup de blessés graves et de polytraumatisés (combien de pneus lisses devant mes yeux a l’arret au feu rouge et ++++++)

    Si certains d’entre vs habitent pres de lyon, je les invite à aller a l’hopital henry gabrielle. Il ya un service de reeducation moteur – essentiellement que des motards- Allez y- jamais vs ne remonterez sur une moto comme precedemment
    Merci de m’avoir lu
    et pour ceux qui en douteraient je ne suis point triste ds la vie et j’adore la moto lol mais evitez la feuille de vigne en moto c’est pas tres sexy et surtout pas du tout efficace en cas de gamelle.

  20. jpalcover
    28 mai 2010 at 06:50

    Merci de cet article.

    Vivant en montagne, je roule sur des routes bourrées de virage avec seulement de rares tronçons de lignes droites. En plus, il y a toujours de la déclivité (« pente »). Par la force des choses, ce genre d’environnement enseigne beaucoup de « trucs et astuces » sans que l’on s’en rende compte. En fin de compte, on « pilote la moto » au quotidien, mais sans le savoir, comme Monsieur Jourdain.

    Et ce n’est que lorsque l’on redescend dans la vallée que l’on note que beaucoup de motards ont une approche différente ; mais comme ils sont majoritaires, c’est l’approche « normale » des motards qui « conduisent ».

    Cela est vrai aussi de conducteurs de BAR : Quand en montagne tu roules en voiture derrière un résident des « plats pays », tu vois combien il a de mal à « piloter » là où celui qui roule tous les jours passe sans problème.

    En résumé, donc, rien ne vaut l’entraînement régulier, qu’il te soit imposé par l’environnement dans lequel tu vis ou que ce soit ta propre décision de suivre des cours de « perfectionnement » ou « pilotage ». Mais seuls s’en rendent compte ceux qui l’ont fait !

    Pour ce qui est de la protection « statique » (l’équipement protecteur),je trouve inconcevable qu’un motard ne soit pas « totalement équippé tout le temps » (ATGATT : All The Gear All The Time) ! Mais là encore, c’est plus facile de s’en rendre compte quand ce que l’on pratique tous les jours te l’enseigne depuis ton plus jeune âge. Pour reprendre ma comparaison de montagne, tous les « locaux » savent qu’on ne part pas en randonnée en montagne (surtout en hivernale) sans l’équipement complet. Et il ne viendrait à l’idée de personne, vivant dans les montagnes (y compris celles de Corse), de dire qu’il part faire les « via ferrata » et le fameux GR20 « en baskets, jean et T-shirt ».

    Donc merci pour cet article, merci pour ces nombreux et utiles conseils, mais acceptons la nature humaine comme elle est : ceux qui croient que ce genre de conseils est utile pratiquent déjà une partie de tes recommandations et surtout sont avides de conseils comme ceux que tu dispenses. Ils te lisent et te liront avec intérêt et reconnaissance. En revanche, ceux qui n’ont pas encore compris l’intérêt de ce genre de « méthode de prévention et protection » et/ou ceux qui pensent qu’ils sont plus forts que les autres (alternativment : que « ça n’arrive qu’aux autres ») non seulement manifesteront peu d’intérêt pour tes conseils, mais encore tenteront de te/nous convaincre qu’ils sont exagérés ou pas applicables.

    Persiste dans la mission que tu t’es fixée, continue de nous prodiquer des conseils utiles et éprouvés : sois assuré que la majorité silencieuse t’en est reconnaisante !

    – – –

    Réponse

    Merci de ton témoignage et de tes encouragements !
    Pas facile tous les jours, mais je persiste…

  21. nans
    31 janvier 2009 at 17:15

    en centre de formation de moniteurs auto-ecole on l’appelle le ppda: percevoir prevoir decider agir… et on se rend compte que les eleves-formateurs on une action souvent opposée a leur decision, c’est a dire que durant une conduite commenté ils disent qu’ils vont freiner par rapport a telle situation mais en fait ils accelerent ils n’ont dc pas suffisament anticipé leur action

    – – –

    Réponse

    OK…
    Et qu’est-ce que cela nous apprend ?

    – – –

    je n’ai pas lu tout l’article juste le petit passage ou il y avait les sigles a peu pres identique au ppda ct juste pr en donner un en plus, va falloir ke je ma rattrape et ke je lise tout

  22. cecé
    19 janvier 2009 at 19:02

    Pour moi celui qui a une moto,est un « pilote »,car la moto (circuit ou route) necéssite une attention accrue,en rapport a une voiture(notament l’equilibre,freinage dissocié,forte sensibilité au revetement et j’en passe) la voiture tu tourne ton volant et t’as que un seul frein enfin pedale plutot. Là cet article nous invite plutot a adopter un etat d’esprit,tel la rigeur,et responsable et rester raisonnable (au vue de l’experience aquerrie,et du niveau global de maitrise d’une moto). perso jai mon permis depuis 2ans et là jpasse le B et bien je me rend compte que en voiture on oublie facilement les moto surtout si on n’a aucun lien avec la moto,alors si une auto-ecole donnait de vrai notion pour Bien apprehender les deux roue…
    et aussi si on formais vraiment ces boulet en scoot 125 qui prenne des risques ahurissant!!(depassement par la droite,pose du pied dans les virage,notion de freinage inexistante…) car on co-habite sur la route!
    Pour ma part je trouve les motard (jentend par là ceux qui ont un permis A et pas les pieces raportée du permis B en 125) sont tout de meme responsable et conscient que la route c’est dangereux surtout pour eux et qu’en moto rien n’est aquis on s’adapte sans cesse!

    Alors quand tu veut faire du tuning,depense ta thune pour tes entretien,tes equipement,tes stage.

    Sur ce un bon pilote est un pilote vivant et vieux (ca exclu pas le plaisir hein!!!)
    bonne route et V

  23. charmensat thierry
    3 octobre 2008 at 11:58

    tout à fait d’accord avec fab concernant sa réponse à Lugo: pas de libre arbitre quand ce sont les autres qui payent: ceux qui sont en face si tu rates ton virage ( tu peux leur oter la vie), pas de libre arbitre si tu te gauffre tout seul car c’est la secu qui paye donc nous tous; Lugo connait il le prix d’une journée aux Soins Intensifs? de 1000 à 2000 euros par jour… les Américains eux sont pleinement responsables car ils payent de leur poche… ce qui ne veut pas dire que je sois pour leur système de soins; mais en France les malades « potentiels » sont déresponsabilisés, complétement;…

  24. charmensat thierry
    3 octobre 2008 at 11:52

    euh, le moins que l’on puisse dire c’est que je ne suis pas expert: 4200 km depuis le permis il y a 6 mois… mais il me semble surtout que les attitudes, les trajectoires, positions de conduite, freinage etc… ne peuvent pas être les mêmes sur route ouverte et sur circuit; l’afdm enseigne une conduite défensive, et bien évidemment le freinage et la position en virage, pour ne prendre que cet exemple, ne sont pas du tout les mêmes…et cela ne fait pas partie de l’enseignement de la moto école; je ne suis pas loin de penser qu’un très bon (rapide) pilote sur circuit ne sera pas forcément bon sur route ouverte, et que celui qui est « bon » ( c’est à dire conduite de sécurité) sur route ouverte sera mauvais sur circuit car les techniques sont trop différentes ( sans parler de l’état d’esprit…); même s’il y a bien sur des points communs, la conduite est tout de même bien différente

  25. 2 octobre 2008 at 12:32

    Je pense que l’on ne conduit pas une moto, on la pilote (plus ou moins bien c’est vrai). On doit faire corps avec elle, être à l’affut des moindres réactions de sa monture et de celles des autres usagers. J’ai fait de la piste et quelques courses sur circuit et si l’on ne peut décemment pas obliger les gens à faire du circuit, une heure de moto école pourrait se passer sur circuit, car cela apprendrait l’humilité… Combien sont ceux qui se croient des supers pilotes et qui une fois sur un circuit pleurent car ils n’arrivent pas à poser le genou par terre… J’en ai vu tellement des prétendus « pilotes » qui prennent des risques insensés sur route ouverte le dimanche et qui sont à la ramasse avec leur gros cube en se faisant ridiculiser par un 125 dans une courbe de circuit (Carole ou Lédenon pour ceux que je connais puisque le Ricard est privé depuis (trop) longtemps). Et puis qui peut le plus peut le moins. Donc oui à une formation sur circuit, en tout cas les apprentis pilotes, allez traîner sur un circuit vous serez surpris que la moto, la vôtre peut basculer dans un autre monde…celui de la limite (et sans danger)

    – – –

    Salut Matthieu,
    Deux choses.
    D’accord sur le côté « pilotage » par les sensations et la position, mais le propos de l’article est justement de montrer qu’il y a une différence entre « piloter une moto » et se dire « pilote de moto ». A penser qu’on pilote une moto au lieu de la conduire, on risque de vouloir se conduire en pilote, alors qu’on n’e possède pas les compétences et qu’on ne roule pas sur circuit.
    A propos de circuit, justement : dès qu’on prononce le mot « circuit », les motards pensent « vitesse ». Un circuit est avant tout une enceinte clôturée, sécurisée, où l’on peut rouler en totale sécurité et aller tester les limites de sa machine. Pas besoin de foncer à 250 pour cela !
    Et quand je parle de formations sur circuit, il s’agit de formations de perfectionnement pour une conduite de sécurité. Pas pour apprendre à rouler plus vite.

    – – –

    Je pense que nous sommes d’accord sur le fait que le circuit est le lieu privilégié pour apprendre à “conduire” ou piloter plus à la limite en toute sécurité. Pas plus vite car rares sont les circuits où l’on peut exploiter toute la vitesse de pointe des machines modernes… alors que les autoroutes et les longues lignes droites sont très fréquentes. Pour ma part le circuit m’a appris à faire la différence entre “prendre des risques inutiles” et rouler plus vite (chrono oblige); cela ne voulait pas dire qu’une fois sur la route je roulais plus vite, je savais que je pouvais risquer ma vie plus souvent sans pour autant avoir les sensations de tutoyer la limite (la prise d’angle, le genou par terre puis l’accélération jusqu’à la gentille dérive de la machine) du circuit, ce qui m’a rendu plus sage et plus humble.

  26. Louis
    26 septembre 2008 at 14:31

    Je suis atterré de voir qu’on confonde toujours en encore le mot pilote et motard.
    Un motard, c’est celui qui roule sur une route ouverte à toutes sortes de véhicules et un pilote est celui qui roule sur un circuit.
    Que l’on maîtrise sa moto, que l’on sache comme elle réagit dans un virage ou comment elle freine, il n’y a rien à redire.
    Maintenant venir dire qu’il faille prendre des heures de formation sur circuit pour conduire en ville ou en rase-campagne, relève du délire et de plus, cela pourrait donner des idées à ceux qui font passer le permis pour nous soutirer encore quelques soussous. . Pourquoi ne pas aussi exiger de rouler sur une perche comme cela se fait dans certains centres de formation au Japon?
    Par moments je crois que les motards assimilent la moto à la tauromachie. Cette façon de jouer ou de piloter aux frontières, à la limite de la vie ou de la mort est aberrante.
    La motomachie! : la moto pilotée par des machos. Pas mal ce mot valise, non?
    On lit souvent que le motard parcourt en moyenne 4000 km par an en zone urbaine ou péri-urbaine.
    Cela fait vraiment peu de kilomètres pour la formation de ces soi-disant pilotes avachis sur leur bécane sur le périph ou les grands boulevards.

    – – –

    Réponse

    Si votre commentaire est une réaction directe à mon article, je crois qu’il y a maldonne…
    Mon but est justement de montrer que les motards de route n’ont (à 99%) rien de « pilotes ».

    Quand je parle de formation sur circuit, il s’agit de stages de perfectionnement à la conduite sur route ouverte, pas de stages de pilotage de vitesse.

  27. LUGO
    11 septembre 2008 at 18:38

    Il me semble que tes observations, déjà bien connues des motards, sur le plan des risques existants en tout cas, soient plutôt fondées, même si le côté prêchi-prêcha me gêne un peu 🙂 S’entraîner durablement pour pallier les risques potentiels de la route, c’est bien, mais dicter la manière précise de se comporter, ou condamner l’éventuel manque d’équipements, pourtant bien perçu par nous tous j’imagine, comme seule issue pour préserver son salut, je suis moins d’accord. Quand tu roules l’été en Corse – par exemple – au guidon d’une RT ou d’une GS (c’est juste un exemple, hein ?), c’est quand même vachement plus bandant de le faire en jean’s, basket et tee-shirt – eh ouais ! (en gardant les gants toutefois :-)) même si le risque est plus grand, lorsque tu attaques un brin. Mais bon, chacun fait comme il veut, non ?… T’inquiète pas, si je me crashe, c’est pas pour autant que je viendrai pleurer sur ton blog, l’ami 🙂 On ne peut tout de même pas toujours vouloir être dans la parfaite maîtrise des choses… Et prévoir fait aussi parti du libre arbitre de chacun.
    Sans doute la comparaison avion-moto peut-elle se justifier (degré d’attention, prise en compte de l’environnement, check-list indispensable, plan de vol (route), etc.) tout en formulant de nombreuses réserves (formation pilote d’avion ad’hoc et très spécifique, profil du pilote, etc.)
    En fait, je dirais que le plaisir de conduire ou de piloter induit la volonté d’avoir une approche fine de sa conduite, de s’estimer avant tout perfectible, et de tenter d’être attentif à celle des autres. La prise en compte de l’environnement, notamment, est alors prépondérante. C’est sans doute moins vrai dans les embouteillages au volant d’une Visa et après une semaine de boulot (?)
    Dès lors, tu fais encore parfois des erreurs, mais tu pilotes davantage que tu ne conduis, parce que tu aimes ça !

    – – –

    Ma réponse

    Je ne répondrai pas sur tout, mais quelques phrases me font réagir.

    « Quand tu roules l’été en Corse – par exemple – au guidon d’une RT ou d’une GS (c’est juste un exemple, hein ?), c’est quand même vachement plus bandant de le faire en jean’s, basket et tee-shirt » : non. Tu bandes pour ce que tu veux, ce n’est pas mon problème, mais moi, je préfère garder mon kiki dans une tenue moto d’été ventilée. Il existe aujourd’hui suffisamment de solutions pour rouler protégé sans crever de chaud.

    « On ne peut tout de même pas toujours vouloir être dans la parfaite maîtrise des choses… Et prévoir fait aussi parti du libre arbitre de chacun. » : si, on peut VOULOIR conserver la maîtrise des risques. Tout le problème est de savoir si on le peut. Mais on peut essayer de gérer au mieux le risque.
    Et je rejette le couplet sur le libre arbitre. C’est peut-être valable aux Etats-Unis où tu dois tout payer de ta poche. Résultat, si tu n’as pas d’assurance, on te laisse mourir sur place. C’est un choix.
    En France, c’est la collectivité qui paie pour les secours sur la route. Tu te plantes, c’est moi qui paie, nous tous. A partir de là, pourquoi mes impôts et les tiens devraient-ils servir à payer pour des blaireaux qui roulent sans équipement, sans entraînement, sur des motos bricolées ?

    « le plaisir de conduire ou de piloter induit la volonté d’avoir une approche fine de sa conduite, de s’estimer avant tout perfectible, et de tenter d’être attentif à celle des autres » : tout à fait d’accord. Et s’estimer perfectible, c’est accepter de se former tout au long de sa carrière de motard.

    – – –

    Au-delà de la polémique relative à la définition du blaireau en moto (même si ce sont là quelques exemples, je ne pense pas qu’il y ait corrélation entre équipement minimaliste, manque d’entraînement ou encore moto bricolée…)
    Mais soit… Pax romana. 🙂 Un équipement ad’hoc est, il est vrai, toujours le bienvenu. Et cela dit sans complaisance aucune après ces échanges de mail. La preuve : les réseaux de distribution des équipements sont en effet plus compétitifs qu’auparavant… Cependant, quid des stages, encore bien trop onéreux pour en user et abuser tout à loisir.
    Dès lors et malgré tout, que tu le veuilles ou non, cela reste pleinement associé pour la plupart d’entre nous, à une question de hiérarchisation des priorités.

    – – –

    Ma réponse

    Entièrement d’accord qu’il s’agit d’une question de priorité.
    Comme l’a dit un des précédents commentateurs, j’ai une approche professionnelle de la conduite moto. La sécurité à moto, c’est mon métier au quotidien et en plus, ma passion. Je n’attends pas que tous les motards français en soient au même point.
    Mais un peu plus ne ferait pas de mal !

    Quant aux stages de perfectionnement (je ne parle pas de ceux de pilotage), ils coûtent, c’est vrai, parfois assez cher. Mais la plupart d’entre eux donnent droit à des réductions d’assurance qui permettent d’en amortir le coût sur trois ou quatre ans.
    Ce n’est pas rien de sortir 300 ou 350 euros pour deux jours de stage, mais il faut se dire que c’est un investissement. Si cela peut éviter ne serait-ce qu’un accident, c’est rentable.

  28. martine
    29 août 2008 at 14:01

    Je suis étonnée que la comparaison pilote avion – moto surprenne. Il ne faut pas prendre la comparaison au premier degré. En tout cas, je pense que lorsque l’on est sur sa moto, il faut penser en terme de pilotage et non plus de conduite. Non pas que je sois moins attentive en voiture, mais, il est bien évident que l’attention que l’on doit porter en moto est très différente de celle exigée pour conduire une voiture.
    Il me semble que le nombre d’informations que notre regard doit collecter est sans commune mesure avec celles que l’on doit collecter pour conduire en toute sécurité une voiture.
    Etat de la route, du revêtement, ce qui se passe devant, derrière, sur le côté, amplitude d’un virage, visibilité, toujours anticiper, prévoir, etc …
    C’est une vigilance de chaque instant …
    Même sur une ligne droite, il faut continuer à collecter ces informations. Aussi, je suis assez d’accord pour parler de pilotage et non pas de conduite.

  29. GILLES
    22 août 2008 at 18:44

    Pour avoir travaillé dans aeronautique le comparatif aviation- moto ne me parais pas tres judicieux (la définition d’accident en aeronautique n’est pas la même que sur la route). Je suis un conducteur de moto et j’espere en etre un bon. La notion de pilotage ne conserne que quelques personnes professionnelles ou sportives, tous les autres ne sont que des conducteurs (et il n’y a pas de honte à cela). Il vaut mieux être un bon conducteur qu’un mauvais pilote.

  30. Michael
    17 août 2008 at 18:01

    Bonjour, jeune motard de 23 ans, 7 ans d’expérience en 2 roues, j’ai découvert ce site il y a peu et l’esprit qui y règne me plait beaucoup. Par exemple ce type d’article, comparer pilote d’avion et de moto, peut paraître totalement idyllique ou prétentieux, cependant j’adhère totalement à ce qui est dit.

    Plus j’avance dans les années (et comme dit plus haut j’ai 23ans et tout à apprendre) et plus je me rends compte que la moto est un spécimen à part sur nos routes. La conscience qu’on les motards de leur machine, de sa mécanique, de son comportement physique sur la route, de la trajectoire, des points dangereux d’un tracé, de l’importance essentielle du regard en conduite, et aussi de la gravité d’un accident; font qu’ils ne sont pas des conducteurs qui sautent dans leurs bagnoles pour rejoindre un point A à un point B en se disant que s’ils respectent les limitations de vitesse ils sont de bons conducteurs.

    Je dois avouer que je roule « vite », mais lorsque j’approche d’un carrefour ou d’un point difficile, je ralenti, et souvent en dessous des limitations, pour être prêt à réagir en toute sécurité. Et souvent les véhicules qui suivent me colle au train en ne comprenant pas pourquoi je ralenti. Ils ne saisissent pas que même s’il n’y a aucun radar et que la limitation est supérieur, un véhicule peut couper la route et causer un accident. Peut-être cela vient de l’abrutissement qu’ont causées les limitations mais cela est un autre débat.

    Cet esprit motard je le constate sur mes routes de Belgique, Luxembourg et Allemagne (je suis frontalier). Car j’en viens à un point qui va peut-être fâcher, mais lorsque je roule en France, je suis effrayé par ce que je vois. Un motard en sportive 600 en short et T-shirt, un autre qui vous dépasse sans aucune vue en face, un jeune qui tourne en rond sur un rond point pour gratter ses reposes pieds je suppose.

    Même s’il ne faut jamais faire de généralité, je constate que l’état d’esprit « pilote de moto » est moins présent chez vous, en France.

    Est-ce une impression isolée ou c’est un constat généralement admis ?

    Et concernant le prix des formations, nous bénéficions en Belgique d’une réduction d’assurance lorsque de tels stages sont réalisés et réussis. Ce système n’existe il pas dans les autres pays d’Europe ?

    Merci pour la qualité de ce site en tout cas. Bonnes balades à tous, car il faut dire aussi que la France regorge de petites route bien sympa !

    – – –

    Réponse

    Bonjour Michael,

    Plusieurs stages de perfectionnement français permettent d’obtenir des réductions d’assurance. Hélas, peu de motards le savent et parmi ceux-ci, beaucoup voient surtout à court terme les 300 et 400 euros qu’ils vont devoir dépenser en un week-end, et pas l’argent qu’ils vont économiser ensuite, sans compter des bénéfices en termes de sécurité.

    Pour le reste, je partage malheureusement ton constat sur l’absence quasi totale de la culture de sécurité dans le monde du deux-roues français et sur le fossé avec l’Europe du Nord. Quoique les Belges ne soient pas non plus nécessairement les plus brillants sur ce point.
    J’essaie de faire évoluer les choses à mon petit niveau.

    Bonne route à toi !

  31. Franck
    11 août 2008 at 18:28

    Bonjour, concernant le monde de l’aviation, je crois qu’il faudrait… redescendre de ton petit nuage 😉
    Les choses ne sont pas aussi idylliques que tu les décris dans le transport aérien, loin de là, même 🙁
    J’en sais quelque chose, je suis technicien de maintenance sur A320 et A330.
    Ce qui avait commencé à arriver aux oreilles du grand public (comprendre les problèmes de maintenance dans les compagnies à bas coût), affaire vite mise de côté par les médias, n’est rien par rapport à ce qui se passe tous les jours dans les compagnies « renommées ».
    Le temps des biplans en toile et bois n’est pas si loin de nous, bien moins loin que l’on croit !

    – – –

    Réponse

    Que les techniciens de maintenance des compagnies aériennes trouvent que « c’était mieux avant », je le comprends tout à fait et je ne dis pas que c’est faux. Il n’en reste pas moins que le niveau de maintenance et de contrôle dans l’aérien est incomparablement plus élevé que sur la route.

  32. Marsiho
    29 juillet 2008 at 19:31

    Le pilote que je suis avait oublié ce matin de faire le plein de kérozène… Et puis la jauge électronique de son jet allemand semble s’être déréglée… Pourtant pas passé au-dessus du triangle des bermudes.
    Bref, après un teuf, teuf, pathétique, me voilà en train de pousser l’engin maintenant inerte et au combien inutile, vers la station la plus proche. Cinq kilomètres à pousser 250 kg (heureusement que ce n’est pas un Mirage F1), ca fait apprécier l’encombrement de l’engin, mais aussi du casque, des gants et du blouson qui même avec des ouïes d’aération reste très suitant à porter sous le soleil. Pour une fois je n’avais pas les grosses chaussures, heureusement, parce que bonjour le jus de chausettes !

    Deux motos m’ont croisé…
    Aucune ne s’est arrêté pour voir si j’avais besoin d’aide.
    Deux voitures se sont arrêtées : un cinquantenaire qui roule parfois en 125 et une petite nana sympa avec le A.
    Etonnant non ?

  33. thierry charmensat
    29 juillet 2008 at 12:23

    je serais assez d’accord avec ton article, mais la comparaison avec l’aviation a ses limites: le pilote d’avion n’a pas à chaque seconde à prévoir pour son engin ET les autres qui viennent à coté ou en face ou derrière, la densité de circulation n’étant pas la même!….
    deuxième point: la moto est un loisir, or ta manière d’aborder le sujet est d’ordre quasi professionnelle, très rigoureuse, ce qui à priori se justifie ( on risque notre peau!) mais ne correspond pas vraiment à la nature humaine « moyenne »…
    avant d’envisager les choses de manière exhaustive, il faudrait déjà respecter le b-a-b-a… respect des distances de sécurité (6x dizaine de la vitesse: quels motards le respecte…??), ne pas doubler à l’aveugle ou près d’un croisement sans visibilité suffisante, toujours porter une dorsale ( % de motards qui en ont une???)… beaucoup de motards ne respectent même pas ces règles de base… quant à la formation, certes elle est chère, mais quand je vois le nombre de changements de pots d’échappement qui coutent le double d’un stage…. je me pose des questions!!
    bref, je suis assez d’accord avec toi pour parler de l’irresponsabilité galopante; toutefois j’ai l’impression que petit à petit les choses s’améliorent, comme quoi il ne faut pas désespérer!
    merci encore pour ton blog.

  34. 29 juillet 2008 at 08:11

    Dommage article trop long même en vacances pas trop de temps.
    Pourquoi ne pas le couper en plusieurs chapitre.
    Je ne dis qu’une chose sur un sujet que je connais bien, moi !
    Permis passé en 1968 !
    Pas de détail sur la conduite de l’époque..
    15 ans d’arrêt obligations familiale. j’ai fini avec une BM attelée.
    Retour en 2003, sur une grosse moto (harley électra) sans aucune obligation de formation !
    J’envisage de prendre des leçons particulières cet hiver (sur route mouillée et sèches).
    Pour info sur ma dernière moto 55 000 en deux ans et demi.
    Amitiés

  35. Stéphane
    21 juillet 2008 at 15:58

    Cet article m’interpelle sur plusieurs points :

    A propos du langage militaire :
    Sommes-nous en situation de guerre ? Je n’avais pas encore conscience que les caisseux autour de moi étaient mes ennemis.

    A propos de la notion de pilote :
    Le titre ce cet article « se comporter en vrai pilote » me fait prendre conscience là aussi que je suis un pilote (avant, j’étais motard).

    A propos de l’entrainement :
    Ben, c’est logique, pilote en temps de guerre nécessite un entrainement lourd, des nerfs d’acier, un instinct de survie au dessus de la normale, et une petite dose de folie et d’originalité qui lui permettront de rester en vie et de surpasser ses adversaires.

    Je vais donc faire monter un lance-missile sur ma bécane et aller faire une reconnaissance en territoire ennemi, histoire de voir si je vois des « hostiles »….

    … a prendre au second, voire troisième degrès bien entendu

    Et pour être franc(chouillard ?), je veux bien me payer un stage de formation supplémentaire si c’est moi qui l’ai choisi, mais je serai dans la manif avec Tatoonette si l’état m’impose de le faire, sous prétexte qu’il risque moins sa réelection à me racketer moi plutôt que les autres 430 millions d’électeurs caisseux européens.

    ++
    Stéphane

    – – –

    Réponse

    Bonjour,

    Cela s’appelle une métaphore…
    L’analogie n’est pas non plus à prendre au premier degré.

    Au départ, il y avait d’une part une réflexion sur le terme « pilote » (moi non plus, je ne me disais pas pilote, simplement motard), d’autre part une analyse des deux systèmes de transport aérien et routier. J’ai agrégé les deux car cela me semblait pertinent. C’est une vision personnelle, je ne prétends pas que ce soit la seule valable.

    Après, on peut estimer que les relations entre usagers de la route sont à ce point dégradées en certains points du territoire, particulièrement en ile-de-France, qu’elles frisent la guéguerre entre les différentes catégories. Mais c’est l’objet d’un autre article.

    Quant à l’entraînement indispensable, il peut être de deux ordres :
    – soit un entraînement volontaire par le motard lui-même, que ce soit dans le cadre de stages payants sur un site sécurisé ou d’exercices personnels sur un lieu hors circulation (donc gratuits) ;
    – soit une formation continue « post-permis » obligatoire qui devra bien entendu concerner toutes les catégories d’usagers, comme c’est le cas au Luxembourg et en Autriche.

  36. Thomas
    20 juillet 2008 at 17:26

    Encore un trés Bel article, de belles réflexions et un sujet qui laisse réfléchir 😉

    Thomas Bonne continuation

  37. Tatoonette
    18 juillet 2008 at 15:49

    j’ai un seul truc à dire : selon les stats de notre assureur, à 80% les accidents impliquant des motards sont dus à un tiers (le plus souvent en Bar). En comptant les délits de fuite nombreux que certains assureurs prennent comme « accident du à une erreur de pilotage du motard ».
    ça laisse songeur, non ?

    pourquoi ce serait aux motards encore à raquer des heures de formation ? hein ? pourquoi les conducteurs de Bar ne seraient-ils pas obligés de passer deux ou 4 Heures derrière un mono sur un deux roues en ville, histoire de leur montrer un peu ce que « ça fait » de rouler au milieu de cinglés « bien à l’abri »… ?
    Yen a marre d’être les boucs émissaires tous trouvés pour les sécuritaires à tout crin.

    Si en plus les motards eux-mêmes s’y mettent, ben on est pas sortis de l’auberge…

    Ceci dit je suis d’accord sur un point : on sort pas sa moto si on n’est pas au top de sa forme. C’est d’ailleurs pour ça que je lis ton blog aujourd’hui.

    – – –
    Réponse

    Au niveau des chiffres de responsabilité dans les accidents entre autos et motos, l’étude européenne MAIDS donne environ deux tiers d’automobilistes jugés responsables (et non 80%). Comme je le dis souvent, cela ne veut pas dire que le motard n’a aucune responsabilité dans l’accident (même si ça arrive), mais que l’automobiliste a été jugé par l’assurance majoritairement responsable.
    Dans le même temps, il y a aussi un tiers des accidents de moto où le motard se plante tout seul. Cela ne te laisse pas songeur ???

    Pour le reste, il y a deux attitudes possibles.
    Soit tu te comportes en motard français moyen, à râler sans rien faire, à rester le cul sur ta selle à attendre que tout tombe tout cuit du ciel, de l’Etat ou de la FFMC, parce que tu estimes que ce n’est surtout pas à toi de faire l’effort.
    Soit tu réalises qu’il est préférable de devenir acteur de ta propre sécurité parce que cela ne sert à rien d’attendre que tout vienne des autres.
    Il ne s’agit pas de désigner un bouc émissaire. La sécurité routière est l’affaire de tout le monde.

    Mais c’est justement parce que trop de motards restent avec une mentalité d’assistés et de râleurs que les formations de perfectionnement moto demeurent aussi chères en France. En Belgique, c’est deux fois moins cher !

    Et si c’est vraiment un problème de prix, j’ai deux réponses. D’abord, à combien estimes-tu ta vie, ou ta jambe ou ta colonne vertébrale ? Ensuite, si tu es assuré chez un assureur motard (AMDM, FMA, Club 14), suivre un stage de perf’ te donne droit à une réduction de prime, ce qui fait que le stage est amorti au bout de 3-4 ans.

    Enfin, comme je le dis, le montre et l’explique, il y a parfaitement moyen de s’entraîner soi-même gratuitement. C’est un état d’esprit, pas une question d’argent.

    – – –

    Tatoonette a publié une version plus longue de son commentaire sur son propre blog.

    – – –

    Réponse sous forme de commentaires de ses propos

    « t’es en train de nous dire que les accidents seraient « la faute aux motards » parce qu’ils apprennent pas à « piloter » ? » : pas du tout, je dis que certains accidents, voire peut-être la majorité, pourraient être évités préventivement si tout le monde, notamment les motards, savait mieux conduire (pas piloter).

    « on a regardé les prix des stages de pilotage, hein. Et en plus « tout cuir obligatoire ». ça nous faisait, à deux, un budget de plus de 1500 euros. Ben désolée, mais c’est pas à la portée de tout le monde » : je parle bien de stages de conduite, pas de pilotage circuit, ça n’a rien à voir.

    « de là à dire que c’est à lui de prendre toutes les responsabilités, pour pas dire les culpabilités, des accidents, euh, ya un pas que je franchirais un chouia moins vite que toi » : je n’ai jamais dit ça ! Je ne dis pas que le motard doit prendre TOUTE la responsabilité dans un accident, mais qu’il en est souvent en partie responsable, comme les autres catégories d’usagers d’ailleurs, ce n’est pas spécifique aux motards.

    « Pourquoi, dans la même « optique », ne pas dire qu’une formation deux roues serait salutaire à ceux qui passent leur permis B, hein ? » : salutaire, je ne pense pas, mais utile, oui, sans doute.

    « Même quelques heures derrière un mono… (…) T’en parles comme si c’était impossible à faire, pourtant je suis pas sûre que ça coute beaucoup plus cher à pratiquer » : je ne vois pas où tu as lu que c’était impossible. Mais tu le dis toi-même : « juste quelques heures derrière un moniteur » : à 45 euros de l’heure ? Toi, tu refuses de payer 300 euros pour ta propre sécurité et tu crois qu’un automobiliste ira payer 150 euros pour qu’on lui apprenne à tenir compte des motos ???
    Marrant comme c’est toujours plus facile quand ce sont les autres qui font l’effort !

    « Les autres usagers de la route devraient AUSSI apprendre les comportements à avoir quand ils sont devant ou derrière une moto » : tout à fait d’accord, cela devrait être abordé dans la formation au permis B, au moins en théorie.

    « Et pourquoi les vélos passent même pas de permis alors qu’ils utilisent la route comme les autres ? » : d’accord aussi.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *