Réflexion sur l’image des motards en France

Les motards (je finis par ne plus supporter ce terme qui ressemble de plus en plus à une étiquette qu’on colle sur le dos d’une population pourtant très hétérogène) ont plutôt mauvaise réputation. Ils sont généralement assimilés à une bande de sauvages inconscients qui se croient tout permis. Comme la plupart de mes compagnons de route, je ne me reconnais pas du tout dans cette caricature. Comment en sortir ?

Cet article est un des plus longs que j’ai publié sur ce site, notamment parce que j’y intègre la reproduction de témoignages, ce que je ne fais pas d’habitude.
Afin d’en faciliter la lecture, je l’ai découpé en quatre parties que vous pourrez lire indépendamment.

* * *

PREMIERE PARTIE

A l’origine de cet article, une question sur Yahoo! Questions/Réponses, rubrique Moto, à laquelle j’ai longtemps participé activement. Un automobiliste se plaignait (une fois de plus) du comportement des motards sur les routes, visiblement en Ile-de-France ou dans quelque grande agglomération.

D’habitude, je réponds plutôt « gentiment » à ce genre de témoignage, type « je me plains et je râle sur le web parce que je n’ai pas pu dire son fait à la personne directement ».
Mais là, pour une fois, lassé des sempiternels mêmes refrains « tous des cons, ils ne respectent rien », je me suis un peu énervé (sans compter que c’était un vendredi soir + dure semaine + longue journée avec plus de 200 bornes en région parisienne).
Ensuite, cela m’a poussé à réfléchir et à approfondir un peu plus le sujet.

D’abord, quelques recherches pour faire un petit tour d’horizon virtuel de l’opinion de la société française sur les motards. C’est assez instructif.

Des exemples de questions ayant suscité le plus de réactions sur Yahoo Q/R France:
« Vous ne pensez pas que les motards sont irrespectueux ? » (28 réponses)
« Pourquoi les motards sont de grossiers personnages ? » (27 réponses)
« Pourquoi les motards ne respectent jamais le code de la route ? » (25 réponses)
« Que pensez-vous de ceux qui disent « la moto est un cercueil roulant » ? » (25 réponses)
« Aimez vous ou detestez vous les motards ?? » (24 réponses)
« Que pensez vous des motards ? » (24 réponses)
« Les motards se croient-ils tout permis ? » (23 réponses)
« Que pensez vous de la moto ? » (20 réponses)
« Pensez vous que les motards sont des petits cons comme moi ? » (19 réponses)

Dans un premier temps, les points de vue plus extrémistes (je conserve les fautes de français):

« Les motards se croient tout permis sur la route. Par eux, ils sont prioritaire. Les automobilistes doivent faire attention à eux. Mais eux ne font attention à rien. C’est leur état d’esprit. »

« les motards se croient tout permis,nous doublent par la gauche comme par la droite,ne respectent pas les limitations de vitesse,et souvent ils passent la moitié de l’année dans les hopitaux! »

« J’aime pas les motards, surtout en région parisienne, sur le périphérique où ils se croient tout permis, à se demander si ils ont le permis de conduire. Vas y que je Zig Zag entre toutes les files, ça devient de pire en pire. Combien de fois j’ai vu des motards foutrent des coups de pompes dans les portières ou alors casser les rétroviseurs de voiture. inadmissible!!! »

« C’est toujours comme ca avec les motards. Ils se croient tout permis alors vas y que j’accélère alors que ca sert à rien. C’est pas une voiture qui aurait eu l’envie de faire ca. Les motards se prennent pour des cowboys sur un cheval, la frime y’a que ca qui compte. En plus les motards sont toujours les premiers à dirent qu’ils sont en danger toussa, bref voilà encore un exemple qui démontre leur hypocrisie. ça montre une fois de plus qu’un motard ne comprend que la force, la brutalité et la sanction. un motard c’est un peu comme un petit animal sauvage, tant que le schtroumphe bleu ne lui a pas expliqué la douleur de la sanction, il se croit dans le desert, sur le paris-dakar »

« eh oui, ils se croient vraiment tout permis. si tu as le malheur de ne pas être totalement à gauche, ils te klaxonnent, te font des signes mécontents du bras… quelle tolérance! alors qu’en théorie, ils devraient être derriere les voitures sur une file, c’est juste un usage permis de rouler entre les voitures. Alors messieurs les motards, un peu de patience, vous arriverez toujours à passer. ce qui est clair, c’est que je ne vais pas racler ma voiure à gauche pour les beaux yeux des motos! j’ai d’autres chats à fouetter en bagnole! »

« je ne comprend pas le mouvement des motards contre les feux de croisements en plein jour je trouve cette mesure necessaire contre l ‘insecurité routiere car les motard se croivent tout permis ils allument leur feux de croisement et ( pleins feux) en plein jour pour que l’ on les voient mieux arriver + vite oui + vite cela le premettra peut etre de rouler moins vite sur route je suis routier de metier et sur l ‘ autoroute de nuit je les voient faire la course ce sont des dangers publics ces gens la si ils veulent faire la course ils vont sur des circuits mais sur routes ils doivent respecter la conduite routiere comme tout un chacun »

« Les motards ce sont des dangers publics ! Excès de vitesses, non respect des règles élémentaires de sécurité, sa double de partout… Je tiens à leur rappeler que 130 km/h est une vitesses limitée pour les automobiles mais également pour les motos sur autoroute, parce que ils semblent pas bien comprendre cela parce que quand vous les entendez déboulez a 200 km/h sa a de quoi vous effrayez dans votre voiture lorsque vous roulez tranquille a 130.
Et qu’ils arrêtent de pleurnicher avec les phares allumés de jour, dans la moitié des pays de l’UE ils font cela, et il n’y a pas qu’en France qu’il y a des motards, mais dans bien d’autres pays !
Si les motards veulent diminuer le nombres de morts sur les routes qu’ils commencent par respecter les limitations de vitesse, pour le reste on en reparlera 😉 »

« T’as mille fois raison, les motards dans leur enorme majorité sont des allumés (pas des phares non) et se croient tout permis pour avoir trop vu les jeux video-alors toute mesure contr’eux ne peut qaue me rejouir,par definition! »

« Coup de gueule au sujet des motards. Dans la matinée, alors que je me rendais à la CAF de Seine-Saint-Denis pour récupérer mes APL d’août qui ne m’étaient pas versées (…), je circulais sur l’A86 tranquillement, en direction de Rosny-sous-bois, lieu de villégiature de mon ancien appartement. Je voulais m’engager sur la voie du milieu alors que j’étais à gauche et passe devant un scooter qui roulait entre deux files. Je ne l’avais pas vu au regard de la vitesse très excessive à laquelle il roulait au milieu des bouchons. Rien de surprenant me direz-vous, mais cet enfoiré tape fortement sur mon rétroviseur, par chance se loupe et ne l’endommage pas. Monte en moi à ce moment une colère noire, j’accélère violemment pour le rattraper mais faute de trafic n’y parvient pas, sûrement surpris par cet acte et donc pas assez réactif.
Tout ça pour vous dire, à vous, enfoirés de motards qui vous croyez tout permis, que le code de la route n’autorise pas la circulation entre deux voies, et par conséquent le code des assurances non plus !!! En d’autres termes, s’il vous arrive un accident, ce que je ne vous souhaite pas, sachez que vous ne serez que très peu indemnisés (seulement grâce à la responsabilité civile). Alors, arrêtez de casser les couilles aux automobilistes parce qu’ils sont trop à gauche ou trop à droite, car vous êtes en infraction sans cesse et verbalisables – soit dit en passant les flics font très souvent des contrôles sur l’A86 à hauteur de Créteil direction Lille et je peux vous dire qu’ils en choppent une pelletée de motards. Surtout, messieurs les motards – je revient à mes moutons – ne touchez plus jamais, et je dis bien plus jamais, ma voiture, car les calculs sont très vite fait, une voiture fait une tonne (pour les petites citadines) et votre deux roues tout juste 200 kilos… En cas de collision accidentelle… le constat est vite fait, vous ne pourrez plus faire de moto pendant un bout de temps, et en plus, vous serez automatiquement en tord au vue de l’assurance car vous circuliez entre deux files…
Le message est clair, je crois, motards, la société (j’entend par là usagers de la route et police) tolère (et j’insiste sur ce mot, ceci est une tolérance !!!) que vous circuliez entre deux files, mais arrêtez de circuler comme de tarés quand il y a des bouchons et surtout arrêtez de nous insulter, à tords ou à raisons, car en cas d’énervements, l’automobiliste sort toujours vainqueur.
N’oubliez pas, une tonne lancée en fond de première, ça fait très très mal !!! Et un accident est si vite arrivé… »

* * *

DEUXIEME PARTIE

Le constat est assez simple: beaucoup de clichés, de préjugés, souvent fondés sur l’ignorance, le manque de connaissance de l’autre.
On généralise, on amalgame, on stigmatise à tout va. De part et d’autre, d’ailleurs.
Chaque usager trouve toujours quelque chose à reprocher aux autres, des exemples de conduite illégale ou inappropriée.

Personne n’est parfait dans sa conduite.
Beaucoup de motards roulent en excès de vitesse, certains roulent à vitesse nettement excessive et prennent des risques inutiles. D’autres oublient d’allumer leur phare, portent des vêtements sombres, ne font rien pour se rendre visibles. D’autres donnent des coups de gaz intempestifs, font rugir leur pot d’échappement et constituent une véritable nuisance sonore. Certains sont violents, agressifs.
D’un autre côté, trop d’automobilistes oublient de mettre le clignotant avant de tourner, ne tournent pas la tête pour contrôler les angles morts, téléphonent en conduisant, ne regardent pas dans leurs rétroviseurs avant de changer de file ou de direction…

Ces comportements « déviants » occasionnent des situations de conflit entre usagers. Et personne n’aime rencontrer un conflit sur la route.

Même si l’automobiliste se sent plutôt à l’abri derrière sa carrosserie, il ne peut s’empêcher d’avoir peur, soit pour lui, pour son intégrité physique, celle de ses passagers ou celle de sa voiture. Le motard, lui aussi, a peur, avant tout pour son intégrité physique car il n’est pas protégé par une carrosserie, et aussi pour sa moto, qui incarne souvent plus qu’un simple véhicule, mais l’objet d’une passion.
Bref, les deux ont les chocottes.
Et quand on se sent menacé, la colère monte facilement contre ce qui cause cette peur.

Dans ces cas-là, on ne voit pas la faute qu’on a (éventuellement) pu commettre : manque de vigilance, absence de contrôle visuel, distraction, etc.
La cause première, immédiate, visible de cette peur, de cette colère, c’est l’autre usager, celui qui est juste là, qui vient de nous croiser, de nous dépasser, de nous frôler.
En plus, on ne peut même pas décharger notre colère sur lui, il est inatteignable, abrité derrière son pare-brise ou son casque, déjà loin dans la circulation. La pulsion de colère ne peut pas être déchargée, assouvie. D’où une frustration qui reste en travers de la gorge.
C’est cette frustration qui crée la rancoeur à l’encontre de la catégorie à laquelle appartient celui à qui on en veut.

C’est un phénomène constaté dans toutes les situations de conflit (les politiques en jouent d’ailleurs en temps de guerre). On tombe sur une blonde un peu bécasse, toutes les blondes sont des cruches et on en fait des blagues. On se fait agresser par un Maghrébin, tous les Arabes sont des criminels. On se fait couper la route par un papy à casquette (ou un « djeunz » à casquette ou un taxi ou un 93 ou un 06 ou un ambulancier ou une BX ou un Black ou une femme ou un motard… au choix !) et tous ceux qui lui ressembleront auront forcément le même comportement.

Toutes ces situations n’ont bien entendu rien à voir entre elles et je ne fais pas de hiérarchie. C’est juste qu’elles relèvent toutes de la même démarche, c’est-à-dire de deux dérives, défauts, perversités (on met le nom qu’on veut) qui pourrissent les progrès de la sécurité routière : la généralisation et la stigmatisation.

Dans une situation de conflit sur la route, chacun s’identifie à une catégorie d’usagers et en essayant de se dédouaner (c’est toujours la faute des autres), déresponsabilise l’ensemble de la catégorie à laquelle il appartient.

D’un côté, on fait l’amalgame entre le comportement de quelques-uns et celui de l’ensemble de la catégorie d’usagers.
Exemples : un motard fait une connerie, les motards sont des cons. Un automobiliste conduit mal, tous les caisseux sont des abrutis. Les exemples sont hélas nombreux. C’est tellement plus facile de simplifier.

D’un autre côté, on se dédouane, on rejette toute responsabilité, c’est toujours la faute de l’autre.
C’est bien connu, les accidents n’arrivent qu’aux autres. Comme le dit un ancien slogan de La Prévention Routière, « le piéton pense que c’est le cycliste qui est bête, le cycliste pense que c’est le motard, le motard pense que c’est l’automobiliste, l’automobiliste pense que c’est le camionneur… »
C’est tellement plus facile de se donner bonne conscience.

Pas de chance, nous ne vivons pas dans le monde des Bisounours, il n’y a pas les bons et les méchants, la réalité est complexe.

La vérité est que nous partageons tous la même route.
Il n’y a pas des motards qui ne rouleraient qu’en moto, des automobilistes qui vivent dans leur voiture, des piétons, des cyclistes…
Nous sommes tous (ou presque) l’un ou l’autre, alternativement. 90% des motards possèdent une voiture et roulent avec de temps en temps. 99,9% des conducteurs sont piétons à un moment ou à un autre.
Changent-ils tout d’un coup de comportement ?
Non.

Il y a des usagers qui respectent les autres et d’autres pas. Certains font attention tout le temps, d’autres moins souvent, d’autres très peu souvent, d’autres jamais… Et ce, quel que soit le moyen de transport.

Oui, il faut l’admettre : il y a des motards qui roulent n’importe comment, qui déboulent avec un différentiel de vitesse de 50 ou 100 km/h, font sursauter tout le monde (y compris les autres motards), doublent par la droite sans aucune sécurité, sont agressifs, grossiers…

Sont-ils majoritaires parmi les motards ? Non.
Simplement, l’arbre cache la forêt. On se rappelle d’un seul énergumène parce que son comportement est choquant. On oublie les 10 autres qu’on a croisés sans les remarquer car leur comportement était dans la norme.

Est-ce que la moto rend con ? Parfois, mais je me soigne. ;)))
Le fait est que la moto facilite les dérives vers des comportements (hélas généralisés) d’individualisme, d’incivisme, d’irrespect des autres. De par la liberté qu’elle procure, elle amène un sentiment à la fois de supériorité et d’impunité, sentiment qu’il faut savoir maîtriser.

La plupart des automobilistes qui dénoncent ces abrutis de motards feraient exactement la même chose s’ils avaient une moto.
La preuve, la très large majorité des automobilistes qui passent au scooter 125 adoptent des comportements illégaux, inciviques et/ou dangereux (pour tout le monde, y compris pour eux-mêmes), en se conduisant exactement comme ce qu’ils condamnaient auparavant.

* * *

TROISIEME PARTIE

Comment ne pas tomber dans l’amalgame et la stigmatisation ?

Certains choisissent l’humour:

« Les motards sont des gens vils, méchants, ils violent les vieilles et kidnappent les enfants. Sans compter leur appétit féroce de braquer l’épicier du coin qui élève 15 enfants avec une paye indécente.
Non franchement… je suis d’accord, il faut nous haïr. Parce qu’on est tous vraiment idiot et dotés d’un Q.I d’huitre. Mais ne nous en voulez pas trop, dame nature ne nous a pas gatés. Effectivement, on fait tous du stunt sur route ouverte et on roule tous à 250 pour 90, voire pour 50. Vraiment on est tous pareils ! »

D’autres savent qu’il y a quantité de motards différents. Tout le problème est de savoir comment les reconnaître… et surtout ce qui les différencie.

« de toute façon, le motard moyen, tu peux lui dire ce que tu veux, il s’en contrebalance, il est au dessus, mais alors bien au dessus des lois 😉 et surtout du code de la route, qui n’est pas du tout adapté aux motards… et après ils viennent se plaindre…..
qu’ils respectent le code de la route, et après on verra… en ce qui me concerne, vu qu’ils ont un moyen de locomotion soi disant hors normes, ben qu’ils se débrouillent alors pour dépasser, je ne fais plus d’écarts, et ne modifie pas plus ma conduite pour eux que pour une voiture……
(en plus un pote motard m’a dit qu’en général, les motards préféraient qu’une personne ne fasse pas le fameux écart, et puis, se rendant compte qu’il y a un vélo par exemple, fasse un gros écart pour l’éviter, du coté du motard..) je sais pas si je suis très clair
bref, c’est comme les chasseurs… y’a le bon motard, celui qui double partout, et y’a le mauvais motard, celui qui double partout… mais c’est un mauvais motard…… »

« Moi idem je ne me décale plus sur la route
entre ceux qui font du forcing pour passer, les connards qui roulent plein phares et ce qui se croient tout permis, mon estime pour les motards a bien baissé »

« Quand je lis les commentaires, presque tous les motards ont l’air d’être super responsables, de maîtriser toujours leurs machines… tant mieux pour eux.
Pourquoi ont-ils besoins de si grosses cylindrés si ce n’est pour rouler et accélerer très vite ?
On les voit rouler sans exception dangereusement entre les files de voitures sur les axes à plusieurs voies. J’ai l’impression que la route leur appartient exclsivement et encore ont les entends raler encore et toujours. Restez sur votre voie si vous craignez qu’un véhicule ne déboite.
S’il y a tant de mort chez les motards, posez vous des questions, remettez vous en cause. Mais bon, un motard c’est un bon petit gars qui ne peut pas avoir tord.
Si vous roulez dans un environnement qui ne vous est pas des plus favorable, alors vous devez faire encore plus d’efforts d’adaptation. »

« combien de fois j’ai failli avoir un accident parceque les motards roulent beaucoup trop vite avec leurs engins.
Je n’ai rien contre eux mais là je commence en avoir marre de leurs comportement inconscient.
l’autre jour j’etais sur une bande d’acceleration je regarde dans le retro rien.
je commence a m’inserer sur la gauche par prudence et par hasard jeregarde encore dans mon retro et que vois je un truc passer a toute allure juste le temps de me remettre a droite.
Franchement j’en ai marre le jour ou je vais en morfler un se sera de ma faute alors que s’il roulait plus sagement il n’y aurait pas de probleme.
certes la moto procure des sensations mais je suis desolé la route ce n’est pas un circuit ! »

Le périphérique parisien et sa pratique systématique de l’interfile (la « voie des motards ») concentrent le paroxysme des tensions entre autos et motos.

Les automobilistes n’ont aucun intérêt à empêcher les motards de remonter les files en cas d’embouteillage. Cela ne les gêne pas, cela fluidifie le trafic et permet ainsi de réduire la pollution.

Mais bien sûr, cela suppose qu’ils n’en pâtissent pas non plus. La remontée de files est une tolérance, un service mutuel. Nous n’avons en théorie pas le droit de le faire. Le fait que ce soit une coutume en Ile-de-France ne nous autorise pas à en faire une obligation. Un automobiliste a le droit de ne pas nous laisser passer. C’est stérile, stupide et dangereux, mais il en a le droit.

Et quand je vois le comportement de certains motards (heureusement minoritaires) agressifs (y compris à l’encontre des autres deux-roues), complètement speedés, bruyants, pollueurs, qui se croient tout permis parce qu’ils portent un casque (souvent à visière opaque), je comprends que certains automobilistes (eux aussi minoritaires) se sentent agressés et répliquent avec les moyens à leur disposition.
A connard, connard et demi… Et ça marche dans les deux sens !

Attention, je ne justifie pas pour autant l’atteinte à l’intégrité physique. Qu’une voiture bloque une moto, c’est idiot mais pas dramatique en soi. Par contre, faire exprès de renverser ou blesser un motard, en sachant qu’il y a risque de tuer, là cela relève non seulement du délit, mais surtout de la débilité profonde.
Rien sur la route ne justifie de vouloir blesser un autre usager.

Le dialogue et la compréhension mutuelle donnent de bien meilleurs résultats, mais hélas, l’Ile-de-France (voire la France en général) vit dans une culture routière de conflit, d’opposition, de confrontation entre les différentes catégories d’usagers…

Sur ce sujet, le témoignage d’un sapeur-pompier de Paris :

« Cela fait quelques années maintenant qu’avec un petit kangoo des pompiers de Paris je parcoure Paris et sa banlieue en faisant Pimpon… et le périphérique est ma hantise; oh pas à cause des voitures… la plupart d’entre elles s’effacent (meme si quelques hurluberlus trouvent toujours amusant de bloquer une voiture de pompiers)… mais bien à cause des motos qui généralement optent pour un choix entre trois options:
– passer en force entre mon véhicule et celui de droite (bonjour le risque dans un tel cas) ;
– suivre mon véhicule à moins de 2 mètres (ou suivre tout véhicule de pompiers partant sur intervention… résultat quand on freine brusquement, on se prend la moto par derrière) ;
– passer sur l’entrefiles central (et dans ce cas la voiture qui est à ma droite ne peut se rabattre, d’ou un nouveau risque induit).
Alors « amis » (de fait, vous n’etes plus mes amis, sachez le) motards, devenez intelligents de grace!!! Peut etre est ce beaucoupe demander à certains, mais une fois de plus, je pense que ceux qui roulent ainsi (la majorité) n’ont jamais encore (heureusement pour eux) cotoyé de près un « vrai » accident dans lequel un motard est impliqué. Pas forcément beau à voir… Le tout pour gagner une minute sur un trajet de 10 ou 15 km… plutot très con non?
Je préfère passer sur les coups de bottes et autres doigts d’honneur qui ne font qu’enerver encore plus des automobilistes déjà bien en état…
Le code de la route n’a JAMAIS créé de Xième voie, entre la 3ème et la 4ème, pour les motards… et au regard de la loi, ce n’est meme pas une tolérance et j’ose espérer qu’à des fins sécuritaires ça ne le deviendra pas. En roulant comme cela, vous prenez des risque énormes sans meme pour la plupart en avoir conscience… et dans nombre de cas, vous faites perdre un temps précieux aux secours, ou ajoutez pour ceux ci au stress d’une conduite déjà au top de l’attention lorsqu’on roule avec le deux tons et le gyrophare.
En résumé et sur ce point particulier, vous etes pour le moins tout aussi cons et beaufs que certains automobilistes dont vous vous plaignez, parfois à raison… Prenez en conscience et rectifiez le tir, merci!
le fait que certains automobilistes soient cons, voire encore plus cons, ne justifie pas ce que l’on vit chaque jour en ville! C’est justement parce qu’on est pas protégé par une carrosserie qu’on doit faire plus gaffe… Et ceux qui disent que ça ne regarde qu’eux et qu’ils sont libres de leurs risques etc, etc… sont de fait des gros connards! Car ça n’amuse personne de les ramasser à la petite cuillère, ça coute à la société, et de plus ils ne sont meme pas conscients des accidents qu’ils génèrent pour les autres.
Je n’ai rien contre les motos; mais le code de la route est le code de la route, et il est le meme à 2, 3 ou 4 roues. La chance du motard est sa réserve de vitesse et d’accélération en cas de danger…mais conviens qu’il est tout de meme bizarre que le plus grand nombre d’accidents générés sur des camions rouges soient le fait de motos qui viennent s’emplafonner dedans par l’arrière!!! »

Autres réactions de la part d’automobilistes ou de motards plus posés que la moyenne:

« perso j’ai uniquement une voiture et sur le periph voie de gauche je me rapproche tres svt de la barriere pr laisser passer les motards, tout comme si j’en voie un arriver derriere et que la voie du milieu est libre, je reste à gauche et met le clignotant pr qu’ils sachent qu’ils peuvent passer peinard. et bcp font un signe pr me remercier
je vois bcp + d’automobilistes roulant n’importe comment (zigzag entre les voitures, changements de files brusques sans clignotant evidemment) que de motards (mm si certains sont un peu « suicidaires » aussi) »

« c’est pas parcequ’on est motard qu’on est au dessus des lois
d’accord pour un peu de tolérance par exemple pour les plaques ou autre bruit de pot, mais quand çà engage la sécurité des autres (et de soi-même) c’est une autre histoire
si vous voulez que les « caisseux », comme vous dites, vous respectent, il faut montrer un peu de civisme, et arrêtez de se la jouer « je suis en moto, je passe partout, je suis donc pas dangereux »
ce genre de raisonnement à la meme signification que le gars que fonce en BMW à 230 sur l’autoroute et qui dit « je suis en BM, voiture de luxe, super sécurité, pas dangereux » … »

« Pourquoi les débats automobilistes / motard(e)s sont ils tjs les mêmes ?
les automobilistes respectent tjs le code de la route, les motard(e)s roulent tjs vite.
Niveau vitesse, je pense que c’est pareil des deux côtés mais je pense tt de même que le motard est plus prudent par rapport à son manque de carrosserie (en général)mais aussi à une formation au permis peut être plus complète (je vais encore me faire des amis 😀 ), comme par exemple le freinage d’urgence. »

« beaucoup d’autombilistes n’aiment pas se faire doubler par les motos , alors ils disent qu’ils roulent comme des dingues »

« Etant motard moi-même, je ne fais que rejoindre ton constat, et pour moi la mortalité élevée des motards a deux causes principales: l’absence de protection d’une part, et d’autre part la conduite insensée de la plupart des motards (que je condamne).
Ceci étant dit, je voudrais juste évoquer ce que je considère comme un problème du côté des automobilistes (mais ce n’est pas vraiment de leur faute car on est sensibilisé au problème que quand on passe sur deux roues…), respecter les limitations de vitesse en moto est DANGEREUX, car les automobilistes « vous collent », vous double n’importe comment, bref ont un comportement dangereux. Je ne suis pas un adepte du 230 sur le périph, et j’aime bien rouler « pepère » à mon rythme et je n’aime pas « être poussé » au cul… Donc en somme, la distance de sécurité ce n’est pas une invention ni de motard, ni d’automobiliste, c’est pour tout le monde et ça évite des accidents !! Et pour mieux rouler, respectons nous ! »

« Comme certains des intervenants précédents, je suis motard moi même et suis aussi consterné que toi du comportement de nombre de deux roues. En région parisienne, majorité des conducteurs de deux roues sont des gens qui ont opté pour le côté pratique (pour gagner cette fameuse minute). De ce fait peu de ces gens n’ont pas le « sens » du deux roues. J’aime même, pour ma part, failli me faire shooter (délibérément) par un scooter ! Je ne dédouane personne et partage ton constat. »

« Paris est un endroit qui a beaucoup de spécificités en termes de deux roues et pas forcément les meilleures… j’ai ramassé moi même quelques « pilotes » et garde à l’esprit quand je suis sur ma moto que ma seule motivation est de voir mon fils le soir ! Alors réfléchissons à la formation, à la prévention et au fait que comme beaucoup de pays latins, la France n’est pas connue pour avoir le loisir de faire appel au bon sens de ces citoyens ! »

Autre point de vue, celui de Gérard Planchon, instructeur moto à l’association La Prévention Routière:

« Parce qu’il va plus vite qu’une voiture et qu’il est moins visible que tout autre type de véhicules sur la route, le motard doit apprendre à se déplacer intelligemment. Cela passe par le respect de certaines règles élémentaires de bon sens, tel que se signaler aux automobilistes en cas de dépassement.

La plupart des accidents sur deux-roues sont dus aux comportements des motards. Et en plus, vous avez un facteur aggravant : celui de la vitesse. Les gens roulent plus avec la poignée de gaz qu’avec leur cerveau. En règle générale, je trouve que les motards ont un taux d’acceptation du risque trop élevé. Parce qu’il a une sensation de liberté en conduisant son véhicule, le motard se croit tout permis.

Une des causes majeures d’accidents, c’est le dépassement. Si un motard dépasse une voiture trop vite, la voiture peut déboîter à tout instant. Encore plus dangereux : circuler sur la bande d’arrête d’urgence. Si une voiture tombe en panne et a besoin de s’arrêter tout de suite, son conducteur ne vas pas forcément vérifier s’il y a un véhicule sur la bande d’arrêt. »

* * *

QUATRIEME PARTIE

Dans un accident comme dans un couple , on est deux.

Personnellement, je ne crois pas qu’un accident soit dû à un seul acteur. Cela arrive, mais c’est rare. En général, la responsabilité est partagée, pas toujours à 50/50, mais partagée.

Les statistiques d’accidentologie prouvent que les accidents impliquant des deux-roues sont avant tout dus à un problème de perception, de visibilité, à plus de 60%.
Pas à la vitesse qui n’est qu’un facteur aggravant et non une cause directe. Comme déjà dit, dans plus de la moitié des accidents de deux-roues moteur, l’impact a lieu à moins de 50 km/h. La vitesse au moment du choc est supérieure à 100 km/h dans seulement 5% des cas.

A l’origine, souvent un problème de visibilité du deux-roues: 64% des accidents analysés incombent au “véhicule adverse” du fait d’une non-perception du deux-roues par les autres usagers de la route.
Soit l’automobiliste n’a pas (ou pas assez bien) regardé, soit le deux-roues n’était pas (ou pas assez) visible, soit il était là où il n’aurait pas dû être.
A l’inverse, 36% des accidents proviennent d’une faute commise par le deux-roues.

Deux déductions sont à en tirer:
1- le motard n’est pas juridiquement responsable de son accident dans environ deux cas sur trois, ce qui montre qu’il faut éduquer les automobilistes à la présence des deux-roues sur la route ;
2- un tiers des motards victimes d’accidents corporels se sont mis eux-mêmes (ainsi que leurs passagers éventuels) en situation de risque, ce qui donne une idée de l’effort de formation, de prévention-répression et d’autodiscipline à fournir.

L’effort à fournir pour plus de sécurité sur nos routes concerne TOUT LE MONDE, pas que les motards ou que les automobilistes. Il concerne à la fois la sécurité active (faire attention aux autres) et passive (se rendre visible, s’équiper pour se protéger).
Arrêtons de nous voiler la face !

La majorité des automobilistes sont des gens plutôt sympas qui n’ont aucune raison d’empêcher les conducteurs de deux-roues d’avancer. Dans la mesure où cela ne les gêne pas ni ne les met en danger de s’écarter, ils nous laissent la place, cela fluidifie le trafic pour tout le monde.

Ce n’est pas uniquement un phénomène parisien, c’est comme ça partout en France, en ville et sur route. C’est par contre très français comme attitude (et belge, un peu), je n’ai jamais vu ça ailleurs en Europe.
J’en profite d’ailleurs pour remercier encore une fois tous les automobilistes qui prennent la peine de faire attention à nous.

Pour ceux qui n’ont pas encore compris que c’était ridicule de ne pas nous laisser passer (à condition de le faire en sécurité), il est vrai qu’ils ont souvent été « dressés » avec la manière forte.
Cela dit, perso, je n’approuve pas ce comportement agressif (ni d’un côté ni de l’autre d’ailleurs).

C’est clair que le bon sens veut qu’on ne se gêne pas sur la route. Cela ne coûte rien de se pousser de 50 cm pour laisser passer les motos et scooters.
Mais ce n’est pas une obligation. C’est une faveur que les voitures nous font. Rien ne les y oblige et c’est bien pour ça qu’on les en remercie !
Si un blaireau n’a pas envie de nous laisser passer, c’est son droit le plus strict. Nous ne sommes pas prioritaires. Nous n’avons même pas le droit de circuler entre les files.
Et qui sait si le conducteur ne nous a tout simplement pas vus ?

Quand je circule en interfile, j’allume les feux anti-brouillard. Placés plus bas que mon phare et orientés vers le bas, ils n’éblouissent pas, mais créent un triangle lumineux avec le feu de croisement. Cela aide les automobilistes à mieux me voir, m’identifier comme moto et évaluer ma distance et ma vitesse d’approche. Deux ou trois points lumineux sont mieux perçus qu’un seul.
Si une voiture me bloque, je me fais d’abord remarquer, en douceur. On attend un peu, puis on fait un appel de phare. S’il ne bouge pas, deux petits coups de klaxon.
Dans 95% des cas, ça suffit pour qu’il se pousse…
(Le fait que je roule sur une moto assez imposante, à la même hauteur que les 4×4, avec des protège-cylindres tubulaires en bon acier et des pare-mains costauds, doit aider, je pense. ;))))
Mais si le gars ne se bouge pas, je n’insiste pas !
Il y aura sûrement un endroit plus loin où je pourrai le dépasser en sécurité, sans avoir à courir le risque de me faire renverser.

Car le problème avec les motards agressifs et violents qui tapent sur les voitures, c’est qu’ils génèrent le même comportement en retour. Et la plupart du temps, ce n’est pas le motard qui gagne dans une collision avec une bagnole…
En plus, cela retombe souvent sur le pauvre motard pas violent qui n’a rien demandé, rien fait, mais qui va payer pour les autres qui eux sont déjà loin.

Tout cela est hélas assez typique de la folie francilienne, où chacun estime son temps si précieux qu’il ne faut surtout pas perdre 30 secondes, tout le monde se juge si important qu’il faut le laisser passer à tout prix… Le tout dans une logique de confrontation, de guerre entre les différents moyens de transport, comme si les gens se définissaient par le véhicule qu’ils utilisent et qui serait forcément « mieux » que les autres.

Les piétons crachent sur les cyclistes qui crachent sur les motards qui insultent les caisseux qui emmerdent les routiers qui chient sur les piétons et vice-versa…
Quelle pitié !

Pourquoi ce climat de guéguerre entre les différentes catégories d’usagers ?

J’imagine que bien que l’usage du deux-roues motorisé se soit démocratisé, le look « full cuir et casque intégral » s’avère sans doute peu avenant pour le commun des usagers de la route.
Sans parler d’une forme d’incompréhension de la part des non-motards sur nos motivations.

Par ailleurs, il y a un certain nombre de personnes qui aimeraient secrètement rouler en moto, mais qui n’osent pas (ou ont dû y renoncer pour diverses raisons). Tenter d’en dissuader les motards ou les dénigrer est une façon (plus ou moins inconsciente) de justifier leur peur ou leur manque de volonté, voire leur jalousie.

Beaucoup de gens croient en effet que “la moto c’est dangereux”. Ce côté sulfureux alimente bien des fantasmes et des clichés, dans les deux sens.
Combien de motards font de la moto pour se la jouer rebelle et se donner des sensations fortes ?
Toutefois, cette motivation s’atténue de plus en plus à mesure que le deux-roues se démocratise. Quand n’importe qui peut rouler en moto ou en scooter, il n’y a plus rien de rebelle à choisir la moto…

Tout le monde vous dira que “la moto c’est dangereux”, même et surtout ceux qui n’en ont jamais fait: vos collègues, votre belle-mère, votre médecin de famille, votre assureur, les journalistes des médias généralistes, les experts de la sécurité routière…

Mais ce n’est pas la moto en elle-même (la machine, le véhicule, le mode de transport) qui est dangereuse. C’est juste que:
– un certain nombre de motards conduisent dangereusement ;
– les conséquences d’un accident à moto sont plus graves qu’en voiture.

Mais est-il dangereux par essence de rouler à moto ? Non !

Ce n’est pas les 106 chevaux de la moto qui sont dangereux, mais l’âne qui la conduit !
Si vous ne conduisez pas comme un âne, la moto n’est pas plus dangereuse qu’un autre moyen de transport, voire que de rester chez soi.

Le souci est que trop de motards conduisent comme des ânes.

Je suis le premier à constater tous les jours sur la route le manque d’attention des usagers de la route. Manque d’attention, manque de vigilance, manque de maîtrise du véhicule, incivisme, impolitesse, irrespect des autres (chacun veut être respecté, mais personne ne se met à la place de l’autre), agressivité, stress…
OK, tout ça, c’est vrai et cela retombe tout naturellement sur les usagers les plus vulnérables, et les motards en font partie.

Qu’il y ait un immense effort de formation, de prévention, d’auto-formation à faire de la part de tous, que la prise en compte des deux-roues par les conducteurs ne soit pas suffisante, on est tous d’accord !

Mais je ne supporte plus le discours victimisant des motards !!!
Nous sommes tous motards, nous savons ce que nous risquons. Ne venez pas dire que vous n’étiez pas au courant que les conséquences d’un accident de moto sont plus graves qu’en voiture. Vous savez bien que la moto est un véhicule en équilibre précaire, sans protection, peu visible, qui roule plus vite que les autres.
Et que font la majorité des motards pour diminuer le risque ?
Rien, ou presque.

Combien de motards se contentent des 20 à 30 heures d’apprentissage effectuées au début de leur vie et plus rien ensuite, même quand ils ne roulent que six mois par an ? La très large majorité.
Combien suivent un stage de perfectionnement de la conduite ? Moins de 5%…

Les motards demandent aux automobilistes de faire attention à eux, et ils ont raison sur le fond. Maintenant, combien font en sorte de se faire voir ? Tous les jours, je vois des motos qui roulent avec le phare éteint, avec des vêtements tout noirs qui ne se voient pas, sans gilet fluo. Tous les jours, je me fais doubler par des motards qui roulent avec un différentiel de vitesse de plus de 40, 50 voire 80 km/h par rapport aux autres véhicules.
Qu’ils ne viennent pas s’étonner que les bagnoles ne les voient pas arriver !

Que l’on soit automobiliste ou motard, arrêtons de rejeter la faute sur l’autre et balayons devant notre porte.

Conduire à moto, c’est accepter qu’il va falloir faire attention à la place des autres. C’est accepter qu’on est au guidon d’un engin exigeant, qui ne pardonne pas. Si on n’assume pas ce risque, on arrête. C’est le choix de chacun.

A moto, on ne peut pas se permettre de « profiter du bon temps ». Il faut être à 100% de vigilance en permanence.
A moto, on ne boit pas, on ne prend pas de drogue, même « douce », on ne roule pas en étant fatigué ou sous médicaments.
On n’a pas droit à l’erreur.
Et ce n’est pas en se lamentant et en rejetant la responsabilité sur les autres que ça ira mieux.

Avec des efforts de la part de tous, ça ira mieux, un jour, dans longtemps.
Pour l’instant, c’est à nous de nous prendre en main et de nous conduire en motards responsables.

Premièrement, éviter ou réduire les conséquences physiques d’une éventuelle chute (avec ou sans choc, préalable ou ultérieur) en portant un équipement de protection complet dans toutes les circonstances.

Deuxièmement, parvenir à éviter ou réduire l’impact en cas de choc, en sachant réaliser un évitement et en sachant effectuer un freinage d’urgence, à n’importe quelle vitesse, quelles que soient les conditions. Dans ce domaine, rien ne remplace l’entraînement et les stages de perfectionnement.
Cela coûte un peu, entre 150 euros et 350 euros la journée. Mais une fois tous les deux ou trois ans, ce n’est pas une grosse dépense.

Troisièmement, et c’est le plus important, en apprenant à éviter les situations d’urgence. La vraie sécurité, c’est de savoir éviter totalement l’accident. Et là, pas de mystère, c’est l’expérience qui joue. Avec le temps, les kilomètres, on apprend à savoir où et quoi regarder, à repérer les situations qui peuvent poser problème. Il y a les petits indices qui nous signalent que là-bas devant, se présente un risque, même si on ne le voit pas encore. Au bout d’un moment, cela confine à une sorte de sixième sens. Et on sait prendre de suite les mesures pour réduire le risque, en général ralentir tout simplement, augmenter les distances de sécurité, poser les doigts sur le frein, tomber un rapport…

Le secret de la longévité à moto, c’est de savoir éviter les problèmes, pas de savoir réaliser au dernier moment un évitement ou un freinage de trappeur.

Le risque, le vôtre et celui que vous faites prendre aux autres, c’est vous qui le gérez, qui choisissez de l’augmenter ou de le réduire par votre comportement social et technique, votre conduite, l’adaptation de votre vitesse aux conditions de circulation, votre équipement de protection, votre degré de vigilance, votre condition physique, votre maîtrise du véhicule…

Problème : une fois qu’on a dit ça, on n’a rien fait, à part se donner bonne conscience !

Deuxième problème : comment toucher ceux qui en ont le plus besoin ?
Si vous êtes arrivés jusqu’ici, c’est que vous avez fait preuve de beaucoup de ténacité et probablement que vous êtes sensible aux questions de sécurité routière. Donc en fait, vous ne figurez pas parmi ceux qui ont vraiment besoin d’être sensibilisés, vous l’êtes déjà…

C’est tout le souci des actions de sécurité routière fondées sur le volontariat, elles n’attirent que des personnes déjà intéressés et laissent de côté ceux qui s’en foutent, alors que ce sont justement ceux-là qui créent l’insécurité.

Sur ce, bonne route !

  47 comments for “Réflexion sur l’image des motards en France

  1. Zerty
    30 décembre 2016 at 13:04

    Super article, moi je suis jeune motard 1 ans de permis et 20 000 km a l’heure actuelle. Et je fait tout pour ma securiter equipement complet meme un jean renforcer, apres forcement tout est noir sur mon equipement mais bon jai pas trop de sous donc un casque fluo sa attendra …

    Apres je roule sans chicane mais apres tout sa peut encore aller cest un bon vieu diversion en 34cv et le pot cest un ixil qui est asser long donc pas tres bruyant.

    Jai deja eu des frayeur souvent a cause des autre mais aussi a cause de mois faut le reconnaitre, en tout cas j’en ai retirer se qu’il fallait rester humble et se souvenir que la moto c’est super et qu’il vaut mieux rouler tranquillement toute sa vie que de jouer les fous 5 ans apres son permis et de perdre la vie. On le repetera jamais asser mais ya le circuit pour jouer les fous, sa coute quelque rond quand meme donc bon c’est pas pour moi mais en tout cas je prend mon pied en moto et quand je serais plus en a2 cest pas forcement une moto plus puissante que j’acheterais mais surtout une moto avec abs.

  2. Gros Georges
    6 septembre 2016 at 21:23

    Les motard respectent rien.
    Les motard ils font ke roulé trot vitte.
    Les motard se croivent tous permit.
    Les motard ses des danger publique.
    Les motard pike ton ponion.
    Les motard trafic la drogues.
    Les motard assassinnes les petites vieillent.
    Les motard violes les petit garsson.
    Les motard cédé khon est des salots.

    [mode parodie off]

    [quoique…]

    • oldbir
      7 septembre 2016 at 15:50

      Les mots tard  » que jamais » sont illettrés ?

      • Philippe Roche
        7 septembre 2016 at 19:21

        J’ai fait la même erreur que toi à la première lecture, mais c’est du second, voire du nième degré.
        Va voir son message dans la rubrique « Ne plus traiter la vitesse « à la va-vite » », et tu t’apercevras que Gros Georges n’est pas un illettré, loin de là.
        Certains des intervenants sur ce site pourraient d’ailleurs s’inspirer de sa maîtrise du français.
        Amicalement,
        Philippe.

  3. Stéphane
    5 juillet 2016 at 11:57

    Bonjour à toutes et tous,

    Même s’il y a effectivement des abrutis dans tous les modes déplacement (Je les pratique.), je me demande encore quoi penser de ce naze qui avant hier, avant que je me mette en tête d’entamer le dépassement de cinq voitures dans un col Suisse (MORGINS) en souhaitant me rabattre devant chacune d’elles (La visibilité est courte en col…) et en respectant les lignes médianes (Continues et discontinues.), m’a sciemment empêcher de le faire.

    Que peut-il bien passer par la tête de cet abruti à ce moment là ? : « Je suis coincé dans ma bagnole, il n’y a pas de raison que cet emmanché de motard passe !! », « La route c’est fait pour les bagnoles, que les bagnoles !! », …
    Je pense surtout que c’est simplement un meurtrier en puissance !!!
    Sur une petite sortie de fin de journée d’environ 100 bornes, j’ai deux de ces comportements inadmissibles !!!
    Ça fait beaucoup !!! Trop !!!!

    J’envisage sérieusement de m’équiper d’une caméra pour pouvoir avoir une trace en cas d’ennui grave. En espérant que si je me retrouve à terre un malotru de ce genre ne me la piquera pas avant de se barrer.
    je n’ai pas envie d’imaginer qu’à chaque fois que je vais faire une virée et que je m’efforce de ne pas prendre de risques inconsidérés, je peux potentiellement ne pas rentrer.

    Bonne journée.
    Stéphane

    • Philippe Roche
      7 septembre 2016 at 19:34

      Ben, c’est la mentalité suisse, très mesquine, et prompte à la délation.
      Du côté des automobilistes, « Il n’y a pas de raison que ce petit con en moto me double. »
      De ton côté, « Je vais prendre une caméra pour dénoncer tous ces cons qui m’empêchent de doubler. »
      Sans vouloir être agressif, je pense que vous êtes aussi bien cherchés que trouvés. Vive la Suisse ! ;-(

      • brisy
        8 septembre 2016 at 18:34

        +1
        marco

  4. Thierry
    11 avril 2016 at 14:57

     » le motard n’est pas juridiquement responsable de son accident dans environ deux cas sur trois,  » : cela ne m’étonne pas puisque même quand il est responsable (à mon avis), il ne l’est pas pour l’assurance !

    Je vous explique mon cas : en ville, je dois tourner à gauche. Pour cela je dois franchir les 2 voies d’en face. Carrefour bloqué, je patiente. Le carrefour se débloque, les 2 voitures d’en face me laissent gentiment passer. J’avance donc en commençant à les remercier quand un motard qui circulaient entre les 2 voies d’en face me rentre dedans. Impossibilité pour lui comme pour moi de voir l’autre.

    Moi, je considère qu’il n’a rien a faire là puisque selon le nouveau décret, la circulation inter-files n’est autorisée que sur les routes dont la limitation de vitesse est au moins égale à 70 km/h, donc il est dans l’illégalité. Mais mon assurance considère que je lui ai coupé la route ! Donc responsable à 100 % ! Rassurez vous, le motard n’est que très légèrement blessé. Mais ma voiture à toute la calandre par terre !

    Même s’il roulait trop vite par rapport aux véhicules arrêtés, son comportement a été tout-à-fait normal dès qu’il est redevenu piéton ! (Le mien aussi d’ailleurs !) Après l’avoir engueulé gentiment, nous avons rempli le constat, appelé les pompiers car il était un peu choqué quand même (et 2 doigts en vrac).

  5. Chennorris
    22 juillet 2015 at 12:50

    Tout est dit dans le dernier paragraphe. La sensibilisation aux dangers du deux roues ne peut pas se développer pendant les quelques heures passées à l’obtention du permis, elle n’apparaît progressivement qu’avec le temps, qu’avec l’expérience. Il m’a fallu un choc à moins de 20 km/h avec une voiture qui ne m’avait pas vu et qui s’est engagée malgré un stop pour en prendre pleinement conscience. Quand on réalise qu’un freinage d’urgence ou un évitement ne sauve pas de toutes les situations mais limite la casse dans certains cas seulement :
    – on augmente les mesures de sécurité (distances de sécurité, différentiel de vitesse moins important dans les remontées de file, …),
    – on apprend à rouler en-dessous de la vitesse limite pour recréer des distances de sécurité derrière les voitures qui se rabattent sous notre nez,
    – on anticipe plus, en essayant de deviner ce qui se passe toujours plus loin pour ralentir et se préparer au pire,
    – on prend sur soi vis-à-vis de ceux qui n’effectuent pas des actions élémentaires comme vérifier ses angles morts, ses rétros et mettre ses clignotants,
    – on apprend à garder son calme quand l’autre est en tort.
    Et sinon, pour résumer globalement, comme je l’ai déjà lu plusieurs fois sur le web : « Il y des vieux motards, il y a des motards fous mais il n’y a pas beaucoup de vieux motards fous ».

  6. Lolo13
    31 janvier 2014 at 13:28

    L’article n’est pas d’hier, mais il n’a pas pris une ride, tout est dit, bien dit et d’actualité !

    Il est intéressant de constater que l’âge moyen du motard étant en nette avancée (à priori, ça séduit moins les jeunes cette affaire), et l’élargissement aux scooters fortement prononcé depuis plusieurs années, le comportement et la compréhension mutuelle vont peut être évoluer.

    Ceci étant, ce n’est pas un problème de moto ou motards (ce terme renvoyant à chauffards je ne l’aime pas non plus, en même temps, je me vois mal dire « salut, je suis motomobiliste »;-)), c’est juste un pb de nature humaine.

    Prenons l’automobiliste moyen, pas plus con que vous et moi, prudent, qui roule normalement et tout à coup… un couillon de piéton qui traverse n’importe où, et surtout pas sur le passage protégé… Harggg le chieur !! Puis l’automobiliste moyen gare sa caisse, rejoint son boulot à pied, va t il traverser gentiment au passage protégé ? Que neni… il passera au plus court, et si un autre automobiliste-moyen fait mine de « chui pas content là… », il le fustigera du regard… Et comme le signale Fabien, s’il roule en scoot demain, il oubliera qu’il critiquait les scoot hier… ainsi va la vie

    Et donc ? Et donc moto ou pas, une bonne partie des gens se comportent égoïstement et font des autres leurs boucs émissaires, surtout s’il s’agît d’une population minoritaire et mal connue (les motards)…

    A ceci s’ajoute les faits suivants :
    – Le respect mutuel et la courtoisie sont hélas des valeurs en baisse
    – La moto attire des kékés en mal de vitesse (si le % de voitures sportives étaient idem que le % de motos sportives…) dont les incivilités sont voyantes. Faut pas avoir honte de le dire, regardez tous les débats sur la barre des 300 km/heure (quelle moto le fait, sur quelle portion de route ça se tente etc…)
    – L’automobiliste coincé dans les bouchons peut être envieux des motos remontant l’interfile
    – Les défenseurs officiels de l’univers moto sont caricaturaux (Sauf ce blog of course), et abime encore plus l’image

    Il nous faudrait quelques hommes et femmes médiatiques, amoureux de la moto (pas de la piste), qui soient nos ambassadeurs, mais… y’a pas !

    • robert
      1 février 2014 at 08:52

      Lolo 13, ok à mille % avec ton analyse pleine de bon sens.
      ps: ceux qui ont essayé de devenir ambassadeur ont vite été écarté par la « nomenklatura »!
      reps: ca fait plaisir de voir qu’il existe encore un site qui ne soit pas encore totalement pollué par cette nomenklatura
      rereps: Fabien, lache pas le morceau. Former les motocyclistes qui ont déjà le permis A, quel défi!
      Les stages de pilotage moto se multiplient et affichent complet, les stages de post formation moto ont du mal à trouver leur clientèle…

  7. Erwann
    30 janvier 2014 at 17:56

    Ahhh, le motard,
    Quel drôle d’animal…
    Difficile de parler de l’image du motard lorsqu’on est motard, il y a presque autant d’images que de motards, presque…
    Celui qui ne connaît pas ce milieu a certainement UNE image du motard qu’elle soit bonne ou mauvaise.
    Personnellement je ne sais quoi trop penser ; je trouve le milieu motard assez beauf en général, mais comme ditait l’autre : il y en a des bien.

    Erwann,
    Un motard qui espère ne pas passer pour un beauf.

    • momo
      31 janvier 2014 at 16:01

      On dit souvent: la bonne communication, c’est pas ce que dit celui qui veut dire qch, c’est ce que l’autre a compris. Inutile de noyer le poisson en disant qu’il y a autant d’images que de motard, ça, c’est la vue de l’intérieur. L’Image du motard dans l’opinion, c’est ça qu’il faut entendre, même si ça fait pas plaisir. Et elle est pas très bonne. A à tord ou à raison, mais c’est un fait.

  8. PIetry
    18 septembre 2013 at 17:53

    Vaste débat, n’est-ce pas ?
    Je trouve intéressante votre approche où vous remettez les choses à plat en dépassionnant les propos et en cherchant les vrais fondements des raisonnements trop souvent écourtés ou biaisés par les situations que la plupart d’entre nous gardent à l’esprit.
    Néanmoins, je pense que vous avez réussi à la fois à cerner le fond du problème et à le noyer à nouveau, dans le même argumentaire.

    L’animosité motards-caisseux (comme ça on est à fond dans la connotation négative ^^) est basée sur la différence, et ça vous l’avez bien noté et expliqué. Les caisseux se sentent frustrés de ne pas pouvoir faire comme les motards (remonter les files pour se sortir des bouchons, dépasser en un éclair ce fichu camion qui roule à 60, s’insérer au ras des autres véhicules, déposer tout le monde au feu rouge, etc…) et ces derniers se sentent en danger et frustré lorsque les caisseux ne favorisent pas leur capacité à manoeuvrer comme ils le souhaite(raient).

    Mais poussons un peu plus loin le raisonnement: comment se fait-il qu’étant en danger ces mêmes motards poursuivent leurs manoeuvres parfois limites (et sans préjuger des responsabilités souvent partagées) au lieu d’adopter un comportement plus raisonnable ? La première fois qu’on conduit un engin, quel qu’il soit (du Mas & Ferguson au 33 tonnes en passant par la 2CV et la trotinette), on fait rarement le zouave et on est plus que prudent. Il suffit pour s’en convaincre de suivre des autos / motos écoles… C’est dans la nature humaine (du moins de certains) de chercher le risque tout en l’ignorant (complexe, hein ?). Une moto c’est un rapport poids/puissance ultra favorable, en comparaison même une ferrari peut parfois sembler terne, c’est aussi une maniabilité incomparable, la liberté ! Comment dès lors qu’on est motard ne pas être frustré et réussir en permanence à réfréner cette envie d’en profiter ? Alors certes il y a toujours les ultra-raisonnables, mais avouons-le, quand on achète une moto ce n’est pas pas rouler pépère derrière les camions…pas plus que quand on achète une lamborghini pour rouler « aux limitations de vitesse ».
    A partir de là, et comme vous n’allez pas plus loin dans cette direction, votre raisonnement se noie un peu. Vous allez jusqu’à évoquer des arguments qui sont en grande partie faux:
    Je vous cite: « Deux déductions sont à en tirer:
    1- le motard n’est pas juridiquement responsable de son accident dans environ deux cas sur trois, ce qui montre qu’il faut éduquer les automobilistes à la présence des deux-roues sur la route »
    Vous confondez la responsabilité juridique et celle retenue par les assurances. Exemple classique du motard qui se fait « shooter » par une voiture qui déboite: même si la voiture avait mis son clignotant, même si elle y est allée progressivement et que le motard arrivait un peu vite et qu’elle ne pouvait pas le voir (courbe), les assurances retiendront une responsabilité d’au moins 75% pour l’automobiliste (principe du plus vulnérable, plus favorisé) alors qu’au regard de la loi, sa responsabilité est de 0.

    Vous affirmez également des choses où, voulant responsabiliser le motard vous obtenez presque l’effet inverse:
    Je vous cite: « Mais ce n’est pas la moto en elle-même (la machine, le véhicule, le mode de transport) qui est dangereuse. C’est juste que:
    – un certain nombre de motards conduisent dangereusement ;
    – les conséquences d’un accident à moto sont plus graves qu’en voiture.

    Mais est-il dangereux par essence de rouler à moto ? Non ! »
    Il n’y a pas besoin de sortir de polytechnique pour comprendre qu’en ayant 2 petits points de contact avec le sol (les 2 roues, à profil cylindrique en plus…) la perte d’adhérence est nettement plus facile et probable qu’avec 4 (à profil plat…). Parlez-en à ceux qui se sont pris un caillou, même petit, et qui ont fini au tas sans avoir pour autant roulé de façon dangereuse…. Moi je considère qu’une moto c’est par essence (sans jeu de mot) plus dangereux qu’une voiture et c’est justement ce constant qui me dicte de faire encore plus attention. Vous avez déjà remarqué qu’on se fait rarement mal avec des outils connus pour être dangereux (une disqueuse mal protégée, une tronçonneuse capricieuse) qu’avec des outils annoncés comme moins dangereux (tournevis, cutter, scie,…) ? La notion de perception du danger est essentielle, elle génère un stress qui renforce notre attention. Beaucoup de motards utilisent ce stress comme source d’adrénaline-plaisir…

    Enfin, je vais vous avouer quelque chose, dont au début je n’étais pas très fier, mais avec le recul j’en viens à me demander si ce n’est pas la bonne façon de faire. Il y a quelques années, lorsque je voyais un motard arriver, je faisais toujours un effort pour coller ma voiture d’un côté ou de l’autre de la chaussée pour le laisser passer. J’avais droit dans 99% des cas à ce petit signe de la jambe du motard qui me confortait dans ma « B.A » du moment et me donnait une grande satisfaction. Seulement un jour, j’ai fait cette manoeuvre pour laisser un motard passer entre moi et un camion, en courbe et dans une zone où les chaussées n’étaient pas larges.
    Le motard s’est engagé mais a mal jugé de l’espace et j’ai entendu son guidon toucher mon aile arrière et je l’ai vu tanguer dangereusement dans mon retro. Je l’ai vu mort au vu des conditions de circulation dense mais non, il s’en est sorti (et a recommencé sa manoeuvre 500m plus loin…). Du coup je me suis dit « c’est un peu de ma faute, je l’ai incité… ».
    Ce qui, au départ, me semblait être un acte de civisme et d’intelligence m’est alors apparu comme une stupidité et depuis que je suis père j’en suis encore plus convaincu. Vous viendrait-il à l’idée, sachant que cela est dangereux et « pas normal » (vous l’avez dit vous-même, rien n’autorise les motards à rouler entre les files), de laisser votre enfant de 6 ans ranger vos outils dans votre atelier et de le féliciter pour avoir « bien rangé » ? Non car vous savez qu’il sera alors incité à le faire encore, et encore, et…à finir aux urgence avec une profonde entaille de ce cutter que vous aviez laissé parmi vos outils…
    Dernier argument que m’a apporté un collègue récemment via une mésaventure certes sans gravité mais toujours agaçante: l’automobiliste qui se déporte pour favoriser le passage du motard, vient très souvent rouler très près de la ligne de chaussée, voire carrément par dessus. Là se trouvent en général beaucoup de cochonneries chassées par les voitures de la zone « roulante », dont des cailloux…qui atterissent ensuite directement sur le parebrise de celui qui suit.

    Au final, pourquoi ne pas appliquer un principe pourtant simple: chacun à sa place, une règle et une seule, la même pour tous ? Les motards sont des usagers de la route, ils doivent s’y comporter comme les autres, ni plus, ni moins. On arrête les remontées de files de voitures (oui, même dans les bouchons car sinon, pourquoi ne pas laisser les voitures utiliser la bande d’arrêt d’urgence vu qu’elle permettrait de créer une voie supplémentaire temporaire ?), on arrête les dépassements brutaux (qui obligent très souvent à se rabattre très rapidement pour éviter les véhicules qui arrivent en face, donnant un effet « queue de poisson » au véhicule doublé avec gros risque de viande hachée si à ce moment là se produit un coup de frein devant), et on roule tous sereinement au même rythme. Vous parlez de fludifier le traffic en laissant les motards remonter les files ? Ce serait vrai s’ils représentaient au moins 30% du traffic, ce qui est loin, très loin d’être le cas.

  9. LRDP
    8 septembre 2013 at 10:28

    Bonjour,
    Bravo sur ce long article concernant tous les usagers de la route. On peut constater, en très peu d’années, l’aggravation du comportement des gens: moins de coutoisie, moins de respect, plus d’inconscience et d’irresponsabilité (le(a) glandu(e) qui grille un feu avec le téléphone à l’oreille en doublant celui qui s’est arrêté…). Pour résumer ce qu’il faudrait faire, à l’instar de pays voisins, il y a une vidéo très explicite de la FFMC : http://www.youtube.com/watch?v=EDIA8N0_rDE

  10. Looping
    4 septembre 2013 at 03:24

    Bonjour à tous…..
    Automobiliste depuis une trentaine d’année et motard depuis une vingtaine. Je constate par expérience qu’il n’y a pas plus de mauvais motards que de mauvais automobilistes. Par contre, les deux catégories ( pour ne citer que celles-là) recèlent un nombre sans cesse croissant d’égoïstes nombrilistes qui n’en font qu’à leur tête, et s’imaginent que leurs vies privées et/ou professionnelles est plus importantes que celles des autres.

    Que ce soit en voiture ou en moto, le code la route est le même.

    De nos jours, il y a trop de mauvais comportements :
    -les automobilistes qui prennent leur véhicule pour une cabine de téléphone, un salon de beauté, un réfectoire ou un bar.

    -Les motards qui s’accordent le droit de créer des voies imaginaires, de rouler sur voies de bus, de doubler par la droite ou même zigzaguer entre les files, rouler en short et en tong, de rouler sur les trottoirs.

    Tous ont un comportement idiot qui favorise le développement d’une certaine forme d’animosité des uns envers les autres. Rajouter à cela les piétons, les cyclistes (qui se foutent de l’ensemble du code la route) et une nouvelle génération de pilotes de scooter (qui manquent de formation quant à la conduite d’un deux roues motorisé) et vous obtenez un cocktail détonant.

    Pas étonnant qu’il y ai de plus en plus de répression. Plus jeune, on me disait souvent que pour critiquer les autres, il fallait soi-même être irréprochable.
    Alors, mettons un peu d’eau dans notre vin et que l’on ai 5, 10, 20, 30 ou 40 ans de permis, n’hésitons pas à réviser régulièrement le code de la route.

    Vous serez surpris de voir le nombre de mauvaises habitudes que nous tous (usagés de la route) avons prises avec le temps.

    • MARIE
      8 septembre 2013 at 20:54

      Tout à fait d’accord avec toi Looping.
      Nous sommes tous responsables de la sécurité des autres et de la notre. Qu’on soit automobilistes, motards, cyclistes, piétons ou autre, on doit tous faire des efforts.
      Je suis cavalière depuis plus de 20 ans, je sors à cheval sur les routes depuis autant de temps. Malgré un très grave accident sur la route, où un automobiliste sous effet de la drogue et de l’alcool m’a renversée avec ma jument (qu’on a dû euthanasier sur la route ) je suis remontée à cheval et je continue à aller sur la route car je n’ai pas le choix. Mais le comportement des motorisés ne s’est pas amélioré depuis quelques années. Un signe aux voitures ou aux motards suffisait souvent à faire ralentir les usagers (les réactions d’un animal quel qu’il soit sont toujours imprévisibles, même avec un cavalier sur le dos. .. j’en sais quelque chose, car j’ai une jument qui ne supporte pas le bruit des motos, même pas la mienne ). Désormais un signe ne suffit plus. Et on me répond même avec des bras d’honneur.
      Lorsque je suis à pieds ou à vélo, c’est le même constat.
      J’ai personnellement le sentiment que la route ne doit appartenir qu’à chacun individuellement, et non plus à la communauté. Chacun juge qu’il est dans son bon droit et que les autres ont tort.
      Pour ma part, mon accident m’a beaucoup fait réfléchir, je ne conduit plus de la même façon. Il en est de même à moto, je respecte le code de la route, jusqu’à même me faire doubler et klaxonner par des voitures parce que je respecte les limitations de vitesse. Mais je constate que les motards restent imprudents ou n’adoptent pas un comportement responsable.
      Peut être un jour prendrons nous tous conscience qu’on a qu’une vie, et qu’elle est trop précieuse. Alors pourquoi vouloir la raccourcir en étant si peu responsable ? Après tout, ne dit on pas que cela n’arrive qu’aux autres ? Jusqu’au jour où………

  11. sacha
    24 juin 2013 at 16:21

    Merci,très bon article ou tout est dit.et effectivement il n’y a que la prévention qui aide vraiment,ensuite l’expérience et l’equipement…et ca même un gamin de 17ans comme moi l’a comprit c’est donc pas si compliquer.sinon je pense que le fait que les gens puissent s’acheter des moto aux performances de Ferrari n’est pas une bonne chose c’est dangereux.et il y a pas besoin de grosses cylindrées pour se faire plaisir la preuve mon Dtmx me suffit amplement!bonne journée et bonne route 😉

  12. Mervan pas encore motard
    8 juin 2012 at 16:19

    Franchement j adore ce site tres complet enrichissant et tre riche …

    J adore la moto meme si je n ai pas encore eu l occasion de tester une vrai mais il est vrai qu en tant qu automobiliste on voit des motards dangereux maiss ! Il y a un mais !! Un grand « mais »,Je ne parle pas des automobiliste !!! Alors là, pas de clignotants ,pas de feux, telephone ,au milieu de la file … Etc etc ! Donc motard automobiliste tous pareil de tte maniere donc restons zen au volant ou au guidon on epargnera bcp plus de vie quelconque loi…

    Merci beaucoup pour ce site que je lis assez regulierement.

    Bonne et longue continuations !

  13. 17 mars 2011 at 17:15

    Bel article, comme toujours je dirai, par contre un peu ‘blasé’ par les faits reportés et certains commentaires.
    Je ne vis pas pourtant dans une campagne profonde ( banlieue Lyonnaise ) je prends le périphérique régulièrement en moto ou voiture , bien que je fasse en sorte d’éviter les bouchons monstres en partant un peu plus tôt au boulot et rentrant un peu plus tôt le soir.
    Les cassages de rétro et coups de pieds dans les portières je n’ai jamais vu ça . Quand au remontage de file, je le vois essentiellement aux feux et rarement sur le périph à moins que les voitures soient quasi arrêtées.
    Bon évidemment ya toujours un ou deux kéké avec leurs pots full « barouff » comme tu disais dans un autre article qui va te dépasser à 180 (te faire sursauter au passage ) ou faire ronfler derrière toi pour que tu le laisse passer mais bon ya des malades partout. Je suis en fait surpris de cette Jungle que vous décrivez,j’ai l’impression d’être dans un petit village gaulois qui fait de la résistance ^^ .
    Je rencontre beaucoup de motards très sympathiques et très respectueux des autres, axés ballade plus que trajet pratique ( ça vient aussi peut être de la, on est là pour se faire plaisir et pas pour gagner du temps ).
    Je suis sur que je ne suis pas seul, loin de là, j’espère juste que les motards avec un tant soit peu de réflexion veilleront à ce que l’image du motard ne se résume pas à un bout de viande avec une visière fumée qui tape dans les rétros/portière ne dit pas merci et fait du bruit.

    amicalement,

  14. Xavier
    31 août 2010 at 10:10

    Bonjour,
    quelque chose me semble bizard lorsque tu dis que les motocyclistes se plaignent de ne pas être vus alors qu’ils roulent tous feux éteints.
    N’existe-il pas une législation qui fait que les feux de croisements s’allument automatiquement dès que le contact est mis?
    Mon pères possède une Bmw R100RT et une R1150RT et que se soit sur l’une ou sur l’autre, les feux s’allument tous seuls et il n’y a pas de commande pour les désactivés ce qui prouve que même il y a 30ans certaines moto ne pouvaient pas rouler tous feux éteints. Mais ceci est peut-être spécifique BMW.

    Cordialement

    • 2 septembre 2010 at 00:05

      Depuis 2004, les motos neuves doivent être équipées d’un feu de croisement qui s’allume automatiquement soit au contact, soit quand le moteur démarre.
      Avant cette date, c’était seulement sur certaines motos, BMW par exemple.

  15. Patrice
    7 octobre 2009 at 13:57

    Bonjour,

    Comme tous tes articles, super ! Je suis en train ( crise aidant j’ai un peu de temps ) d’éplucher tous les thèmes qui m’intéressent.

    Juste une petite remarque : à un seul moment tu parles du motard qui peut être dans la même vie automobiliste, piéton, scootiste, cycliste, voire routier, chauffeur de bus ou de car, conducteur de poussette, chauffeur-livreur, roller ou skate boy ( cela fait du monde et j’en oublie certainement, lol ) le tout mélangé et vice versa. Je pense pourtant que sans parler de schizophrénie, tout usager de nos voiries change de comportement suivant le mode de transport utilisé et de ce fait ne se supporte pas lui-même, mais ne sent rend compte à aucun moment.

    J’adore ta conclusion, les deux derniers paragraphes. Ce n’est qu’une évidence qui peut faire sourire, mais qui devrait avoir l’effet inverse.

    Encore faut-il aller jusqu’au bout pour la lire.

    Tu aurais peut-être du la placer en prologue …

    Cordialement.
    Un jeune permis A de 48 ans, scootiste et bientôt « vrai motard à vitesses ».

  16. benjamin
    6 octobre 2009 at 20:26

    bonsoir Fabien,

    n’y a t-il pas un effet grossissant des commentaire yahoo que tu cites ?

    Je m’explique :
    – d’une part, certains ont parfois une maîtrise relative des nuances de l’écrit, d’où les batailles sur les forum (ou sur ton article sur le bruit…). On émet un avis avec un peu d’ironie ou de second degré et ça dérape
    – d’autre part, des commentaires peuvent être faits sous le coup d’une excitation passagère et être le reflet d’une haine très abstraite des motards. Je fréquente -parfois- des gens qui attribuent tous les maux de la terre aux non gaulois de souche, puis deviennent très sympathiques et normalement aimables avec le non gaulois de souche qu’il rencontrent, dans leur club de foot ou ailleurs…

    Je veux dire par là que ces commentaires sont peut-être bien au delà de ce que leurs auteurs pensent vraiment.

    Ceci étant, le fond demeure et pose question, je suis d’accord…

    Je confirme la notion de frustration. A mon sens, on peut être un saligaud sur la route et Gandhi dans sa vie quotidienne… La route transforme, stresse et fait ressortir le pire (pour la petite personne), d’où l’intérêt d’y être encore plus calme, posé,etc.

    ps : petite coquille (« Pour ceux qui n’ont pas encore compris que c’était ridicule de ne pas nous laisser passer (à condition de le faire en sécurité), il est vrai qu’ils sont souvent été “dressés” avec la manière forte. »)

    – – –

    Réponse

    Erreur de frappe corrigée, merci.
    En effet, une partie de ces prises de position est sans doute écrite sous l’emprise de l’émotion.
    Mais ils ont au moins le mérite de révéler alors le fond de leur pensée, même déformée.

  17. will69
    5 octobre 2009 at 13:47

    Vaste sujet, toujours interessant.

    Comme je l’ai déjà marqué, je suis motard (sans rire) depuis 20 ans.

    J’ai passé mon permis moto avant mon permis voiture j’avais tout juste 18 ans.

    Je n’ai jamais été passionné par la vitesse, mais j’ai eu un accident à 30 km/h qui me laisse des séquelles ( antalgiques niveau 2 de douleur si certains connaissent ). Un conducteur à grillé un feu à 2h du matin, me laissant assomé au milieu d’un carrefour.

    Je roule en scooter 400 cm3, tous les jours de l’année dans Lyon.

    L’image qu’ont les gens des 2 roues ?

    C’est l’image que les motards veulent donner. Les pots bruyants, les gestes déplacés, les pointes de vitesse en agglomération…Bref, le cocktail idéal.

    J’ai moi-même une mauvaise image de mes congénères motards, qui parce que je n’interfile pas, ou re roule pas assez vite, n’hésitent pas à jouer de l’accélérateur, du klaxon et de l’appel de phare.

    Il m’arrive de me faire doubler par la droite par des motards qui me saluent avec le majeur.

    Je n’hésite pas à m’arrêter pour dépanner autrui (surtout si c’est une femme et qu’il faut pousser sa voiture), cela redore le blason des motards.

    Je laisse aussi passer les piétons (étonnés eux aussi), car je suis aussi piéton.

    Il va de soi, que nous avons des machines puissantes, mais que nous n’en sommes pas moins des êtres humains, mais surtout que notre crash test est de 0 étoiles.

    Il ne faut pas oublier que le respect n’est pas unilatéral, et qu’un petit geste de la main, de la tête, peut faire passer les actes.

    Nombre de mes collègues insultent les BAR quand elles ne se poussent pas. Mais elles ne sont pas obligées !!!

    Quant aux coups dans les portières et rétroviseurs : Etat primaire de l’homme, et la violence engendre la violence, sauf qu’au prorata de la masse, une BAR gagne toujours.

    La courtoisie, n’est pas qu’au volant, elle est aussi au guidon.

    Will69

  18. Pierre en voiture 30 ans
    19 décembre 2008 at 12:19

    Bonjour et merci pour cette analyse si complète ainsi que l’intégralité du site.

    Je ne suis pas motard, .. pas encore, je souhaiterais le devenir.

    Mon train train quotidien pour l’heure c’est beaucoup beaucoup de circulation parisienne et IDF en tant que chauffeur de voiture depuis environ 12 ans.

    J’ai beaucoup de respect pour les motards. je ne me considère pas excellent conducteur, mais je m’efforce de rester continuellement sur le qui vive, les yeux dans les rétros, les clignotants etc…

    Je suis tout de même de plus en plus déçu par une mentalité motard que je trouve malheureusement dégradée. (dans la région que je cite).

    Il y a quelque années encore rare étaient les motards voir conducteur de scooters qui ne remerciait pas un effort notable de la part de l’automobiliste.

    Aujourd’hui la courtoisie n’est plus la.
    Je prend un rapide exemple, il y a encore trois jours, épuisé par une grippe et journée de boulot, je rentre a la maison … et .. « faute » vraiment exceptionnelle de ma part je me retrouve trop a droite sur ma file dans un bouchon, … Naturellement je me fais engueuler comme du poissons pourris par un motard avec une râre violence.

    Aujourd’hui je suis carrément déçu par cette nouvelle génération moto (paris / IDF) qui font hurler leur moteur, insultes a tour de bras, brules les feux a tout vas (scooter essentiellement), et se débrouillent pour toujours remettre en cause les conducteurs de voiture.

    Cela est guère encourageant.

    Je vous félicite de mettre en place ce genre de sites d’analyse afin de remédier en effet a ce problème d’image trop souvent et injustement ternie.

    – – –

    Merci !

  19. vaid
    1 décembre 2008 at 03:26

    bonjour,
    Adepte du scooter (125) depuis 10 ans à paris et sa région et je touche du bois, encore aucuns accidents pourtant je l utilise toute l année par tout temps . Je tiens à preciser certaines choses aprés cette brève présentation suite à cette longue mais passionnante lecture

    – 1 Que certains « scooteristes » peuvent avoir l’esprit motard mais pas les moyens de passer le permis (j’espere le pouvoir plus tard) ou prefere le scoot pour son coté pratique en ville.

    -2 Peu etre utopique mais pourquoi pas une file reservée aux 2 roues sur le periph vu que de toute facon ,qu on le veuille ou non ellle existe (entrefile) mais est trés dangereuse, cela ne fluidifirait il pas le traffique? D’autant plus qu’ une voiture prend une place enorme pour 80% du temps une seule personne a l’interieure d’ou embouteillage = enervement=incivillité=accident et pollution. La voiture devient un luxe à Paris et un moyen de transport égoiste pour ceux qui peuvent s’en passer (encore plus les gros 4×4)

    -3 D’autre part je remarque que la voiture devient de plus en plus un salon roulant et non plus un vehicule qui necessite d’etre attentif:
    musique, vidéo, GPS, salon de maquillage et le pire de tous le telephone portable
    Bref on ne « conduit » plus, on patiente, on s’occupe on travaille sauf que le probleme c’est qu’on fait plus attention aux autres notament aux 2 roues

    Aprés ces quelques réflexions je tiens à préciser que malgrés tout en IDF sur 100 voitures remontées plus de 80 nous laissent gentillment passer, il y a toujours des cons qui ont autres choses a faire qu a conduire en voiture et d’autres qui remontent les files 😉
    Ps: meme si moi meme je ne le suis pas toujours je pronne le retour du civisme au regard de certains pays du nord

  20. H5
    18 novembre 2008 at 11:08

    Pour ma part je fais partie des deux « camps » moto et voiture, depuis l’arrivée de mon petit, ma femme a particulièrement insisté pour que je lâche ma ducat (snif snif), puis un changement de travail a remis au gout du jour la reprise d’un deux roues (histoire de pas mettre 2 heures en voiture)……grosse négo et je finis avec un 125 (on ne rigole pas !!!!).
    Le plus beau c’est que je découvre sur mon « dragster » les motards comme je ne les ai jamais vu………intolérance sur la route avec tout ce qui fait moins de 500cm3, insulte en vers les scooter les voiture…..j’ai même vu un motard cracher sur un piéton qui avait la priorité pour traverser (code de la route ), la vache le réveil est dur !!!!! Je vous avoue que je n’avais jamais vu les motards sous cet angle…la bonne nouvelle c’est qu’il en reste des vraies, sympas, volontaire, toujours prés à aider, mais malheureusement l’intégrisme de la connerie les envahis de plus en plus. Je me refuse à généraliser ce que je vois, mais il faut se rendre a l’évidence comme souvent les ex-oppressés deviennent les pires oppresseurs par bêtise.
    Ce qui me rends triste la dedans, c’est que je n’ai plus trop envie de côtoyer ce monde, avant on était motard par passion, pas besoins de permis, libre libre libre….aujourd’hui si tu n’as pas ton permis moto ben tu es un gros con qui a pas le droit de vivre……..peut être qu’un jour on finira pas délivrer un permis de capacité intellectuel…….une chose est sure c’est qu’on va diminuer de beaucoup ce genre de motard sur les routes.
    Alors voila, simplement triste de voir ce monde changé, bientôt il y aura plus l’esprit « bol d’or » juste de l’intégrisme a l’état primaire.

    – – –

    Réponse

    Salut,
    Hé oui, le monde change, l’individualisme triomphe et cela impacte la culture motarde.
    En même temps, cela varie beaucoup selon les régions et les saisons…

  21. NiKo
    21 septembre 2008 at 19:38

    Ne généralisons pas ce qui se produit en IDF (et certainement dans d’autres grandes aglomérations françaises) ; pour prendre l’exemple de Paris que je connais quelques peu pour en arpenter le périphérique matin et soir (porte d’Orléans – porte de Clichy) en F650, je suis obligé de constater que la densité de circulation est tout bonnement : ingérable.

    Les gens sont hystériques, automobilistes, scooteristes et motards, du fait de la sclérose permanente des grandes artères. Mais penchons-nous un instant sur quelques chiffres :

    – Paris intra-muros, c’est 2 142 800 habitants
    – L’Île de France, c’est 1 174 740 habitants et une densité de 917,4 habitants par km²

    Le réseau de transport en commun est sclérosé, mal entretenu et de toute façon insuffisamment dimensionné pour faire face aux besoins réel de mobilité de la population.

    Un autre chiffre qui fait frémir : le temps de transport moyen des Franciliens, pour se rendre à leur travail, est plus du double que celui constaté en province. Chaque habitant utilise plus d’une heure et 25 minutes par jour pour se déplacer.

    1h25, oui, c’est la durée moyenne francilienne quotidienne pour se rendre à son travail et en revenir.

    Pour ma part, en moto, c’est 35 minutes. En voiture, c’est 1h30. En RER + métro + bus, c’est 1h30.

    En vélib’, je suis mort avant d’arriver au taf (au sens et au figuré) 😀

    Question 1 : qui est capable de gérer cela ?
    Question 2 : qui est capable de gérer cela sereinement ?
    Question 3 : qui n’est pas tenté de chercher n’importe quel bouc émissaire pour mettre une tête sur la responsabilité de ce fiasco ?

    C’est à dire que bien entendu, à aucun moment les usagers de la voirie ne remettent en question ces abérations sous le jour d’une responsabilité politique. On va préférer s’en prendre les deux-roues motorisés, avec certainement une part de jalousie puisque ceux-ci sont plus mobiles – par essence.

  22. Lielie
    18 septembre 2008 at 17:07

    Ce qui nous pénalise ? je dirai les « caisseux qui font de la moto », tout ces pseudo-motards qui font de la moto occasionnellement et qui n’ont pas le même comportement dès qu’ils ont les mains sur le guidon.

    Est-ce qu’une lumière s’éteind dans leur cervelle à ce moment là et qui fait qu’ils se prennent pour Dieu sur la route parce qu’avec l’étiquette « motard » ?

    Il faut reconnaître que ce type d’énergumènes fleurit essentiellement au printemps pour mourir de sa mort naturelle à l’approche des mauvais jours.

    Alors oui je peste, moi qui suis motarde « annuelle » contre tous ces imbéciles qui font le con sur la route dès qu’ils sont sur une moto …

    L’idée de solidarité qu’avait le motard des années 70-80 se perd, maintenant c’est la frime qui compte, t’en montré plein la vue avec une moto surpuissante (et que l’on ne maîtrise pas toujours), en oubliant le petit salut et autres petites attentions agréables …

    Le plus étonnant, c’est que ce sont généralement les moins respectueux qui sont les premiers à gueuler du tout répressif …

  23. Philippe ( Paris )
    26 août 2008 at 15:48

    Salut,

    Bientôt 10 ans de conduite moto dans l’Ile de France, en tout deux accidents nécessitant une légère hospitalisation ( radio + consultation rapide ), je m’en sors plutôt bien, je passe sous silence les nombreux autres petits accidents sans gravités, malgré tout, je conduis tous les jours dans un des endroits de France le plus dangereux, le Périf Parisien et plutôt rapidement. Lorsque qu’on ne se fait pas doubler pendant 1 an , c’est qu’il y a un problème majeur.
    J’ai tendance depuis mon retour de vacances à relativiser un peu, je viens de rallonger mes temps de parcours, en adoptant une conduite plus cool et en changeant d’itinéraire.
    Combien de temps cela durera, je ne sais pas, mais je n’ai pas envie d’avoir mal.
    Je me reconnais bien volontiers dans les débiles profonds qui ont été critiqués, est ce l’âge qui permet d’évoluer ? Peut être, la critique et la répression sont tellement facile.
    Pas évident d’adopter un style cool, de ne pas pousser un rapport pour s’extraire rapidement du danger ( ou pseudo-danger ), la moto pour certains d’entre nous est une passion, certes dévorante, mais il ne faut pas oublier l’essentiel : La vie.
    Ton article montre très bien les différents acteurs, mais il me semble que le débat ne sera jamais ouvert avec les pouvoirs publics, la population motarde ne pesant pas bien lourd dans un électorat, les revendications des uns et des autres passerons bien après le sacro saint intérêt général qui n’est d’ailleurs qu’une sombre mascarade.
    Merci pour cet article.

  24. XR 125.
    14 août 2008 at 18:51

    Bonjour,

    Après lecture de ces réactions, il me semble que la plupart des auteurs ne font pas la différence entre motos et scooters.
    Je me déplace tous les jours (hiver comme été) en moto et effectivement, n’ayant que deux roues et pas de carrosserie, je me méfie aussi des scootéristes qui doublent largement trop vite en ne laissant pratiquement aucun espace de sécurité quand ils vous passent à côté.
    Ne confondez pas les « motards » qui se balladent en short, tee-shirt et sandales, avec les motards responsables de leur propre sécurité et de celle des autres, comme je suis sûre que vous ne confondez pas délinquance avec jeunesse.
    D’autre part, je dois dire que les vrais motards, ne ressemble pas au portrait dont j’ai pu lire les descriptions ci-dessus. Et dans mon petit coin de France, lorsque je circule au guidon de ma moto, 80 % des automobilistes me facilitent le passage (je les en remercie).
    Circuler en moto, pour rester coincé dans les embouteillages comme les voitures, en étant exposé aux lois de l’équilibre, aux maneuvres douteuses des autres usagers et aux intempéries, je n’y trouve aucun intérêt ! Ni pour la fluidité du trafic « automobilistique », ni pour la couche d’ozone! En effet, la majorité des deux roues circulant en milieu urbain ne dépassent pas le 5 litres aux 100.
    La tolérence sur la route n’est que le reflet des valeurs individuelles des conducteurs dans la vie de tous les jours, quelque soit le nombre de roues équipant leur engin.

  25. Joël B.
    4 août 2008 at 13:39

    Bonjour Fabien,

    Article très intéressant, d’autant plus que je m’identifie totalement dans la contribution des autres personnes ayant laissé des commentaires.

    En effet, aujourd’hui je conduis, sur l’agglomération toulousaine, trois véhicules : une magnifique Breva 750, une Twingo violette, et mon vélo. C’est surtout ce dernier qui me sert pour tous les déplacements de moins de 10 km, dont celui pour aller au travail.
    Corollaire 1 : la voiture ne me sert que pour les déplacements lointains ou pour le fret.
    Corollaire 2 : la moto ne me sert que pour le plaisir !

    Et je rejoins un des commentaires sur un point important : je ne me comporte pas de la même manière dans tous les véhicules !

    En vélo, j’évite les trottoirs et la gêne envers les piétons, et grille les feux qui interrompent les pistes cyclables (voir « passe-à-droite ») car je ne mets personne d’autre en danger.

    En moto, pour les balades je roule à mon rythme, c’est à dire que je préfère ralentir fortement dans les agglomérations (ce que je ne constate jamais pendant les balades en groupe d’ailleurs) et ne rouler vite que sur les routes qui virolent un peu. Pour les autres cas, je suis toujours aux alentours des vitesses autorisées, il me faudrait sans doute une GT tiens 😉 .
    Par contre, sur le périph je me chie tellement dessus que je reste au maximum dans les files, et ne remonte qu’à vitesse limitée quand tout est arrêté. Pour la ville, je ne roule jamais sur les pistes cyclables, me gare en faisant attention à ce qu’il y ait toujours la place pour qu’un fauteuil roulant puisse circuler.

    Et en voiture, je me traîne comme une limace, l’objectif étant clairement différent (ici limiter la consommation d’essence). Je roule donc souple, reste bien au milieu des voies, et ne me décale pas pour laisser passer un motard puisque normalement il devrait avoir la place. En gros, une conduite neutre, pour éviter de surprendre les autres usagers.

    Au passage, une fois en balade moto en groupe, une voiture s’était décalée pour nous laisser passer, mais un peu trop : du coup, elle avait roulé sur le bas-côté, soulevant un énorme nuage de poussière ! Impossible de doubler sans visibilité, on a donc attendu la ligne droite d’après…

    Et merci encore pour cet articles et pour les autres !

  26. caramello
    9 juillet 2008 at 17:59

    bonjour à tous.

    Je suis motard depuis pas mal de temps. C’est une passion que ne me priverais pour rien au monde pour une poignée de personnes qui passent leur temps à nous cracher dessus.

    La région parisienne est une chose. Ils vivent à 200 à l’heure, roulent comme des bargos..bref, j’ai fuit cette ville en 1995 et bien content de l’avoir fait.

    Mais en dehors de cette région (ile de france), les motards et automobilistes ont un tout autres comportements, qui plus est, plus « soft ».

    Evidemment, il y a et y aura tjrs des exceptions. Arrêtons de casser du sucres sur les motards et faites plutôt un bilan sur l’ENSEMBLE des deux roues ! (scooter, par exemple).

    Bref, le mot de la fin serait : « il ne faut pas mettre tout le monde ds le même panier. »

    Merci de m’avoir lu.

  27. Michel
    1 juillet 2008 at 18:58

    Quel vaste débat !!!
    Je constate que vous situez tous le débat dans un contexte de circulation urbaine, péri-urbaine ou autoroutière, avec une promiscuité permanente avec d’autres types de véhicules (voitures, camions, autres deux roues…) dont l’objectif principal est de passer le moins de temps possible dans leur déplacement.
    Dans ces conditions, la montée de l’agressivité est inéluctable et proportionnelle à la disparité entre les véhicules.
    J’ai pour ma part la chance immense de pratiquer la moto dans une région où il est possible de parcourir 100 ou 150 km sans avoir rencontré plus de dix véhicules.
    Certe, selon la saison, on peut s’attendre à croiser le camion du laitier, un troupeau de moutons ou de vaches (et les bouses associées) , des engins agricoles et selon les circonstances, se retrouver sur un lit de graviers fraichement déposé par la DDE, rencontrer en plein virage de la terre et des pierres amenées là par un orage, des feuilles humides dans les passages en sous bois, le soleil rasant en pleine face à la sortie d’un virage, des portions de route avec un revêtement magnifique, mais également des portions aussi « pourries » qu’imprévues…..
    Bref, tout ce qui développe le sens de l’anticipation et de la « marge de sécurité » et fait finalement le charme de l’apprentissage de la conduite d’une moto.
    Dans ces conditions, le « conducteur de moto » (plutôt que « motard ») ne peut s’en prendre qu’à lui-même en cas de mauvaise évaluation de la situation et/ou de ses capacités à gérer les difficultés. Il se sent LE SEUL RESPONSABLE de sa sécurité mais aussi de son insécurité.
    Il ne peut pas là s’en prendre à « ce p…de caisseux » qui a déboîté sans clignotant ou à n’importe quel autre événement qui de toute façon ne sera pas de sa responsabilité. Non, là, une gamelle, on se la prend tout seul, et en plus, on sait qu’on ne pourra pas compter automatiquement sur l’assistance d’un tiers pour appeler les secours en cas de besoin.

    Peut être avez vous remarqué, je n’ai pas parlé ni de vitesse ni de son corollaire, sa limitation. Il y a des routes où la régulation se fait (presque) spontanément.
    Il m’arrive de conduire en zone urbaine, sur des périphériques et j’en arrive à me dire que la pratique de la moto est incompatible avec la circulation au milieu de voitures, camions, bus, avec comme objectif pour tous d’arriver « à l’heure »sans avoir perdu une seule minute.

    J’invite ceux pour qui « l’image du motard » est un problème existentiel à se désintoxiquer sur des routes qui auront sur eux l’effet équivalent d’un treck au Népal sur des piétons des couloirs de métro parisien.

    Salutations amicales.

  28. Cherrois
    27 juin 2008 at 14:51

    Je suis complètement de ton avis fab.
    Les « caisseux » ne sont pas tous des cons, les motards ne sont pas tous des inconscients.
    Bel exemple dans mes connaissances :
    Un ami roule en moto. Il respecte toujours les limitations (aussi incroyable que ça puisse paraitre). Une connaissance roule en moto, à déjà 2 accidents à son actif, tous les deux « à cause » d’une voiture. Je met des guillemets, car à la vitesse où il roul(ait)e, les pauvres « caisseux » n’avait pas vraiment le temps de le voir débouler.

    Bel exemple pour les automobilistes aussi. Roulant à moto moi aussi, j' »engage » souvent les voitures devant moi. Entendez par là que je me décale sur la gauche afin que 1) ils me voient dans leur rétro et 2) pour qu’il voit que si je voudrais (et surtout si je pouvais) je pourrais les doubler. Certains se décalent sur la droite, parfois même assez brusquement, comme pour dire « désolé, je t’avais pas vu, passe donc ! », certains n’en ont strictement rien à foutre. Ces derniers, je ne leur en veut bien sûr aucunement. Il n’ont pas l’obligation de me laisser passer.

    Certains même méconnaissent cette pratique, d’autres ne savent rien de l’esprit motard. Pour ce dernier cas je prend comme exemple mon oncle il y a de cela pas mal d’année. Il se décale à droite pour laisser passer un motard, qui le remercie de la jambe (normal). Mon oncle pensait que c’était en « trainant » la jambe que le motard lui disait qu’il se trainait. Heureusement que mon père et moi étions là pour l’éclairer sur ce sujet. Non pas que ça aurait créer une certaine animosité chez lui envers les motards, mais chez certains, il est indubitable que cela aurait attisé la « haine » existante entre le « caisseux » « de base » (entendez par la le plouc de service), haine née du fait de « motards » (entre guillemets, car la plupart de ces motards n’ont pas cet esprit qui nous caractérise).

    Enfin bref, j’espère ne pas avoir répété de réaction des personnes précédente, car je n’ai pas eu le courage de lire toutes les réactions.
    En espérant aussi avoir apporté un avis valable et intéressant à cet article qui l’est.

  29. Anonyme
    27 juin 2008 at 14:07

    >Juste une question: quand un automobiliste te colle à grande vitesse sur autoroute (donc une chaussée à plusieurs voies), pourquoi ne pas se ranger pour le laisser passer, qu’il aille se faire pendre ailleurs ?

    Bonjour,
    Dans ce cas, personnellement, j’accélère pour remettre une petite distance de sécurité avant de me rabattre. Quand une personne est assez folle pour coller les gens à 1m à plus de 100 km/h, rien ne dit qu’elle aura la patience d’attendre la fin du rabattement, surtout quand c’est un véhicule peu encombrant devant.

  30. beber
    25 juin 2008 at 16:54

    Salut Fabien,

    J’avais lu avec beaucoup d’intéret ton article et malheureusement « l’amalgame et stigmatisation » dont tu parles ont noircis les colonnes du Monde du 24/6 par un article de Jean-Luc Martin intitulé :
    « Incivilités aujourd’hui, jungle demain ».

    Je m’étonne qu’un ex-rédacteur d »Auto-Moto » puisse avoir un avis si tranché sur les 2 roues.

    Ayant 3 permis (moto, auto, PL), je me suis retrouvé assis à la place de chacun et perçus les difficultés que rencontrent chacune de ces 3 catégories.
    Je n’ai jamais été un conducteur modèle (loin s’en faut) mais essaie de ne jamais faire de « crasse » aux autres.
    J’estime que la base d’une bonne cohabitation routière réside dans le respect d’autrui et une attention de tous les instants.

    Sur ce…encore merci pour ton site et bonne route à tous !

    – – –

    Réponse

    J’ai lu l’article (en fait un « Point de vue », donc une tribune libre, dans « Le Monde » daté du 24 juin 2008) de Jean-Luc Martin, ancien rédacteur en chef de magazines auto et qui n’est pas journaliste au « Monde » (à ne surtout pas confondre avec Jean-Luc Martin-Lagardette, journaliste indépendant et auteur du très bon « Guide de l’écriture journalistique »), consultable ici.
    Un monument de partialité, d’amalgame et de démagogie pro-voitures…
    Je pense que la FFMC va réagir dans les prochains jours. Et je vais essayer d’obtenir du « Monde » le droit de publier un autre « point de vue » en résumant le (long) article ci-dessus.

  31. pierre-marie
    18 juin 2008 at 19:41

    je me reconnais entiérement en david!
    j’ai parcourue prés d’un million de kilométres en 22 ans de permis voiture , j’ai tout fait dans le comportement irresponsable de ma propre inconscience, pourtant ce qui m’a toujours plus ou moins sauvé je pense, c’est le fait de prendre conscience des autres et qu’il éxistaient en tant qu’infériorité( vulnérabilité,piéton,cycliste,vieux)
    mais qu’ils pouvaient m’ étre supérieur ( camion, grosse bagnole,moto) . il est vrai,qu’en voiture,c’est avec le temps qu’on apprend a devenir courtois et a se mettre a la place de l’autre!
    en moto,(1an et 15000KMS) tout cet apprentissage s’annule!
    on a plus la méme perception des éléments qui nous entoure, et c’est notre corp lui méme qui se meut! inconsciemment ce n’est plus l’objet qui déplace notre corps, mais c’est notre corps qui déplace l’objet d’ou cette sensation d’invulnérabilité!
    en voiture je roule courtois,sans infraction et a moitié anesthésié par la monotonie de la route!
    en moto, je ne suis plus moi méme , j’éssaie de ne pas faire courir de risque aux autres usagers , mais je me sent comme affublé d’un appendice véloce que rien ne peut arréter!
    c’est grave , pourtant je sais qu’il y a pire que moi! le fait de me rendre compte du pire, m’as fait devenir meilleur en voiture, pas encore en moto!
    mais a ce train la, je ne tiendrais pas un million de kilométres!

  32. guillaumesgt
    14 juin 2008 at 20:17

    Je suis motard, je roule très régulièrement dans le centre urbain de Marseille, et ses environs. Donc on peut dire que je suis adepte de la conduite dans une ville réputée pour son incivisme et ses excès. Mais quand je lis ton post, mais également tous ceux de Questions/Réponses, sur le comportement aussi bien des motards que des « caisseux » en IDF, j’ai l’impression d’halluciner, de rêver. Je n’ai jamais vu, ni même entendu d’anecdotes relatives à un tel comportement par ici, pourtant Dieu sait qu’ici il y en a des cons, et certains excellent: Le vieux aveugle, la femme qui se maquille sur l’autoroute, la racaille qui se croit sur un circuit, oui oui on a bien tous ça ici.
    Mais je ne comprends pas de telles dérives, qui ont lieu la plus part du temps sur le périphérique parisien. Les taloches dans les portières je trouve ça inadmissible, le pauvre type qui menace d’écraser les 2 roues également.
    Malheureusement avec de tels cons les choses ne pourront pas s’arranger, mais on peut par contre, comme tu le fais, rappeler que tous les motards, ni mêmes tous les automobilistes sont aussi bêtes et irresponsables.

  33. Stéphane
    13 juin 2008 at 14:31

    J’apporte ma petite réflexion à l’édifice par quelques affirmations qui me sont propres :

    1) je suis motard parce que je n’aurai certainement jamais les moyens de me payer une Ferrari
    2) j’ai passé mon permis voiture avant le moto, et j’ai roulé comme un fou en voiture (j’ai même réussi à en casser deux en trois ans). Après avoir eu ma première moto, je me suis aperçu que les voitures n’avaient pas d’intérêt pour rouler vite.
    3) bien entendu je me suis planté en moto (tout seul) dans un virage.

    C’était il y a 10 ans. J’en ai maintenant 33. J’ai deux accidents de plus à mon actif : un en moto où une voiture qui m’a coupé la route en tournant à la « merde, c’était là » alors que j’étais sur la file de gauche d’un boulevard à deux voies, pas particulièrement en excès de vitesse, et un autre en voiture où une moto est venue s’encastrer dans mon coffre parce que le gars pas fait gaffe que je m’arrêtais pour laisser traverser une maman avec une poussette sur un passage piéton.

    Pendant ces dix ans, mon comportement a maintenant beaucoup changé, mais ça ne m’empêche pas de rouler encore souvent en excès de vitesse. Encore ce matin, en entrant sur l’A6 pour aller vers Lyon, j’ai accéléré jusque 180 km/h pour décrocher un automobiliste en Mercedes qui me collait à moins d’un mètre…

    Parce que il fait une faute de conduite, dois-je en faire une moi même en accélérant ainsi ? Ce matin, j’ai estimé que oui parce que s’il me touche, lui a une bosse sur son pare-choc, et moi je suis potentiellement mort.

    J’ai un enfant en bas âge, cela fait longtemps que je roule plus à tombeau ouvert « ça va passer, ça va passer ! » Pourtant je ne me refuse pas une petite accélération ou pointe de temps en temps, et j’aime enfiler les virages « comme des perles », si possible pas trop loin du bitume. Je ne roule pas beaucoup (pas plus de 5000 km /an en moto), et pourtant je commets bien plus d’infractions au code de la route sur cette distance par rapport aux 30000 que je parcours sur la même période en voiture.

    Et pourtant, je ne me considère pas plus dangereux en moto qu’en voiture, surtout vis à vis des autres. Je fais moins d’excès de vitesse, mais je tripote mon autoradio, je regarde les filles, je suis moins concentré, et je fais plein de petites erreurs. En moto, je roule plus vite, mais je suis plus concentré. Et les filles, je ne les regarde que arrêté au feu rouge.

    Ma principale réflexion est que un stage de chaque côté de la carrosserie serait l’idéal. Ma femme a découvert la moto assise derrière moi et son comportement d’automobiliste a changé. Mes parents, ses parents, nos frères et soeurs également.

    Pour exemple, j’ai eu la chance de conduire (sans permis) un camion (38T) avec la remorque sur quelques km pour essayer, et bien maintenant, sur autoroute, quand un camion devant met son clignotant pour doubler, je lui laisse la place et lui fait un appel de phare pour lui dire qu’il a la place pour passer. il me remercie dans 90 % des cas, comme moi je le fais en moto pour les voitures qui s’écartent.

    Enfin, je fais le distingo entre les motards par choix ou par envie/passion, et ceux qui roulent en 2 roues (toutes catégories) pour gagner du temps dans les bouchons. Cette dernière catégorie m’insupporte. J’ai la chance d’habiter en région lyonnaise où cette gamme n’est pas sur- représentée comme en région parisienne, car trop de ces gens me dégoutent de la moto. Je n’ai pas envie d’être associé à eux.

    Enfin, il y a une différence entre être incivil (ne pas respecter les règles) et asocial (ne pas respecter les autres).

    Voilà c’est un peu long, bonne route à tous

    – – –

    Merci pour ce témoignage.
    Juste une question: quand un automobiliste te colle à grande vitesse sur autoroute (donc une chaussée à plusieurs voies), pourquoi ne pas se ranger pour le laisser passer, qu’il aille se faire pendre ailleurs ?

    – – –

    Parce que quand je suis sur la file de gauche, c’est que je double des voitures qui sont à ma droite. Je ne me ballade pas scotché sur la voie de gauche à doubler de l’air. Donc en l’occurence, je ne pouvais pas « simplement » me rabattre, autrement qu’en effectuant une manoeuvre un peu cavalière vis à vis des autres automobilistes. J’ai donc choisi l’option accélération, de façon à me rabattre plus tard plus sereinement (et revenir à une vitesse normale). Et là ma Mercedes m’a doublé et est effectivement allé se faire pendre ailleurs.

    😉

  34. 11 juin 2008 at 18:38

    Très intéressant le commentaire de David. Mais ce sentiment de toute puissance éprouvé au guidon n’est-il pas le même que des individus pourtant très « normaux » et même parfois universitaires (comme si cela rendait moins con ?) adoptent dans un stade ou derrière leur écran en regardant un match de foot par exemple…

    Il est clair que ce ne n’est pas la moto, la vitesse ou la puissance qu’il faut tenter de maitriser, mais bien soi-même. Ce qui est beaucoup plus dur. Perso je suis passé sur un de ces gros flat allemand, pensant ainsi que je serai plus sage… Ben comme David je remarque souvent que je suis largement au-delà du retrait de permis sur des endroits ou la route le permet… Comportement que je n’ai pas (plus) en voiture. Il faut dire que rouler aux vitesses légales en moto et rapidement soporifique. A quand des thérapies comportementales pour le permis moto ? ;)))

  35. David L.
    11 juin 2008 at 09:33

    Merci Flatfab pour ce long article, qui me « réconcilie » avec toi (je me fais doucement au tutoiement systématique entre motards, bien qu’il m’agace au dernier degré dans un rapport commercial) : j’ai acheté moto2 récemment pour un article sur les GPS, que j’avais en fait déjà lu ici… Plaisanterie à part, et en m’asseyant sur les quelques euros « perdus », ton article ci-dessus me parle très directement aujourd’hui.

    J’ai eu le permis début avril de cette année, et ma 600 CBF (avec les valises…) début mai. En un mois, mon comportement a radicalement changé sur la route, et je m’interroge. À 30 ans, j’ai la chance de conduire la voiture de mon ami assez régulièrement, une BMW avec le gros-moteur-qui-va-bien-qui-fait-plaisir. J’ai pourtant toujours fait très attention en conduisant ce véhicule à respecter le code de la route et les usagers de la route, c’est-à-dire que je roule (roulais?) en conscience des autres, de leur présence. Je respectais systématiquement et scrupuleusement les limitations de vitesse (bon, je ne suis pas un ange non plus, il m’est arrivé de mal me comporter pour cause d’énervements à sources variées, mais pas excusables pour autant), même sur autoroutes sans radars et très dégagées (tendance Lille – Reims : c’est presque flippant tellement on est seul).

    3500 km en moto ont fait de moi un autre conducteur : j’ai fait Lille-Nantes en moto la semaine dernière, à 160/180 km/h sur presque toute la route, je me surprends à faire des dépassements relativement dangereux, à franchir des lignes blanches, voire autour de Cambrai ce dimanche à surprendre mon compteur à 140 en 3è en sortie d’agglo certes, mais encore limitée à… 50. Je n’aime pas ce motard que je suis parfois, et trop systématiquement sur l’autoroute (qui me semble cependant être la moins dangereuse, la moins accidentogène dans ma situation de motard). Et j’adopte une conduite en voiture similaire au moins sur autoroute. Pourquoi en suis-je arrivé là? J’ai pourtant abordé la moto avec une certaine appréhension, une peur assez réelle même, abondée par un accident assez pénible lors de ma formation (c’est TRÈS douloureux et handicapant, une entorse acromio-claviculaire).

    En ville, ou en situation de circulation dense, je pense rester relativement correct, tant par rapport à la réglementation qu’aux autres usagers. Je ne suis pas très chaud pour l’interfiles, d’autant que j’ai souvent les valises qui élargissent considérablement ma moto (et moi je n’ai pas la chance d’avoir un moteur-boxer-qui-passe-devant-donc-derrière-aussi).

    En rentrant dans le Nord après Nantes, je passe le péage d’Arras, une pluie d’enfer s’abat sur l’autoroute. Quelques kilomètres plus tard, bouchon à l’arrêt jusqu’à Lille. Je prends mon courage à deux mains (et mon guidon aussi), et je remonte entre la gauche et la centrale, les cuisses serrées, contractées, angoissé en fait. J’oscille entre 30 et 40 km/h je pense, ne voyant plus la ligne tellement il y a d’eau. Un autre motard se manifeste derrière moi à coups d’accélérateur : je ne vais pas assez vite. Je me range, le laisse passer, et profite de sa capacité à « ouvrir » la voie. Je l’observe : il est beaucoup plus franc du collier que moi, et sait forcer le passage. Un kangoo hollandais le gène : klaxon et accélérateur. Le kangoo se déporte alors vers l’interfile, bloquant délibérément, volontairement, le passage. Au-delà du pourquoi d’une telle attitude, de sa bêtise, il y a aussi sa dangerosité. Le camarade motard s’énerve, parvient à passer par la gauche, et balance un coup de tatane dans la portière. Il disparaît ensuite de mon champ de vision. Inutile de dire qu’il m’a fallu, ainsi qu’aux 3 motards qui s’étaient mis dans ma roue entre temps, rusé pour dépasser ce kangoo déjà peu disposé initialement à laisser d’autres usagers de la route gagner un temps qu’il lui était impossible de gagner également. Je ne remerciais pas, à ce moment, le motard disparu.

    La situation se reproduit quelques kilomètres plus tard : une voiture décide elle aussi de fermer la « voie des motards ». Je suis en tête de 4 motards, trempé de pluie et de sueur sous ma combi de pluie, tendu comme un string par la situation pluie+bouchon+700 bornes dans les pattes. Je parviens à passer, et je fais un doigt d’honneur à l’automobiliste (une femme blonde, deux raisons d’être une conne, non?). J’étais devenu ce motard pour lequel j’avais un regard réprobateur quelques minutes plus tôt.

    Au delà de mes états d’âmes, j’essaie de mettre à profit ces différents constats. Comment ne pas se laisser emporter au guidon? Pourquoi est-ce plus dur qu’au volant? Pourquoi la peur du danger ne joue-t-elle plus aussi efficacement son rôle de ralentisseur naturel? Pourquoi je me mets dans de telles situations après une expérience si peu significative? À 30 ans, peut-on encore se permettre de s’auto-amender par un « la moto c’est grisant, je ne me contrôle plus »? Il est temps de me reprendre en main, d’autant que ma technique de conduite mérite de s’étoffer. Je me suis inscrit pour août à un stage AFDM par le biais de mon club. Et hier, sur la route de la plage, je me suis astreint à un respect strict du code de la route (bon, sauf un différentiel de 20 à 30 km/h sur l’autoroute, pour le peu que je l’ai prise).

    Il me semble en fait que nous devrions être préparés à cette étape de la vie de motard, qui paraît assez partagée à l’écoute d’amis. Que nous devrions savoir réagir à l’excès de confiance qui s’installe aussi rapidement, et fait de moi, de nous, un mauvais motard, mais plus encore un mauvais citoyen. Différemment mauvais de l’automobiliste au Kangoo, mais mauvais tout de même. Ces questions que je me pose juste au-dessus, il nous faut nous les poser avant même d’avoir le permis, elles devraient être une partie intégrante de notre formation, qui me semble limitée à « les autres usagers peuvent être effrayés par le motard en cuir caché derrière son intégral » (je cite de mémoire le livret Rousseau).

    J’ai été un peu long, je m’y suis senti autorisé par ton article. Ce n’est jamais que mon expérience, mais je la crois néanmoins partagée par d’autres. Je suis quelqu’un d’assez « cérébral », je réfléchis beaucoup les choses (je suis universitaire), et pourtant, il m’a suffit de faire un chèque pour adopter un comportement qui ne me ressemble pas. J’essaie d’avoir une pratique raisonnée dans toutes mes activités, et au final il ne me reste qu’à remercier la fatalité, le hasard, ou le ciel, pour n’avoir pas fait d’un de ces premiers 3500 km le dernier. Et bien sûr, à pratiquer la moto en Homme adulte : raisonnable.
    David

    – – –

    Réponse

    Pas de souci pour la longueur de ton commentaire. Merci de ce témoignage très intéressant (et bien écrit) !

    Si je peux me permettre, le comportement d’obstruction du Kangoo néerlandais est probablement lié au fait que la remontée de files est inconnue et interdite aux Pays-Bas. Et dans la culture d’Europe du Nord, il est normal qu’un citoyen empêche un autre de commettre un acte illégal, voire de le dénoncer.

    Pour le reste, tu apportes beaucoup d’éléments intéressants. Il est clair que la formation initiale des motards en France ne les prépare pas assez à la cohabitation avec les autres usagers. Cela devrait être fait lors de l’apprentissage du code de la route, mais c’est très rare… Tellement plus facile (et rémunérateur) de bachoter des DVD des Codes Rousseau !

    • Xavier
      25 mars 2010 at 17:26

      Fabien, ce que tu mentionnes concernant les Pays-Bas n’est pas correct, c’est au contraire le seul pays d’Europe (avec la Belgique) à encadrer la pratique de l’interfile par une charte signée avec les pouvoirs publics. A la différence de ce qui est pratiqué en France, la remontée de file n’est autorisée que lorsque le trafic est à l’arrêt ou très ralenti (40km/h maxi).
      Je pense que tu as du confondre avec l’Allemagne, où la remontée de file est strictement inderdite et où les automobilistes te le font rapidement comprendre si tu t’égares. Amitiés.
      Sources: Expérience perso et http://www.asso-scooter.org/Pays-Bas-remontee-de-files

  36. Bernard
    10 juin 2008 at 12:59

    +1 avec Fab
    Je caricature toujours pour les jeunes motards (moi qui en suis un vieux) : tu dois considérer que tous les véhicules dans ton environnement immédiat sont potentiellement dangereux et qu’un conducteur va faire une chose à laquelle tu ne t’attend pas. Je reconnais que ce n’est pas reposant au début mais comme tu le dis, au bout d’un certain temps cela devient comme un sixième sens.
    Et comme le dit le célèbre dicton populaire « vieux motard que jamais »!

  37. Fab
    9 juin 2008 at 11:58

    Merci pour ta réflexion très complète qui rejoint bien ce que je me dis tous les jours.
    Ce que j’ai surtout retenu du récent passage de mon permis moto, c’est certes les techniques d’urgence, freinage, évitement (que l’on n’apprend pas en voiture), mais surtout la nécessité d’anticiper. Et ce vis à vis de la route mais surtout des autres usagers. Cette notion, on ne peut pas l’apprendre quand on bachote son permis. On l’apprend souvent par la suite, à ses dépends. Et comme tu le disais, la formation complémentaire ne peut toucher que les gens qui sont déjà sensibilisés à la question.
    Pour ma part, je suis un peu parano à moto (trouillard diront certains) : bien souvent je me dis « dans cette situation précise, si il y une connerie dangereuse à faire, il y aura quelqu’un pour la faire ». Ça rate rarement. Mais c’est stressant au quotidien !

  38. marsiho
    8 juin 2008 at 22:56

    Difficile de comparer deux modes de pensée différents qui occupent le même espace.
    Perso, je roule en moto depuis plus de dix ans, mais ayant fait un séjour en région parisienne, j’ai mis mon casque au clou pendant cette période, ne trouvant aucun plaisir à rouler dans Paris ou en IDF. Principalement à cause du trafic bloqué mais aussi à cause des autres deux roues dont l’inconscience continue à me sidérer. Remonter entre les files sur un périph’ bloqué à plus de 100km/h relève à mes yeux de l’aliénation mentale. Pourtant, comme tout motard, je suis capable d’essorer la poignée, c’est à dire de prendre des risques (vitesse élevée), mais pas en dépit du bon sens.
    Bien sûr qu’un motard à tendance à abuser de sa capacité à s’affranchir des obstacles qui rendent la conduite en voiture insupportable. Comment ne pas en profiter ?… C’est bien d’une philosophie différente dont il s’agit. C’est surement là la différence entre motards parisiens et les autres. Le premier circule ainsi par souci d’économie de temps et d’argent, l’autre par plaisir de rouler…
    Cela dit, le comportement des caisseux me surprend chaque jour. Je roule tous les matins sur une quinzaine de kilomètres pour rejoindre une préfecture de région. Systématiquement ou presque, les voitures se dégagent à droite pour me laisser passer ; ce n’est donc pas qu’un réflexe parisien. Certains se poussent même au mépris de leur propre sécurité, m’invitant à les doubler dans des épingles ! Ce que je m’abstiens de faire. Par contre, même si cela en devient fastidieux, je signale toujours ma gratitude par un geste de la jambe. Sûrement qu’en IDF les franciliens en ont marre de l’attitude des « motards » parisiens, et franchement avec raison, mais en région, la tolérance est bien plus grande. Ce qui induit que le comportement des motards doit en être encore plus exemplaire.

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