Se conduire en motard responsable

Une prise de position éditoriale sur mon opinion personnelle sur le débat de la sécurité à moto.

Première publication : février 2007
Mis à jour en novembre 2019

Introduction

« Etre prudent, ça ne veut pas dire être peureux et rouler à l’arrêt, mais simplement prévoir ce qu’il peut se passer. (…) Sur la route, tu n’es pas le roi du monde. »
C’est un propos de Denis Bouan, neuf fois vainqueur du Dark Dog Moto Tour, dans un article du hors-série « Pilotage sur route » du magazine Motos&Motards en 2014.

A mes yeux, il ne sert à rien de dire à un(e) motard(e) : « Sois prudent(e) ! »
Il n’a pas besoin qu’on le lui dise pour l’être. Et si ce n’est pas le cas, le lui dire ne changera rien. Cela sert juste à déculpabiliser la personne qui donne le conseil. A partir du moment où il est au guidon, le motard est seul responsable de ses choix.

J’emploie d’ailleurs rarement le terme de motard « prudent », je lui préfère celui de motard « responsable ».

Parce qu’il est très difficile de se montrer vraiment prudent à moto. La notion de danger fait partie intégrante de la conduite moto. Si on n’accepte pas ce danger, si on veut véritablement faire preuve de la plus grande prudence… il vaut mieux abandonner la moto.
Lire La notion de risque à moto et Pourquoi faire de la moto ?

J’essaie de ne pas (trop) donner de leçons et de me montrer réaliste : il m’arrive de commettre des infractions, il m’arrive de prendre des risques lors de mes trajets à moto, je ne prétends pas être un parangon de vertu, je ne me présente pas comme le plus prudent des motards.
Par contre, j’essaie de me conduire en motard responsable.

Je pense pouvoir me définir comme une personne avec le sens des responsabilités, y compris en tant qu’usager de la route.
Responsabilité envers moi-même et ma moto, dont je dois prendre soin ; envers mes proches, mon entourage, ma famille, mes amis, mais aussi mes stagiaires et clients, qui ont tous besoin de moi et de préférence en bon état de marche ; envers les autres usagers, qui n’ont pas à subir les conséquences de mes actes et décisions, qui ne sont pas comptables de mon choix de rouler à moto et d’entreprendre telle ou telle manoeuvre…

Dans de nombreux articles sur ce site, j’explique comment conduire de façon plus sûre, plus « efficace ».
Voir toute la rubrique Mieux conduire.

Dans d’autres articles, j’explique comment devenir un « meilleur » motard de façon générale.
Lire Devenir un meilleur motard et Se conduire en “vrai pilote”.

Dans cet article, je voudrais aborder POURQUOI devenir un meilleur motard, un motard responsable.

 * * *

Débat responsabilité vs liberté

Le débat oppose deux notions tout aussi importantes l’une que l’autre :

  • la responsabilité individuelle d’un côté,
  • la liberté individuelle de l’autre.

Ce n’est pas une question de bien et de mal.
Soyons clairs : ce n’est pas blanc ou noir, il n’est pas question de choisir l’une contre l’autre.
Pour moi, c’est un peu la même chose que les notions de Loi et de Chaos dans l’oeuvre médiévale-fantastique de Michael Moorcock, elles-mêmes inspirées du zoroastrisme.

Le Chaos représente à la fois l’anarchie et le désordre, mais aussi l’attachement aux libertés individuelles et le bouillonnement créateur ; tandis que la Loi symbolise l’ordre et la justice, mais également l’immobilisme et la conformité.
Le symbole du Chaos représente huit flèches orientées dans toutes les directions. Le symbole de la Loi représente une flèche unique.

Aucun de ces principes ne doit prendre le dessus sur l’autre : un monde entièrement soumis au Chaos serait un magma bouillonnant, multicolore, en perpétuelle évolution ; un monde entièrement soumis à la Loi serait un bloc de pierre grise, désertique, stérile.
Dans les deux cas, toute vie est impossible.
La vie n’est possible que dans l’équilibre entre les deux principes.

Concernant la conduite moto, cette tension peut être ramenée à une recherche d’équilibre entre sécurité et plaisir.

La recherche systématique de la sécurité à moto, telle qu’elle est parfois menée de nos jours, se rapproche du fameux « principe de précaution ».
Le problème est qu’elle contient une contradiction interne, puisque ce mode de transport représente intrinsèquement un risque.
La moto est une activité à risque, à nous de l’assumer et de réduire le risque au minimum, tout en préservant notre plaisir.

Après tout, chacun n’est-il pas responsable de son intégrité physique ?
Pourquoi devrions-nous diminuer notre confort, notre plaisir, notre intérêt personnel et immédiat, au nom du respect de notre propre sécurité et de celle des autres ?

Car en cas d’accident, le premier impacté sera le motard qui aura privilégié son confort sur la sécurité. Il sera le premier responsable et le premier concerné.
Certes… mais sera-t-il le seul ?

L’argument qui tend à faire croire que l’on peut s’adonner en toute sécurité à la vitesse de façon isolée n’est valable qu’en milieu protégé, c’est-à-dire sur circuit.
Nous partageons la route avec tous ses usagers.
Au-delà des risques qu’il encourt pour lui-même, le motard évalue souvent mal ceux qu’il peut faire courir aux autres.

Et surtout, les tenants de la liberté individuelle oublient (ou minorent) les conséquences des risques pris.

Un accident coûte de l’argent à la collectivité. Les secours sur place, les soins, une hospitalisation prolongée, la rééducation… ça coûte cher, très cher : tous les personnels des services de santé pourront en témoigner.

Les conséquences d’un accident vont forcément coûter au contribuable, c’est-à-dire à nous tous (enfin presque).
Sans compter le temps perdu par les secours qui auraient peut-être pu être utiles sur un autre sinistre.

Nous vivons tous dans une société organisée.
Chacun de nous est un citoyen qui représente à la fois un capital et un investissement pour la société, notre pays et notre nation. La nation a financé notre éducation, payé pour nos études et attend en retour une production, un travail, des cotisations, des impôts, des enfants pour renouveler le cycle.

Un motard qui meurt, c’est un électeur, un contribuable, un salarié, un parent qui disparaît.
Cela représente à la fois une perte sèche pour la société, mais aussi un manque à gagner.

Au final, les positions s’échelonnent tout au long du spectre entre les deux extrêmes :

  • d’un côté, les tenants de la liberté individuelle totale (à l’américaine) ;
  • de l’autre, les partisans du tout sécuritaire.

Beaucoup modulent leur opinion selon le sujet, sont plus sécuritaires sur tel point, plus libertaires sur un autre. Pour une même personne, cela peut même varier dans le temps. Chacun voit midi à sa porte en fonction de son expérience ou de ses souhaits personnels…
Comme il n’est pas possible d’atteindre le risque zéro, y a pas de règle, de barème, d’échelle, d’évaluation exhaustive. 

Qu’est-ce qu’une conduite responsable ?

Pour ma part, j’ai choisi de privilégier une conduite « responsable » car pragmatique, fondée sur l’anticipation et l’adaptation aux conditions de circulation.

Je suis intimement convaincu que le secret de la longévité à moto, c’est de savoir éviter les problèmes.

Cette approche repose sur trois piliers, qui comprennent chacun une série de savoirs (connaissances théoriques), de savoir-faire (compétences pratiques) et de savoir-être (comportements).

  1. Premièrement, éviter ou réduire les conséquences physiques d’une éventuelle chute (avec ou sans choc, préalable ou ultérieur), en portant en permanence un équipement de protection le plus complet possible.
  2. Deuxièmement, éviter l’impact ou le réduire en cas de choc, en sachant réaliser un évitement et/ou un freinage appuyé, à n’importe quelle vitesse, quelles que soient les conditions.
    Dans ce domaine, rien ne remplace l’entraînement et les stages de perfectionnement.
  3. Troisièmement, et c’est le plus important, apprendre à éviter les situations d’urgence.
    La vraie sécurité, c’est de savoir éviter totalement l’accident. Et là, pas de mystère, c’est l’expérience qui joue.

Avec le temps et les kilomètres, on apprend à savoir où et quoi regarder, à repérer les situations qui peuvent poser problème. Il y a les petits indices qui nous signalent que, là-bas devant, se présente un risque, même si on ne le voit pas encore. Au bout d’un moment, cela confine à une sorte de sixième sens. Et on sait prendre de suite les mesures pour réduire le risque, en général ralentir tout simplement, augmenter les distances de sécurité, poser les doigts sur le frein, tomber un rapport…

Sur le papier, je pense que chacun comprend le bénéfice de cette approche, voire la partage.
Pourtant, dans la réalité, elle rencontre souvent des résistances de la part de nombreux motards.

Les motards « amateurs »

Mon site étant consacré à la conduite de sécurité sur route, il paraît évident que je parle bien ici des motards de route, ceux qui roulent sur route ouverte.
Mon propos ne concerne pas (ou pas directement) les pilotes pro, les sportifs licenciés FFM à l’année, les enduristes et crossmen, les pratiquants du rallye routier, les adeptes du trial ou du moto-ball, les stunteurs, les pilotes de gymkhana, etc.

Hormis une petite proportion de motards « professionnels », qui utilisent la moto comme outil de travail sur la route (policiers, gendarmes, douaniers, moto-taxis, coursiers-livreurs, moniteurs moto, guideurs de convois exceptionnels…), les motards routiers sont pour la plupart des « amateurs ».

Le mot « amateur » en français possède un triple sens :

  1. Au premier sens du terme, c’est quelqu’un qui aime quelque chose, une personne qui a du goût pour quelque chose, l’apprécie, le recherche et en possède une certaine connaissance.
  2. C’est aussi quelqu’un qui pratique une activité pour son plaisir, et non pour gagner sa vie (par opposition au professionnel).
  3. Et par dérivation, c’est enfin une personne peu compétente dans un domaine.

Ces trois définitions correspondent bien à la pratique de la moto par loisir, qui caractérise l’essentiel des motards de route, qu’ils soient « motards du dimanche », « utilitaires » (trajets du quotidien, navettage), « JJA » (juin-juillet-août) ou « roule-toujours » :

  • Ils aiment la moto et se disent souvent « passionnés ».
  • La moto est pour eux une activité de loisir, de détente.
  • Et ils font preuve d’une maîtrise technique limitée.

Sur le premier point, pas vraiment de différence avec les pros : tous les motards aiment la moto, sinon ils utiliseraient autre chose.
Même quand le véhicule moto est un outil de travail, le motard pro a choisi son métier par amour de la bécane.

Sur le troisième point, la différence ne saute pas toujours aux yeux.
On voit parfois certains pros qui ne brillent pas par leur science du guidon.

La vraie différence se joue sur le deuxième point : un motard pro est payé pour faire son boulot, il roule parfois sur une moto qui ne lui appartient pas mais lui est fournie pour mener à bien sa mission, pour faire son métier.

Le fondement de son statut de professionnel est que la moto constitue son outil de travail : elle est un moyen, et non une fin en soi.
Il ne roule pas pour le plaisir de rouler, mais parce qu’il a une tâche à accomplir.

Je me souviens d’une discussion avec un instructeur de police moto qui me disait que (selon lui), la conduite professionnelle consiste à savoir toujours rouler le plus vite possible.
Je suis profondément en désaccord avec cette opinion.

La conduite pro, c’est de toujours rester à même de mener à bien la mission pour laquelle on est payé (que ce soit par un patron ou par les contribuables) et qui est assignée par nos supérieurs ou clients.

Se conduire en professionnel de la moto, ce n’est pas seulement une question de maîtrise technique de la conduite d’urgence, ce n’est pas seulement oser rouler vite en conditions difficiles… C’est mettre sa sécurité et celle de sa machine en priorité principale, afin de rester en capacité de remplir sa mission.

Un motocycliste rapide, mais mort ou blessé ou avec une moto incapable de rouler (car accidentée ou en panne), est un motocycliste inutile !

La différence fondamentale entre un motard « pro » et un motard « amateur » réside dans l’attitude, dans l’approche de la pratique moto.

Une très grande partie des motards roulent « pour le plaisir », pour se faire plaisir.

Pour le motard amateur, la moto est un loisir, c’est-à-dire une activité que l’on effectue pendant son temps libre, hors travail et hors obligations de la vie courante. Le loisir, c’est d’employer son temps à son gré, à faire ce que l’on veut, et de préférence comme on veut, en prenant son temps.

Dans le cadre du loisir motard, la moto devient une fin en soi.
On roule pour le plaisir, quel qu’il soit. Certains trouvent leur plaisir à moto en roulant vite, d’autres en accélérant fort, ou en faisant du bruit, ou en voyageant, en roulant en couple ou en groupe de pairs, en s’épargnant les peines des embouteillages et du stationnement…
Le plaisir à moto peut revêtir de nombreuses formes.

Ce qui ne change pas, c’est que le motard amateur recherche avant tout son plaisir.
Du coup, tout ce qui va le gêner, l’empêcher de rouler comme il veut, comme il en a envie, va être perçu comme contraire à ses valeurs, à sa vision de la pratique moto.

La moto, perçue comme un outil de liberté, devient un symbole de liberté.
Du coup, la majorité des motards amateurs refuse la contrainte.
Dans la mesure où beaucoup de motards amateurs roulent à moto pour se « vider la tête », ils refusent de se « prendre la tête » avec des procédures de sécurité.

Comparaison avec d’autres activités

La moto de route est une activité :

  • pratiquée en extérieur, dans un environnement précis (pas n’importe où) ;
  • plutôt physique, mais qui ne réclame pas forcément une condition physique de haut niveau ;
  • qui utilise des matériels, des équipements, des accessoires (pas juste notre corps, comme la course, par exemple) ;
  • qui génère des sensations, parfois fortes ;
  • qui s’apprend, avec une formation indispensable voire obligatoire, dispensée par un moniteur / instructeur et formalisée par des brevets, des diplômes ;
  • qui met en jeu un certain degré de dangerosité physique, pouvant aller jusqu’à des blessures graves, voire mortelles ;
  • qui est encadrée par des règles, des procédures à respecter (qui peuvent être violées, enfreintes).

On peut tout à fait comparer la moto à d’autres activités à caractère sportif : parachutisme, plongée sous-marine, ski, escalade, spéléologie…

Il ne viendrait à l’idée d’aucun pratiquant de ces disciplines (qui relèvent du loisir autant que du sport) de remettre en cause les consignes de sécurité.
Quand on est en chute libre à 1.000 mètres d’altitude ou en plongée à 30 mètres de profondeur, on sait que la moindre erreur ne pardonne pas.
Mais à moto, on se dit que ça va passer…

Il ne viendrait à l’idée d’aucun pratiquant de ces disciplines de ne pas revêtir une tenue adaptée ou de ne pas utiliser les instruments, les appareils, les équipements adéquats.
Alors qu’on voit régulièrement des motards rouler sans casque, sans gants, sans protection dorsale, en t-shirt, en sandales… et/ou sur des machines mal entretenues, avec des pneus sous-gonflés, avec des suspensions mal réglées ou usées.

Il ne viendrait à l’idée d’aucun pratiquant de ces disciplines de les exercer en étant sous l’empire de substances psychotropes, en n’étant pas au mieux de sa forme, de ses performances physiques et mentales.
Alors qu’on voit souvent des motards alcoolisés, ivres, shootés… et que la fatigue n’empêche pas beaucoup de motard de prendre le guidon pour rentrer chez eux.

Il ne viendrait à l’idée d’aucun pratiquant de ces disciplines de commencer (ou de recommencer après une période d’arrêt de pratique) seul, par soi-même, sans encadrement, sans formation.

Il ne viendrait à l’idée d’aucun pratiquant de ces disciplines à risque en extérieur de ne pas observer et analyser l’environnement, afin d’y adapter sa pratique.
En para, on ne saute pas par temps d’orage ou même de pluie ou de nuit, du moins on évite (à part les pros qui le font par nécessité opérationnelle).
En plongée, on ne plonge pas quand la mer est trouble, quand il n’y a pas de visibilité (à part les nageurs de combat).
En ski, on ne va pas en hors-piste sans un guide pro, on ne descend pas là où on sait qu’il y a des risques d’avalanche…

Pourquoi ces différences de comportement ?
En bonne partie parce que les pratiquants de ces différentes disciplines sportives conviennent que la sécurité permet de pratiquer correctement et donc amène le plaisir.

Quand tu es au fond de l’eau ou que tu sautes d’un avion en parfait état de marche, tu sais que ta vie (et celle de tes camarades) dépend du respect des consignes de sécurité.
Tu sais que le pied que tu vas prendre à plonger ou à sauter dépend du respect des procédures.
Tu acceptes de te plier à ces procédures parce que tu sais qu’en échange, ça va être le gros panard pendant quelques secondes ou quelques minutes.
Et cela ne pose aucun problème !

Parce que tous les pratiquants connaissent les consignes de sécurité.
Parce qu’ils ont tous été formés à les respecter.
Parce que l’essentiel du travail de formation initiale par un moniteur breveté consiste avant tout à inculquer le respect des procédures de sécurité. La notion de performance vient ensuite, plus tard.
En parachutisme ou en plongée, les examens de passage de brevets portent principalement sur la connaissance et la mise en pratique des consignes de sécurité.

Pour toutes ces activités, le pratiquant en club n’a pas le choix et doit se plier aux règles, sous peine d’exclusion, parce qu’il met en jeu sa vie et la vie des autres pratiquants.

Par contre, dans le cadre d’une pratique personnelle, en amateur, par loisir, chacun est libre de faire comme il veut.

Et d’ailleurs, on a tous les ans des exemples d’accidents de plongée, de para, de spéléo, parce qu’un pratiquant a décidé de faire n’importe quoi.
Ce peut être par bravade, par négligence, à cause de l’alcool…

En tant qu’individu, chaque pratiquant peut choisir de suivre les procédures de sécurité ou non.
A moins d’être suicidaire, comme on sait qu’on va le payer vite et cher, on fait le choix de respecter les règles.

Pourquoi est-ce différent pour la moto ?

Alors que ces activités sont comparables, la réalité vécue est toute autre dans le monde moto.
La culture de sécurité y est quasiment absente.
Pire encore, pour nombre de motards, la chute, l’accident, la blessure sont perçus comme relevant du vécu « normal » du motard. Un dicton motard ne dit-il pas qu’on n’est pas un « vrai » motard tant qu’on n’est pas tombé ?

Sans doute parce que beaucoup de motards ne perçoivent pas la route comme un environnement hostile.

On fait moins attention, parce qu’une erreur peut pardonner, parce qu’on a souvent de la chance, parce qu’on rattrape, parce qu’il n’y avait pas de voiture en face…
Et même quand on se rate, on se dit que « si ça passait, c’était beau » !

Parce que la sécurité à moto est souvent perçue comme « pas cool », alors que beaucoup de motards recherchent avant tout du « fun ».

Peut-être aussi parce que beaucoup de motards sur-estiment leurs capacités.

Pour nombre d’entre eux, surtout les hommes, leur moto donne une image d’eux-mêmes. Pour un homo motardus de sexe masculin, c’est très souvent un attribut de virilité. Pour eux, leur façon de conduire se doit de refléter cette virilité voulue, supposée. Elle va se fonder sur des critères de performance, de sensations fortes, voire de recherche de risque.

A cause de la culture française très scolaire, fondée sur le mythe du diplôme.

Pour bien des motards, le permis de conduire, autorisation administrative de circuler, suffit.
En français, le même mot « pouvoir » signifie à la fois « avoir le droit » et « avoir la capacité ». Alors que la langue allemande, par exemple, fait la différence entre ces deux sens, avec « können » et « dürfen ».

Pour la plupart des motards amateurs, le permis de conduire moto, obtenu à 18, 20 ou 25 ans, après quelques heures de cours, un examen pratique sur un parcours technique appris par coeur, et une épreuve en circulation de 15 à 20 minutes qui relève de la formalité… suffit à faire de vous un motard présumé compétent, jusqu’à la fin de votre carrière motarde (qui peut s’achever à 50-60 ans, mais de plus en plus à 70 ou 80 ans, voire plus).
Et ce, même si vous avez arrêté de rouler à moto pendant des mois, des années, des décennies…

Combien de fois ai-je lu ou entendu des motards affirmer : « je conduis bien, la preuve, j’ai 20 / 30 / 40 ans de permis moto » ?
Bien sûr, ils « oublient » de préciser qu’ils ont cessé de rouler pendant 5, 10, 20 ans…
Evidemment, ils ne mentionnent pas que, pendant ces longues décennies de détention du permis moto, ils ont parcouru moins de 100.000 km, voire moins de 50.000.
Ils ne se rappellent pas toujours qu’à l’époque où ils ont passé le permis, la formation initiale était réduite (avant la fin des années 1980), voire symbolique (avant 1973) et qu’ils ont dû apprendre (parfois mal) sur le tas.
Ils ne se rappellent pas toujours de toutes leurs chutes, des accidents qu’ils ont subi ou auxquels ils ont assisté, des copains partis trop tôt.

Combien de fois, dans mon activité pro, ai-je vu des motards « expérimentés » faire preuve d’un manque confondant de maîtrise technique ?
Je garde toujours en mémoire le propos d’un stagiaire qui disait : « je pensais avoir 20 ans de moto, je m’aperçois que j’ai le niveau de 20 fois un an de moto. »

Combien de fois ai-je entendu mes stagiaires m’expliquer que, quand ils ont parlé autour d’eux (à des motards comme à des non-motards) de leur volonté d’aller suivre un stage de perfectionnement moto, ils se sont vus répondre toujours la même phrase : « Ben pourquoi ? Tu as déjà le permis ! »

Résultat ?

Dans la culture motarde, la notion même de conduite de sécurité se trouve souvent dépréciée, rejetée.

Les équipements de sécurité sont dénigrés, que ce soit l’ABS, les assistances à la conduite (sur les « sportives ») ou le simple port du casque intégral dans le monde du custom.

Les comportements transgressifs sont valorisés et leurs conséquences, niées ou minimisées.

Combien de motards rigolent à la lecture des célèbres planches de la bande dessinée du Joe Bar Team, dont les personnages accumulent les gamelles (avec de fréquents séjours à l’hôpital, mais toujours sans handicap grave, ni issue fatale), sans percevoir que l’auteur Bar2 a voulu faire rire en montrant tout ce qu’il ne fallait pas faire ?

La moto et la culture de sécurité

Un point fondamental : il faut bien comprendre et admettre que la sécurité représente toujours une contrainte.

Quel que soit le domaine, dans l’industrie, le transport aérien, l’informatique, le nucléaire, la circulation routière… la sécurité entraîne toujours des contraintes et souvent une perte de temps.

La sécurité, ce sont des consignes à suivre, des procédures à respecter, des précautions à prendre. Cela suppose forcément de ne pas faire comme on veut, quand on veut, où on veut…
La sécurité, c’est de la contrainte, donc de la frustration, donc un moindre plaisir, donc une perte de liberté perçue.

Tout ça pour diminuer ou éviter un risque qui n’a de toute façon que de chances de se réaliser.
La sécurité, c’est toujours une contrainte qui semble inutile. Jusqu’au jour où…

La sécurité, c’est une culture.
Certains l’ont, d’autres pas. Dans tous les cas, c’est de l’acquis, pas de l’inné. Ceux qui la possèdent l’ont apprise.

Là encore, je me souviens en avoir discuté avec un stagiaire qui travaillait dans le domaine du nucléaire et qui m’expliquait à quel point la culture de sécurité y est présente, avec l’obligation de formation permanente, tout au long de la carrière.
Lui appliquait « naturellement » la même démarche à sa pratique moto.
Mais plein d’autres motards qui travaillent dans des domaines professionnels avec une forte culture de sécurité n’adoptent pas la même démarche pour leur pratique motarde de loisir.

Même pour un motard amateur, il est possible de faire preuve d’une approche « pro » de la moto.
Lire Se conduire en “vrai pilote”.
Mais ne rêvons pas, très peu en font l’effort !

Changer d’attitude suppose de se remettre en question, ce que très peu d’êtres humains acceptent et parviennent à faire, surtout quand il s’agit de motards qui existent à travers la moto et veulent donner / garder une image d’eux-mêmes virile / jeune.

Très peu de motards (mais de plus en plus, quand même) admettent ou arrivent à comprendre qu’acquérir une bonne maîtrise technique, de l’aisance, afin de l’appliquer à une conduite fondée sur la sécurité n’enlève rien au plaisir de pratiquer la moto.

Au contraire !
Bien mise en pratique, acquise et maîtrisée au point de devenir un automatisme, la conduite de sécurité augmente le plaisir de conduite.

Toute la difficulté est d’accepter d’en passer par la phase d’apprentissage, d’acquisition, d’assimilation.
Ce qui suppose déjà, au départ, une prise de conscience, l’acceptation que l’on n’est pas toujours « au top », du moins pas autant que souhaité.
Puis développer la motivation pour accepter de consacrer du temps (éventuellement de l’argent) à se perfectionner, au lieu d’aller se balader.
Enfin, trouver la détermination nécessaire pour sortir de sa « zone de confort », faire des efforts, parfois risquer de faire tomber sa machine…

Au final, ce n’est qu’une question de priorité, donc de motivation.

  33 comments for “Se conduire en motard responsable

  1. PILJEAN
    17 novembre 2019 at 23:03

    Flatfab
    Merci pour ce superbe article.
    Tout motard doit rester humble et responsable.
    Comme bien d’autres, je me suis fait avoir:
    par la voiture qui grille un feu rouge quand j’avais 20 ans
    par le reflet du soleil sur un étang alors que le soleil sur la route trempée me laissait penser que la route continuait tout droit
    par le verglas et la neige qui viennent à tomber sur mon parcours et qui compliquent mon voyage à moto.
    Cet article remarquable met bien en lumière notre responsabilité devant le risque avec des activités que j’ai pratiquées comme la plongée bouteille, le ski, le sport automobile sur circuit. Etre responsable, c’est bien connaître le risque, l’accepter, l’éviter, se former.
    Oui, il faut se remettre en cause sans cesse. Je suis 100% d’accord; tout motard, tout automobiliste, devrait faire au moins tous les deux ans un stage de conduite avec maniabilité, freinage d’urgence, trajectoires, de préférence avec pluie, nuit, voire neige, verglas.
    Même si je roule par tous temps en moto, j’ai toujours à apprendre à 64 ans et encore dans 20 ans…
    Quel article, quel style, Bravo.

  2. Jacques
    17 novembre 2019 at 19:53

    Permis à 16 ans et j’en ai 64,
    Bravo pour avoir developpé avec tant de perspicacité le « se proteger » pour pratiquer le plus longtemps possible et etre heureux de se faire plaisir.
    Et merci de cet investissement, il devrait y avoir une lecture obligatoire de votre article lors de la formation au permis de conduire.
    bien à vous, JB

  3. Cedric
    16 novembre 2019 at 22:27

    Vos articles, et les commentaires qu’ils suscitent sont toujours interessants.
    Mon moniteur au permis me repetait sans cesse que toutes les fois ou il s’était vautré, une part de l’accident lui était imputable. Bien sûr, à moto comme piéton on peut se faire renverser par « accident ».
    Ce meme moniteur n’a jamais eu l’occasion de me montrer comment conduire la nuit, avec une bruine qui colle au casque, dans le froid, …. Je decouvre cela tout seul depuis 3 ans, et y a bien des matins ou mes 30 bornes pour aller bosser, les doigts froids, la buée ou l’oeil qui pleure, je fais pas le fier…et je me dis a chaque fois que cette formation permis A ben c’est pas le top et mes 35ch seraient bien suffisants pour me bourrer tout seul sur la premiere bouse de tracteur venue, ou un cadavre de renard… J’ai preferé un zebra en sortie de rond point, en acceleration, la voiture devant freine (sans doute avec une bonne raison) j’ai ecrasé l’avant et je l’ai perdu, coup de bol je n’ai rien perdu d’autre… En me relevant, je me suis « mon moniteur avait raison ». Et j’suis reparti au taf.

    Ce permis, ben il est trop leger, c’est sûr.

  4. Gaël
    16 novembre 2019 at 21:32

    Bonjour, j’ai entendu un conseil quelque part : « Roule comme un parano, dis toi que chacun des véhicules que tu croise VEUT te percuter ! » Et bien après avoir été percuté par une voiture, côte fellée, épaule très douloureuse pendant plus de 6 mois, j’ai mis en pratique ce conseil, et depuis, j’ai évité tant de chocs … je ne cesse d’imaginer que cette voiture ne m’a pas vu arriver, que ce camion se fout de ma priorité, que la caisse que je double va tourner sans cligno, que les portes des voitures garées vont s’ouvrir … bref tout, et bien ça aide vraiment. Bonne route les gars 🙂

  5. Julien PHAM
    16 novembre 2019 at 21:19

    Je ne peux qu’être d’accord avec quelqu’un qui cite moorcock 🙂
    Très chouette article. Je reprend justement la moto après presque 20 ans, malheureusement je n’ai pas eu le temps de faire quelques heures de conduite avant mais je compte bien les faire prochainement et m’inscrire à des stages de perfectionnement… Et être prudent en attendant…

  6. Philippe Roche
    27 août 2018 at 17:37

    « Se conduire en motard responsable » dépend de la façon dont on entend utiliser le réseau routier.
    Dans mon cas, il s’agit de promenades à vive allure, sur des routes que je ne ne connais pas toujours, avec de petites bourres quand les conditions me le permettent, mais en respectant toujours les trajectoires de sécurité et en gardant une marge de sécurité permettant de pallier des situations imprévues (gravier, camping-car, zone humide…)
    A l’inverse, on voit beaucoup de jeunes motards en roadster ou en sportive qui sont devenus des spécialistes de telle ou telle route « mythique ». La D 311 entre Thurins et St-Martin-en-Haut ; la D 534 entre Tournon et Lamastre ; la D 518 entre Die et le col de Rousset ; la D531, les gorges de la Bourne, et bien d’autres. Ils roulent souvent et groupe, ils connaissent tous les virages, qu’ils prennent tous à la vitesse la plus rapide possible.
    Je ne cache pas que ces jeunes motards m’agacent quand ils me dépassent tous, mais je constate aussi que leur meilleure connaissance de la route que j’emprunte en même temps qu’eux les pousse à commettre des imprudences.
    Dernier exemple en date, les gorges de la Bourne avant-hier. Route étroite, avec la falaise à gauche, un parapet à droite et d’énormes rochers en surplomb. Tout un groupe me dépasse et enfile des trajectoires incompatibles avec le croisement d’un camping-car ou d’un car, que l’on rencontre pourtant fréquemment à cette saison. Tout se passe bien, heureusement.
    Au total, je préfère me dire que j’ai roulé en sécurité plutôt que de penser « Si ça passait, c’était beau ! ».
    Mais quand même…

  7. MARCASSIN
    25 novembre 2017 at 18:06

    Victime d’un accident au mois de mai. Circulait tranquillement sur CD limité à 50Kms . Une intersection .Je réduis ma vitesse 30Kms quand une voiture venant de droite grille le stop pour circuler en sens opposé à mon sens de marche. Un cisaillement en biais inévitable .Je ne peut l’éviter ni par la droite ni par la gauche . Freiner au maxi et éviter le choc frontal. le contre choc renvoie ma moto en arrière ( BMW R 850R) .Automobiliste 100 pour cent tord reconnu par PV . Motard 5 jrs hôpital poignet G fracturé bassin fracturé ( épissure) 70 ITT . J ai 65 ans plus de 30 ans de moto grosses cylindrées. Auparavant jamais d’accident .A pratiquer parachutisme chute libre chasse sous marine en libre sport de combat tir et métier haut risque J’ai racheter une bmw 1200 nine t je vais avoir 66 ans et je roulerai tant ma santé physique et mentale me le permet et tant pis pour ceux et celles qui prennent les gens comme moi pour des fous. LA VIE CONTINUE.

    • brisy
      27 novembre 2017 at 14:34

      salut Marcassin,
      parfois le destin nous attend au coin de la rue…..je te félicite d’avoir eu le goût de recommencer…. pour moi, après l’accident remettre le cul sur la selle était une priorité ! à nous de faire le maximum pour conduire en sécurité; mais ceci posé : la vie continue , comme tu dis
      amicalement
      marco

  8. 9 novembre 2014 at 13:10

    « seule « une approche humble » évite l’accident »

    Quoique cet article date 🙂 je l’ai lu avec attention. Car il souligne le fait que certains motards, trop rares, ont un je approche que je partage, certains avec expérience d’autres moins. Ca fait un bail que je conduis des 2 roues et un bon moment aussi que je prend mes distances avec les clubs/groupes motards etc.
    Bien sur je suis de ceux qui s’arrèterons pour un motard en panne ou en difficulté, mais j’ai appris à me méfier de la « grande famille », celle qui voudrait que si on enfourche un deux roues on devient un « chouette motard », qu’on partage tous les même idées, que la faute c’est toujours chez les autres, blabla..

    Et bien non, j’ai croisé un tas de « crétins débiles » à moto (des sympas aussi heureusement), mais je ne me sens aucunement solidaire des toutes une série d’idées ni « concept » de cette fameuse famille qui a un peu trop tendance à s’appuyer sur des certitudes de comptoir.
    De plus, avouons-le, avoir envie de sortir des dogmes précontraint est souvent mal vu dans ce « milieu » qui sous des discours parfois ouvert existe une pression réelle sur la liberté de penser individuellement.

    Notre sécurité passe d’abord et avant tout par nous même, pour une raison très simple, à moto on est toujours perdant. On pourra râler 150 ans sur « les autres », le complot intergalactique contre les « motards », qu’on soit en droit ou en tort dans les statistiques est un simple indicateur car quoiqu’il arrive, en tant que motard, on « perdra » d’office le combat, la vie, ou une partie de notre autonomie.

    Je ne veux pas dire dire et je n’ai pas dit qu’il ne fallait pas certains combat, mais que le premier choix est individuel. Rouler ou non, en sécurité ou non (le plus possible). Si on répond oui au deux questions alors la seule décision qui s’impose est d’admettre nos faiblesses, au sens propre comme au figuré, bref une remise en question individuelle car c’est le SEUL moyen existant immédiat pour assurer/augmenter sa PROPRE sécurité.
    Tous le reste est juste du blabla.

    Merci pour cet article qui me prouve que même si nous ne sommes pas nombreux, il existe un nombre de motards qui pense vraiment au mot responsabilité.

    • robert
      10 novembre 2014 at 18:24

      ++++++ avec madmike

      • Julos
        23 décembre 2015 at 21:24

        Je répond avec retard mais sa fait plaisir de voir des motard comme madmike, du moins sa vision de la moto.
        Je viens d’avoir mon permis et j’ai déjà pu constaté que avec le temp j’ai pris une sorte d’aissance au guidon, et cet aissance me fait peur car je sais que c’est elle qui peut me mettre au tas pour rien. Donc avec un réelle travaille sur moi j’essaye de calmer ce second moi un peut fou car oui et sa va en faire sourir plus d’1 même avec 25 cv on peut très vite se mettre au tas suffis de pousser 5 eme qui en general ne rechigne pas a monter a 120.

        Bref, personellement en tant que jeune motard j’ai déjà abandonner les club car je me suis embrouiller avec un chef qui na pas supporter que je respect les limitation, et de plus j’essaye de jouer un maximum la carte de l’anticipations plutot que la carte de la situations d’urgence. Sincerement sa coute quoi de se mettre a 70 au lieu de 90 au abord d’une intersection un peut traite ?(je pourrais ecrire un roman de tout ses situations) surtout quand y reflechissant bien la douce sensation que tout le monde rafole c’est bien l’accelerations et non la vitesse, sa permet de profiter d’une petite accelerations.

        Fin bref, je pense que ont a pas besoin de chiffre pour dire qu’il y a plus de motard fou que de motard responsable, c’est dommage mais c’est comme sa surtout que soyons honnete internet n arrange pas les choses.

        Bref, on va pas faire des lecon de morale a tout les motard fou car on les salut et puis après tout le danger tu peut le crée, l’éviter, l’anticiper mais t’aura toujours un facteur chance qui va faire que peut être tu aura mal réagis mais malheureusement souvent sa se paye d’une vie !

        • robert
          24 décembre 2015 at 11:25

          ++++++Julot
          si cela peut intéresser certains, j’ai développé une petite règle mémotechnique permettant au motard d’augmenter ses chances de survie: grand V = 5 petits V.
          grand V, comme Vulnérable (les motards le sont tous)
          5 petits v : ma vitesse (je la maîtrise, je la respecte), ma visibilité (je l’augmente), ma vigilance (je bannis alcool, stup, médicaments, fatigue), mes vêtements de protection (j’en porte en toutes circonstances), mon véhicule (je l’entretiens et le laisse d’origine)

    • Teomme
      24 décembre 2015 at 12:01

      Perso, je roule seul la grande majorité du temps, hormis mon road trip avec des potes que j’ai rencontré bien avant la moto, autour d’autres passions (d’ailleurs on a découvert un peu par hasard qu’on faisait tous de la moto, c’est dire comme on était des riders solitaires !
      Le monde motard est plein de paradoxes et de kékés et ça ne me donne pas envie d’aller ni dans les clubs (rouler à plus de trois c’est vite lourd) ni dans les rassemblements (vive le bruit et les frimeurs).

      Pour la p’tite histoire:
      Hier, je gare ma moto à côté de deux autres (dont un modèle identique au mien). Je repère d’un coup d’œil les pots neufs.
      Lorsque je reprends la moto, les deux bonhommes sont aussi en train d’enfourcher les leur.
      Petit salut de la tête, et le mec me dit en souriant « va falloir penser à changer de pot ! »…(j’ai celui d’origine reconnu comme peu démonstratif)
      C’était dit gentiment, mais n’empêche que ça montre bien ce que sont les dogmes motards: Avoir un pot bruyant, rouler vite…

      La liberté en moto existe (il suffit d’avoir fait des courses en ville un 23 décembre pour s’en convaincre 😀 ) mais elle peut vite être étriquée , et confondue avec le fait de se plier aux codes imposés par la presse et l’industrie motocycliste.

      • robert
        26 décembre 2015 at 17:42

        Rassurons nous, les motards sont grégaires, mais quand même, le jour ou ils auront la même moto, liront le même magazine, auront le même assureur, choisiront le même antivol, auront les mêmes formateurs formatés….Et ben il est pas pret d’arriver 🙂

  9. André Sterpin
    2 septembre 2013 at 01:27

    J’apprécie beaucoup votre travail, mais je suis un peu circonspect quand à la certitude de la responsabilité des deux parties.
    Un petit camarade s’est retrouvé avec une autre voiture à l’envers sur son toit, difficilement prévisible n’effectuant aucun dépassement et en regardant bien devant soi!

    Sinon, merci beaucoup pour ce site où j’apprends beaucoup!

  10. Didier P
    25 février 2012 at 13:52

    Bonjour à toutes et tous, j’ai passé le permis A1 il y a 30 ans, j’ai repris une 125 depuis 3 ans, je fais environ 18000km par an pour le boulot (conditions de campagne essentiellement ex Marseille Laciotat par la gineste tout les jours y compris l’hiver(suis originaire de l’est lol) sauf quand il neige(bus) , j’avoue que certains motards par ici me font peur j’arrive à me demander lorsqu’ils me doublent dans la gineste , si je vais pas les retrouver en bas du ravin,et pourtant de temps en temps les gendarmes sont dans le coin, mais pas dans les virages du col sur la ligne droite pour voir si ils dépassent pas le 90 lol, je trouve qu’en dissuasion ça fait juste,non? Et ça c’est pour les gros cubes, je ne parle même pas du 50CC qui m’a mis deux km dans la vue , alors que mon compteur marquait 100km/h,dans un bruit infernal, alors là c’est éxagéré, on peut se demander légitimement »que fait la police? »
    de mémoire il me semblait que les 50 ça roulait a 45km/h plus ou moins LOL
    Pour moi être motard responsable , c’est ne rien sacrifier à sa sécurité, et a celles des autres, et comme pour la voile que je pratique un peu , surtout ne pas partir en pensant que le chemin sera le même qu’hier(trop d’assurance c’est le risque d’erreur qui peuvent entrainer de lourdes conséquences)

    Tiens j’ ai une question, pour le nouveau permis A2, dans quelle conditions pensez vous que je puisse l’obtenir? il me semble qqu’une 250 sera plus appropriée, notamment sur autoroute sur lesquelles je galere un peu
    Merci de vos réponses cordialement Didier

    * * *

    Réponse

    Le permis A2 ne concerne que les personnes âgées d’entre 18 et 24 ans, et encore pendant seulement deux ans.
    Pour conduire une moto 250 cm3, vous devrez obtenir le permis A. Les épreuves d’examen sont les mêmes.
    Voir les articles concernant le permis moto sur ce site.

  11. FranckyGoes
    24 février 2011 at 22:19

    Comment être un bon motard, responsable … et respectueux des autres usagers.
    La question est posée. La réponse est en chacun de nous comme tu le dis et tu donnes de bonnes « recettes ».
    A chacun de savoir quand il roule au dessus de ses pompes par rapport aux conditions météo, de circulation ou de fatigue.
    L’arsouille, c’est bien mais vaut mieux être au mieux de sa forme et de sa concentration. La prudence générale est de mise : NE PAS faire confiance aux autres usagers, NE PAS se faire non plus trop confiance A SOI, TOUT anticiper.
    C’est là qu’on reconnait un vrai pilote, responsable (aware comme dirait un certain Belge pratiquant les arts martiaux lol).
    Il sait apprécier le risque à sa juste valeur, quand et où il vaut mieux rendre la main.
    Et le pilotage prend alors tout son sens : faire corps avec sa machine; la dompter, tous ses sens en éveil, les muscles prêts à se tendre pour une action dans l’urgence.
    C’est cette connaissance de prendre des risques calculés qui donne une certaine sensation de liberté au guidon, enivrante et jouissive.
    Le pilote responsable cogite à donf au guidon de son engin, oscillant en permanence entre le risque et la sécurité, les sensations et le confort.
    Sa survie est à ce prix.
    Encore merci à toi Fab
    FranckyGoes
    V+++

  12. Ornach
    29 décembre 2010 at 18:50

    « je pense pour ma part qu’un motard (un usager de la route en général, d’ailleurs) est TOUJOURS responsable, au moins partiellement, en cas d’accident. »
    Je le pensais; et je me disais « si tu es hyper vigilant, que tu te construis des stratégies de protection , tu peux éviter l’accident »
    Eh bien non ! un jour, à 10m avant un rond point , en attente dans ma file, bien au milieu, (ma femme était derrière !) j’étais vigilant aux arrêts/ départs et je n’ai rien vu arriver : un véhicule est entré dans le rond point à 9h pour en sortir par la voie ou j’attendais peinard; sauf qu’il est sorti un peu (trop!) à gauche: d’ou crash costaud ; merci BMW le cylindre du flat m’a sauvé le pied !
    Je ne sais vraiment pas ce que j’aurai pu (dû?) faire pour éviter l’accident ce jour là: mauvais endroit, mauvais moment!
    Et je dis ça alors que je suis , en général (et non pas toujours!) assez d’accord avec la citation du début !

  13. Xieht
    29 décembre 2010 at 00:52

    100% d’accord : l’accident n’est pas une fatalité et dans presque tous les cas il y avait quelque chose à faire pour l’éviter.

    Pratiquant aussi l’alpinisme, on a pour habitude de distinguer le risque objectif et le risque subjectif. En gros, le premier c’est le sérac qui s’écroule quand vous êtes dessous, c’est la chute de pierres dans un couloir. Imprévisible, vous êtes juste au mauvais endroit au mauvais moment. Sur la route, je n’y crois pas. Je n’ai encore jamais vu une voiture tomber du ciel sur un motard (d’un pont pourquoi pas, c’est le « presque » de ma 1ère phrase, tellement rare).

    Je citerai juste les conseils de mon moniteur d’auto-école dont je me rappelle toujours 25 ans après :
    * ton comportement doit toujours être prévisible
    * tu dois toujours prévoir ce qui va arriver autour de toi
    * tout peut arriver

    Résultat : je suis le conducteur en voiture le plus chiant du monde. Je ne parle quasiment pas à mes passagers –> je m’occupe de la route (et je râle devant les comportements imbéciles, désolé)

    Résultat bis : pas d’accident

    Résultat ter : je me dis que n’avoir pas eu d’accident en 25 ans ne veut strictement rien dire pour les années à venir

  14. Juju
    30 septembre 2009 at 12:48

    « Pour info, un blessé grave (handicapé lourd et à vie) coûte au total entre cinq à six millions d’euros aujourd’hui en France. »

    Achevons les 😉

    • toto
      26 mars 2013 at 15:59

      achevez moi si ça arrive !

      • 27 mars 2013 at 09:24

        bonjour,
        à l’occasion de ce commentaire ,je relis la conclusion de cet article et ses trois éléments; je me demande: suis-je au point avec ces trois trucs? pour le premier : oui mes protections sont plutôt au top… le second; déjà plus rare, mais celà m’arrive encore de tester l’abs tranquillement en ligne droite , juste pour voir!! ou d’essayer d’éviter absolument cette plaque d’égout , là ! pour le troisième point…. pas sûr que je sois capable de m’empêcher de prendre trop de risques, pour des raisons bêtes, énervement, las d’attendre derrière l’autre C… qui ne veut pas se ranger, etc…. du coup ,je me dis que le chauffard le plus dangereux: ben c’est moi…..et vous?

        • olbir
          27 mars 2013 at 22:16

          Il est illusoire d’imaginer que même avec de l’expérience nous sommes à l’abri de la faute; avec le temps nous savons bien que la moto comporte un risque plus important, mais n’est ce pas la une raison en plus du plaisir de la conduite qui fait que nous apprécions tant ce moyen de rouler? Alors sommes nous pour autant des chauffards, je ne crois pas.

          • 28 mars 2013 at 09:56

            merci , j’ai envie de croire que tu as raison…
            marco

      • Philippe Roche
        28 mars 2013 at 17:19

        Cher Monsieur,
        Nous sommes enchantés de voir en vous notre premier client potentiel depuis la création de notre entreprise « On Achève bien les Chevaux ». Afin de pouvoir finaliser votre dossier, nous vous serions reconnaissants de bien vouloir nous communiquer vos nom, adresse, le moyen que vous avez choisi pour nous prévenir en cas d’accident grave, et surtout votre numéro de Carte Bleue.
        Soyez assuré que, dans tous les cas, nous trouverons un moyen approprié pour vous faire passer de vie à trépas de façon indolore, pourvu que le moyen de payement que vous avez choisi soit en mesure de couvrir les frais qu’une telle intervention implique.
        Dans l’attente de vous lire, je vous prie de croire etc…
        (;-)

        • Philippe Roche
          28 mars 2013 at 17:23

          En fait, c’était une réponse destinée à toto, mais elle ne s’est pas placée comme je le voulais.

      • 29 mars 2013 at 09:58

        pour philippe
        Monsieur,
        Nous sommes enchantés de voir en vous notre premier client potentiel depuis la création de notre entreprise « On Achève bien les Chevaux ». Afin de pouvoir finaliser votre dossier, nous vous serions reconnaissants de bien vouloir nous communiquer vos nom, adresse, le moyen que vous avez choisi pour nous prévenir en cas d’accident grave, et surtout votre numéro de Carte Bleue.
        Soyez assuré que, dans tous les cas, nous trouverons un moyen approprié pour vous faire passer de vie à trépas de façon indolore, pourvu que le moyen de payement que vous avez choisi soit en mesure de couvrir les frais qu’une telle intervention implique.
        Dans l’attente de vous lire, je vous prie de croire etc…
        (;-) :

  15. Ornach
    6 juillet 2009 at 20:07

    Bien d’accord sur la responsabilité partielle en cas d’accident; mais ce n’est pas le plus important: ce qui est réellement important c’est ce que je peux apprendre de cet accident quand je m’en sorts sans trop de casse corpo; et de même quand ça s’est bien passé, mais trop juste trop chaud !
    la responsabilité ,de sa sécurité, de celle des autres (mais bon soyons réaliste: surtout de la mienne!) ne serait-ce pas plutôt un état d’esprit: quelle stratégie de protection puis adopter pour limiter le risque et prolonger ce plaisir de rouler en moto?
    Cela se construit au fil les chaleurs, des Km et des années;
    Par contre ces situations (à risques) ne me semblent pas enseignées, transmises ni même répertoriées, avec leurs stratégies de protection « possibles »
    Il resterait à chacun de faire son marché dans ce pannel de comportements inventé et mis en commun
    Ne serait-ce pas celà se prendre en main ??

    – – –

    Réponse

    Oui, bien sûr, ce serait merveilleux de pouvoir réunir et partager nos expériences pour apprendre les uns des autres.
    Reste à trouver par quel moyen, sous quelle forme…
    Ce site est une première idée. Je travaille sur une autre, avec une association de formation continue des motards, pour des cours de perfectionnement tout au long de l’année.
    S’il y a d’autres idées, je suis preneur.

  16. Arnaud
    12 novembre 2008 at 09:36

    Bonjour, et encore bravo pour un article bien fait, franc du collier, et fondé sur des faits et non une simple idée.

    Je me permet de repondre à Hervé. Je suis tout à fait d’accord avec lui sur le fait que seule « une approche humble » evite l’accident, que ce sois sur 2, 4, 3, ou 27 roues. En revanche, je me permet d’apporter un leger bemol sur la notion de « maturité ».

    Ayant 21 ans, 2 ans de permis B en main, et 5 ans d’études superieures derrière moi, je peux dire objectivement que la maturité, surtout sur route, n’est pas directement lié à l’age. Alors oui, je suis d’accord que la limitation en puissance à 21 ans evitera aux jeunes tout frais d’aller se vautrer en beautée avec une grosse R1 toute belle que papa et maman Jean Naiduflouz lui auront offert pour son noel, mais n’est-ce pas reducteur de considerer que l’age est le seul facteur de maturité ?
    De plus, mais la on se lance dans un debat plus general sur la notion de seuil, est on reellement plus mature à 21 ans qu’a 20 ans ? Ou à 22 qu’a 21 ?

    Malgré tout, je le concede, nous somme dans une société qui necessite des règles generalisées, et le palier d’age semble, malheureusement, la solution la plus pratique.

    Je conclurai sur mon avis, qui vaut ce qu’il vaut : la maturité nait dans l’experience.

    Pourquoi ne pas faire visionner aux nouveaux inscrits aux permis (oui j’ai bien dit auX) un film clair et franc, sur les dangers du vehicule associé, et de la route par extension, pour sois, comme pour les autres (famille inclue, par retour de balle) : vidéo de temoignage d’handicapé lourds, details d’un accidents. … Mais aussi obligation des equipements de securité : expliquer le role de chaque élement : « si vous ne mettez pas votre cuir, ce n’est pas seulement une amende que vous risquez, mais, outre de nombreuses et douloureuses fractures, d’importantes liaisons cutanées » etc etc. Qu’on ne vois plus des cakes en GSXR-750 en short et t-shirt (qui n’ont pas tous 21 ans …).

    Batissons des hommes au lieu de construire une repression.

    Bonne route à tous

    Arnaud

  17. hervé
    11 novembre 2008 at 23:54

    A près plus de 10 ans de pratique diverses, ville, rando d un jour ou sorties de plusieurs jours Il me parait évident que c’est une’ approche humble et anticipatrice de la route qui peux nous éviter des accidents. J ‘y ajouterai une attention de chaque instant et le fait de ne jamais se considérer comme un trés bon, de ne’ pas jouer sur la facilité que procure une moto que nous connaissons trop bien.Ne perdons de pas de vue qu’entre
    2002 et 2008 le parc roulant a gonflé de plus de 35% avec beaucoup de trés jeunes permis , en réalité encore des ados avec des mentalités de gosses qui jouent avec leur nouveau jouet la moto comme ils le font avec leur jeu vidèo. Nous revient l’éternel problème de la maturité plus tardive chez le garçon. L’idée qui circule » depuis un certain temps déja de décaler son passage de permis à 21 ans me semble une solution sage et trés raisonnable au regard de leur taux accidentogène trés nettement supérieur aux filles. Ce délai de 3 années leur permettra d’acquérir la maturité nécessaire et le sens de la responsabilité

  18. Raphaël
    30 mars 2008 at 17:32

    Bonjour,

    Je ne suis évidemment pas d’accord concernant notre responsabilité permanente : quid de l’accident par l’arrière, faute à un conducteur ne sachant pas discerner les distances (personne âgée, mal-voyante, ivre, ou tout simplement un connard qui ne pète que plus haut que son cul) ? Arrêté à un feu rouge, tamponné par deux rougeots, quel était ma responsabilité ?

    Non, il n’y a pas de stigmatisation à faire sur notre communauté, mais bien sur l’ensemble des usagers de la route, piétons compris, car nous ne sommes que très rarement responsables de l’accident : 5%, 1% par inadvertance, 2% à cause de la vitesse, 2% à cause d’une perte de contrôle du véhicule (source INSEE 2007).
    Il faut dire la vérité au public : les précautions doivent être obligatoires, ne serait-ce qu’à cause du coût engendrés par des brulures facilement évitables; mais il faut aussi faire confiance aux motards, notamment en supprimant ces brides ridicules aux jeunes conducteurs, tout en conservant celle des 100ch. éventuellement.

    Malgré cela, je suis d’accord avec une grande partie de votre article, et vous en félicite par ailleurs.
    Amicalement,

    Raphaël.

    – – –

    Tout le monde a le droit de ne pas être d’accord.
    Mais même dans les cas que tu cites, le motard avait une possibilité d’éviter l’accident. Quand on s’arrête au feu rouge, on reste en première et on garde un oeil sur les rétros, justement pour surveiller si un crétin n’arrive pas à fond de train.
    Il faut discerner entre la responsabilité pénale, la responsabilité d’assurance et la responsabilité technique, voire « morale ».
    L’idée générale est tant que le motard avait moyen d’éviter l’accident, on peut dire qu’il en est partiellement responsable (de mon point de vue).

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