Réflexion sur l’image des motards en France

Les motards (je finis par ne plus supporter ce terme qui ressemble de plus en plus à une étiquette qu’on colle sur le dos d’une population pourtant très hétérogène) ont plutôt mauvaise réputation. Ils sont généralement assimilés à une bande de sauvages inconscients qui se croient tout permis. Comme la plupart de mes compagnons de route, je ne me reconnais pas du tout dans cette caricature. Comment en sortir ?

Cet article est un des plus longs que j’ai publié sur ce site, notamment parce que j’y intègre la reproduction de témoignages, ce que je ne fais pas d’habitude.
Afin d’en faciliter la lecture, je l’ai découpé en quatre parties que vous pourrez lire indépendamment.

* * *

PREMIERE PARTIE

A l’origine de cet article, une question sur Yahoo! Questions/Réponses, rubrique Moto, à laquelle j’ai longtemps participé activement dans les années 2000.
Un automobiliste se plaignait (une fois de plus) du comportement des motards sur les routes, visiblement en Ile-de-France ou dans quelque grande agglomération.

D’habitude, je réponds plutôt « gentiment » à ce genre de témoignage, type « je me plains et je râle sur le web parce que je n’ai pas pu dire son fait à la personne directement ».
Mais là, pour une fois, lassé des sempiternels mêmes refrains « tous des cons, ils ne respectent rien », je me suis un peu énervé (sans compter que c’était un vendredi soir + dure semaine + longue journée avec plus de 200 bornes en région parisienne).
Ensuite, cela m’a poussé à réfléchir et à approfondir un peu plus le sujet.

D’abord, quelques recherches pour faire un petit tour d’horizon virtuel de l’opinion de la société française sur les motards.
C’est assez instructif.

Des exemples de questions ayant suscité le plus de réactions sur Yahoo Q/R France:
« Vous ne pensez pas que les motards sont irrespectueux ? » (28 réponses)
« Pourquoi les motards sont de grossiers personnages ? » (27 réponses)
« Pourquoi les motards ne respectent jamais le code de la route ? » (25 réponses)
« Que pensez-vous de ceux qui disent « la moto est un cercueil roulant » ? » (25 réponses)
« Aimez vous ou detestez vous les motards ?? » (24 réponses)
« Que pensez vous des motards ? » (24 réponses)
« Les motards se croient-ils tout permis ? » (23 réponses)
« Que pensez vous de la moto ? » (20 réponses)
« Pensez vous que les motards sont des petits cons comme moi ? » (19 réponses)

Dans un premier temps, les points de vue plus extrémistes (je conserve les fautes de français):

« Les motards se croient tout permis sur la route. Par eux, ils sont prioritaire. Les automobilistes doivent faire attention à eux. Mais eux ne font attention à rien. C’est leur état d’esprit. »

« les motards se croient tout permis,nous doublent par la gauche comme par la droite,ne respectent pas les limitations de vitesse,et souvent ils passent la moitié de l’année dans les hopitaux! »

« J’aime pas les motards, surtout en région parisienne, sur le périphérique où ils se croient tout permis, à se demander si ils ont le permis de conduire. Vas y que je Zig Zag entre toutes les files, ça devient de pire en pire. Combien de fois j’ai vu des motards foutrent des coups de pompes dans les portières ou alors casser les rétroviseurs de voiture. inadmissible!!! »

« C’est toujours comme ca avec les motards. Ils se croient tout permis alors vas y que j’accélère alors que ca sert à rien. C’est pas une voiture qui aurait eu l’envie de faire ca. Les motards se prennent pour des cowboys sur un cheval, la frime y’a que ca qui compte. En plus les motards sont toujours les premiers à dirent qu’ils sont en danger toussa, bref voilà encore un exemple qui démontre leur hypocrisie. ça montre une fois de plus qu’un motard ne comprend que la force, la brutalité et la sanction. un motard c’est un peu comme un petit animal sauvage, tant que le schtroumphe bleu ne lui a pas expliqué la douleur de la sanction, il se croit dans le desert, sur le paris-dakar »

« eh oui, ils se croient vraiment tout permis. si tu as le malheur de ne pas être totalement à gauche, ils te klaxonnent, te font des signes mécontents du bras… quelle tolérance! alors qu’en théorie, ils devraient être derriere les voitures sur une file, c’est juste un usage permis de rouler entre les voitures. Alors messieurs les motards, un peu de patience, vous arriverez toujours à passer. ce qui est clair, c’est que je ne vais pas racler ma voiure à gauche pour les beaux yeux des motos! j’ai d’autres chats à fouetter en bagnole! »

« je ne comprend pas le mouvement des motards contre les feux de croisements en plein jour je trouve cette mesure necessaire contre l ‘insecurité routiere car les motard se croivent tout permis ils allument leur feux de croisement et ( pleins feux) en plein jour pour que l’ on les voient mieux arriver + vite oui + vite cela le premettra peut etre de rouler moins vite sur route je suis routier de metier et sur l ‘ autoroute de nuit je les voient faire la course ce sont des dangers publics ces gens la si ils veulent faire la course ils vont sur des circuits mais sur routes ils doivent respecter la conduite routiere comme tout un chacun »

« Les motards ce sont des dangers publics ! Excès de vitesses, non respect des règles élémentaires de sécurité, sa double de partout… Je tiens à leur rappeler que 130 km/h est une vitesses limitée pour les automobiles mais également pour les motos sur autoroute, parce que ils semblent pas bien comprendre cela parce que quand vous les entendez déboulez a 200 km/h sa a de quoi vous effrayez dans votre voiture lorsque vous roulez tranquille a 130.
Et qu’ils arrêtent de pleurnicher avec les phares allumés de jour, dans la moitié des pays de l’UE ils font cela, et il n’y a pas qu’en France qu’il y a des motards, mais dans bien d’autres pays !
Si les motards veulent diminuer le nombres de morts sur les routes qu’ils commencent par respecter les limitations de vitesse, pour le reste on en reparlera 😉 »

« T’as mille fois raison, les motards dans leur enorme majorité sont des allumés (pas des phares non) et se croient tout permis pour avoir trop vu les jeux video-alors toute mesure contr’eux ne peut qaue me rejouir,par definition! »

« Coup de gueule au sujet des motards. Dans la matinée, alors que je me rendais à la CAF de Seine-Saint-Denis pour récupérer mes APL d’août qui ne m’étaient pas versées (…), je circulais sur l’A86 tranquillement, en direction de Rosny-sous-bois, lieu de villégiature de mon ancien appartement. Je voulais m’engager sur la voie du milieu alors que j’étais à gauche et passe devant un scooter qui roulait entre deux files. Je ne l’avais pas vu au regard de la vitesse très excessive à laquelle il roulait au milieu des bouchons. Rien de surprenant me direz-vous, mais cet enfoiré tape fortement sur mon rétroviseur, par chance se loupe et ne l’endommage pas. Monte en moi à ce moment une colère noire, j’accélère violemment pour le rattraper mais faute de trafic n’y parvient pas, sûrement surpris par cet acte et donc pas assez réactif.
Tout ça pour vous dire, à vous, enfoirés de motards qui vous croyez tout permis, que le code de la route n’autorise pas la circulation entre deux voies, et par conséquent le code des assurances non plus !!! En d’autres termes, s’il vous arrive un accident, ce que je ne vous souhaite pas, sachez que vous ne serez que très peu indemnisés (seulement grâce à la responsabilité civile). Alors, arrêtez de casser les couilles aux automobilistes parce qu’ils sont trop à gauche ou trop à droite, car vous êtes en infraction sans cesse et verbalisables – soit dit en passant les flics font très souvent des contrôles sur l’A86 à hauteur de Créteil direction Lille et je peux vous dire qu’ils en choppent une pelletée de motards. Surtout, messieurs les motards – je revient à mes moutons – ne touchez plus jamais, et je dis bien plus jamais, ma voiture, car les calculs sont très vite fait, une voiture fait une tonne (pour les petites citadines) et votre deux roues tout juste 200 kilos… En cas de collision accidentelle… le constat est vite fait, vous ne pourrez plus faire de moto pendant un bout de temps, et en plus, vous serez automatiquement en tord au vue de l’assurance car vous circuliez entre deux files…
Le message est clair, je crois, motards, la société (j’entend par là usagers de la route et police) tolère (et j’insiste sur ce mot, ceci est une tolérance !!!) que vous circuliez entre deux files, mais arrêtez de circuler comme de tarés quand il y a des bouchons et surtout arrêtez de nous insulter, à tords ou à raisons, car en cas d’énervements, l’automobiliste sort toujours vainqueur.
N’oubliez pas, une tonne lancée en fond de première, ça fait très très mal !!! Et un accident est si vite arrivé… »

* * *

DEUXIEME PARTIE

Le constat est assez simple : beaucoup de clichés, de préjugés, souvent fondés sur l’ignorance, le manque de connaissance de l’autre.
On généralise, on amalgame, on stigmatise à tout va. De part et d’autre, d’ailleurs.
Chaque usager trouve toujours quelque chose à reprocher aux autres, des exemples de conduite illégale ou inappropriée.

Personne n’est parfait dans sa conduite.
Beaucoup de motards roulent en excès de vitesse, certains roulent à vitesse nettement excessive et prennent des risques inutiles. D’autres oublient d’allumer leur phare, portent des vêtements sombres, ne font rien pour se rendre visibles. D’autres donnent des coups de gaz intempestifs, font rugir leur pot d’échappement et constituent une véritable nuisance sonore. Certains sont violents, agressifs.
D’un autre côté, trop d’automobilistes oublient de mettre le clignotant avant de tourner, ne tournent pas la tête pour contrôler les angles morts, téléphonent en conduisant, ne regardent pas dans leurs rétroviseurs avant de changer de file ou de direction…

Ces comportements « déviants » occasionnent des situations de conflit entre usagers.
Et personne n’aime rencontrer un conflit sur la route.

Même si l’automobiliste se sent plutôt à l’abri derrière sa carrosserie, il ne peut s’empêcher d’avoir peur, soit pour lui, pour son intégrité physique, celle de ses passagers ou celle de sa voiture.
Le motard, lui aussi, a peur, avant tout pour son intégrité physique car il n’est pas protégé par une carrosserie, et aussi pour sa moto, qui incarne souvent plus qu’un simple véhicule, mais l’objet d’une passion.
Bref, les deux ont les chocottes.
Et quand on se sent menacé, la colère monte facilement contre ce qui cause cette peur.

Dans ces cas-là, on ne voit pas la faute qu’on a (éventuellement) pu soi-même commettre : manque de vigilance, absence de contrôle visuel, distraction, etc.
La cause première, immédiate, visible de cette peur, de cette colère, c’est l’autre usager, celui qui est juste là, qui vient de nous croiser, de nous dépasser, de nous frôler.
En plus, on ne peut même pas décharger notre colère sur lui, il est inatteignable, abrité derrière son pare-brise ou son casque, déjà loin dans la circulation.
La pulsion de colère ne peut pas être déchargée, assouvie. D’où une frustration qui reste en travers de la gorge.
C’est cette frustration qui crée la rancoeur à l’encontre de la catégorie à laquelle appartient celui à qui on en veut.

C’est un phénomène constaté dans toutes les situations de conflit (les politiques en jouent d’ailleurs en temps de guerre).
On tombe sur une blonde un peu bécasse, toutes les blondes sont des cruches et on en fait des blagues.
On se fait agresser par un Maghrébin, tous les Arabes sont des criminels.
On se fait couper la route par un papy à casquette (ou un « djeunz » à casquette ou un taxi ou un 93 ou un 06 ou un ambulancier ou une BX ou un Black ou une femme ou un motard… au choix !)… et tous ceux qui lui ressembleront auront forcément le même comportement.

Toutes ces situations n’ont bien entendu rien à voir entre elles et je ne fais pas de hiérarchie.
C’est juste qu’elles relèvent toutes de la même démarche, c’est-à-dire de deux dérives, défauts, perversités (on met le nom qu’on veut) qui pourrissent les progrès de la sécurité routière : la généralisation et la stigmatisation.

Dans une situation de conflit sur la route, chacun s’identifie à une catégorie d’usagers et en essayant de se dédouaner (c’est toujours la faute des autres), déresponsabilise l’ensemble de la catégorie à laquelle il appartient.

D’un côté, on fait l’amalgame entre le comportement de quelques-uns et celui de l’ensemble de la catégorie d’usagers.
Exemples : un motard fait une connerie, les motards sont des cons. Un automobiliste conduit mal, tous les caisseux sont des abrutis.
Les exemples sont hélas nombreux. C’est tellement plus facile de simplifier.

D’un autre côté, on se dédouane, on rejette toute responsabilité, c’est toujours la faute de l’autre.
C’est bien connu, les accidents n’arrivent qu’aux autres.
Comme le dit un ancien slogan de La Prévention Routière, « le piéton pense que c’est le cycliste qui est bête, le cycliste pense que c’est le motard, le motard pense que c’est l’automobiliste, l’automobiliste pense que c’est le camionneur… »
C’est tellement plus facile de se donner bonne conscience.

Pas de chance, nous ne vivons pas dans le monde des Bisounours, il n’y a pas les bons et les méchants, la réalité est complexe.

La vérité est que nous partageons tous la même route.
Il n’y a pas des motards qui ne rouleraient qu’en moto, des automobilistes qui vivent dans leur voiture, des piétons, des cyclistes…
Nous sommes tous (ou presque) l’un ou l’autre, alternativement. 90% des motards possèdent une voiture et roulent avec de temps en temps. 99,9% des conducteurs sont piétons à un moment ou à un autre.
Changent-ils tout d’un coup de comportement ?
Non.

Il y a des usagers qui respectent les autres et d’autres pas.
Certains font attention tout le temps, d’autres moins souvent, d’autres très peu souvent, d’autres jamais…
Et ce, quel que soit le moyen de transport.

Oui, il faut l’admettre : il y a des motards qui roulent n’importe comment, qui déboulent avec un différentiel de vitesse de 50 ou 100 km/h, font sursauter tout le monde (y compris les autres motards), doublent par la droite sans aucune sécurité, sont agressifs, grossiers…

Sont-ils majoritaires parmi les motards ? Non.
Simplement, l’arbre cache la forêt. On se rappelle d’un seul énergumène parce que son comportement est choquant. On oublie les 10 autres qu’on a croisés sans les remarquer car leur comportement était dans la norme.

Est-ce que la moto rend con ? Parfois, mais je me soigne.
Le fait est que la moto facilite les dérives vers des comportements (hélas de plus en plus généralisés) d’individualisme, d’incivisme, d’irrespect des autres.
De par la liberté qu’elle procure, elle amène un sentiment à la fois de supériorité et d’impunité, sentiment qu’il faut savoir maîtriser.

La plupart des automobilistes qui dénoncent ces abrutis de motards feraient exactement la même chose s’ils avaient une moto.
La preuve, la très large majorité des automobilistes qui passent au scooter 125 adoptent des comportements illégaux, inciviques et/ou dangereux (pour tout le monde, y compris pour eux-mêmes), en se conduisant exactement comme ce qu’ils condamnaient auparavant.

* * *

TROISIEME PARTIE

Comment ne pas tomber dans l’amalgame et la stigmatisation ?

Certains choisissent l’humour :

« Les motards sont des gens vils, méchants, ils violent les vieilles et kidnappent les enfants. Sans compter leur appétit féroce de braquer l’épicier du coin qui élève 15 enfants avec une paye indécente.
Non franchement… je suis d’accord, il faut nous haïr. Parce qu’on est tous vraiment idiot et dotés d’un Q.I d’huitre. Mais ne nous en voulez pas trop, dame nature ne nous a pas gatés. Effectivement, on fait tous du stunt sur route ouverte et on roule tous à 250 pour 90, voire pour 50. Vraiment on est tous pareils ! »

D’autres savent qu’il y a quantité de motards différents. Tout le problème est de savoir comment les reconnaître… et surtout ce qui les différencie.

« de toute façon, le motard moyen, tu peux lui dire ce que tu veux, il s’en contrebalance, il est au dessus, mais alors bien au dessus des lois 😉 et surtout du code de la route, qui n’est pas du tout adapté aux motards… et après ils viennent se plaindre…..
qu’ils respectent le code de la route, et après on verra… en ce qui me concerne, vu qu’ils ont un moyen de locomotion soi disant hors normes, ben qu’ils se débrouillent alors pour dépasser, je ne fais plus d’écarts, et ne modifie pas plus ma conduite pour eux que pour une voiture……
(en plus un pote motard m’a dit qu’en général, les motards préféraient qu’une personne ne fasse pas le fameux écart, et puis, se rendant compte qu’il y a un vélo par exemple, fasse un gros écart pour l’éviter, du coté du motard..) je sais pas si je suis très clair
bref, c’est comme les chasseurs… y’a le bon motard, celui qui double partout, et y’a le mauvais motard, celui qui double partout… mais c’est un mauvais motard…… »

« Moi idem je ne me décale plus sur la route
entre ceux qui font du forcing pour passer, les connards qui roulent plein phares et ce qui se croient tout permis, mon estime pour les motards a bien baissé »

« Quand je lis les commentaires, presque tous les motards ont l’air d’être super responsables, de maîtriser toujours leurs machines… tant mieux pour eux.
Pourquoi ont-ils besoins de si grosses cylindrés si ce n’est pour rouler et accélerer très vite ?
On les voit rouler sans exception dangereusement entre les files de voitures sur les axes à plusieurs voies. J’ai l’impression que la route leur appartient exclsivement et encore ont les entends raler encore et toujours. Restez sur votre voie si vous craignez qu’un véhicule ne déboite.
S’il y a tant de mort chez les motards, posez vous des questions, remettez vous en cause. Mais bon, un motard c’est un bon petit gars qui ne peut pas avoir tord.
Si vous roulez dans un environnement qui ne vous est pas des plus favorable, alors vous devez faire encore plus d’efforts d’adaptation. »

« combien de fois j’ai failli avoir un accident parceque les motards roulent beaucoup trop vite avec leurs engins.
Je n’ai rien contre eux mais là je commence en avoir marre de leurs comportement inconscient.
l’autre jour j’etais sur une bande d’acceleration je regarde dans le retro rien.
je commence a m’inserer sur la gauche par prudence et par hasard jeregarde encore dans mon retro et que vois je un truc passer a toute allure juste le temps de me remettre a droite.
Franchement j’en ai marre le jour ou je vais en morfler un se sera de ma faute alors que s’il roulait plus sagement il n’y aurait pas de probleme.
certes la moto procure des sensations mais je suis desolé la route ce n’est pas un circuit ! »

Le périphérique parisien et sa pratique systématique de l’interfile (la « voie des motards ») concentrent le paroxysme des tensions entre autos et motos.

Les automobilistes n’ont aucun intérêt à empêcher les motards de remonter les files en cas d’embouteillage.
Cela ne les gêne pas, cela fluidifie le trafic et permet ainsi de réduire la pollution.

Mais bien sûr, cela suppose qu’ils n’en pâtissent pas non plus.
La remontée de files est une tolérance, un service mutuel. Le fait que ce soit une coutume en Ile-de-France ne nous autorise pas à en faire une obligation. Un automobiliste a le droit de ne pas nous laisser passer. C’est stérile, stupide et dangereux, mais il en a le droit.

Et quand je vois le comportement de certains motards (heureusement minoritaires) agressifs (y compris à l’encontre des autres deux-roues), complètement speedés, bruyants, pollueurs, qui se croient tout permis parce qu’ils portent un casque (souvent à visière opaque), je comprends que certains automobilistes (eux aussi minoritaires) se sentent agressés et répliquent avec les moyens à leur disposition.
A connard, connard et demi… Et ça marche dans les deux sens !

Attention, je ne justifie pas pour autant l’atteinte à l’intégrité physique.
Qu’une voiture bloque une moto, c’est idiot mais pas dramatique en soi. Par contre, faire exprès de renverser ou blesser un motard, en sachant qu’il y a risque de tuer, là cela relève non seulement du délit, mais surtout de la débilité profonde.

Rien sur la route ne justifie de vouloir blesser un autre usager.

Le dialogue et la compréhension mutuelle donnent de bien meilleurs résultats, mais hélas, l’Ile-de-France (voire la France en général) vit dans une culture routière de conflit, d’opposition, de confrontation entre les différentes catégories d’usagers…

Sur ce sujet, le témoignage d’un sapeur-pompier de Paris :

« Cela fait quelques années maintenant qu’avec un petit kangoo des pompiers de Paris je parcoure Paris et sa banlieue en faisant Pimpon… et le périphérique est ma hantise; oh pas à cause des voitures… la plupart d’entre elles s’effacent (meme si quelques hurluberlus trouvent toujours amusant de bloquer une voiture de pompiers)… mais bien à cause des motos qui généralement optent pour un choix entre trois options:
– passer en force entre mon véhicule et celui de droite (bonjour le risque dans un tel cas) ;
– suivre mon véhicule à moins de 2 mètres (ou suivre tout véhicule de pompiers partant sur intervention… résultat quand on freine brusquement, on se prend la moto par derrière) ;
– passer sur l’entrefiles central (et dans ce cas la voiture qui est à ma droite ne peut se rabattre, d’ou un nouveau risque induit).
Alors « amis » (de fait, vous n’etes plus mes amis, sachez le) motards, devenez intelligents de grace!!! Peut etre est ce beaucoupe demander à certains, mais une fois de plus, je pense que ceux qui roulent ainsi (la majorité) n’ont jamais encore (heureusement pour eux) cotoyé de près un « vrai » accident dans lequel un motard est impliqué. Pas forcément beau à voir… Le tout pour gagner une minute sur un trajet de 10 ou 15 km… plutot très con non?
Je préfère passer sur les coups de bottes et autres doigts d’honneur qui ne font qu’enerver encore plus des automobilistes déjà bien en état…
Le code de la route n’a JAMAIS créé de Xième voie, entre la 3ème et la 4ème, pour les motards… et au regard de la loi, ce n’est meme pas une tolérance et j’ose espérer qu’à des fins sécuritaires ça ne le deviendra pas. En roulant comme cela, vous prenez des risque énormes sans meme pour la plupart en avoir conscience… et dans nombre de cas, vous faites perdre un temps précieux aux secours, ou ajoutez pour ceux ci au stress d’une conduite déjà au top de l’attention lorsqu’on roule avec le deux tons et le gyrophare.
En résumé et sur ce point particulier, vous etes pour le moins tout aussi cons et beaufs que certains automobilistes dont vous vous plaignez, parfois à raison… Prenez en conscience et rectifiez le tir, merci!
le fait que certains automobilistes soient cons, voire encore plus cons, ne justifie pas ce que l’on vit chaque jour en ville! C’est justement parce qu’on est pas protégé par une carrosserie qu’on doit faire plus gaffe… Et ceux qui disent que ça ne regarde qu’eux et qu’ils sont libres de leurs risques etc, etc… sont de fait des gros connards! Car ça n’amuse personne de les ramasser à la petite cuillère, ça coute à la société, et de plus ils ne sont meme pas conscients des accidents qu’ils génèrent pour les autres.
Je n’ai rien contre les motos; mais le code de la route est le code de la route, et il est le meme à 2, 3 ou 4 roues. La chance du motard est sa réserve de vitesse et d’accélération en cas de danger…mais conviens qu’il est tout de meme bizarre que le plus grand nombre d’accidents générés sur des camions rouges soient le fait de motos qui viennent s’emplafonner dedans par l’arrière!!! »

Autres réactions de la part d’automobilistes ou de motards plus posés que la moyenne :

« perso j’ai uniquement une voiture et sur le periph voie de gauche je me rapproche tres svt de la barriere pr laisser passer les motards, tout comme si j’en voie un arriver derriere et que la voie du milieu est libre, je reste à gauche et met le clignotant pr qu’ils sachent qu’ils peuvent passer peinard. et bcp font un signe pr me remercier
je vois bcp + d’automobilistes roulant n’importe comment (zigzag entre les voitures, changements de files brusques sans clignotant evidemment) que de motards (mm si certains sont un peu « suicidaires » aussi) »

« c’est pas parcequ’on est motard qu’on est au dessus des lois
d’accord pour un peu de tolérance par exemple pour les plaques ou autre bruit de pot, mais quand çà engage la sécurité des autres (et de soi-même) c’est une autre histoire
si vous voulez que les « caisseux », comme vous dites, vous respectent, il faut montrer un peu de civisme, et arrêtez de se la jouer « je suis en moto, je passe partout, je suis donc pas dangereux »
ce genre de raisonnement à la meme signification que le gars que fonce en BMW à 230 sur l’autoroute et qui dit « je suis en BM, voiture de luxe, super sécurité, pas dangereux » … »

« Pourquoi les débats automobilistes / motard(e)s sont ils tjs les mêmes ?
les automobilistes respectent tjs le code de la route, les motard(e)s roulent tjs vite.
Niveau vitesse, je pense que c’est pareil des deux côtés mais je pense tt de même que le motard est plus prudent par rapport à son manque de carrosserie (en général)mais aussi à une formation au permis peut être plus complète (je vais encore me faire des amis 😀 ), comme par exemple le freinage d’urgence. »

« beaucoup d’autombilistes n’aiment pas se faire doubler par les motos , alors ils disent qu’ils roulent comme des dingues »

« Etant motard moi-même, je ne fais que rejoindre ton constat, et pour moi la mortalité élevée des motards a deux causes principales: l’absence de protection d’une part, et d’autre part la conduite insensée de la plupart des motards (que je condamne).
Ceci étant dit, je voudrais juste évoquer ce que je considère comme un problème du côté des automobilistes (mais ce n’est pas vraiment de leur faute car on est sensibilisé au problème que quand on passe sur deux roues…), respecter les limitations de vitesse en moto est DANGEREUX, car les automobilistes « vous collent », vous double n’importe comment, bref ont un comportement dangereux. Je ne suis pas un adepte du 230 sur le périph, et j’aime bien rouler « pepère » à mon rythme et je n’aime pas « être poussé » au cul… Donc en somme, la distance de sécurité ce n’est pas une invention ni de motard, ni d’automobiliste, c’est pour tout le monde et ça évite des accidents !! Et pour mieux rouler, respectons nous ! »

« Comme certains des intervenants précédents, je suis motard moi même et suis aussi consterné que toi du comportement de nombre de deux roues. En région parisienne, majorité des conducteurs de deux roues sont des gens qui ont opté pour le côté pratique (pour gagner cette fameuse minute). De ce fait peu de ces gens n’ont pas le « sens » du deux roues. J’aime même, pour ma part, failli me faire shooter (délibérément) par un scooter ! Je ne dédouane personne et partage ton constat. »

« Paris est un endroit qui a beaucoup de spécificités en termes de deux roues et pas forcément les meilleures… j’ai ramassé moi même quelques « pilotes » et garde à l’esprit quand je suis sur ma moto que ma seule motivation est de voir mon fils le soir ! Alors réfléchissons à la formation, à la prévention et au fait que comme beaucoup de pays latins, la France n’est pas connue pour avoir le loisir de faire appel au bon sens de ces citoyens ! »

Autre point de vue, celui de Gérard Planchon, ancien instructeur moto à l’association La Prévention Routière:

« Parce qu’il va plus vite qu’une voiture et qu’il est moins visible que tout autre type de véhicules sur la route, le motard doit apprendre à se déplacer intelligemment. Cela passe par le respect de certaines règles élémentaires de bon sens, tel que se signaler aux automobilistes en cas de dépassement.

La plupart des accidents sur deux-roues sont dus aux comportements des motards. Et en plus, vous avez un facteur aggravant : celui de la vitesse. Les gens roulent plus avec la poignée de gaz qu’avec leur cerveau. En règle générale, je trouve que les motards ont un taux d’acceptation du risque trop élevé. Parce qu’il a une sensation de liberté en conduisant son véhicule, le motard se croit tout permis.

Une des causes majeures d’accidents, c’est le dépassement. Si un motard dépasse une voiture trop vite, la voiture peut déboîter à tout instant. Encore plus dangereux : circuler sur la bande d’arrête d’urgence. Si une voiture tombe en panne et a besoin de s’arrêter tout de suite, son conducteur ne vas pas forcément vérifier s’il y a un véhicule sur la bande d’arrêt. »

* * *

QUATRIEME PARTIE

Dans un accident comme dans un couple, on est deux.

Personnellement, je ne crois pas qu’un accident soit dû à un seul acteur. Cela arrive, mais c’est rare.
En général, la responsabilité est partagée, pas toujours à 50/50, mais partagée.

Les statistiques d’accidentologie prouvent que les accidents impliquant des deux-roues sont avant tout dus à un problème de perception, de visibilité, à plus de 60%.
Pas à la vitesse qui n’est qu’un facteur aggravant et non une cause directe. Comme déjà dit, dans plus de la moitié des accidents de deux-roues moteur, l’impact a lieu à moins de 50 km/h. La vitesse au moment du choc est supérieure à 100 km/h dans seulement 5% des cas.

A l’origine, souvent un problème de visibilité du deux-roues : 64% des accidents analysés incombent au “véhicule adverse” du fait d’une non-perception du deux-roues par les autres usagers de la route.
Soit l’automobiliste n’a pas (ou pas assez bien) regardé, soit le deux-roues n’était pas (ou pas assez) visible, soit il était là où il n’aurait pas dû être.
A l’inverse, 36% des accidents proviennent d’une faute commise par le deux-roues.

Deux déductions sont à en tirer :
1- le motard n’est pas juridiquement responsable de son accident dans environ deux cas sur trois, ce qui montre qu’il faut éduquer les automobilistes à la présence des deux-roues sur la route ;
2- un tiers des motards victimes d’accidents corporels se sont mis eux-mêmes (ainsi que leurs passagers éventuels) en situation de risque, ce qui donne une idée de l’effort de formation, de prévention-répression et d’autodiscipline à fournir.

L’effort à fournir pour plus de sécurité sur nos routes concerne TOUT LE MONDE, pas que les motards ou que les automobilistes.
Il concerne à la fois la sécurité active (faire attention aux autres) et passive (se rendre visible, s’équiper pour se protéger).
Arrêtons de nous voiler la face !

La majorité des automobilistes sont des gens plutôt sympas qui n’ont aucune raison d’empêcher les conducteurs de deux-roues d’avancer.
Dans la mesure où cela ne les gêne pas ni ne les met en danger de s’écarter, ils nous laissent la place, cela fluidifie le trafic pour tout le monde.

Ce n’est pas uniquement un phénomène parisien, c’est comme ça partout en France, en ville et sur route.
C’est par contre très français comme attitude (et belge, un peu), je n’ai jamais vu ça ailleurs en Europe.
J’en profite d’ailleurs pour remercier encore une fois tous les automobilistes qui prennent la peine de faire attention à nous.

Pour ceux qui n’ont pas encore compris que c’était ridicule de ne pas nous laisser passer (à condition de le faire en sécurité), il est vrai qu’ils ont souvent été « dressés » avec la manière forte.
Cela dit, perso, je n’approuve pas ce comportement agressif (ni d’un côté ni de l’autre d’ailleurs).

C’est clair que le bon sens veut qu’on ne se gêne pas sur la route. Cela ne coûte rien de se pousser de 50 cm pour laisser passer les motos et scooters.
Mais ce n’est pas une obligation. C’est une faveur que les voitures nous font. Rien ne les y oblige et c’est bien pour ça qu’on les en remercie !
Si un blaireau n’a pas envie de nous laisser passer, c’est son droit le plus strict. Nous ne sommes pas prioritaires.
Et qui sait si le conducteur ne nous a tout simplement pas vus ?

Quand je circule en interfile, j’allume les feux anti-brouillard.
Placés plus bas que mon phare et orientés vers le bas, ils n’éblouissent pas, mais créent un triangle lumineux avec le feu de croisement. Cela aide les automobilistes à mieux me voir, m’identifier comme moto et évaluer ma distance et ma vitesse d’approche. Deux ou trois points lumineux sont mieux perçus qu’un seul.

Si une voiture me bloque, je me fais d’abord remarquer, en douceur. On attend un peu, puis on fait un appel de phare. S’il ne bouge pas, deux petits coups de klaxon.
Dans 95% des cas, ça suffit pour qu’il se pousse…

Le fait que je roule sur une moto assez imposante, à la même hauteur que les 4×4, avec des protège-cylindres tubulaires en bon acier et des pare-mains costauds, doit aider, je pense…
Mais si le gars ne se bouge pas, je n’insiste pas !
Il y aura sûrement un endroit plus loin où je pourrai le dépasser en sécurité, sans avoir à courir le risque de me faire renverser.

Car le problème avec les motards agressifs et violents qui tapent sur les voitures, c’est qu’ils génèrent le même comportement en retour.

Et la plupart du temps, ce n’est pas le motard qui gagne dans une collision avec une bagnole…
En plus, cela retombe souvent sur le pauvre motard pas violent qui n’a rien demandé, rien fait, mais qui va payer pour les autres qui eux sont déjà loin.

Tout cela est hélas assez typique de la folie francilienne, où chacun estime son temps si précieux qu’il ne faut surtout pas perdre 30 secondes, tout le monde se juge si important qu’il faut le laisser passer à tout prix…
Le tout dans une logique de confrontation, de guerre entre les différents moyens de transport, comme si les gens se définissaient par le véhicule qu’ils utilisent et qui serait forcément « mieux » que les autres.

Les piétons crachent sur les cyclistes qui crachent sur les motards qui insultent les caisseux qui emmerdent les routiers qui chient sur les piétons et vice-versa…
Quelle pitié !

 * * *

CONCLUSION

Pourquoi ce climat de guéguerre entre les différentes catégories d’usagers ?

J’imagine que, bien que l’usage du deux-roues motorisé se soit démocratisé, le look « full cuir et casque intégral » s’avère sans doute peu avenant pour le commun des usagers de la route.
Sans parler d’une forme d’incompréhension de la part des non-motards sur nos motivations.

Par ailleurs, il y a un certain nombre de personnes qui aimeraient secrètement rouler en moto, mais qui n’osent pas (ou ont dû y renoncer pour diverses raisons).
Tenter d’en dissuader les motards ou les dénigrer est une façon (plus ou moins inconsciente) de justifier leur peur ou leur manque de volonté, voire leur jalousie.

Beaucoup de gens croient en effet que “la moto c’est dangereux”.
Ce côté sulfureux alimente bien des fantasmes et des clichés, dans les deux sens.

Combien de motards font de la moto pour se la jouer rebelle et se donner des sensations fortes ?
Toutefois, cette motivation s’atténue de plus en plus à mesure que le deux-roues se démocratise. Quand n’importe qui peut rouler en moto ou en scooter, il n’y a plus rien de rebelle à choisir la moto…

Tout le monde vous dira que “la moto c’est dangereux”, même et surtout ceux qui n’en ont jamais fait : vos collègues, votre belle-mère, votre médecin de famille, votre assureur, les journalistes des médias généralistes, les experts de la sécurité routière…

Mais ce n’est pas la moto en elle-même (la machine, le véhicule, le mode de transport) qui est dangereuse.

C’est juste que :
– un certain nombre de motards conduisent dangereusement ;
– les conséquences d’un accident à moto sont plus graves qu’en voiture.

Mais est-il dangereux par essence de rouler à moto ? Non !
Ce n’est pas les 106 chevaux de la moto qui sont dangereux, mais l’âne qui la conduit !
Si vous ne conduisez pas comme un âne, la moto n’est pas plus dangereuse qu’un autre moyen de transport, voire que de rester chez soi.
Le souci est que trop de motards conduisent comme des ânes.

Je suis le premier à constater tous les jours sur la route le manque d’attention des usagers de la route.
Manque d’attention, manque de vigilance, manque de maîtrise du véhicule, incivisme, impolitesse, irrespect des autres (chacun veut être respecté, mais personne ne se met à la place de l’autre), agressivité, stress…
OK, tout ça, c’est vrai et cela retombe tout naturellement sur les usagers les plus vulnérables, et les motards en font partie.

Qu’il y ait un immense effort de formation, de prévention, d’auto-formation à faire de la part de tous, que la prise en compte des deux-roues par les conducteurs ne soit pas suffisante, on est tous d’accord !

Mais je ne supporte plus le discours victimisant des motards !!!
Nous sommes tous motards, nous savons ce que nous risquons. Ne venez pas dire que vous n’étiez pas au courant que les conséquences d’un accident de moto sont plus graves qu’en voiture. Vous savez bien que la moto est un véhicule en équilibre précaire, sans protection, peu visible, qui roule plus vite que les autres.
Et que font la majorité des motards pour diminuer le risque ?
Rien, ou presque.

Combien de motards se contentent des 20 à 30 heures d’apprentissage effectuées au début de leur vie et plus rien ensuite, même quand ils ne roulent que six mois par an ? La très large majorité.
Combien suivent un stage de perfectionnement de la conduite ? Moins de 5%…

Les motards demandent aux automobilistes de faire attention à eux, et ils ont raison sur le fond.

Maintenant, combien font en sorte de se faire voir ?
Tous les jours, je vois des motos qui roulent avec le phare éteint, avec des vêtements tout noirs qui ne se voient pas, sans gilet fluo.
Tous les jours, je me fais doubler par des motards qui roulent avec un différentiel de vitesse de plus de 40, 50 voire 80 km/h par rapport aux autres véhicules.
Qu’ils ne viennent pas s’étonner que les bagnoles ne les voient pas arriver !

Que l’on soit automobiliste ou motard, arrêtons de rejeter la faute sur l’autre et balayons devant notre porte !

Conduire à moto, c’est accepter qu’il va falloir faire attention à la place des autres.
C’est accepter qu’on est au guidon d’un engin exigeant, qui ne pardonne pas.
Si on n’assume pas ce risque, on arrête. C’est le choix de chacun.

A moto, on ne peut pas se permettre de « profiter du bon temps ». Il faut être à 100% de vigilance en permanence.
A moto, on ne boit pas, on ne prend pas de drogue, même « douce », on ne roule pas en étant fatigué ou sous médicaments.
On n’a pas droit à l’erreur.
Et ce n’est pas en se lamentant et en rejetant la responsabilité sur les autres que ça ira mieux.

Avec des efforts de la part de tous, ça ira mieux, un jour, dans longtemps.
Pour l’instant, c’est à nous de nous prendre en main et de nous conduire en motards responsables.

  1. Premièrement, éviter ou réduire les conséquences physiques d’une éventuelle chute (avec ou sans choc, préalable ou ultérieur) en portant un équipement de protection complet dans toutes les circonstances.
  2. Deuxièmement, parvenir à éviter ou réduire l’impact en cas de choc, en sachant réaliser un évitement et en sachant effectuer un freinage d’urgence, à n’importe quelle vitesse, quelles que soient les conditions. Dans ce domaine, rien ne remplace l’entraînement et les stages de perfectionnement.
    Cela coûte un peu, entre 150 euros et 350 euros la journée. Mais une fois tous les deux ou trois ans, ce n’est pas une grosse dépense.
  3. Troisièmement, et c’est le plus important, en apprenant à éviter les situations d’urgence.
    La vraie sécurité, c’est de savoir éviter totalement l’accident. Et là, pas de mystère, c’est l’expérience qui joue. Avec le temps, les kilomètres, on apprend à savoir où et quoi regarder, à repérer les situations qui peuvent poser problème. Il y a les petits indices qui nous signalent que là-bas devant, se présente un risque, même si on ne le voit pas encore. Au bout d’un moment, cela confine à une sorte de sixième sens. Et on sait prendre de suite les mesures pour réduire le risque, en général ralentir tout simplement, augmenter les distances de sécurité, poser les doigts sur le frein, tomber un rapport…

Le secret de la longévité à moto, c’est de savoir éviter les problèmes, pas de savoir réaliser au dernier moment un évitement ou un freinage de trappeur.

Le risque, le vôtre et celui que vous faites prendre aux autres, c’est vous qui le gérez, qui choisissez de l’augmenter ou de le réduire par :

  • votre comportement social et technique,
  • votre conduite,
  • l’adaptation de votre vitesse aux conditions de circulation,
  • votre équipement de protection,
  • votre degré de vigilance,
  • votre condition physique,
  • votre maîtrise du véhicule…

Problème : une fois qu’on a dit ça, on n’a rien fait, à part se donner bonne conscience !

Deuxième problème : comment toucher ceux qui en ont le plus besoin ?
Si vous êtes arrivés jusqu’ici, c’est que vous avez fait preuve de beaucoup de ténacité et probablement que vous êtes sensible aux questions de sécurité routière.
Donc en fait, vous ne figurez pas parmi ceux qui ont vraiment besoin d’être sensibilisés, vous l’êtes déjà…

C’est tout le souci des actions de sécurité routière fondées sur le volontariat, elles n’attirent que des personnes déjà intéressés et laissent de côté ceux qui s’en foutent, alors que ce sont justement ceux-là qui créent l’insécurité.

Sur ce, bonne route !

  68 comments for “Réflexion sur l’image des motards en France

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