Sentir l’équilibre de sa machine

Pour se sentir à l’aise sur sa moto, il est important d’être souple, détendu. Ce n’est possible que si on se sent en confiance, donc en équilibre, notamment à basse vitesse. Quelques exercices pour vous entraîner à sentir et maîtriser l’équilibre de votre moto.

La maîtrise de l’équilibre d’une moto passe par quatre savoirs-faire de difficulté croissante :
– maîtrise de l’embrayage ;
– maîtrise du freinage ;
– maîtrise de l’inclinaison ;
– maîtrise du freinage sur l’angle.

Le fondement indispensable de tous ces savoirs-faire est l’acquisition et la conservation en permanence d’une bonne position de conduite !
Pour cela, lire l’article « Savoir se positionner sur un deux-roues moteur« .

Les exercices proposés doivent être réalisés dans un environnement sécurisé.
Pour avoir comment le définir et le choisir, lisez l’article « S’entraîner seul« .

Rappel de la loi : vous êtes assis(e) sur la moto, moteur tournant. Même si vous ne bougez pas, vous avez obligation de porter un casque homologué et attaché.
Je vous conseille par ailleurs de porter au moins des gants, même légers, et de préférence un blouson ou une veste à manches longues.
Exercez-vous dans un endroit dégagé, calme, hors circulation, sans obstacle aux alentours, et de préférence avec une seconde personne prête à intervenir en cas de souci.

* * *

Une fois compris et acquis les fondamentaux d’une bonne position sur la moto, il s’agit aussi de savoir en changer, bouger, modifier ses appuis tout en conservant en permanence l’équilibre de la moto.

D’où ces propositions d’exercices d’équilibre.
N’oubliez pas de vous échauffer musculairement avant de commencer ces exercices ! 

Comme à chaque fois, je décompose chaque exercice en quatre éléments  : Position, Trajectoire, Regard, Allure (PTRA).

1. La trajectoire

Si c’est la première fois, faites-le en ligne droite, vous aurez plus confiance.
Si vous devez faire demi-tour en bout de ligne droite, revenez en position normale pour tourner. Quand vous serez à l’aise, effectuez les demi-tours sans revenir en position normale.

Ensuite, vous pourrez pratiquer ces changements de position en tournant en cercle, sans beaucoup pencher, d’abord en grand cercle puis de plus en plus serré à mesure de votre progression.

Enfin, en décrivant une figure en « huit » avec votre moto, donc avec changement de direction.

2. Pour tous ces exercices, le regard est fondamental.

Le but est de vous faire comprendre que la moto va là où vous regardez, quelle que soit votre position, pourvu que vous disposiez d’au moins deux points d’appui parmi les six possibles (deux mains, deux genoux, deux pieds).

Au début, sur la ligne droite, regardez toujours tout droit en face et à hauteur d’homme, JAMAIS AU SOL !
Ne regardez jamais par terre ou vous irez par terre.

3. Vous devez savoir gérer votre allure !

Inutile de rouler tout doucement, au contraire.
Ces exercices doivent être réalisés entre 5 et 20 km/h, sachant que plus vous roulez lentement, plus c’est difficile.
Dans la pratique, une vitesse comprise entre 10 et 15 km/h, en gros sur le ralenti de première (ou de deuxième rapport si le moteur de votre moto le tolère), est correcte pour commencer.

Vous vous apercevrez vite qu’il vaut mieux donner un peu de gaz – en gardant toujours le contrôle de l’embrayage – pour gagner en motricité et en équilibre.

Si vous n’y arrivez pas, pratiquez d’abord les exercices proposés dans l’article « Maîtriser son embrayage« .

4. Votre position de conduite

Si vous n’avez jamais pratiqué ces exercices, il est conseillé avant de vous lancer pour la première fois de répéter les mouvements avec la moto à l’arrêt, bien posée sur la béquille latérale, ou mieux sur centrale.

Consignes de sécurité :
Tout doit se faire souplement, sans mouvement brusque.
On tient bien le guidon sans se crisper dessus.
On regarde toujours loin devant soi.
On met le moins de poids possible sur le guidon. Pour cela, pousser les fesses en arrière, tendre les bras, mettre le poids du corps sur les jambes.

La position initiale est celle qui donne les six appuis : deux pieds, deux genoux, deux mains.

A partir de la position de base, on se recule sur la selle, de plus en plus, jusqu’à extension complète des bras.
Retour à la position initiale.

Puis on se met debout sur les repose-pieds, jambes de moins en moins fléchies, mais toujours avec les genoux serrés contre le réservoir (ou les flancs de selle, selon ce que permet votre moto).
Retour à la position initiale.

Une fois qu’on se sent à l’aise, on passe aux genoux.
A partir de la position initiale, levez-vous.
Commencez par poser un genou sur la selle, puis l’autre, de préférence avec la jambe dans le prolongement, le pied posé sur l’arrière de la selle, les fesses en appui sur le talon.

Puis les deux genoux l’un à côté de l’autre (l’un derrière l’autre si votre selle n’est pas assez large ou que vous avez de grosses cuisses), les fesses en appui sur les talons.
Retour à la position initiale.

On passe aux changements d’appuis sur les pieds.

Tout d’abord, en position assise, lever un pied du repose-pied, bouger la jambe, la tendre, la plier, vers l’avant puis vers l’arrière, la détendre jusqu’à ce que le pied frôle le sol.
Faire de même avec l’autre pied.
Puis les deux pieds en même temps.

Ensuite, on se met debout sur les repose-pieds et on lève un pied.
Tout le poids du corps porte sur un seul pied. Pour compenser, on appuie sur le guidon avec la main du côté opposé.
Retour à la position initiale, changement de jambe et de pied.

Maintenant, il va s’agir de passer une jambe complètement de l’autre côté, d’abord la droite, puis la gauche.
On se lève au maximum sur les repos-pieds, on pose le genou sur la selle et on le fait glisser latéralement.
On peut mettre la jambe devant ou derrière celle qui appuie sur le repose-pied, mais il est plus facile de la faire passer derrière.
Retour à la position initiale.

L’exercice suivant est un rien plus dur : même base, même mouvement, pour passer ensuite « en amazone ».

Pour cela, passer le pied et le genou complètement de l’autre coté de la selle, en passant la jambe DERRIERE la jambe qui elle reste en appui sur le repose-pied.
Une fois la jambe intérieure passée, on pivote les hanches et on pose les fesses sur la selle.
Il est possible de rester ainsi, jambes croisées. Mais pour vraiment rouler en amazone, on décroise les jambes, pour se retrouver assis complètement de côté, le pied gauche posé sur le repose-pied droit ou le pied droit posé sur le repose-pied gauche.

Pour le retour en position initiale, on commence par recroiser les jambes pour ensuite se redresser, se mettre debout en appui sur une seule jambe.
Ici intervient un point très important à respecter : pour recroiser les jambes, la jambe intérieure doit venir DERRIERE la jambe extérieure. Autrement, vous risquez de vous retrouver coincés, avec un pied à passer par dessus le réservoir…
Une foi la jambe intérieure passée par dessus la selle, il est facile de revenir en position assise.

Encore plus dur : position dite « à l’indienne ».
Même base, mais une fois assis en amazone, on pose le pied droit sur le repose-pied gauche (ou le pied gauche sur le repose-pied droit) et on se met debout, les jambes tendues, tout le corps entièrement à côté de la moto.

Appuyez fortement sur le guidon côté opposé pour compenser le déséquilibre.

Dernière figure, à partir de la position initiale, on pose un pied puis l’autre sur la selle, d’abord en gardant les genoux fléchis, position accroupie.
Puis on place les pieds le plus en arrière possible, jambes tendues.
Bien casser la nuque pour regarder devant.

Chaque position est à garder au moins une dizaine de secondes, le temps de bien sentir son équilibre.

Une fois que vous avez pratiqué ces changements de position à l’arrêt, le but reste bien entendu de savoir les réaliser aussi en mouvement, en roulant :
– d’abord de plus en plus lentement, en réduisant progressivement l’allure, de 20 à 15 à 10 à 5 km/h ;
– ensuite en complexifiant la trajectoire, pour passer de la ligne droite aux zigzags, puis au demi-tour, puis au cercle, puis au « huit » ;
– enfin en lâchant la main droite (se mettre en roue libre), puis la gauche (gérer l’accélération en gardant un filet de gaz).

Encore une fois, ce n’est pas dur, ce n’est pas de l’acrobatie de haute voltige, il suffit de bouger doucement, en souplesse, en sentant bien ses appuis.

Le but est de vous faire prendre conscience de l’équilibre de la moto, de vous faire ressentir quand elle part en déséquilibre, indépendamment de votre position sur l’engin.

* * *

Envie de travailler tout ça pour devenir bien à l’aise sur votre moto, souple et mobile ?
Alors cliquez sur le bouton sur la droite de votre écran et rejoignez-moi sur un stage Maîtrise de l’équilibre avec Passion Moto Formation !

* * *

 

  12 comments for “Sentir l’équilibre de sa machine

  1. Seb63
    9 mai 2017 at 21:09

    Bonjour à tous,
    Pour ma part, quand je dois reculer tout en étant sur la moto, je ne suis pas à l’aise car une fois sur deux je suis surpris par un devers ou du gravier ou autre… En marche avant, j’arrive à sentir l’équilibre de la moto mais à reculons, pas si simple. Auriez vous svp des astuces à partager ? En attendant et dans tous les cas trop suspects, je préfère descendre et reculer à la main, c’est mieux que de tomber… mais assurément je manque de technique pour reculer quand je suis sur la moto. Pas encore tombé sur cette manœuvre mais c’est de la chance j’en suis conscient…
    Amitiés motards,
    Seb63

    • FlatFab
      10 mai 2017 at 11:03

      Mon meilleur conseil, tu l’as trouvé tout seul : ne pas hésiter à descendre de la moto et manoeuvrer à la main, avec ou sans moteur.
      C’est toujours plus sûr.
      C’est ce que je fais aussi dès que j’ai un doute sur l’adhérence au sol, même si je mesure 1,83 m.

      Pour la marche arrière en restant en selle, un petit truc : il vaut mieux tirer sur le guidon que pousser sur les pieds.
      En cas de dévers ou légère montée, tu freines de l’avant, tu appuies sur le guidon et tu relâches le frein juste après, pour que la détente de fourche envoie la moto en arrière. Cela demande une bonne synchronisation, un peu d’entraînement, ça épuise vite, mais ça marche.

  2. Titi2016
    21 août 2016 at 19:43

    Bonjour à tous,

    55 ans et quelques bonnes dizaines d’heures d’apprentissage m’ont hélas conduit à un premier échec au plateau lent.
    Mauvaise gestion de l’allure d’où perte d’équilibre dans un virage et 1 pied à terre (+ de 20s).
    Ces exercices (amazone etc… ) ont l’air bien sympathiques mais me fiche la trouille car risque de chute assuré !!!
    Qu’en pensez-vous ?
    Quels sont vos conseils pour mieux gérer son équilibre à allure lente ?

    • FlatFab
      23 août 2016 at 11:10

      En premier lieu, lire l’article consacré à ce sujet : Conseils pour les parcours plateau à allure lente.

      Ensuite, éventuellement s’entraîner aux exercices proposés dans l’article ci-dessus, mais avec l’encadrement d’un formateur pro, notamment pour tous les exercices de démarrage et arrêt, en venant s’arrêter à côté du formateur qui pourra ainsi assurer la sécurité et aider en cas de perte d’équilibre.

  3. Christix
    24 juin 2016 at 15:48

    Bonjour,

    En effet, je viens de monter sur une moto pour la première fois de ma vie après un an de scooter en région Parisienne tous les jours… Bon déjà en effet, rien à voir en terme d’équilibre… De plus, en effet, le moniteur est un peu avare en conseils… en lisant ces quelques lignes, je comprends pourquoi je me suis acharné pendant deux heures hier, à maintenir un point de patinage correcte et surtout de garder l’équilibre à basse vitesse sur le parcours lent… Il me manquait juste des infos essentielles !! Sans que cela implique de la facilité pour autant !! merci Flatfab, je vais appliquer tes précieux conseils…

  4. David
    18 juillet 2015 at 19:52

    bonjour,
    Tous ces articles sont hyper interressant!! bravo c’est super de voir des gens partager leur connaissance de maniere simple! En un mot: merci!!! je pense que ces articles ont servi à beaucoup de monde!! Bonne route à tous!!

  5. chapin stéphane
    3 décembre 2012 at 18:01

    J’ai repris la moto il y a maintenant un an, avec un versys 650 kawasaki.
    Moto ideal pour (re)debuter après quelques années à 4 roues.
    Et tout ce qui est développé dans ce site , je l’ai recherché trés vite de façon à prendre du plaisir sur 2 roues. Permettez moi donc d’orienter les motards désireux de prendre de l’assurance, du plaisir, de rouler en toute sécurité, de se perfectoinner,… vers les CASIM, qui font un travail formidable pour le motard de toutes gomme.

    • Laurence
      3 décembre 2012 at 21:27

      Tout a fait d’accord avec toi, les motards débutants, ceux qui reprennent après un long arrêt et les autres qui pensent que l’obtention du permis A suffit pour être un motard devraient s’inscrire dans les Casims de leur département, ils pourraient y apprendre ce que les moniteurs moto école n’ont pas le temps de transmettre et mettre en pratique ce le site explique en détail.

  6. letype
    16 août 2012 at 12:30

    Moi j’ai bien aimé la photo de l’article sur la page d’accueil 🙂

    • FlatFab
      16 août 2012 at 14:28

      Chacun a le droit d’aimer les crânes chauves…

  7. pgauti
    30 juillet 2012 at 22:43

    J’avoue que ces articles sont d’utilité publique…
    Reprenant la moto après de trop nombreuses années d’abstinence, je vais m’atteler à pratiquer et refaire tous ses exercices !
    Merci 😉

  8. brisy
    27 juillet 2012 at 14:44

    wouahou!!! comme tout celà sent bon le stage de perfectionnement(ça me donne envie de recommencer les exercices….)ces trois articles sont vraiment de salubrité publique pour le motard, merci fabien

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *