Mes conseils pour réussir le parcours avec freinage à allure rapide de l’examen pratique hors circulation (plateau) du permis de conduire moto, A1 et A2. 

Première publication en août 2011.
Mise à jour en mars 2020.

Rappel du parcours complet :

Introduction

Ne rêvez pas : ce n’est pas l’exercice de freinage enseigné lors de la préparation à l’examen plateau du permis moto qui apprend à bien freiner « en urgence » !

Pour un freinage à 50 km/h, totalement anticipé, répété des dizaines de fois, sur bitume propre et sec (la plupart du temps), où on vous dit qu’il faut freiner à partir de là et vous arrêter là, en 3e sans rétrograder, avec calage autorisé…
C’est tout, sauf un vrai freinage d’urgence ! Tout juste un freinage appuyé.

Soyez bien conscients qu’en sortant du permis, vous ne savez pas réaliser correctement un freinage puissant et non anticipé, dans une situation totalement imprévue, au milieu du trafic, sur un revêtement souvent sale et parfois dégradé, surtout si c’est en courbe ou virage.
Restez humbles et prudents !

Pour en savoir plus, lire Freiner à moto (et en scooter) – Première partie.

Consignes d’examen

La distance entre les lignes C6 et C5, donc la distance maximale de freinage admise pour une vitesse de 50 km/h, est de 15,75 m.
En cas de piste humide, la distance admise pour le freinage est allongée de 3,90 m (ligne C4), mais le reste du parcours ne change pas.

Deux erreurs ou plus, une erreur de parcours, une chute de la moto, un arrêt hors zone imposée, un non-respect des vitesses minimales imposées, ou encore un freinage déclenché avant la ligne C6… et c’est le C, éliminatoire.

Pas le droit de freiner avant la ligne C6.
C’est bien souvent un réflexe que de vouloir préparer l’arrêt.
Bien sûr, vous savez que vous allez devoir vous arrêter, c’est humain de poser les doigts sur le levier de frein avant, voire de commencer à freiner. Mais vous êtes dans le cadre d’un examen. Vous n’avez pas le droit de préparer la manœuvre d’arrêt, c’est censé être une surprise, rappelez-vous…

Ne dépliez pas les doigts, ne les posez pas sur les leviers.
L’inspecteur regarde vos mains, les gants noirs sur les leviers argentés se voient tout de suite.
Par contre, vos pieds peuvent s’avancer pour se mettre au-dessus des commandes (sélecteur et frein arrière), mais sans appuyer dessus.

Vous n’avez pas le droit de freiner, mais vous avez le droit de décélérer, c’est-à-dire de couper les gaz, avant la ligne C6, si vous voyez que vous arrivez à plus de 60 km/h compteur.

Conseils

Dans le cadre d’une progression pédagogique logique, on commence par travailler :

  • d’abord le freinage,
  • puis l’évitement sans freinage,
  • enfin l’évitement avec freinage.

Pour l’évitement, lire Conseils pour l’évitement.

Le regard

Pour freiner juste, il s’agit avant tout de toujours garder le regard haut, au loin.

En arrivant de la ligne droite, regardez votre zone d’arrêt.
Vous la regardez, mais votre champ de vision est plus large que cela : il vous permet de voir l’inspecteur sur le côté, les points blancs au sol, les plots qui sont sur le terrain… 
Dès que vous ne voyez plus la ligne d’arrêt C6, c’est que votre roue avant est dessus.
Il est temps de freiner !

La position

Vous n’avez pas le droit de poser les doigts sur le levier de frein, mais vous pouvez préparer votre position.

L’appui sur les pieds sur lesquels doit porter le poids du corps (et non sur les fesses), genoux serrés et bras raidis, voire en position tendue (mais pas verrouillés), évite de glisser vers l’avant et garantit la tenue de cap.
De plus, la maîtrise d’un éventuel blocage de la roue avant (en cas d’absence d’ABS) sera meilleure.

Un point toujours aussi important, c’est de serrer les genoux.
Dès que vous commencez à freiner, il faut tendre un peu les bras pour se repousser en arrière et surtout raidir les bras, les contracter.

Grand sujet de débat et de polémique, le nombre de doigts à appliquer sur le levier de frein pour effectuer un « bon freinage ». 
On oscille entre un et quatre…

Problème d’utiliser quatre doigts : le freinage sera certes très puissant, mais souvent trop, et risque de générer facilement un blocage de roue avant et/ou un délestage de l’arrière (dorénavant interdit).
Un doigt ? C’est souvent trop peu, le freinage manquera de puissance, mais c’est possible si on en a l’habitude (pour les personnes issues de l’enduro ou du cross).
Alors deux ou trois ? Peu d’importance, en fait. Avec la puissance des systèmes de freinage modernes (post-2000), deux doigts sont amplement suffisants.
En général, ce seront l’index et le majeur, tout simplement parce que ce sont les doigts les plus longs qui vont pouvoir aller chercher le levier plus vite.

Il est préférable de freiner avec la première phalange des doigts, le bout des doigts étant leur partie la plus sensible.
Cela permettra un meilleur dosage et une meilleure réactivité en cas de blocage.

L’allure

1. Coupez les gaz franchement, complètement, en lâchant totalement la poignée d’accélérateur.

Pensez bien à ouvrir le pouce pour ne pas garder la poignée d’accélérateur serrée entre le pouce et la paume de la main.

2. Dans le même temps, freinez de l’arrière.

Lors d’un freinage puissant, c’est l’avant qui aura le plus d’adhérence : c’est donc du frein avant qu’il faudra le plus freiner.
Mais pour limiter l’effet de transfert de masse vers l’avant, il faut commencer par actionner le frein arrière. Cela procure plus de stabilité et permet d’exercer plus d’effort sur la commande avant.

Vous devrez utiliser vos deux freins, mais avec une légère avance sur le frein arrière. Il n’y a que le frein avant qui permet de s’arrêter, mais il ne faut en aucun cas le dissocier du frein arrière et du frein moteur.
La pression sur le frein arrière devra rester toujours la même, entraînez-vous à bien la sentir. En appuyant sur la pédale du bout du pied, vous allez sentir un “point dur” : inutile d’appuyer plus fort, cette pression est suffisante.

Gardez le pied droit en appui sur la pédale de frein jusqu’à l’arrêt complet.

3. Effectuez un freinage de préférence dégressif.

Un freinage avant efficace est un freinage dégressif, et non progressif.

Mais effectuer correctement un freinage dégressif demande beaucoup d’entraînement.
Si vous n’y arrivez pas, utilisez un freinage progressif : sur une moto équipée d’un ABS, cela ne pose pas de problème pour un freinage en ligne droite sur du bitume propre.

Un freinage progressif, c’est appliquer une puissance de freinage de plus en plus forte sur une roue qui en toute logique tourne de plus en plus lentement. Résultat : blocage de roue en fin de freinage.
Dommage car c’est le type de freinage que nous avons tous tendance à pratiquer au début.

Un freinage dégressif applique dans un premier temps une amorce de freinage progressive, dans un deuxième temps une puissance de freinage maximale pour une décélération rapide, et dans un troisième temps un freinage continu, constant, moins puissant qui va permettre de s’arrêter court sans blocage.

Pour résumer, un freinage dégressif s’opère en trois temps :

  1. amorce avec 20% de la puissance de freinage,
  2. freinage maximal avec 100% de la puissance,
  3. freinage constant avec 80% de la puissance.

Le travail sur le levier peut se décomposer ainsi :

1- Deux doigts sur le levier de frein avant, on tire jusqu’à sentir une résistance, pour comprimer le liquide de frein et faire lécher les plaquettes sur les disques.
Dans le même temps, on freine de l’arrière, avec la même progressivité. La moto s’enfonce un peu sur l’avant, on se repousse en arrière en poussant sur les bras, on garde le regard haut en levant le menton.
Cette phase d’amorce dure moins d’une seconde.

2- Deux ou trois doigts sur le levier, on tire jusqu’à ce que le levier vienne presque en contact avec les doigts restés enroulés sur la poignée.
Inutile de tirer plus fort jusqu’à essayer de plaquer le levier sur la poignée, vous risqueriez un blocage de roue instantané. La moto plonge vers l’avant, la fourche s’enfonce beaucoup, on se repousse encore en arrière en serrant les genoux et en gardant le regard haut.
Cette phase de freinage maximal dure une grosse seconde.

3- Quand la moto a bien plongé vers l’avant, on relâche légèrement le levier, juste de un à deux millimètres.
Il ne faut pas le garder tiré à fond, mais ne pas trop le relâcher non plus. La roue ne doit pas se bloquer, mais la fourche ne doit pas remonter avant la toute fin du freinage : il faut garder un freinage constant et régulier, sans saccades. Surtout ne pas « pomper » sur le levier.
Cette phase dure jusqu’à l’arrêt complet, pied gauche à terre.

Quant à l’embrayage, n’y touchez pas, sauf dans le dernier mètre pour éviter de caler et pour couper la poussée résiduelle du moteur.
Le débrayage annule la relation moteur/roue arrière. Se trouver en roue libre, c’est risquer un blocage immédiat de la roue arrière, une perte de stabilité, une distance de freinage rallongée…

Attention à quelques points :

Vous avez le droit de caler. Ce n’est pas glorieux, mais c’est autorisé, non sanctionné. Pas grave si vous oubliez de débrayer, l’important est de s’arrêter.

Un freinage puissant est une phase critique sur sol mouillé. Essayez de vous entraîner au moins une fois sur piste mouillée. Si ce n’est pas possible et qu’il pleut le jour de votre examen, ne cherchez pas les ennuis, freinez (un peu) moins fort et utilisez bien toute la distance autorisée.

Pour en savoir plus sur le freinage en général, lire
Freiner à moto (et en scooter) – Première partie
Freiner à moto (et en scooter) – Deuxième partie

One thought on “Conseils pour le freinage”
  1. C’est exact que le freinage due l’examen, même sur piste mouillée, n’a rien à voir avec le freinage d’urgence dans la vraie vie sur route mouillée.
    Le cas le plus fréquent, c’est le rond point. Nous sommes engagés, « clignotant à droite » à 5 m de sortir du rond point, après avoir bien regardé à droite que personne ne s’était engagé, quand Monsieur Pressé au volant d’une grosse voiture s’engage en forçant le passage. L’incivilité classique.
    Le motard doit toujours être en éveil, avec des yeux partout, et anticiper. Réaliser un freinage d’urgence est souvent le fruit d’une inattention, d’une mauvaise analyse de l’environnement et de la situation.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.