L’évaluation, un moment crucial

L’évaluation de départ, c’est souvent le premier contact physique du futur motard avec une école de conduite. Un moment important qui est hélas parfois bâclé, par méconnaissance de la part des débutants. C’est lors de l’évaluation que vous devez poser et vous poser les bonnes questions pour la préparation de votre permis moto.

Première publication en février 2020.

Cet article est à lire en complément de Trouver une bonne moto-école.

Définition

L’évaluation de départ (ou évaluation initiale) est impérative avant toute formation initiale à un permis de conduire.

Elle a pour but officiel de déterminer le nombre d’heures de cours qu’il vous faudra prendre pour réussir votre examen.

Elle est obligatoire, la réglementation l’impose par l’article 9 de l’arrêté du 5 mars 1991.
Si une école moto vous propose de la « zapper », c’est déjà un mauvais signe.
Vous avez le droit de la demander si elle ne vous est pas proposée d’emblée.

Cette évaluation n’est pas nécessaire quand il n’y a pas d’examen pratique.
Ne vous inquiétez pas si on ne vous la propose pas pour les formations de sept heures (pour les 125 ou la « passerelle »), ni pour le permis AM, ni pour le code (épreuve théorique).

Quand elle est impérative, la loi dit juste qu’il doit y avoir une « évaluation de départ », sans en préciser les modalités.

Aucune durée n’est imposée : une éval’ de départ peut se faire en 30 minutes, une heure ou deux heures.
Par facilité comptable (à leur avantage, bien sûr), la plupart des écoles comptent une heure. Dans les faits, c’est rarement une heure complète, mais plutôt 30 à 45 minutes.

Il s’agit bien d’une évaluation, pas d’un examen.
L’objectif est de faire le point sur vos connaissances et compétences, sur ce que vous savez de la conduite d’un deux-roues moteur, afin de vous proposer une estimation du temps de formation nécessaire à vous amener au niveau de l’examen.

Il n’y a pas de « mauvaise » réponse, pas de niveau à atteindre, pas de compétition. Il n’est pas question de faire mieux ou moins bien que les autres, ni d’essayer de tromper le formateur sur votre véritable niveau afin d’essayer de faire baisser le nombre d’heures de formation proposé.

Plusieurs points à retenir :

  • C’est une estimation, approximative, à 2-3 heures près (voire plus), qui peut varier selon votre rythme de progression, votre assiduité aux cours, votre absentéisme, etc.
  • C’est une estimation au jour de l’évaluation, avec la possibilité de « trous de mémoire », d’oublis, de lacunes ponctuelles qui vous reviennent ensuite.
  • C’est une estimation influencée par les conditions de l’évaluation, certains élèves peuvent être déstabilisés par la météo (nuit, froid, pluie) ou par le fait d’être « évalués » en individuel par un formateur inconnu.

A ce propos, une personne qui « flippe », qui est déjà paralysée ou tremblante de stress lors de l’évaluation, augure en général d’un candidat qui sera particulièrement anxieux / en panique au moment de l’examen pratique.

Modalités pratiques

Pour la voiture, l’évaluation de départ est de plus en plus réalisée sur ordinateur ou simulateur.
Cela ne mobilise pas un véhicule et surtout, pas besoin d’un formateur, la secrétaire peut s’en occuper : plus rapide, moins coûteux.

Pour la moto, c’est moins courant !
On comprend facilement pourquoi.

L’évaluation peut être entièrement théorique, avec des questions.
Cela suffit souvent pour les grands débutants, pour les personnes qui n’ont jamais manié le moindre deux-roues moteur de leur vie.
Sauf exception, on sera alors sur un volume de formation minimal de 30 à 35 heures.

Pour ceux qui possèdent plus ou moins d’expérience, l’évaluation sera très souvent pratique, avec prise en main d’une machine (125 cc ou gros cube).
Cette évaluation pratique ne doit JAMAIS se faire en circulation !!!
Elle ne peut être réalisée que hors voie publique, sur une aire protégée, que ce soit le parking de l’école ou directement sur la piste d’entraînement.

Les évaluations de départ effectuées en situation avec une machine sont généralement plus fiables et à privilégier dans la mesure où elles vous permettre de prendre contact avec votre futur enseignant – ou un des enseignants possibles.

Une évaluation de départ moto peut s’effectuer avec une fiche d’évaluation, souvent proposée par un éditeur de supports de formation à la conduite (comme les Codes Rousseau, ENPC, Ediser, Planète Permis, etc.).

Cette fiche peut aussi être réalisée « maison », par l’école elle-même ou par le groupe ou le réseau (ECF, CER) auquel elle est rattachée.

Enfin, certains formateurs dans des petites écoles indépendantes n’utilisent rien du tout, pas de support écrit, et réalisent leurs évaluations « à l’arrache », avec leur seule expérience.

Cela ne change absolument rien et n’augure pas de la qualité de l’enseignement qui suivra.

En fonction du niveau du futur élève (déterminé par un questionnaire théorique) et des possibilités matérielles du lieu, l’évaluation pratique pourra être constituée de différents exercices, plus ou moins complexes.

Normalement, dans la mesure où il s’agit d’une évaluation (et non d’un cours), le formateur doit donner le moins de consignes possibles.
Il doit vous dire l’objectif de l’exercice, mais pas comment y parvenir.
Par contre, après l’exercice (ou après l’évaluation dans son ensemble), il peut vous donner des explications, préciser les différentes manières d’accomplir tel ou tel exercice…

L’évaluation ne fait pas partie de la formation, ce n’est pas un cours.

Il peut pourtant arriver que l’évaluation de départ débouche de suite sur un premier cours.
Vous trouvez sans doute ça sympa, mais juridiquement, cela pose problème, puisque vous n’avez pas encore signé de contrat de formation et n’êtes donc pas encore considéré comme un élève de l’école, notamment du point de vue de l’assurance.

Assez souvent, le fait de transformer une évaluation en leçon de conduite constitue avant tout de la part de l’école une petite entourloupe commerciale.
C’est en effet le meilleur moyen de vous obliger ensuite à signer un contrat de formation, en arguant du fait qu’ils ont été sympa de vous faire un cours « gratuit » et que ce serait malhonnête de votre part de ne pas signer… alors que vous n’avez rien demandé d’autre qu’une évaluation !

Recommandations juridiques

Rappel : de par la loi, l’évaluation de départ précède la signature du contrat de formation.

Conclusion logique, ne signez rien avant d’avoir effectué votre évaluation de départ !

Avant de vous faire signer quoi que ce soit, l’auto-école doit obligatoirement vous soumettre à cette évaluation, destinée à déterminer le nombre estimatif d’heures de cours de conduite pratique dont vous aurez besoin.
Et c’est tout !

A l’issue de l’évaluation de départ (quelle que soit sa durée), prenez le temps de la réflexion.
Ne signez rien avant, ni juste après !

Accordez-vous au moins 24 heures de réflexion pour revoir calmement ce qui s’est passé, ce que vous avez ressenti et observé, à propos de la piste, du formateur, de la machine, de l’ambiance…

Assez souvent, une école (pas très honnête) va jouer sur votre état d’excitation, sur le fait que vous avez l’adrénaline au taquet et que vous n’êtes biologiquement pas trop en état de réfléchir, pour vous faire signer de suite le contrat de formation, sur la base du volume de formation qui vient de vous être annoncé.

Pourquoi ?
Parce que le contrat de formation est lui définitif.
Il vous engage et vous ne pourrez vous en délier que dans des conditions bien précises, qui doivent être explicitées dans le contrat.
Autrement, l’annulation du contrat se fera toujours à l’avantage de l’école qui sera en droit soit de ne pas vous rembourser ce que vous avez déjà payé, soit de vous réclamer le paiement de l’ensemble des cours prévus, et ce même si vous ne les avez pas suivis.

Un contrat de formation de conduite, c’est comme un crédit, comme un contrat d’abonnement.
En face de vous, vous avez une personne qui peut sembler sympa, passionnée… mais qui travaille pour une entreprise dont le but premier est de ramener un max d’argent et d’en dépenser le moins possible.

Vous êtes un(e) élève, mais aussi un client, un consommateur.
Soyez un consommateur intelligent !

Céder à une impulsion n’est jamais une bonne idée pour tout ce qui concerne la moto, surtout pas pour votre formation initiale qui vous engage pour des mois et des centaines, voire des milliers d’euros…

En arrivant pour faire votre évaluation de départ, promettez-vous de ne rien signer, de ne pas vous engager.
C’est pour ça aussi que c’est une bonne idée de vous faire accompagner par un proche, à qui vous demandez de bien vous rappeler de ne pas signer.

Attention, quand je dis de ne rien signer, c’est « pas de contrat de formation ». Vous pouvez signer la fiche d’évaluation.
Cela ne vous engage à rien, c’est juste une reconnaissance du fait qu’une évaluation a eu lieu et qu’un volume de formation vous a été proposé.
Rien d’autre !

Certaines écoles (toujours pas très honnêtes) jouent sur le fait que vous avez signé la fiche pour vous faire croire que vous vous êtes déjà engagé, que vous avez accepté l’offre de formation. Rien à voir !

Il y a eu évaluation, suivie d’une proposition de formation, point barre.
Vous êtes entièrement libre d’accepter ou de refuser cette proposition. Et je vous recommande de ne pas l’accepter tout de suite.

Une clause de contrat, qui stipulait que l’engagement de l’élève devenait définitif avant la fin de la période d’évaluation, a été considérée comme abusive par la Commission des clauses abusives.
Si vous tombiez sur une école malhonnête qui utiliserait cet argument, sa validité serait donc nulle et l’école ne pourrait pas s’en prévaloir.

Réfléchissez, discutez, faites jouer la concurrence.
N’hésitez pas à aller faire une ou deux autres évaluations dans d’autres écoles. C’EST VOTRE DROIT !
Cela n’engage à rien, cela ne coûte rien (à part du temps).

Si vous n’êtes pas satisfait du nombre prévisionnel d’heures de cours de conduite annoncé, vous pouvez faire appel à une autre école et réaliser une nouvelle estimation.

Un point important : le volume minimal de formation.

La loi française fixe à 20 heures le nombre minimal d’heures de formation pour les permis de conduire des véhicules terrestres à moteur.

C’est un minimum, pas une obligation, encore moins un maximum !
Ce n’est pas parce que l’école vous propose 30 heures que ce sont des « voleurs ».

D’abord parce que ce chiffre est une estimation, ce sera peut-être moins au final, cela dépend surtout de vous.

Mais aussi parce qu’il est rare de voir un débutant obtenir son permis moto en 20 heures. Même des élèves qui possèdent déjà une expérience moto (en 50, en 125, en enduro) ont souvent besoin de 25 heures de cours, et ce n’est pas une honte.

Le volume moyen de formation initiale pour le permis A2 au niveau national est autour de 35 heures.
Perso, il m’en a fallu plus de 40.

Aspects financiers

Dans la mesure où la loi n’impose pas de durée pour l’évaluation de départ, son prix n’est pas défini, il reste libre.

Un bon conseil : demandez combien coûte l’évaluation AVANT DE LA FAIRE !

Une vraie école de conduite « réglo » ne vous fera rien payer pour l’évaluation.

Mais le plus souvent, l’école valorise l’éval’ au prix d’une heure de cours. Et ce, même si cette dernière n’a duré que 20 ou 30 minutes.
Pourquoi ?
Tout simplement parce que l’école vous demande de payer ce prix si vous ne signez pas tout de suite le contrat de formation. Comme par hasard…

Pas grave !
Ne signez pas. Payez une heure.
Cette somme vous sera généralement « offerte » en cas d’inscription ultérieure dans l’école.

Dans tous les cas, posez la question.
Si l’école vous annonce qu’elle vous demandera de payer quand même l’évaluation alors que vous vous apprêtez à signez chez elle, c’est mauvais signe.
Cela montre un état d’esprit de « crevard », de commerce qui cherche à gratter un max de fric sur tout et n’importe quoi.

Et si finalement, vous allez vous inscrire ailleurs, c’est que vous aurez eu soit un meilleur « feeling », soit un meilleur tarif. Dans les deux cas, on s’en fout d’avoir payé 30 ou 40 euros si c’est pour bénéficier d’une meilleure formation.

Info : l’évaluation de départ ne peut en aucun cas être incluse dans un forfait.
Exemple, un forfait de 21 heures de cours de conduite où l’évaluation de départ aurait lieu à la première leçon, c’est illégal !

Dans tous les cas, quelle que soit la proposition de volume de formation, quel que soit le forfait que vous souscrivez… ne payez pas tout d’avance !

Vous ne savez pas ce qui peut se passer.
Vous pouvez déménager ou vous casser une jambe ou quitter votre emploi. L’école peut fermer ou disparaître. Le super moniteur qui vous a reçu peut démissionner. Le formateur « pas top mais correct » peut finalement se révéler un odieux connard. Vous pouvez vous rendre compte que finalement, la moto c’est pas votre truc… Ou tout simplement vouloir changer d’école après plusieurs échecs à l’examen plateau !

Et là, les gens très gentils et souriants que vous avez en face de vous au moment de la signature du contrat vont soudainement se transformer en gros rapaces quand il s’agira de vous rembourser.

Pas de risque inutile ! Ne payez pas l’intégralité du contrat, mais un tiers ou la moitié.

Dernier point, méfiez-vous des écoles qui vous proposent un forfait hyper bas « à pas cher » pour vous inciter à signer !

Pour rappel, l’évaluation du volume de formation n’est qu’estimative, elle peut varier dans des proportions non définies, elle ne vous engage pas, mais elle n’engage pas l’école non plus…

Il vaut mieux partir sur un forfait d’heures assez conséquent (25 ou 30 heures) et ne pas tout faire, que croire quelqu’un qui vous dit que 20 heures suffiront et vous retrouver à devoir faire des heures supplémentaires au prix fort.

Mais, me direz-vous, tu viens de dire que c’est difficile de se faire rembourser des heures non prises ?
Oui, et je vous ai aussi dit de ne pas tout payer d’avance !
Vous convenez d’un forfait disons à 30 heures, vous en payez 15 ou 20 d’avance et vous convenez de payer les suivantes au coup par coup, par tranches de deux ou trois heures par exemple, en fonction de ce dont vous aurez réellement besoin.

Ainsi, pas de risque de vous faire avoir et au pire du pire, vous ne perdrez presque rien.

Sachant que vous devrez être toujours à jour de vos paiements avant examen, ça c’est normal !

Approche de la relation pédagogique

En théorie, l’évaluation de départ vous permet de tester la qualité de l’enseignement prodiguée par l’auto-école avant de vous engager avec elle, et même de déceler d’éventuels pièges à éviter avant de signer un contrat.

Dans la réalité, c’est rarement le cas.
Tout simplement parce que pour déceler les pièges, il faut les connaître. Il faut être du métier ou alors juriste spécialisé en droit de la consommation. Un futur élève, débutant complet, qui vient voir pour la première fois une école de conduite, n’a aucune chance de repérer les pièges commerciaux tendus par une entreprise rompue à cet exercice.

Par contre, les quelques dizaines de minutes passées sur la piste, avec un formateur, lors de l’évaluation de départ, pourront quand même vous donner quelques indices.

Cela suppose évidemment que l’éval’ se fasse :

  • en pratique, et non en théorique ;
  • au guidon d’une moto, et pas dans le bureau ou sur le bord de la piste ;
  • avec le formateur que vous aurez en cours, et non avec la secrétaire ;
  • sur la piste d’entraînement, et non sur le parking ou devant le garage.

Cela suppose aussi que vous preniez le temps et la peine d’observer avec attention, sans rester à bayer aux corneilles ou à regarder les motos avec des yeux de merlan frit.

Pour cela, le mieux est d’arriver avant l’heure de rendez-vous pour l’évaluation et de rester un peu après.
Cinq minutes avant et autant après votre évaluation peuvent suffire à vous donner plein d’infos.

Premier point, la piste

Déterminez avant tout si elle est bien semblable à celle utilisée pour les examens.
L’espace pour travailler doit mesurer au moins six mètres de large (largeur réglementaire de la piste d’examen), plutôt sept mètres minimum.
Si la piste fait moins de huit mètres de large, les abords doivent ABSOLUMENT être dégagés.

Vous n’imaginez pas le nombre de pistes moto que je vois qui mesurent tout juste six mètres de large et sont bordées de murets, de barrières, d’un fossé…
Autant d’obstacles sur lesquels les élèves vont verrouiller visuellement, avec le risque de tomber ou tout simplement d’être gênés. Et cette gêne va ralentir votre progression pédagogique.

La piste est-elle partagée avec d’autres écoles, au risque d’embouteillages entre les cônes et de temps d’attente importants ?

Est-elle en bon état ? Sécurisée, séparée de la circulation ? Ou est-ce un bout de parking avec des voitures qui peuvent y passer ?
Il faut voir :

  • un revêtement lisse et en bon état (pas de trou ni de bosse),
  • des marquages au sol bien visibles,
  • des abords dégagés, sans obstacle.

Est-elle éloignée des locaux de l’école, au risque de payer les trajets sur le temps de leçons de conduite ?
En région parisienne, les pistes d’entraînement sont fréquemment à plus de 30 minutes de route. Si elle est située à plus de 45 minutes de route, laissez tomber…

Evitez les pistes improvisées sur des parkings de supermarchés / cinémas et tous lieux trop proches de la circulation.
Vous risquez d’être gêné(e) par des voitures en stationnement ou même par des bagnoles qui pourront parfois entrer sur la piste.
Il faut vraiment un espace séparé de la circulation, par un élément matériel, au moins des barrières.

Deuxième point, la moto

Un véhicule endommagé, sale et vieux de plusieurs années peut laisser présager un manque de respect du moniteur envers ses élèves, voire une situation financière critique de l’école.

Pour info, une moto d’école doit impérativement être âgée de moins de cinq ans.

Bien sûr, des machines soignées inspirent plus confiance que des poubelles roulantes.
Mais regardez avant tout si les machines sont bien équipées de la signalisation réglementaire (deux rétros, quatre clignotants, éclairage en bon état, plaque d’immatriculation).

Des motos négligées, sales, rouillées, avec des accessoires cassés, trahissent un laisser-aller de mauvais augure, mais surtout ne permettront pas un apprentissage dans des conditions normales, si la moto cale sans arrêt et qu’il faut la bricoler sur le bord de la route ou de la piste…

Troisième point, le formateur

Là, on est sur de l’humain, c’est donc beaucoup plus difficile à apprécier et il est délicat pour moi de vous donner des conseils précis.

Basiquement, le meilleur conseil que je puisse vous donner, c’est : si vous ne le sentez pas, barrez-vous !

On parle de votre permis moto là. D’une formation initiale qui sera (trop souvent) la seule que vous recevrez de votre vie de motard. D’un contrat de formation qui vous engage pour 25, 30, 35, 40 heures de cours (et parfois plus), pour un coût entre 700 et 1.500, voire 2.000 euros avec les frais de présentation à l’examen sur deux, trois, peut-être quatre essais…

Si au cours des quelques dizaines de minutes de l’évaluation, vous avez le moindre doute sur la personne qui va vous encadrer pendant des dizaines d’heures, pensez-vous vraiment que cela vaille la peine de courir le risque ?

Je vous conseille de lire cet article et ses commentaires :
Stop aux moniteurs violents !

Dernier point, le label de qualité

Le label « qualité des formations au sein des écoles de conduite », créé par arrêté du 26 février 2018, permet aux clients d’identifier une école de qualité répondant à un cahier des charges établi par l’Etat.

Pas d’enthousiasme prématuré cependant : ce label porte avant tout sur des critères administratifs.
Il vous garantit une information claire et précise (c’est déjà bien…), mais ne garantit pas du tout la qualité pédagogique de la formation !

Ce label est valable trois ans à partir du moment où le contrat de labellisation a été signé.
En théorie, il peut être retiré à tout moment après un contrôle… qui n’est quasiment jamais effectué, faute d’effectifs suffisants parmi les inspecteurs.

Quels sont ces critères ?
En fait, ils sont assez basiques :

  • l’identification précise des objectifs de la formation et son adaptation au public formé ;
  • l’adaptation des dispositifs d’accueil, de suivi pédagogique et d’évaluation aux publics de stagiaires ;
  • l’adéquation des moyens pédagogiques, techniques et d’encadrement à l’offre de formation ;
  • la qualification professionnelle et la formation continue des personnels chargés des formations ;
  • les conditions d’information du public sur l’offre de formation, ses délais d’accès et les résultats obtenus ;
  • la prise en compte des appréciations rendues par les stagiaires.

Pour en savoir plus, voir sur le site de la DSR.

Pour inciter les auto-écoles à répondre à ce cahier des charges, la Direction de la Sécurité Routière (DSR) a réservé certaines formations aux seuls établissements labellisés.

Ces formations de conduite sont :

  1. La formation complémentaire dite « post-permis », pour les conducteurs novices volontaires, afin de réduire la période probatoire à deux ans, au lieu de trois ans.
  2. La formation boîte manuelle, pour les conducteurs qui ont passé leur permis de conduire sur une voiture automatique et désirent apprendre à conduire une voiture à boîte de vitesses manuelle.
  3. La formation à la conduite d’un véhicule attelé à une remorque (permis B96).

Vous aurez remarqué que ces trois formations ne concernent que les automobilistes.
Aucune ne concerne les permis moto A1 et A2.

Seules les écoles labellisées peuvent proposer le dispositif du « permis à un euro par jour ».
Mais là aussi, cela ne concerne que le permis B.

En fait, une école moto n’a (pour le moment) aucun intérêt particulier à demander sa labellisation.
Le simple fait qu’elle la demande (et qu’elle l’obtienne) dénote une démarche de recherche de qualité, qui devrait tendre à vous rassurer.

Dans un avenir indéterminé, seules les écoles moto labellisées pourront proposer les formations au permis AM et la formation « passerelle » A2 > A.

Mais pour cela, elles devront demander (et recevoir) la certification complémentaire « moto », qui n’est pas encore en place à l’heure actuelle.

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