Deux réformes du permis en moins de dix ans… Presque une révolution pour un permis qui n’avait (presque) pas évolué depuis les années 1980. Une nouvelle évolution (conséquente) est mise en place en 2020. Explications et brève présentation des épreuves.

Première publication en juillet 2012.
Mise à jour en avril 2020.

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RAPPEL

Passion Moto Sécurité est un site d’informations bénévole, géré par une seule personne qui fait ce travail gratuitement mais qui a aussi une activité professionnelle et une vie personnelle à mener.
J’ai rédigé cet article pour rendre service au plus grand nombre, mais je ne suis pas à votre service.
J’ai pris la peine d’écrire cet article pour expliquer la réforme du permis moto en 2020, vous avez le droit de prendre la peine de le lire pour comprendre.
A tous les assistés : mon travail n’est pas de répondre chaque jour aux mêmes questions parce que vous avez la flemme ou que vous pensez ne pas avoir le temps de simplement lire !
Il est inutile de me demander si vous devez passer l’ETM ou le nouveau plateau parce que vous pensez que votre situation est unique.
Toutes les informations sont là, bougez-vous le cul !

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Bref historique du permis moto

Jusqu’en 1970, le permis moto est symbolique. On peut le passer dès 16 ans. A l’époque, il n’y a qu’une très courte formation théorique et la formation pratique se limite à savoir manier les commandes moteur.
L’examen pratique est simple et se déroule en pleine rue : démarrer, rouler en ligne droite sur 50 à 100 mètres, faire un demi-tour sans tomber, revenir. Et le candidat pouvait venir avec sa propre moto !

En 1973, première réforme du permis moto : l’âge minimal passe à 18 ans et l’examen pratique est scindé en deux épreuves.
L’examen plateau apparaît et ne comprend que des épreuves à allure lente : il faut effectuer un slalom, décrire un trèfle, rouler sur une poutre, puis dans un couloir de barrières, et réaliser un freinage de précision.
Pour l’examen en circulation, l’inspecteur prend désormais place dans une voiture et donne les instructions de parcours par radio, avec un haut-parleur installé sur le réservoir de la moto du candidat. Pratique…
Rappelons qu’à cette époque, le port du casque n’est pas obligatoire.

En 1980, deuxième réforme du permis moto : l’examen plateau voit apparaître les différents parcours (sans moteur, allure lente, allure lente avec passager, allure rapide) et l’interrogation orale sur les fiches. Sur le lent, le trèfle, la poutre, le couloir, le freinage de précision sont relégués aux oubliettes.
Le parcours à allure rapide est chronométré, avec un temps minimal et maximal, avec un slalom et demi-tour rapide à accomplir.
Le contre-braquage commence à être enseigné.

De multiples réformes ont eu lieu ensuite (en 1985, 1996, 2007, 2011) sur les catégories de véhicules, les conditions d’accès… mais la structure de l’examen est restée la même.

La réforme de 2013 a changé les parcours, mais pas l’organisation générale de l’examen elle-même.
Avec la réforme de 2020, c’est donc la première fois depuis 40 ans que l’architecture de l’examen est modifiée !

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La réforme de 2020

Les grandes lignes du nouveau permis moto français comprennent l’introduction d’une épreuve théorique (code de la route) spécifique aux motos et un examen en circulation plus long, accompagnés d’une certaine simplification des épreuves et de l’organisation.

Basiquement, toutes les épreuves théoriques sont regroupées ensemble, ainsi que toutes les épreuves pratiques. L’examen plateau est plus court et plus dense. L’épreuve en circulation est plus longue et plus exigeante.

Cette réforme n’affecte que les examens du permis de conduire A1 et A2 !
Elle ne concerne

  • ni le permis AM,
  • ni la formation de sept heures pour l’équivalence de catégorie A1,
  • ni la formation complémentaire pour valider la catégorie A.

Vous devez toujours avoir 16 ans pour passer le code pour le permis A1 et 17 ans minimum pour la catégorie A2.

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Entrée en vigueur

Le nouvel examen entre en vigueur en mars 2020.

C’est-à-dire que l’entrée en vigueur se fait officiellement au 1er mars (qui est un dimanche), avec une période de transition de deux semaines (le temps de changer les marquages des parcours d’examen plateau et de former les inspecteurs).

Les premiers examens pratiques selon les nouvelles modalités commencent au 16 mars 2020.

Toutes les épreuves pratiques à partir du 16/03/2020 se font selon la réforme.

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Période de transition

Comme en 2013, il y a une période de transition.
Elle est instaurée du 1er mars au 31 décembre 2020 inclus.

Cette période de transition concerne les candidats :

  • aux permis de conduire pour les catégories A1 ou A2,
  • qui se sont inscrits (date d’enregistrement du dossier ANTS) avant le 1er mars 2020,
  • qui sont dispensés d’examen de code de la route (ETG) grâce à une autre catégorie de permis obtenue au cours des cinq années précédentes.

Ces candidats n’auront pas à passer l’épreuve théorique moto (ETM, voir plus bas pour les explications), à condition d’obtenir leur examen plateau avant le 1er janvier 2021.

Ceux qui sont inscrits avant le 1er mars 2020, mais n’ont pas validé l’ETG ou ne disposent pas de dispense ETG, devront eux passer l’ETM.

Mise à jour du 31 mars 2020 :
En raison de la crise sanitaire à laquelle doit faire face notre pays au printemps 2020, la sous-direction à l’éducation routière a décidé de prolonger la période de transition jusqu’au 31 décembre 2020 (au lieu du 31 août 2020).

Les épreuves pratiques réussies avant le 18 mars 2020 seront valables après la réforme.
Si vous obtenez votre plateau avant le 18 mars 2020, il sera toujours valable, vous ne serez pas obligé de tout repasser.
Un examen hors circulation (plateau) validé avant le 18 mars 2020 reste valide et permet d’accéder à l’épreuve en circulation au cours des trois années qui suivent.

Mais tout candidat (qui ne serait pas déjà détenteur d’un permis A1) inscrit sur l’ANTS pour le permis A2 à partir du 1er mars 2020 devra passer les nouvelles épreuves théoriques et pratiques.

Je répète, puisque certains ont du mal à comprendre : si vous n’étiez pas déjà inscrit, avec dossier validé par l’ANTS, avant le 1er mars 2020… vous devrez passer l’ETM.
Et ce même si vous avez validé l’ETG ou toute autre épreuve théorique pour n’importe quelle catégorie de permis de conduire au cours des cinq dernières années.
Valable aussi si vous avez validé l’ETG ou toute autre épreuve théorique pour n’importe quelle catégorie de permis de conduire il y a plus de cinq ans.

Dans tous les cas, à partir du 1er janvier 2021, quelle que soit votre date d’inscription… vous devrez passer les nouvelles épreuves théoriques et pratiques !

Exception pour les permis A1

Il fallait forcément une exception à la règle…
Elle concerne quelques centaines de personnes qui doivent répondre à un ensemble de conditions bien précises.

Sont dispensées d’ETM (y compris après le 1er janvier 2021) les personnes qui ont déjà obtenu :

  • un permis moto (A1 ou A2) avec examen,
  • en France ou dans un pays de l’Union européenne,
  • avant le 1er mars 2020,
  • et au cours des cinq dernières années (après le 1er mars 2015).

Ce point a été confirmé par Mme Sonia Bousouka, cheffe du pôle réglementation technique du permis de conduire, sous-direction de l’éducation routière, délégation à la sécurité routière, ministère de l’Intérieur.

Hélas, très peu d’écoles de conduite sont informées de cette disposition. La DSR n’a pas communiqué sur ce point bien particulier. Même l’ANTS n’est pas bien au courant. Il semble que peu d’inspecteurs et de délégués départementaux en soient informés. Il n’empêche que c’est vrai, vérifié et confirmé.

J’insiste sur le fait qu’il doit s’agir d’un permis A1 ou A2 avec examen, et non sur équivalence.
Visiblement,  beaucoup de gens qui ont suivi la formation de trois, cinq ou sept heures pour rouler en 125 n’ont pas compris la différence… peut-être parce que leurs formateurs ne la leur ont pas bien expliquée !
Avec une formation d’une journée, il s’agit d’une « équivalence » de permis A1.
La dispense d’ETM ne vaut que pour les personnes ayant obtenu un « vrai » permis A1, avec un minimum de 20 heures de cours et un examen pratique comprenant deux épreuves (hors circulation et en circulation).
Ce n’est pas parce que vous avez la case A1 tamponnée sur votre permis que vous êtes forcément dispensé d’ETM.
Pour en savoir plus, lire Se former pour rouler en 125.

Je cite le passage de l’arrêté du 20 avril 2012 modifié en 2020 :

« Sont dispensés de l’épreuve théorique générale motocyclette des catégories A1 et A2, dans la limite de cinq épreuves pratiques pour les catégories A1 et A2, les candidats titulaires d’un permis de conduire français ou d’un permis délivré par un État membre de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen et à la condition qu’un délai maximum de cinq ans ne se soit pas écoulé depuis l’obtention de la dernière catégorie A1 ou A2. »

Concrètement, si vous avez obtenu votre permis A1 (avec un examen en moto 125) entre 2015 et 2020 et que vous souhaitez passer le permis A2… pas d’ETM !

De même, si vous avez obtenu votre permis A2 entre 2015 et 2020, si celui-ci a été annulé ou invalidé, et que vous devez le repasser… pas d’ETM.

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Modifications de l’épreuve code

Première étape de la formation, l’épreuve communément appelée le « code ».
La Délégation à la Sécurité Routière (DSR) est partie d’un constat : une partie des tués à moto sont des personnes qui ont passé le permis moto pour profiter de la validité de leur code, mais sans rouler, sans acheter de moto… jusqu’au jour où ils reprennent le guidon, bien des années après, et bien sûr, sans mise à jour de leurs compétences de conduite.

Pour tenter d’endiguer ce phénomène, la décision a été prise de mettre fin à la validité de l’épreuve théorique générale (ETG) pour toutes les catégories de permis de conduire.

En clair, il n’y aura plus une seule épreuve qui donne accès à tous les permis de conduire : voiture, moto, poids lourds.

La nouvelle épreuve de code sera entièrement consacrée à la pratique de la moto et prendra le nom d’épreuve théorique moto (ETM).
Attention : l’ETM remplace l’ETG, elle ne vient pas en plus !
Il n’y a pas une épreuve de code général et une autre de code moto, mais une seule et même épreuve.

Tout comme l’ETG actuelle, l’ETM se déroule dans un centre d’examen agréé, tenu par l’un des six opérateurs privés (Bureau Veritas, Dekra, la Poste, Pearson Vue, SGS et Exa Code).
Pas de changement côté tarifs.
L’inscription à l’Épreuve Théorique Moto coûte 30 euros TTC.

Il n’y aura qu’une seule épreuve théorique, avec une vaste banque de données remise à jour et une épreuve de 40 questions regroupant :

  • les questions de code de la route,
  • les vérifications mécaniques,
  • les fiches de l’interrogation orale.

Conséquence : plus de fiches, ni de vérifs lors de l’épreuve plateau !

La base de données de l’épreuve comporte plusieurs centaines de questions, dont une partie en vidéo, suivant le principe introduit depuis la réforme de 2016 de l’épreuve de code.

Ces questions sont regroupées en 9 thèmes :

  1. Les dispositions légales en matière de circulation routière ;
  2. Le conducteur ;
  3. La route ;
  4. Les autres usagers de la route ;
  5. La réglementation générale ;
  6. Les éléments mécaniques liés à la sécurité ;
  7. Les équipements de protection et autres éléments de sécurité des véhicules ;
  8. Les règles d’utilisation du véhicule en relation avec le respect de l’environnement ;
  9. Les premiers secours.

Parmi ces questions figurent les principes théoriques de la trajectoire de sécurité en virages.
Pour en savoir plus, lire Prendre un virage : la trajectoire.

Il faut un minimum de 35 bonnes réponses (sur 40) pour valider l’examen.
Autre point qui ne change pas : commencer les leçons de conduite avant l’obtention du code (ETM) reste possible.

Une fois validée, l’ETM reste valable cinq ans – dans la limite de cinq passages de l’examen pratique (une dispense est aménagée entre les catégories A1 et A2 uniquement).

Pour en savoir plus, lire L’examen du permis moto – Le code.

Tout le monde a l’obligation de réussir l’ETM avant de présenter les épreuves pratiques du permis moto.
Que ce soit votre tout premier permis de conduire ou que vous soyez déjà titulaire d’un permis (en général de catégorie B, voiture), que votre permis B date de deux ans, cinq ans ou dix ans… vous devez passer et valider l’ETM !

L’espoir de la DSR est que seules les personnes assez motivées pour préparer et présenter cette ETM passent le permis A2 et surtout commencent à conduire une moto tout de suite après.

Un autre intérêt est de ne pas imposer de repasser le code voiture à ceux qui sont déjà automobilistes, aux personnes (de plus en plus nombreuses) qui passent le permis moto à 30 ans et plus, après une longue expérience de conduite voiture.

Cette épreuve théorique moto ne concerne pas la formation « passerelle » (la journée de formation continue pour passer de A2 en A), qui ne comporte pas d’examen, ni pratique, ni théorique.

Pour en savoir plus, lire La formation complémentaire pour passer de A2 en A.

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Modifications de l’épreuve plateau

La bonne nouvelle : les différents types de parcours (lent, freinage, évitement) restent globalement les mêmes, les savoir-faire demandés sont les mêmes.

Comme avant, l’épreuve plateau comporte les exercices suivants :

  • Le déplacement de la moto sans l’aide du moteur (débéquiller la moto puis la déplacer en marche avant et arrière).
  • La maîtrise de la moto à allure réduite sans passager.
  • Le freinage (une fois la vitesse minimale de 50 km/h atteinte, il faut effectuer un freinage pour s’arrêter dans une zone définie, différente selon que la piste est sèche ou humide).
  • La maîtrise de la moto à allure réduite avec passager.
  • Le slalom et l’évitement.

Une nouveauté réside dans la prise en compte du gabarit scooter lors de la phase d’évitement.

L’épreuve hors circulation (communément appelée « plateau ») est  entièrement pratique :

  • plus de fiches,
  • plus de vérifications mécaniques

Ces deux épreuves théoriques sont intégrées à l’examen théorique moto.

Le maniement sans moteur (dit aussi « poussette ») demeure intégré à l’examen plateau, en étant encore simplifié, avec une simple ligne droite en marche avant puis arrière.
Comme avant, cette partie de l’examen n’est pas éliminatoire, y compris en cas de chute, ce que je trouve personnellement dommage.
Et comme avant, cette partie de l’épreuve se fait toujours sans moteur, alors qu’il serait (de mon point de vue) tellement plus utile et instructif de demander au candidat de savoir manier sa moto en marche avant avec moteur, tout en marchant à côté…

Le parcours demandé aux candidats comporte toujours l’allure réduite et l’allure plus élevée, mais se fait en un seul parcours que le candidat devra enchaîner.

En résumé : plus de temps mort, les épreuves du « lent » et du « rapide » sont enchaînées.
Le parcours lent s’avère bien plus court et doit être accompli en un minimum de 16 secondes pour décrocher la note A.
Le candidat doit ensuite poursuivre sur les deux parcours rapides, avec un demi-tour supplémentaire sur la largeur de la piste, et toujours un bout de parcours avec passager, dont un demi-tour.

Ce principe s’accompagne d’une nouvelle notation, c’est-à-dire la répartition des erreurs non éliminatoires sur l’ensemble de l’examen plateau.

Un candidat a droit à trois pieds à terre (ou cônes déplacés) sur l’ensemble du plateau, au lieu d’un seul par parcours.
Si la chute reste éliminatoire, le candidat peut poser par deux fois le pied à terre (lors du slalom lent, par exemple), sans être pénalisé.
Et pour réussir tout cela, il a toujours droit à deux tentatives, si la première devait se révéler infructueuse.

Comme avant, il y a deux parcours, en miroir, avec tirage au sort.

Pour en savoir plus, lire L’examen du permis moto – Le plateau.

Quelles conséquences ?

Conséquence principale pour l’organisation de l’examen : l’épreuve plateau devient plus courte, en passant d’environ 15 minutes par candidat actuellement à moins de 10 minutes dans le futur.
Cela permettra de dégager du temps pour l’épreuve en circulation, plus longue.

Les conséquences pour les candidats sont multiples…
Un seul parcours à faire d’affilée, c’est :

  • plus difficile à retenir car plus long, beaucoup plus long, avec un risque accru d’erreur de parcours (éliminatoire) ;
  • plus fatigant, plus difficile à gérer pour les candidats sensibles au stress ou ceux qui gèrent mal leur respiration ;
  • mais aussi libérateur pour ceux qui se laissaient déstabiliser par le stress ou les échecs des autres entre deux parcours, chacun est désormais focalisé sur sa performance individuelle.

Techniquement, le parcours lent reste sur les mêmes bases.
Le nouveau parcours lent est bien plus court, moins fatigant. Il est plus simple, tout en gardant les mêmes fondamentaux techniques.
Par contre, le parcours d’ensemble « tout en un » est beaucoup plus exigeant en termes cognitifs, bien plus difficile à mémoriser !

Il y a quatre demi-tours à faire sur la largeur de six mètres, dont un avec arrêt au milieu et un autre avec passager.
Cela demande une bonne maîtrise technique du demi-tour à basse vitesse, un point important dans la conduite moto.

Le droit à deux ou trois pieds au sol sur l’ensemble du parcours peut faciliter les choses pour les candidats « courts sur pattes » qui posent souvent des pieds au sol sur le parcours lent.
Cela les oblige par contre à être impeccables sur le reste du parcours, notamment dans les demi-tours.

Le report de l’interrogation orale sur l’épreuve théorique semble plutôt une bonne chose pour la cohérence des examens.
C’est plus facile à gérer pour des candidats très stressés qui étaient déstabilisés par le face-à-face avec l’inspecteur ou qui avaient du mal à se remettre du stress des parcours pratiques alors qu’ils connaissaient bien leurs fiches.

Par contre, gros coup de gueule sur le « transfert » des vérifications mécaniques vers l’ETM !

Ces « vérifs » ne se faisaient déjà plus vraiment en pratique lors de l’examen plateau, on était sur des démonstrations orales sans réelle mise en pratique, avec déjà des aberrations comme « le contrôle visuel de la pression des pneus ».
A partir de 2020, c’est officiel : un motard n’a plus besoin de savoir réaliser soi-même les contrôles et réglages de base !
Depuis les années 2000, le permis de conduire de catégorie B a progressivement mis en place des vérifications mécaniques pratiques, avec un examen de conduite auto où le candidat doit obligatoirement ouvrir le capot de la voiture d’examen pour une démo certes basique, mais néanmoins pratique.
A l’inverse, le permis de conduire moto, qui partait de vérifications mécaniques pratiques et exigeantes, est progressivement simplifié sur ce point, jusqu’au point de rendre les vérifs purement théoriques.

Pour les formateurs, le fait de devoir enchaîner le parcours d’un seul bloc va compliquer les choses en formation initiale.
Là où une école pouvait avoir plusieurs pistes avec plusieurs parcours distincts et des élèves qui s’entraînaient séparément en parallèle, il va falloir tracer des parcours d’un seul tenant, où un seul élève à la fois pourra s’entraîner.
Mettre plusieurs élèves dans un même parcours, avec des mélanges de lent et de rapide, pourrait en effet s’avérer dangereux pour eux.

Ou alors, il faut séparer le parcours en plusieurs tronçons (comme actuellement), ce qui est bénéfique pour l’apprentissage, mais rend l’ensemble plus difficile à retenir pour l’élève.

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Modifications de l’épreuve route

L’objectif de la Direction de la Sécurité Routière est de proposer une épreuve en circulation plus exigeante, plus en lien avec la réalité de la conduite, avec des parcours d’examen diversifiés (route, ville, campagne, autoroute).
Donc d’évaluer le candidat sur une période de conduite plus longue qu’auparavant.

Problème, cela doit se faire à moyens constants, sans renfort d’inspecteurs et sans prendre plus de temps au total.
D’où la nécessité de raccourcir l’examen plateau pour allonger l’examen route.

La durée de l’épreuve de la conduite en circulation augmentera presque de moitié : actuellement de 30 minutes (en théorie, car c’est souvent 20-25 minutes dans les faits), l’épreuve passera à 45 minutes au total.

La notation évolue aussi : pour valider l’épreuve, il faudra obtenir un minimum de 21 points sur 27, contre 17 actuellement.

Pour valider cette épreuve pratique, vous devez démontrer les 4 compétences suivantes :

  • Savoir se positionner en ligne droite (au centre de la voie de circulation en agglomération, et à droite hors agglo).
  • Aborder les virages et les courbes en adoptant la trajectoire de sécurité.
  • Maîtriser votre positionnement dans les phases de changement de direction et de franchissement d’intersection (en toute sécurité et dans le respect des règles du Code de la route).
  • Savoir se placer correctement et en toute sécurité lors des phases d’arrêt.

Pour en savoir plus, lire L’examen du permis moto – La circulation.

Quelles conséquences ?

Augmenter le temps de l’épreuve revient à augmenter le risque de commettre des erreurs pour les candidats, d’autant plus qu’il est question de durcir la notation.

On ne peut qu’approuver la volonté de la DSR de rééquilibrer les choses entre le plateau et la circulation.
Le plateau était depuis des décennies sur-évalué, au détriment de la route, perçue comme symbolique.
Or les élèves passent le permis pour apprendre à circuler en sécurité sur la route, pas pour faire des ronds autour de plots sur un plateau !

Il est normal et souhaitable que les motards débutants soient évalués sur une épreuve en circulation plus proche des réalités de la conduite.
Encore faudrait-il que les inspecteurs soient correctement formés aux réalités de la conduite moto sur route et là, il reste BEAUCOUP de travail à accomplir.

Soulignons que l’évaluation devrait bien porter sur l’application de la trajectoire de sécurité en virages !
Pour en savoir plus, lire Mieux comprendre la trajectoire de sécurité.

Pendant un temps, il n’a été question que d’un enseignement théorique de cette technique de conduite, mais sans évaluation, sans que ce soit noté à l’examen.
Or on sait d’expérience que beaucoup de formateurs ont hélas tendance à n’enseigner que le strict nécessaire, c’est-à-dire uniquement ce qui est noté et éliminatoire à l’examen.

De toute façon, pour une évaluation correcte en pratique à l’examen, encore faudrait-il que les inspecteurs (qui ne sont pas motards pour 95% d’entre eux), et surtout les formateurs, connaissent cette trajectoire pour l’enseigner et l’évaluer correctement.
C’est encore loin d’être le cas…

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Résumé

En résumé, l’accès au permis A se fera par le parcours de formation suivant :

  • Passage du code moto (ETM),
  • Epreuve plateau avec un seul parcours,
  • Epreuve circulation,
  • Deux ans (minimum) de permis A2,
  • Formation de 7 heures pour passer au permis A.

Pour en savoir plus, lire :
La généralisation du A2
La formation complémentaire pour passer de A2 en A.

654 thoughts on “La réforme du permis moto”
  1. Bonjour,j’ai mon permis B de décembre 1980 avec les équivalences A1 – A2 ( motocyclettes ne dépassant pas 400cm3 et dont la vitesse par construction peut dépasser les 75km/h ) & A4 toutes les cases tamponnées équivalent Art. R 124-1 & R 188. Toutes ces cases sont également tamponnées  » Permanent ».
    J’ai conduit un Honda Varadéro 125cm3 pendant 3 ans avant 2011(preuve par mon assurance).
    Au vu de ce permis les auto école me confirment que je peux effectivement rouler actuellement avec une moto n’excédant pas les 400cm3 comme stipulé sur mon permis de l’époque.
    Est-ce exact ? merci à vous,cordialement

    1. Nous avons déjà eu le cas d’un lecteur de ce site dans la même situation.

      Cette catégorie de permis moto A2 a existé du 1er mars 1980 au 1er janvier 1985. Elle donnait accès aux motos de la catégorie MOT2, soit aux motos de 80 à 400 cm3.

      Les possesseurs de ce permis A2 « ancienne génération » sont désormais reconnus comme des permis A, donc sans limitation de cylindrée, ni de puissance.
      Mais attention : seulement à condition d’avoir obtenu ce permis A2 par examen (noté EXA sur le permis) !
      L’équivalence (même « permanente » !) ne suffit pas.

      Le problème étant qu’aujourd’hui, la catégorie de motos « entre 80 et 400 » n’existe plus.
      C’est soit 125, soit plus de 125…
      Et pour les motos de plus de 125, il faut un permis avec examen.
      Donc dans votre cas, c’est 125 cc maximum.

      Par mesure de précaution, il est conseillé de faire renouveler son titre de conduite (le document du permis de conduire) en demandant bien la transformation de la catégorie A2 en catégorie A1, avec date d’obtention en décembre 1980.
      C’est préférable en cas de contrôle par les forces de l’ordre et pour votre assureur.

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