La réforme du permis moto

Deux réformes du permis en moins de dix ans… Presque une révolution pour un permis qui n’avait (presque) pas évolué depuis les années 1980. Une nouvelle évolution (conséquente) sera mise en place en 2020. Explications et présentation des épreuves.

Première publication en juillet 2012.
Mise à jour en décembre 2019.

J’avais déjà rédigé un très long article pour présenter la première réforme, entrée en vigueur en janvier 2013, avec une mise à jour en juillet 2014.
Cet article a été scindé en plusieurs articles, que vous pouvez retrouver en seconde partie du présent article.
La première partie est consacrée à la réforme à venir en 2020.

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Bref historique du permis moto

Jusqu’en 1970, le permis moto est symbolique. On peut le passer dès 16 ans. A l’époque, il n’y a qu’une très courte formation théorique et la formation pratique se limite à savoir manier les commandes moteur. L’examen pratique est simple et se déroule en pleine rue : démarrer, rouler en ligne droite sur 50 à 100 mètres, faire un demi-tour sans tomber, revenir. Et le candidat pouvait venir avec sa propre moto !

En 1973, première réforme du permis moto : l’âge minimal passe à 18 ans et l’examen pratique est scindé en deux épreuves.
L’examen plateau apparaît et ne comprend que des épreuves à allure lente : il faut effectuer un slalom, décrire un trèfle, rouler sur une poutre, puis dans un couloir de barrières, et réaliser un freinage de précision.
Pour l’examen en circulation, l’inspecteur prend désormais place dans une voiture et donne les instructions de parcours par radio, avec un haut-parleur installé sur le réservoir de la moto du candidat. Pratique…
Rappelons qu’à cette époque, le port du casque n’est pas obligatoire.

En 1980, deuxième réforme du permis moto : l’examen plateau voit apparaître les différents parcours (sans moteur, allure lente, allure lente avec passager, allure rapide) et l’interrogation orale sur les fiches. Sur le lent, le trèfle, la poutre, le couloir, le freinage de précision sont relégués aux oubliettes.
Le parcours à allure rapide est chronométré, avec un temps minimal et maximal, avec un slalom et demi-tour rapide à accomplir.
Le contre-braquage commence à être enseigné.

De multiples réformes ont eu lieu ensuite (en 1980, 1985, 1996, 2007, 2011) sur les catégories de véhicules, les conditions d’accès… mais la structure de l’examen est restée la même.
La réforme de 2013 a changé les parcours, mais pas l’organisation générale de l’examen elle-même.
Avec la réforme de 2020, c’est donc la première fois depuis 40 ans que l’architecture de l’examen est modifiée !

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La réforme de 2020

Les grandes lignes du futur permis moto français comprennent l’introduction d’une épreuve théorique (code de la route) spécifique aux motos et un examen en circulation plus long, accompagnés d’une certaine simplification des épreuves et de l’organisation.

Basiquement, toutes les épreuves théoriques vont être regroupées ensemble, ainsi que toutes les épreuves pratiques. L’examen plateau sera plus court et plus dense. L’épreuve en circulation sera plus longue et plus exigeante.

Cette réforme n’affecte que les examens du permis de conduire A1 et A2.
Elle ne concerne pas le permis AM, ni la formation complémentaire pour valider la catégorie A.

Explications en trois vidéos :

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Entrée en vigueur

Le nouvel examen entrera en vigueur en mars 2020.

C’est-à-dire que l’entrée en vigueur se fera officiellement au 1er mars, avec une période sans examen de deux semaines (le temps de changer les marquages des parcours d’examen plateau et de former les inspecteurs).
Les premiers examens pratiques selon les nouvelles modalités commenceront donc au 15 mars 2020.

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Période de transition

Comme en 2013, il y aura une période de transition de six mois, du 1er mars au 31 août 2020 inclus.

Cette période de transition concerne les candidats :

  • aux permis de conduire pour les catégories A1 ou A2,
  • qui se sont inscrits (date d’enregistrement du dossier ANTS) avant le 1er mars 2020,
  • qui sont dispensés d’examen de code de la route (ETG) grâce à une autre catégorie de permis obtenue au cours des cinq années précédentes.

Ces candidats n’auront pas à passer l’épreuve théorique moto (ETM, voir plus bas pour les explications).

Ceux qui sont inscrits avant le 1er mars 2020, mais n’ont pas validé l’ETG ou ne disposent pas de dispense ETG, devront eux passer l’ETM… à condition que les banques de questions de cette ETM soient prêtes à temps !

Les épreuves réussies avant le 1er mars 2020 seront valables après la réforme.
Si vous obtenez votre code ou votre plateau avant le 1er mars 2020, il sera toujours valable, vous ne serez pas obligé de tout repasser.
Un examen hors circulation (plateau) validé avant le 1er mars 2020 reste valide et permet d’accéder à l’épreuve en circulation au cours des trois années qui suivent.

Bien évidemment, tout candidat inscrit sur l’ANTS pour le permis A2 à partir du 1er mars 2020 devra passer les nouvelles épreuves théoriques et pratiques.

Et dans tous les cas, à partir du 1er septembre 2020, quelle que soit votre situation, quelle que soit votre date d’inscription… vous devrez passer les nouvelles épreuves théoriques et pratiques !

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Modifications de l’épreuve code

Première étape de la formation, l’épreuve communément appelée le « code ».
Rappels, présentation, conseils dans l’article L’examen du permis moto – Le code.

La Délégation à la Sécurité Routière (DSR) est partie d’un constat : une partie des tués à moto sont des personnes qui ont passé le permis moto pour profiter de la validité de leur code, mais sans rouler, sans acheter de moto… jusqu’au jour où ils reprennent le guidon, bien des années après, et bien sûr, sans mise à jour de leurs compétences de conduite.

Pour tenter d’endiguer ce phénomène, la décision a été prise de mettre fin à la validité de l’épreuve théorique générale (ETG) pour toutes les catégories de permis de conduire.

En clair, il n’y aura plus une seule épreuve qui donne accès à tous les permis de conduire : voiture, moto, poids lourds.

La nouvelle épreuve de code sera entièrement consacrée à la pratique de la moto et prendra le nom d’épreuve théorique moto (ETM).
Attention : l’ETM remplace l’ETG, elle ne vient pas en plus !

Il n’y aura pas une épreuve de code général et une autre de code moto, mais une seule et même épreuve.
Cette épreuve se passera dans les centres privés d’examen de code de la route, avec le même dispositif qu’aujourd’hui (et des frais d’examen de 30 €).
C’est une (petite) étape de plus vers la privatisation du permis.

Il n’y aura qu’une seule épreuve théorique, regroupant les questions de code de la route et les fiches de l’interrogation orale, avec une vaste banque de données remise à jour et une épreuve de 40 questions.

Conséquence : plus de fiches lors de l’épreuve plateau !

La base de données de l’épreuve comportera plusieurs centaines de questions, dont une partie en vidéo, suivant le principe introduit depuis la réforme de 2016 de l’épreuve de code.

Parmi ces questions devraient figurer les principes théoriques de la trajectoire de sécurité en virages.
Pour en savoir plus, lire Prendre un virage : la trajectoire.

La DSR prévoit de rendre public un échantillon de plusieurs dizaines de questions pour assimiler l’esprit et la nature de cette nouvelle épreuve.
On ne connaît pas encore les critères de notation, mais il est probable qu’il faudra un minimum de 35 bonnes réponses (sur 40) pour valider l’examen.

Du coup, tout le monde aura l’obligation de réussir l’ETM avant de présenter les épreuves pratiques du permis moto.
Que ce soit votre tout premier permis de conduire ou que vous soyez déjà titulaire d’un permis (en général de catégorie B, voiture), que votre permis B date de deux ans, cinq ans ou dix ans… vous devrez passer et valider l’ETM !

L’espoir de la DSR est que seules les personnes assez motivées pour préparer et présenter cette ETM passeront le permis A2 et surtout commenceront à conduire une moto tout de suite après.

Un autre intérêt est de ne pas imposer de repasser le code voiture à ceux qui sont déjà automobilistes, aux personnes (de plus en plus nombreuses) qui passent le permis moto à 30 ans et plus, après une longue expérience de conduite voiture.

Cette épreuve théorique moto ne concerne pas la formation « passerelle » (la journée de formation continue pour passer de A2 en A), qui ne comporte pas d’examen, ni pratique, ni théorique.

Pour en savoir plus, lire La formation complémentaire pour passer de A2 en A.

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Modifications de l’épreuve plateau

La bonne nouvelle : les différents types de parcours (lent, freinage, évitement) restent globalement les mêmes, les savoir-faire demandés sont les mêmes.
Pour rappel, le plateau avant 2020 : L’examen du permis moto – Le plateau.

A part ça, tout change !

L’épreuve hors circulation (communément appelée « plateau ») sera entièrement pratique : plus de fiches (intégrées à l’examen théorique de code) et plus de vérifications mécaniques (intégrées à l’épreuve en circulation).

Et peut-être même plus de maniement sans moteur (dit aussi « poussette »), qui serait lui aussi reporté sur l’épreuve route.
Pas encore totalement acté, semble-t-il.

Le parcours demandé aux candidats comportera toujours l’allure réduite et l’allure plus élevée, mais se fera en un seul parcours que le candidat devra enchaîner.

En résumé : plus de temps mort, les épreuves du « lent » et du « rapide » seront enchaînées.
Le parcours lent s’avère bien plus court et devra être accompli en un minimum de 14 secondes pour décrocher la note A.
Le candidat devra ensuite poursuivre sans s’arrêter sur les deux parcours rapides, avec un demi-tour supplémentaire sur la largeur de la piste, et toujours un bout de parcours avec passager, dont un demi-tour.

Pour vous donner une idée, on parle de ça :

Ce principe s’accompagne d’une nouvelle notation, encore en discussion.

Une piste évoquée est la répartition des erreurs non éliminatoires sur l’ensemble de l’examen plateau.
Un candidat pourra ainsi avoir droit à deux ou trois pieds à terre sur l’ensemble du plateau, au lieu d’un seul par parcours.
Si la chute reste éliminatoire, le candidat pourra poser par deux fois le pied à terre (lors du slalom lent, par exemple), sans être pénalisé.
Et pour réussir tout cela, il aura toujours droit à deux tentatives, si la première devait se révéler infructueuse.

On ne sait pas encore s’il n’y aura qu’un seul parcours ou deux, en miroir, avec tirage au sort.

Conséquence principale pour l’organisation de l’examen : l’épreuve plateau devient plus courte, en passant d’environ 15 minutes par candidat actuellement à moins de 10 minutes dans le futur.
Cela permettra de dégager du temps pour l’épreuve en circulation, plus longue.

Quelles conséquences ?

Les conséquences pour les candidats sont multiples…
Un seul parcours à faire d’affilée, c’est :

  • plus difficile à retenir car plus long, beaucoup plus long, avec un risque accru d’erreur de parcours (éliminatoire) ;
  • plus fatigant, plus difficile à gérer pour les candidats sensibles au stress ou ceux qui gèrent mal leur respiration ;
  • mais aussi libérateur pour ceux qui se laissaient déstabiliser par le stress ou les échecs des autres entre deux parcours, chacun est désormais focalisé sur sa performance individuelle.

Techniquement, le parcours lent reste sur les mêmes bases. Le nouveau parcours lent sera bien plus court, moins fatigant. Il semble aussi plus simple, tout en gardant les mêmes fondamentaux techniques.

Par contre, il est beaucoup plus exigeant en termes cognitifs, bien plus difficile à mémoriser !

Il y aura cinq demi-tours à faire sur la largeur de six mètres, dont un avec arrêt au milieu et un autre avec passager.
Cela demandera une bonne maîtrise technique du demi-tour, un point important dans la conduite moto.

Le droit à deux ou trois pieds au sol sur l’ensemble du parcours pourra faciliter les choses pour les candidats « courts sur pattes » qui posent souvent des pieds au sol sur le parcours lent.
Cela les obligera par contre à être impeccables sur le reste du parcours, notamment dans les demi-tours.

Le report de l’interrogation orale sur l’épreuve théorique semble plutôt une bonne chose pour la cohérence des examens.
Ce sera plus facile à gérer pour des candidats très stressés qui étaient déstabilisés par le face-à-face avec l’inspecteur ou qui avaient du mal à se remettre du stress des parcours pratiques alors qu’ils connaissaient bien leurs fiches.

Le report du maniement sans moteur sur l’épreuve en circulation ne devrait pas poser de problème, à condition que cette partie ne soit pas bâclée.
Comme avant, cette partie de l’examen ne devrait pas être éliminatoire, y compris en cas de chute, ce que je trouve personnellement dommage.
Et comme avant, cette partie de l’épreuve se fera toujours sans moteur, alors qu’il serait (de mon point de vue) tellement plus utile et instructif de demander au candidat de savoir manier sa moto en marche avant avec moteur, tout en marchant à côté…

Pour les formateurs, le fait de devoir enchaîner le parcours d’un seul bloc va compliquer les choses en formation initiale.
Là où une école pouvait avoir plusieurs pistes avec plusieurs parcours distincts et des élèves qui s’entraînaient séparément en parallèle, il va falloir tracer des parcours d’un seul tenant, où un seul élève à la fois pourra s’entraîner.
Mettre plusieurs élèves dans un même parcours, avec des mélanges de lent et de rapide, pourrait en effet s’avérer dangereux pour eux.

Ou alors, il faudra séparer le parcours en plusieurs tronçons (comme actuellement), ce qui est bénéfique pour l’apprentissage, mais rendra l’ensemble plus difficile à retenir pour l’élève.

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Modifications de l’épreuve route

Rappel sur l’examen en circulation : L’examen du permis moto – La circulation.

L’objectif de la Direction de la Sécurité Routière est de proposer une épreuve en circulation plus exigeante, plus en lien avec la réalité de la conduite, avec des parcours d’examen diversifiés (route, ville, campagne, autoroute).
Donc d’évaluer le candidat sur une période de conduite plus longue qu’auparavant.

Problème, cela doit se faire à moyens constants, sans renfort d’inspecteurs et sans prendre plus de temps au total.
D’où la nécessité de raccourcir l’examen plateau pour allonger l’examen route.

La durée de l’épreuve de la conduite en circulation augmentera presque de moitié : actuellement de 30 minutes (en théorie, car c’est souvent 20-25 minutes dans les faits), l’épreuve passera à 45 minutes au total.

Dans la réalité, le temps de conduite au guidon ne sera pas beaucoup plus long car l’examen route comprendra les vérifications mécaniques et la poussette.

Les vérifications mécaniques (les fameuses « vérifs ») devraient être simplifiées et réalisées au début ou à la fin du parcours d’examen, au départ ou à l’arrivée du centre d’examen.

Pour ceux qui passent entre deux autres candidats sans retour au centre d’examen, l’examinateur les fera s’arrêter sur un parking sécurisé, pour que le candidat fasse la démonstration de la vérification des éléments de sécurité de la moto.

Si le maniement sans moteur est intégré à l’épreuve en circulation, il se fera sans doute lui aussi au début ou à la fin du parcours d’examen, au départ ou à l’arrivée du centre d’examen.

Quelles conséquences ?

Augmenter le temps de l’épreuve revient à augmenter le risque de commettre des erreurs pour les candidats, d’autant plus qu’il est question de durcir la notation.
Mais encore une fois, le temps réellement passé au guidon en circulation sera à peine plus long qu’aujourd’hui.

De plus, on ne peut qu’approuver la volonté de la DSR de rééquilibrer les choses entre le plateau et la circulation.
Le plateau était depuis des décennies sur-évalué, au détriment de la route, perçue comme symbolique.
Or les élèves passent le permis pour apprendre à circuler en sécurité sur la route, pas pour faire des ronds autour de plots sur un plateau !
Il est normal et souhaitable que les motards débutants soient évalués sur une épreuve en circulation plus proche des réalités de la conduite.
Encore faudrait-il que les inspecteurs soient correctement formés aux réalités de la conduite moto sur route et là, il reste BEAUCOUP de travail à accomplir.

Soulignons que l’évaluation portera ENFIN sur le respect de la trajectoire de sécurité en virages !
Une excellente idée…
Mais là aussi, encore faudrait-il que les inspecteurs (qui ne sont pas motards pour 95% d’entre eux) et les formateurs connaissent cette trajectoire pour l’enseigner et l’évaluer correctement. Et c’est encore loin d’être le cas…

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Résumé

En résumé, l’accès au permis A se fera par le parcours de formation suivant :

  • Passage du code moto (ETM),
  • Epreuve plateau avec un seul parcours,
  • Epreuve circulation avec vérifs et poussette,
  • Deux ans (minimum) de permis A2,
  • Formation de 7 heures pour passer au permis A.

Pour en savoir plus, lire :
La généralisation du A2
La formation complémentaire pour passer de A2 en A.

Une vidéo qui résume tout :

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La réforme de 2013

Un nouveau permis de conduire sera délivré à partir de 2013 dans les 27 Etats membres de l’Union européenne. Objectif principal : harmoniser les 80 modèles différents qui cohabitent en Europe, mais aussi lutter contre la fraude, garantir la libre circulation des personnes et améliorer la sécurité routière.

Je remercie vivement pour leur aide dans la mise au point de cet article et la précision des informations qui y sont données :
– Pascal Dunikowski, chargé de mission national pour les deux-roues moteur à la Direction de la Sécurité Routière (DSR),
– Eric Marot, responsable classification à l’Assurance Mutuelle des Motards.

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Textes législatifs

Le texte complet de la directive 2006/126/CE du Parlement européen et du Conseil du 20 décembre 2006 relative au permis de conduire (refonte), est disponible ici.

Son décret d’application pour sa transposition en droit français est paru le 10 novembre 2011.
Il est consultable ici.

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Introduction

A compter du 19 janvier 2013 se met en place une réforme du permis de conduire, initiée par des directives européennes, mais dont certains points sont spécifiques à la France, qui concerne quatre domaines différents que je vais détailler ci-dessous :

  1. un changement du titre de conduite, du document de permis de conduire, qui concerne tous les usagers ;
  2. une modification des catégories de permis moto ;
  3. une refonte des catégories de véhicules, qui ne concerne que les deux-roues motorisés, mais tous les 2RM, pas seulement les motos « gros cube » ;
  4. une modification des épreuves de l’examen pratique hors circulation (le plateau) du permis de conduire moto.

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Un changement matériel du titre de conduite

Avant 2013, plus de 80 modèles différents cohabitaient sur le territoire européen.
Chacun ayant ses propres règles, il était difficile, voire impossible, de contrôler la validité des permis des ressortissants européens circulant dans un Etat différent de leur pays d’origine.

A partir de janvier 2013, tous les nouveaux permis de conduire délivrés ou renouvelés dans l’Union, seront au format « carte bancaire », ce qui devrait conduire à l’harmonisation de tous les permis en 2033.
Le changement s’étalera donc sur vingt ans.

Le nouveau format du permis de conduire, commun à toute l’Europe, aura une durée de validité limitée à 10 ans afin d’assurer les mises à jour. Toutefois, les Etats membres pourront prévoir une durée allant jusqu’à 15 ans. C’est le choix de la France.

Attention, il s’agit bien d’une validité limitée du document ! Il faudra faire renouveler son titre de conduite tous les 15 ans, et non repasser l’examen.
Cette mesure vise à lutter contre les contrefaçons, les fraudes et les documents illisibles lors de contrôles des forces de l’ordre, car trop abîmés.

Les titulaires d’un permis de conduire antérieur au 19 janvier 2013 pourront l’échanger à partir de 2014, et cela avant 2033.

Les Etats membres pourront munir les nouveaux permis de conduire d’un support de mémoire ou d’une micro-puce (contenant par exemple la photo d’identité, une mention sur le port ou non de lunettes ou lentilles, etc) et mettre en place des examens médicaux obligatoires, comme des tests visuels, à partir d’un certain âge et dans certaines conditions.
Pour le moment, la France n’a pas fait ce choix.

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Une réforme des catégories de permis de conduire

Sur ce point, lire l’article « Les catégories de permis moto« .

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Une réforme des catégories de véhicules

Sur ce point, lire l’article « Les nouvelles catégories de motos« .

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Une réforme des épreuves de l’examen pratique

Sur ce point, lire l’article « Permis moto  : nouvelles épreuves plateau en 2013« .

Un second volet de la réforme a été mis en place en juillet 2014.

  484 comments for “La réforme du permis moto

  1. Jean
    7 novembre 2019 at 10:06

    Bonjour,

    tout d’abord un grand merci pour ces différents articles qui me motive encore plus à passer le permis.
    D’après vous, est-il plus judicieux de s’inscrire avant le 31/12 pour passer le permis ou bien d’attendre que la réforme se mette en place ?
    Il me faut repasser le code car j’ai le permis B depuis plus de 10 ans.

    Jean

    • FlatFab
      7 novembre 2019 at 19:58

      Il est très difficile de vous répondre.
      Comme pour tout changement, certains préfèrent avant, d’autres après…
      Je ne peux pas le savoir à votre place.

  2. Etoyal
    25 octobre 2019 at 12:29

    Parlons de la trajectoire de sécurité ; ayant passé le A2 en 2017 et la passerelle cette année, j’ai été surpris qu’on enseigne toujours les virages en disant « extérieur-intérieur-extérieur ». Sur la route, ça me semblait très dangereux, surtout en ce qui concerne la sortie. Heureusement, en me renseignant sur le net, j’ai vu qu’il existait d’autres techniques. Celle qui consiste à rester au maximum au centre de sa voie de circulation ; ce qui n’est déjà pas si mal. Et celle dite « de sécurité » qui consiste à privilégier la visibilité en restant à l’extérieur de sa voie (mais dedans) le plus longtemps possible jusqu’à voir la sortie du virage et solliciter la moto pour reprendre le centre de la voie où se positionner pour le prochain virage. Démonstration faite par les gendarmes en vidéo, j’ai tout de suite été séduit. Cela permet de gagner la fraction de seconde qui nous donne le temps de réagir lorsqu’un cycliste ou un tracteur nous précède à 20 km/h. Et nous permet d’anticiper au maximum l’usager arrivant en face et qui n’est pas toujours, à cause de son gabarit ou de son téléphone (…), au centre de sa voie. L’autre avantage étant que, réciproquement, l’usager arrivant sur la voie opposée nous voit plus tôt lui aussi.

    Maintenant, comme le dit justement FlatFab, le problème va être de l’enseigner. Car aujourd’hui encore, les gens qui veulent devenir moniteurs moto, qu’ils passent le BEPECASER mention 2 roues (mais c’est fini) ou le CCS Titre Pro moto, ne sont absolument pas sensibilisés à cette trajectoire. La majorité vous regarde même avec surprise lorsque vous faites un schéma de cette trajectoire. Alors évidemment, à allure égale en entrée de virage, elle va demander plus d’inclinaison en phase de sollicitation, ce qui sera plus compliqué pour un débutant. En revanche, elle évitera bien des déboires en sortie quand il faudra éviter à tout prix de mordre sur la voie opposée.
    Du coup, le temps que ça rentre dans la tête des enseignants, de leurs formateurs et des inspecteurs, ce n’est sans doute pas demain qu’on verra les motocyclistes l’adopter.

    Heureusement, il existe Passion Moto Sécurité qui permet à tout motard d’avoir une vision plurielle mais argumentée des différentes composantes de sa passion. Merci Fabien !

    • FlatFab
      25 octobre 2019 at 12:43

      De rien ! 😉
      Tu es en cours de formation CCS moto ?

      • Etoyal
        26 octobre 2019 at 17:02

        Non, je viens d’échouer à la mention 2 roues du BEPECASER qui avait lieu pour la dernière année ; sans doute pour m’être décidé et préparé trop tard. Cela dit, ça reste un examen avec tout ce qu’il comporte comme facteur chance ou malchance… La prochaine fois peut-être, après une VAE, si je reste motivé par l’enseignement de la conduite et de la sécurité routière. Devenir moniteur n’est pas mon but, même si c’est souvent tout ce qu’on me demande…

    • Pierson Jennifer
      28 octobre 2019 at 21:20

      Bonjour Monsieur,

      Super votre article vraiment ça aide beaucoup mais malheureusement nous sommes encore pleins de questions.
      J’ai obtenu le code fin septembre 2019 (permis voiture obtenu il y a plus de 10 ans donc obligé de repasser le code) et je fais actuellement mes heures de conduite pour la moto.

      – question 1 : si je ne passe pas l’épreuve plateau ni la circulation avant 2020, en 2020 devrais-je passer les nouvelles épreuves de la reforme 2020 ? (dont le nouveau code moto aussi ?)

      Si la réponse est non, est ce que j’ai un délai a respecter pour passer mes examens (qui eux seront au normes 2019) à partir de la nouvelle reforme qui doit donc s’appliquer au 1er janvier 2020 ?

      – question 2 : y-a-t-il un délai a respecter entre l’obtention du code et les examens ( j’ai peur que mon code ne soient plus valide en avril 2020 par exemple )

      Je vous remercie d’avance pour votre attention et pour votre aide.

      Jennifer

      • FlatFab
        29 octobre 2019 at 15:31

        Pas besoin de passer la nouvelle épreuve ETM.
        Il y aura un délai à respecter, avant et sans doute pendant quelques mois après l’entrée en vigueur de la réforme, qui a aujourd’hui très peu de chances de se faire au 1er janvier 2020.
        Pas de date officielle à communiquer pour le moment.

        Par contre, à compter de la mise en place de la réforme, vous devrez passer les nouvelles épreuves pratiques (plateau et circulation).

  3. steph
    11 octobre 2019 at 07:16

    Bonjour,

    Est-ce que ceux qui ont obtenu le A2 avant la réforme devront passer l’ETM pour passer la passerelle vers le A? J’ai déja le A2, j’avais du repasser le code voiture l’année dernière, je ne me vois pas repasser encore une épreuve pour avoir ma fameuse passerelle.

    Steph

    • FlatFab
      11 octobre 2019 at 09:27

      Pas d’examen lors de la « passerelle », donc pas d’ETM.

  4. sebastien
    10 octobre 2019 at 13:46

    bonjour,

    je désire passer le permis moto A2 l’année prochaine, j’ai eu le code avec le permis B en 1996, faut il repasser le code ou le nouveau code spécial moto est suffisant.
    Autre question, je conduis une 125 depuis février 2006, est ce que cela peut me réduire les heures de conduites obligatoire.

    sébastien v

    • FlatFab
      10 octobre 2019 at 14:21

      C’est écrit noir sur blanc dans l’article :
      « Tant que vous êtes inscrit avant le 31 décembre 2019 (dépôt et enregistrement du dossier sur le site ANTS), vous aurez six mois pour passer l’épreuve de code telle qu’avant la réforme.
      Tout candidat inscrit sur l’ANTS pour le permis A2 à partir du 1er janvier 2020 devra passer les nouvelles épreuves. »

      Quant à la seconde question, rien ne change.
      Si vous êtes titulaire d’un permis A1 avec examen, le volume d’heures de formation obligatoires est de 15 heures.
      Si vous n’avez que l’équivalence du A1 (avec ou sans formation), il reste de 20 heures.

  5. jean
    28 septembre 2019 at 12:12

    je suis d’accord pour que tous le monde soit formé au danger de la route pour le partage de l’infrastructure, mais est ce que les personnes sont formé au danger de la route, non seul les routiers et les conducteurs de bus ont une formation continue obligatoire tout les 5 ans au début en attendent la nouvelle reforme de la FCO et les autres personnels de la route ils font quoi. Quand je vois les gens rouler je me demande si il connaisse bien le code de la route et c’est pas tout je parle pas des parents qui font la conduite accompagné et qui roule sans respecter le code de la route. C’est toujours la faute des motards qui roule trop vite ou des routiers, et ce que les gens ce posent la bonne question? non car si tout le monde était respectueux des réglés de conduite tous ce passerais bien sur la route. donc en conclusion soyons cool au volant ou guidon et rappelons nous qu’il faut faire attention aux l’autres et que pour les autres , l’autre c’est toi

  6. Art
    8 septembre 2019 at 19:06

    Bonsoir,

    Merci beaucoup pour votre site, on comprends beaucoup mieux que ce qu’on peut lire dans les textes réglementaires.
    J’ai des questions concernant la réforme et le passage de l’ETM et des épreuves pratiques car la transition est un peu flou.
    Si on a passé son permis B (et donc l’ETG) en 2019, et qu’on souhaite passer le permis A2 cette année, il faudra passer l’ETM aussi ?
    Et si on n’a pas eu le temps de passer les examens pratiques en 2019, et qu’on les passe en 2020, on sera obligatoirement soumis à la totalité des nouvelles épreuves (ETM + nouvelles épreuves pratiques ou bien que les nouvelles épreuves pratiques) ?

    Merci d’avance pour votre réponse.

    • FlatFab
      9 septembre 2019 at 22:19

      Les périodes de transition sont toujours délicates…
      Pour votre première question, pas de doute : si ETG validée en 2019, pas besoin de passer l’ETM, vous aurez six mois pour valider l’examen plateau à compter de la date de mise en place de la réforme.
      Seconde question, je ne sais pas.

      • Art
        12 septembre 2019 at 22:30

        Merci pour votre réponse !
        A votre avis, il sera donc plus complexe de passer les épreuves après la réforme ?
        Notamment avec peut-être un manque d’information entre ce qui est nouvellement attendu par les inspecteurs et ce qui est enseigné par les moniteurs ?

  7. ramy
    30 novembre 2012 at 22:40

    Bonjour,

    J’ai 18 ans et j’ai eu mon plateau hier, la question que je me pose c’est est-ce que je ferai pas mieux d’attendre apres le 19/01 pour passer a une moto bridée a 48cv ? ou le permis actuel a d’autres points qui me pousseront a le passer vite fait ?

    Merci 🙂

    • FlatFab
      30 novembre 2012 at 22:53

      Cela ne changera rien.
      Que tu valides ton permis avant ou après le 19/01, tu seras en A2, tu pourras rouler avec une moto à 48 chevaux.

  8. MARCO.06
    30 novembre 2012 at 17:33

    Salut Fabien, c’est la deuxième fois que je tombe sur un de tes articles, en un mot BRAVO. J’ai mon permis depuis 25 ans et j’ai surtout cherché à savoir par rapport aux 106 cv qui devraient sauter. Comme tu l’indiques, pas au 19 janvier mais j’espère le plus tôt possible. Dans quelle mesure Bruxelles peut imposer la date à la France? Merci, salut…

  9. Tom
    30 novembre 2012 at 16:13

    Bonjour,
    J’ai 18 ans, je passe mon permis moto avant le 19/01.
    Je compte commencer la moto avec une honda cb 350 des années 70, je voudrais savoir si c’est pas un peu dangereux de s’attaquer à ces vieilles motos.
    merci

    • FlatFab
      30 novembre 2012 at 16:32

      Dangereux, non, à condition de faire preuve d’une conduite adaptée.
      Le principal inconvénient de ces vieilles motos est de présenter un système de freinage totalement dépassé, souvent combiné avec des pneus moins performants du fait de dimensions obsolètes. En clair, il faut non seulement faire avec des freins à tambour ou monodisque de petit diamètre, mais en plus, avec des pneus à chambre à air (et pas tubeless), diagonaux (et non radiaux), souvent étroits, avec des gommes dures, des dessins qui évacuent moins bien l’eau.
      Bref, faut rouler hyper super pépère et anticiper un maximum pour étaler les freinages.

      • Tom
        30 novembre 2012 at 16:46

        D’accord merci pour la réponse, c’est question d’adaptation! Et pour les assurances, je risque de payer plus ou pas?

        • FlatFab
          30 novembre 2012 at 16:54

          Logiquement, non, au contraire.
          Plus une moto est âgée, moins elle coûte cher en assurance. Tu gagnes aussi sur la carte grise, une moto de plus de dix ans coûte moitié moins à immatriculer.

          • Tom
            30 novembre 2012 at 17:03

            génial, merci beaucoup. Bonne continuation et bonne route bien sur.

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