Un peu d’autobiographie, pour une fois ! Le risque, la chute restent pour beaucoup de motards un sujet tabou. Pour ma part, je crois à l’utilité de comprendre ses gamelles, d’en discuter pour en tirer des leçons, de les partager pour éviter que ça arrive aux autres… Voici donc la compilation de mes « fails » personnels.

Première publication en janvier 2020.

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Se conduire en “vrai pilote”

Image d’illustration

Introduction

Vous n’entendrez (presque) jamais parler d’accidents mortels chez votre concessionnaire ou dans les magazines moto. Discuter de la mortalité motarde ou tout simplement des accidents de moto demeure un tabou pour beaucoup. Parler de mort (ou de handicap ou de séquelles graves) a tendance à plomber l’ambiance dans les rassemblements motards et à engendrer un effet négatif sur les ventes – de motos ou de journaux.

La plupart des commerciaux, des marketeux, des pubeux, des journalistes, des chefs de produit, des ingénieurs ne sont pas spécialistes de la conduite moto, encore moins de la conduite de sécurité. Comme ils ne savent pas comment gérer le risque à moto, il leur est plus confortable d’éviter le sujet, surtout en public…

Bien sûr, je comprends l’inconfort que représente ce sujet. L’être humain n’aime pas évoquer crûment la mort, le handicap, les blessures, la douleur, le risque…
Et après tout, le risque fait partie de la culture motarde. Nous roulons (entre autres) à moto parce que ce sont des véhicules plus dangereux que les autres. Parce que nous savons que ce risque existe, nous pensons souvent qu’en parler ne sert à rien, voire augmente les risques. Parler d’accident pourrait amener celui-ci à se réaliser. Ne parlons pas de malheur…

Beaucoup de motards préfèrent (inconsciemment) croire à une sorte de fatalité : quand c’est ton heure, c’est l’heure… Pas avant, pas après. Corollaire à cette croyance, l’opinion – plus ou moins ancrée, plus ou moins consciente – que parler de malheur attire le mauvais oeil.

Cette conviction s’exprime parfois rationnellement par l’idée que parler de chute, évoquer le risque génère du stress, de la peur, de l’angoisse, de l’appréhension (appelez ça comme vous voulez)… et donc de la crispation !
Et la crispation, c’est bien connu, est la pire ennemie du motard. Donc mieux vaut ne pas en parler et même refuser l’éventualité du risque.

C’est tout le sens (à mes yeux) de cette planche du JBT où Stéphane Debarre fait preuve une fois de plus de sa grande connaissance du milieu motard, de ses préjugés / stéréotypes… et surtout de sa capacité à les évoquer par l’absurde, à s’en moquer pour susciter le rire.

Extrait de Joe Bar Team, tome 5, page 37

Sur circuit, les pilotes parlent pourtant ouvertement de leurs (nombreuses) chutes. Les ingénieurs équipent les motos de caméras et autres instruments de télémétrie afin d’analyser chaque millième de seconde ce qui se passe et pourquoi ça a décroché. Les pilotes s’équipent en prévision de la chute parce qu’ils savent qu’ils vont rouler à 99% de leurs capacités (dans un environnement connu et maîtrisé) et que la ligne est fine entre « à fond » et « trop fort »…

Mais encore une fois, nombre de motards se prennent pour des pilotes, mais refusent d’adopter une approche « professionnelle », rationnelle, de leur conduite.

C’est ma conviction que, si nous devons gérer le risque de rouler à moto, il nous faut nous impliquer personnellement et savoir se regarder dans le miroir. Nous avons besoin de comprendre ce qui s’est (bien ou mal) passé et en tirer des leçons pour garder le risque gérable.

Parler de mes gamelles répond aussi à un autre besoin.
Ma démarche sur ce site, mes articles, mes publications sur la page Facebook suscitent régulièrement des critiques (normal, dès que tu fais quelque chose de public), notamment sur un soi-disant côté « donneur de leçons ».

Je lis parfois des remarques selon lesquelles je me prendrais pour le motard parfait, toujours à critiquer les autres alors que je ne suis pas irréprochable, toujours à incriminer le comportement des motards, même dans des accidents dont l’autre conducteur est clairement établi comme responsable principal.

Tout d’abord, s’il faut être irréprochable soi-même pour analyser et critiquer, on peut tous la fermer définitivement sur 99% des sujets de conversation.

Ensuite, l’accidentologie moto prouve que le comportement du motard est à l’origine de la grande majorité des accidents mortels des motards.

Enfin, de mon point de vue, il ne sert à rien de se lamenter et d’incriminer le comportement des autres usagers.
Je considère qu’il est plus utile, plus profitable aux motards de se poser la question de ce qu’ils peuvent changer, de comment ils peuvent s’améliorer.
Je refuse le réflexe victimisant et communautariste qui fait croire que c’est toujours le gentil motard qui serait la victime des méchants caisseux.

Je ne suis pas « irréprochable », je n’ai pas mes 12 points sur mon permis et je ne suis pas à 50% de bonus d’assurance.
J’ai connu des accidents, plusieurs en 20 ans de moto, jamais rien de grave. Mais surtout, je sais pourquoi. Dans presque tous mes accidents, je sais que c’était (plus ou moins) de ma faute, que j’aurais pu les éviter.

Je fais et j’ai fait des erreurs. Je ne dis pas que cela ne m’arrive jamais.  
Mais il est très rare que je commette deux fois la même erreur. J’analyse et j’apprends. Et si je peux me permettre de critiquer tel ou tel comportement, c’est justement parce que ça m’est déjà arrivé.

Les débuts

Curieusement, je ne suis jamais tombé pendant ma formation initiale au permis de conduire moto en 2000-2001. Pas une seule fois. Pas même à l’arrêt ou à basse vitesse, comme ça arrive souvent au début. Trop timide, trop prudent pour ça, sans doute !

Ma toute première gamelle

Je me suis vite rattrapé avec ma toute première moto, une Honda NTV 650 Deauville, dès son tout premier jour. J’étais allé m’entraîner sur un parking avec un ami motard expérimenté, histoire de prendre en main cette moto récente que je ne connaissais pas du tout, car assez différente de la Yamaha XJ600N sur laquelle je m’étais entraîné (pendant des mois, quand même).

Cette moto n’était à l’époque pas équipée du freinage couplé Honda CBS, encore moins de l’ABS, option qui commençait tout juste à être proposée sur de rares modèles.
Et bien sûr, mes formateurs ne m’avaient pas appris à sentir un blocage de roue, encore moins à savoir comment réagir.

Je commence donc à faire des essais de freinage, en y allant sur des oeufs. Mon pote Guizmo m’explique qu’il faut freiner plus fort pour faire vraiment un freinage « d’urgence ». Pour m’y exercer, il me prête sa moto, une Cagiva 900 Gran Canyon… équipée de l’ABS, elle !

Après quelques freinages bien sentis, effectués en confiance puisque ça ne bloque pas, je reprends ma Dôv’ et applique consciencieusement la même puissance de freinage.
Blocage immédiat de la roue avant, crissement du pneu qui me crispe encore plus… et bim !

Déjà bien équipé (selon les standards de l’époque) avec un blouson textile doté de mousses aux épaules et aux coudes (et même d’une plaque dorsale dont je sais maintenant qu’elle était au mieux symbolique), j’ai pourtant eu mal à l’épaule droite pendant des semaines à cause de la rupture de la poche liquide articulaire… pour une chute à 30-40 km/h !

Cela m’a servi de leçon et après avoir récupéré ma moto refait à neuf quelques semaines plus tard (et découvert le coût des réparations moto), j’ai roulé avec beaucoup de prudence les mois suivants, en anticipant un max pour ne pas avoir à faire de freinage puissant.

Rétrospectivement, je me dis qu’il valait mieux me gameller hors circulation, à l’entraînement, plutôt que sur un freinage mal maîtrisé au milieu des voitures.
Et j’ai continué à m’entraîner au freinage.

J’ai aussi compris que le simple fait de changer de moto changeait en fait beaucoup de choses, que les machines ne sont pas semblables entre elles, qu’il faut prendre le temps de s’y habituer, notamment au niveau du freinage, tout spécialement en fonction de la présence de l’ABS… ou pas !

Cela peut sembler évident aujourd’hui, mais rappelez-vous qu’au début des années 2000, le monde motard était bien différent et que l’ABS restait encore largement inconnu et peu expliqué dans les écoles moto.

J’ai surtout bien senti que le corps humain est fragile et qu’il n’y a pas besoin d’aller vite pour se faire mal.
Avant de rouler à moto, je n’avais jamais été hospitalisé. Je n’avais jamais subi de fracture, je ne m’étais jamais fait vraiment mal de ma vie. J’avais mené une vie assez rangée de garçon sage et sérieux.
Bon, ça a un peu changé…

J’aurais pu jouer les pleureuses et accuser le destin, le revêtement, le manque de formation, mes anciens moniteurs, ou encore cette moto de m*** !
Mais soyons sérieux, je sais très bien que c’est mon manque d’expérience et de maîtrise qui m’a mis par terre ce jour-là.

Deuxième gadin

Comme je le disais, ma première chute (sans gravité finalement) m’a calmé direct et incité à rouler tranquillement pendant des mois. Pendant 18 mois, pour être précis.
Sur un an et demi de pratique moto à cette époque, j’ai roulé environ 80.000 km. Entretemps, j’ai changé de moto et pris ma première BMW, un R850RT neuf, évidemment avec ABS !

Et j’ai progressivement pris la confiance. Un an et demi de pratique « intensive », plus de 50.000 km au guidon de mon RT… j’étais devenu un roi du périph’ !
A cette époque, le boulevard périphérique parisien était limité à 80 km/h et il n’y avait pas de radars fixes. Comme beaucoup d’autres motards « à l’aise », je roulais à 100-120 km/h entre les voitures (en trafic fluide, évidemment).

Bien sûr, il y avait déjà (et il y a toujours) des fondus qui avionnent à 140 et plus, mais une telle vitesse en circulation chargée engendre forcément une conduite « hachée », faite de fortes accélérations et de gros freinages, avec une prise de risque démesurée pour un faible gain de temps.
Pour ma part, je préférais rester fluide à 100-110, ce qui était déjà rapide.

En ce temps-là, je vivais dans le 11e, près de la place de la Nation, et je prenais le périph’ presque tous les jours à la porte de Vincennes.

Un jour, j’allais vers La Défense, donc sortie porte Maillot en chaussée intérieure. A cet endroit, la bretelle de sortie vers Neuilly passe sous le périph’, donc descend, ce qui gêne la visibilité.

Je sors donc pour la porte Maillot, avec un trafic fluide mais chargé, beaucoup de voitures devant moi. A cet endroit, pendant quelques dizaines de mètres, la circulation se fait sur une seule voie, qui ensuite se divise en deux, à droite vers la place de la porte Maillot, à gauche vers Neuilly.

Je roule à environ 50 km/h derrière une voiture et là, première erreur, je ne suis pas assez décalé, je reste dans son axe et en plus, un peu trop près. Pas à la « coller », bien sûr, mais à moins de deux secondes d’écart.

Je me souviens que mon regard a été attiré à gauche, je ne sais pas pourquoi. Toujours est-il que je tourne la tête, je regarde à gauche pendant peut-être une seconde, avant de ramener les yeux devant moi… et de voir la voiture qui pile.

Il y avait (comme souvent) un ralentissement dans le petit tunnel qui mène à Neuilly et ça freinait. Sauf que la voiture devant moi me masquait les autres véhicules devant elle qui freinaient dans la descente.

Je freine et pratique en même temps un évitement vers la gauche, là où il y avait un espace pour m’échapper.
Mais trop près de la voiture, je touche son optique de phare arrière gauche, ce qui déstabilise la moto.

Avec plus d’expérience, j’aurais relâché le frein et mis un coup de gaz pour stabiliser la moto, mais là, dans la panique et la crispation, j’ai gardé le frein. La moto a louvoyé fortement sur quelques mètres, puis a fini par se coucher sur le côté droit.

Je me suis éjecté, ai pratiqué une magnifique chute avant… et me suis relevé immédiatement pour aller constater les dégâts.
J’ai eu la chance de pouvoir m’échapper et de ne rien percuter pendant la chute. Je n’ai pas cogné sur un véhicule et aucune voiture ne m’a roulé dessus. La moto a glissé sur la voie de dégagement à gauche et n’a pas touché la bordure du trottoir.

Tout le côté droit de la machine était rayé et à changer, mais aucun organe important n’a été touché.

Dommages corporels, presque rien : une brûlure au premier degré au genou droit car je roulais alors en jeans.
Le genou a frotté sur le bitume pendant un quart de seconde, la toile denim a fondu immédiatement et ma peau aussi.
J’ai compris la leçon. Depuis, je roule en pantalon cuir ou cordura ou kevlar, avec des coques aux genoux.

Quant aux causes de l’accident, elles sont évidentes : trop près, pas assez décalé. Et un instant d’inattention impardonnable dans un tel contexte. J’aurais dû identifier le danger de ne pas voir au-delà de la voiture juste devant moi.

Il faut toujours pouvoir gérer deux véhicules à l’avance. Voir ce que fait la voiture qui nous précède (n+1) et celle devant elle (n+2). Cela permet de réagir en même temps que le conducteur qui est juste devant nous, et non avec un temps de retard.
Et pour gérer, il faut observer, donc se placer de façon à pouvoir observer le véhicule n+2.

Les excès de confiance

J’ai gardé mon premier RT pendant 155.000 km.
En 2005, je passe sur le R1150GS Adventure.
Quatre gadins à comptabiliser avec cette moto.

Les deux premiers sont sans gravité.

En fin de journée, je suis à Cannes, je remonte le boulevard le long de la plage vers Mandelieu… donc le soleil dans les yeux.
Devant moi, une voiture que je suis à distance, disons normale.
Nous arrivons sur un feu tricolore qui protège un passage piéton. Pas d’intersection, le feu est juste là pour permettre aux piétons de traverser pour aller sur la page.

Je vois le feu de loin, il est vert. Mais passe à l’orange quand nous approchons. Pourtant, la voiture ne ralentit pas.
On s’approche et la voiture ne ralentit toujours pas.
Je regarde autour, pas de piéton en attente.
Je suppose donc que la voiture va passer le feu à l’orange très mûr… et décide de la suivre.

Au moment où la voiture est à la hauteur du feu, elle pile !
Le conducteur me dira plus tard qu’il avait le soleil dans les yeux et qu’il a vu le feu au tout dernier moment, il n’a plus pensé qu’il avait un véhicule derrière lui, il a écrasé le frein.

Heureusement, je n’ai pas accéléré et je le suis à distance raisonnable.
Dès que je vois son feu stop s’allumer, je freine et bascule la moto à gauche. Et j’évite la voiture ! Mais le bord de la valise droite de la moto accroche l’angle du pare-choc et je chute à 5 km/h.

Aucun dommage de mon côté, mais la réfection de son pare-choc m’a coûté cher.

Nouvelle leçon, fondamentale : ne jamais présumer des intentions des autres conducteurs !
Ne jamais croire qu’ils vont agir comme vous. Ne jamais présumer qu’ils ont vu ce que vous avez vu. Quand bien même ils l’auraient vu, ils ne vont peut-être pas l’interpréter pareil.
Toujours rouler pour soi-même, et non par rapport aux autres.

Quelques temps plus tard, de retour sur Paris, insertion sur le périph’, chargé comme d’hab…

Je m’insère en surveillant mon angle mort à gauche, un peu trop près de la voiture de devant. Tête tournée à gauche, je ne vois pas que la voiture freine. Ou plus exactement, je le vois, mais trop tard.
Freinage et évitement, j’arrive à m’arrêter, mais le feu anti-brouillard du GS cogne et casse l’optique de phare arrière gauche de la voiture.
Pas de chute, pas de casse sur la moto.

Encore une fois, distance de sécurité insuffisante (mais assez inévitable dans ce contexte très particulier), pas assez décalé sans doute… mais surtout, temps d’observation de l’angle mort trop long.

Il vaut mieux procéder par petits coups d’oeil rapides et répétés, en alternant avec d’autres coups d’oeil sur ce qui se passe devant, plutôt qu’avec un regard prolongé sur l’angle mort.

Ces deux premiers incidents ne modifient pas ma conduite, ils me poussent juste à faire vraiment plus attention à mon placement par rapport aux autres véhicules devant moi.
J’identifie le problème, je connais la solution, elle est facile à appliquer, rien de traumatisant.

Troisième carton avec cette moto, là encore dû à un excès de confiance, au cours d’une balade avec des copains dans le Vexin français, un coin que je connais très bien, c’est donc moi qui ouvre et ça roule tranquille.

En sortant du village de Santeuil pour aller vers Brignancourt, je décide de prendre par la vieille petite route le long de la rivière, celle qui est bien défoncée et pas entretenue car seuls les locaux passent par là.

Sauf que je ne pense plus au fait que je viens de changer les amortisseurs pour des Öhlins tout neufs, que je ne les connais pas encore et que je les ai réglés bien durs pour l’autoroute.

Et qu’en plus, juste à ce moment-là, déboule un gamin sur une petite moto (50 ou 125, je ne sais pas) qui roule comme un taré et nous pourrit comme il faut.
Oh toi mon gaillard…

Donc, bon ben, forcément… gaaazzz !!
Au milieu de cette route, il y a un pif-paf pas très prononcé, un gauche-droite qui ne pose pas de problème quand on roule à vitesse raisonnable. Là, en arrivant pleine balle sur une route cahoteuse avec une moto bien rigide, je passe le gauche, mais sens la moto qui commence à élargir la trajectoire dans le droite.

Deux solutions : soit je penche la moto pour rattraper la trajctoire, mais vu comment ça secoue de partout, je ne le sens pas ; soit je redresse et freine.

Coup de chance, je vois un dégagement bitumé à gauche en sortie de virage !
Je me laisse donc élargir, redresse la machine et freine. Sauf qu’elle ne ralentit pas…
Ce « dégagement » est en fait une allée d’accès à une petite usine, allée certes goudronnée mais recouverte d’une épaisse couche de gravillons. Lors de mon freinage, les roues ont immédiatement perdu l’adhérence, le système ABS l’a détecté et relâché le freinage. Je tire sur le levier, mais la moto ralentit à peine, je file tout droit et percute le portail métallique en bout d’allée.

Chance dans mon malheur, ce portail est constitué de barreaux verticaux et le hasard fait que la roue avant a tapé pile sur un barreau, au lieu de s’enfoncer entre deux barreaux.
Le choc est violent, la moto effectue une sorte de stoppie, l’arrière monte en l’air au point que le sommet de mon casque touche le portail. La moto retombe sur sa roue arrière et c’est là seulement que je tombe sur le côté, à l’arrêt en fait.

Dommages corporels : néant.
Moto bien abîmée (la fourche a reculé de 20 cm), mais roulante, j’arrive à la ramener moi-même chez le concessionnaire de St-Ouen-l’Aumône.

En temps normal, j’aurais certainement pu négocier correctement ce virage. Mais la combinaison d’une conduite trop rapide, sur une chaussée très dégradée, et surtout avec des suspensions mal réglées, a créé les circonstances de l’accident.

Les réglages des suspensions sont fondamentaux dans la tenue de route d’une moto et il importe de rouler à une allure en accord avec ces réglages.

Merci quand même à l’ABS ! Sans lui, si j’avais freiné fort comme je l’ai fait sur cette flaque de graviers, j’aurais bloqué la roue avant et chuté sur le côté à grande vitesse, avec le risque de me faire bien mal.

Cette chute ne me traumatise pas car je sais exactement à quoi elle est due. C’est entièrement de ma faute, je sais comment y remédier, cela ne remet pas en question ma confiance dans ma moto et dans ma conduite.

Première glissade

Plus de deux ans plus tard, nouvelle chute avec cette moto en décembre 2008.

Sur la route de retour vers mon domicile, de nuit, je négocie un virage à droite à 90 degrés dans un carrefour. Je connais cet endroit par coeur et l’aborde à l’allure habituelle, aux environs de 50 km/h, sans pencher exagérément.

Sauf que ce soir-là, à l’entrée du virage, dès que je commence à pencher… les deux pneus décrochent !

En un dixième de seconde, je me retrouve à glisser sur le sol, sans pouvoir faire quoi que ce soit.
Chance encore une fois, je ne percute rien. Je suis entièrement équipé, pas de blessure grave. Je m’apercevrai ensuite qu’en tapant à droite, le guidon s’est rabattu brutalement et m’a retourné le pouce gauche, causant une entorse qui me vaudra quelques jours de plâtre.

La moto n’a rien percuté non plus, elle a glissé sur une trentaine de mètres avant de s’arrêter juste avant le terre-plein.
Les protections tubulaires ont fait leur boulot, les dégâts sont minimes.

En me relevant pour aller inspecter ma moto, je manque de perdre l’équilibre et m’aperçois que le sol est maculé sur plusieurs mètres d’un hydrocarbure bien glissant.
Je n’avais aucune chance de passer ce virage.

Cette chute a été plus traumatisante que les précédentes.
En effet, la cause de l’accident est entièrement externe et imparable. De nuit, je n’avais aucun moyen de détecter la flaque glissante sur la route.

Je sais rattraper une perte d’adhérence de l’arrière. Il m’est déjà arrivé de perdre l’avant. Jamais agréable, mais si c’est bref, ça se rattrape.
Là, j’ai ressenti l’impossibilité de rattraper une perte d’adhérence des deux roues en même temps.

Cette expérience m’a marqué, j’ai mis des mois à retrouver confiance dans mes pneus et je pense que c’est à partir de ce moment-là que j’ai commencé à rouler plus sagement.

La preuve en est que je suis ensuite resté sur mes roues pendant près de dix ans… ou presque !
Disons qu’il s’est écoulé dix ans entre deux chutes dont je m’estime responsable.

La défaillance technique

En novembre 2015, je roule avec un R1200GS Adventure que j’ai acheté neuf en 2010, un peu plus de 150.000 km parcourus à l’époque avec cette moto que je connais donc très bien.

Après un cours particulier dans l’Est parisien, j’emmène le GSA à l’atelier de Panda Moto, à Villeneuve-sur-Yonne, au sud de Sens.
C’est un garage moto qui existe depuis plus de 30 ans, qui a longtemps été concessionnaire BMW, que je fréquente ponctuellement depuis dix ans et en qui j’ai confiance.
Inutile de le chercher, il a fermé peu après.

En plus de la révision des 150.000 km, j’avais demandé à ce garage d’effectuer le remplacement des roulements de pont.
Le pont, c’est le renvoi d’angle, au bout de l’arbre du cardan. C’est un ensemble de pièces qui subissent beaucoup de contraintes mécaniques. Autant le cardan et ses croisillons sont donnés à vie de la moto, autant le pont doit être changé régulièrement, tout au moins ses roulements.
En général, ça dure aux environs de 100.000 km. Les miens en ont fait 150.000, c’est déjà pas mal.

Le mécanicien de Panda Moto s’est raté pendant l’opération et a endommagé le carter de pont. Du coup, il l’a remplacé par un autre, pris dans son stock. Sauf qu’il s’est trompé et a monté un pont de 2008 sur une moto de 2010.
Du coup, le capteur de roue arrière en tombe pas au bon endroit et un signal d’erreur, ce qui met le système ABS en défaut.

Mais tout ça me sera expliqué plus tard.
Ce soir-là, quand je récupère ma moto, l’équipe me dit juste qu’il faudra que je revienne pour terminer la réparation. Je vois bien que le voyant ABS est allumé en rouge, mais des explications que j’ai comprises, je retiens que je n’ai plus d’ABS à l’arrière.
Je fais donc attention et rentre chez moi sans encombres.

Le lendemain matin, départ direction Fontainebleau pour encadrer un stage de conduite en virages sur route.
Je passe par l’A6, sortie N37 vers Barbizon, grande courbe que je connais très bien, mais je ne roule pas bien vite car chaussée mouillée.
Sortie de virage, je vois bien à l’avance un motard arrêté sur la BAU avec les feux de détresse.
Je regarde dans mon rétro, une seule bagnole, un bon 50 mètres derrière moi.

Je contrôle, je mets mon clignotant à droite, je freine légèrement, bien zen… et là, le pneu avant passe sur un raccord de bitume mouillé : blocage de roue avant.
Le temps que je sente le blocage, j’étais déjà en train de tomber, sur le côté gauche.
Je glisse sur une petite dizaine de mètres sans rien toucher.
Je vois la moto qui continue, les roues en l’air, elle se retourne et retombe côté droit avant de s’immobiliser, au bout d’une glissade sur facile 30 mètres quand même.

Une seconde pour faire le point, je me relève et vérifie ce qui arrive sur la route : la bagnole est arrêtée à bonne distance avec les warnings, elle me protège.
Je vais relever la moto et surtout l’enlever de la route.

L’automobiliste arrive, il a bien vu que je voulais m’arrêter pour aller aider le motard, il me fait « belle glissade ! ». Et il ajoute que ça glisse très souvent à cet endroit, il habite Fontainebleau et voit régulièrement des accidents.

Le motard vient me voir aussi.
En fait, il s’était juste arrêté pour téléphoner. C’est un gars de Chatenay-Malabry qui partait en balade avec sa R1200ST. Devant le mauvais temps, il a annulé son déplacement et était juste en train d’appeler pour dire qu’il rebroussait chemin…
Bonne idée de s’arrêter sur la BAU en courbe, alors qu’il y a une bretelle de sortie 300 mètres plus loin !

Dommages corporels : quasi rien.
Merci le pantalon avec coques de hanche et de genoux ! Le textile s’est déchiré sur le genou, la protection a fait son office, rien du tout. Il a tapé sur la coque de hanche gauche, je pense que sans elle, j’étais bon pour un col du fémur ou une hanche.
Merci le blouson en cuir ! Le coude gauche est bien râpé, mais ça peut se rattraper avec une rustine de cuir. Quelques éraflures au niveau de l’épaule et l’omoplate gauche.

Dommages matériels : le moteur n’a rien. Aucun organe vital touché.
Multiples rayures de partout, mais rien de grave, tout fonctionne.

Je passe sur les mois de procédure juridique contre le garage qui s’est mis en liquidation juste après, l’immobilisation de la moto, le temps et l’argent perdus, les bagarres avec les assureurs qui se défaussent…

Au final, les experts ont reconnu la responsabilité du garage et la malfaçon commise par le mécanicien.
Pour moi, je ne suis pas responsable de cette chute qui aurait pu mal se passer, mais dont je me suis une fois de plus sorti indemne grâce à mon équipement.

La leçon que j’en tire ?
Ne pas faire confiance aux soi-disant professionnels des garages moto.
Et ne plus m’arrêter pour porter assistance à un motard qui ne m’a rien demandé, il n’a qu’à se démerder avec son portable !

Les deux dernières gamelles

Les deux précédentes chutes sont dues à des pertes d’adhérence à cause de facteurs extérieurs sur lesquels je n’avais pas prise.
Un peu moins de dix ans après la dernière chute de mon fait, j’ai de nouveau goûté au bitume à l’automne 2017.

Sur un trajet de liaison dans l’Ain, au-dessus de Bellegarde-sur-Valserine, j’arrive de l’autoroute sur le rond-point qui sert d’intersection entre la D101 et la D101F.

Rien de spécial sur ce rond-point, sauf que pour descendre sur le centre-ville de Bellegarde, il faut prendre la première sortie à droite et que celle-ci tourne tout de suite à gauche avec un virage assez serré et un bas-côté envahi d’herbes hautes qui masquent la route.

Rien de spécial sur ce virage que je négocie à 30 km/h environ, sauf qu’on est à la mi-journée et que la moitié droite de ma voie est dans l’ombre des arbres, alors que le reste est inondé de soleil.

Cet ensemble de circonstances fait que je ne peux pas voir qu’au milieu de ma voie de circulation dans le virage, tapie dans l’ombre… il y a une flaque de sable, répandue là par un camion qui a perdu son chargement.

La roue avant de mon R1200RT passe sur ce sable et perd immédiatement l’adhérence, je chute en « low side » sur la gauche, la moto et moi glissons tous deux vers la gauche… droit vers la rambarde de sécurité !

Coup de chance pour moi, je glisse sur le dos, je vois la rambarde se rapprocher et j’ai le temps de lever les jambes pour prendre appui sur le rail et éviter de passer dessous.

Coup de chance pour la moto, la camionnette qui montait la pente a le temps de s’arrêter avant de taper dedans.
Mais la jante avant a percuté le rail, la lèvre de la jante est cassée, le pneu avant est dégonflé, il me faut appeler une remorqueuse.

Bilan, pas de réelle faute de conduite de ma part, je ne roulais pas trop vite, j’ai correctement manié la moto.
Mais il reste bien une erreur d’observation : je n’ai pas assez tenu compte du fait que je ne voyais pas complètement la route.

Dans le doute, il faut toujours essayer de passer sur une portion de la chaussée que vous voyez, que vous avez pu vérifier… et dont vous êtes certain qu’elle est propre, bien sûr !

Dernière gamelle en date, février 2018.

Route connue, sur mon trajet domicile-travail.
Juste avant d’arriver à mon centre de formation, j’emprunte une longue ligne droite qui mène à un grand giratoire qui occasionne souvent des ralentissements.
Nous sommes en fin de matinée, juste avant, les gens sortent des entreprises pour aller déjeuner. Le giratoire est encombré, embouteillage sur ma route sur plusieurs centaines de mètres.
Mais par contre, personne dans l’autre sens.

Le giratoire est à environ 300 mètres, je décide de dépasser les voitures qui sont quasiment à l’arrêt.
Je remonte donc des véhicules en file ininterrompue en les dépassant par la gauche, sur la voie en sens opposé, séparée par une ligne médiane discontinue, en roulant à 50 km/h pour une voie limitée à 70.
D’un point de vue juridique, selon le Code de la route, impeccable !

Mais ce que je ne vois pas, c’est qu’une voiture veut sortir d’un parking d’entreprise sur la droite et qu’en plus, elle veut tourner sur sa gauche.

Le conducteur a la visibilité complètement masquée par les voitures à l’arrêt, sur sa droite comme sur sa gauche.
La prudence aurait voulu qu’il tourne sur sa droite pour aller faire demi-tour sur le giratoire, mais comme l’accès à ce dernier est encombré, il décide de tourner tout de suite sur sa gauche.

Dans sa tête, le danger vient de droite, des véhicules qui pourraient venir du giratoire. Il ne regarde donc que sur sa droite.
Bien qu’il soit motard lui-même, il me dira ensuite qu’il n’imagine pas une seconde qu’une moto puisse dépasser et arriver par la gauche.

La malchance a voulu qu’au moment où j’arrive, une des voitures s’arrête pour laisser s’engager ce conducteur qui sort d’un parking privé.
Occupé moi-même à surveiller au loin qu’aucune voiture n’arrive en face de moi, j’avoue que je n’ai pas vu le « trou » se former dans la file de véhicules à ma droite.
Tout ce que j’ai pu voir, c’est un capot de bagnole surgir de ma droite et avancer pour me barrer la route.

Impossible d’éviter par la droite à cause de la file de voitures.
Eviter par la gauche ? Le capot continue d’avancer, impossible de savoir si le conducteur m’a vu et va s’arrêter… ou pas !
J’écrase donc les freins, mais la distance est courte et je percute la voiture en latéral au niveau de son aile gauche.
Avec la force de l’impact, je suis éjecté et effectue un beau vol plané.

Coup de chance là encore, la voiture avançait lentement et je l’ai heurtée au niveau de son capot, ce qui m’a permis de voler par dessus, sans toucher l’habitacle.

Comme à mon habitude, je me suis magnifiquement réceptionné, sans me faire mal du tout.
A ma grande surprise, mon équipement ne porte aucune trace, les gants sont à peine râpés, le reste n’a rien de rien.
La seule blessure sur cette chute est au niveau du nez : au moment du choc, je suis parti en avant et mon casque a violemment heurté la bulle de la moto. Le casque a alors appuyé fortement sur mes lunettes, dont la monture m’a entaillé le nez.
Spectaculaire parce que ça pisse le sang, mais sans gravité.

La moto, elle, passera épave.

Leçon à retenir ?
J’allais un peu trop vite.

Même si je respectais parfaitement le Code de la route, même si je ne suis responsable du sinistre… j’aurais dû rouler à 30. Cela m’aurait sans doute laissé le temps de détecter l’arrivée de cette voiture, ou tout au moins la place nécessaire pour freiner et m’arrêter à temps.

Voilà, j’en suis là pour le moment !
Deux ans que je ne me suis pas ramassé…

Conclusion

A la fin de cet article, vous vous dites peut-être que je passe mon temps à tomber.
Il faut voir que cette dizaine d’accidents sont en réalité répartis sur une période de vingt ans et près de 800.000 km.
Il faut aussi voir que la plupart de ces pépins s’est produite sur mes premières années de pratique. Plus je roule et moins je tombe souvent.

J’ai eu la chance de ne jamais connaître d’accident grave. Jamais de blessures graves, jamais de séquelles qui m’auraient gêné, voire empêché de continuer à rouler.

Je n’ai jamais prétendu être un dieu du guidon.
Mais j’ai toujours essayé d’analyser et de comprendre mes gadins, afin d’éviter que ça se reproduise.

Je sais que presque tout le monde peut arriver à devenir un bon motard, c’est une question d’entraînement et de motivation.
Je n’avais rien pour devenir un bon motard. Je ne serai jamais un excellent pilote. Mais à force de travail, d’entraînement, de détermination, de travail, d’efforts physiques, intellectuels, financiers… je suis devenu un motard pas si mauvais.

Et j’aide tous ceux qui veulent accomplir la même chose à y parvenir. Cela suffit à faire ma joie et le sens de mon existence.

JBT, tome 3, page 44
26 thoughts on “Mes gadins, mes gamelles, mes emmerdes…”
  1. Bonjour déjà merci Fab de faire partager ton vécu des accidents, je viens partager aussi mon vécu histoire de sensibilisé plus de monde mdr.

    Jeune motard le permis en poche depuis un peu plus d’un an maintenant et 12 000 KM parcouru sur une petite GS500F suzuki. Il m’est arrivé de faire tomber la moto quelque fois, a l’arrêt par exemple en la basculant de sa béquille central, rien de grave même pas d’égratignure esthétique. Voila mes accidents.

    A peine 1 mois avec la moto sur le rond point de gambetta dans paris je me fais bruler la priorité par un scouter qui allez pleine balle dans la dense circulation, pile au moment ou je me faufilais entre deux voitures, heureusement pour lui et sa copine qui elle m’a bien vue venir que j’allais même pas a 1km/h mais j’ai bien piler et avec le pneu avant tourné et la fourche ultra souple qui me remonte a la gueule la moto tombe sur coté a l’arrêt et doucement j’ai essayé de la sauver de la chute mais impossible elle était déjà sur le point de non retour .
    Conclusion : Beaucoup de colère et une moto à terre un autre scooter arrive non pas pour me faire chier mais pour m’aider a relever la moto et voir si j’allais bien, comme moi tous les scooter sont pas des cons, la moto à redémarrer peu de temps après. Faire très attention et ce même si ont la priorité.

    2em Accidents, quelque mois après je roule sur le périph, boucher sur toutes les voies, en direction de porte maillot, pour allez voir mon cousin motard. Je prends l’interfile normal et je roule grands max a 40 voir 35km/h, par ailleurs beaucoup de scouter/moto était derrière et l’imbécile qui me collé au cul (un scooter au passage) me fait des appels de phare et klaxonne pour que j’aille plus vite.
    Je ne céde pas je continue a mon allure et la j’arrive a l’approche du point d’origine du bouche, une voiture a l’arrét sur la file de gauche, et la comme par hasard le caisseux derriere la voiture en panne ce déçide que c’est le bon moment de faire du forcing sur la voie du milieu, qui est complétement a l’arrêt a cause des bouchons, pile au moment ou j’arrive.
    A peine une voiture de distance nous sépare je vois le capot de sa voiture prendre 80% de l’espace de l’interfile aucune possiblité d’esquiver a gauche ou a droite a cause des voitures a l’arrêt. je pile du mieux que je peux sur les freins, bah oui derriér moi il y a un con qui me coller et surement 4 autre qui le suive, j’ai pas d’abs et j’ai moins de 15m pour freiné le tous en l’espace de 4 sec car le caisseux a eu la joyeuse idée de forcer au moment ou je passe.
    Résultat je n’arrive pas a m’arrêter a temps mon flancs de carénage et mon coude gauche tape contre la porte arriére et la moto, avec moi dessus rebondis littéralement sur la voiture. Je fais quoi a peine un mètre avec le rebond toujours en maintenant les freins avant arrière et je m’arrête pile devant une 4×4 de la file du milieu devant son conducteur étonner et le miracle ? la moto n’est même pas tombé et moi toujours a son guidon a l’arrêt !

    Conséquence j’ai perdu un clignotant gauche et mon flanc de carénage gauche complément fendu, mon coude n’a rien eu car j’étais protégés de la tête au pieds. J’étais tellement énerver que j’ai redémarrer la bécane et je suis parti direct car j’allais vraiment tuer l’automobiliste. Ah les autre derriére moi on profiter de l’espace de la voiture qui sinsérer pour passer sur la gauche en m’esquivant elle et moi et continuant à tracé leurs route.

    Ce que je retiens, que les scooter sont majoritairement des cons, les « caisseux » font que très peu attention et contrôle pas avant de faire une manœuvre, donc ne jamais relâcher sa vigilance et surtout pas sur le périph ou ces encore pire !

    Après ça presque un ans après aucun accident sauf le dernier en date en ce début d’année et le plus violent en plus ! Je rendais visité à des amis dans le sud a 330 km de paris prés de moulin, l’allée RAS une superbe balade sur les départemental temps magnifique j’ai juste profité comme pas possible !
    Par contre le retour c’était littéralement le jour et la nuit ! Je pars de nuits enfin il commencé à faire nuit, il pleut, il fait froids, mais je pars tout de même, je fait bien 280 borne de départemental et la j’arrive bientôt a Fontainbleau me reste 5km.
    La nuit est déjà bien tomber et la pluie ses intensifiée j’arrive dans le rond point à allure raisonnable a peut prés 30/35km sur la deuxième, et au moment de prendre la sortie, je redresse et re penche la moto vers la droite le tous sans allez vite ni mettre d’angle à l’excès, je fais quelque mètre comme ça, et la tous d’un coup ma roue arrière décroche, raccroche puis redécroche avec l’avant en prime le tous en moins de 1 sec, le temps que je comprenne quoique ce soit j’étais sur le bitume et ma tête heure violemment le sol !

    Finalité de tous ça, ma tête va très bien car protégé par un super casque (un Shark gp pro) par contre Luxation acromio claviculaire de stade 4 coté droit ! La moto sans tire mieux juste le guidon tordu et quelque partie qui ont bien gratté le sol, aucun organe vital touché mais 2 mois d’arrêt de travail et plus de muscu pour 4 mois au moins.

    La leçon dans tous ça, plus jamais je ne prendrai la départemental de nuit sous la pluie JAMAIS ! et je redoublerai de vigilance, car même si j’ai perdu l’adhérence pour x raison, je ne peut m’empêcher de me dire que j’aurai pu passé plus lentement ou mieux décomposer les mouvements de la moto pour rester le plus droit possible.

    Aussi qu’il n’y a pas besoin d’aller vite pour se faire mal, mon « seul » gros accident et du a une glissade a basse vitesse et j’ai eu une luxation, j’ai vu en direct mon cousin glissé sur 50 mètre de sa moto et percuter un trottoir durant, et il a juste eu un gros bleu au niveau des fesses !

    Point positive les voitures qui me suivaient se sont toutes arrêtées pour m’aider et appeler les pompier etc… Comme quoi il y des cons partout mais il ne faut jamais oublier qu’il y a aussi des gens adorables, « caisseux » ou « motard », qui s’arrêteront pour vous aider.

  2. Toujours aussi instructif ce site, des articles de GRANDE qualité au point que j’y reviens régulièrement. J’ai eu la chance de suivre une journée de formation 2RM par mon entreprise, on réalise comme ici qu’il y a une différence entre savoir croire & croire savoir :p

    Outre ces remerciements, je voudrais réagir sur la perte d’adhérence (dont verglas dans les commentaires) et il me semble qu’en offroad, on apprend à ne pas couper les gaz afin de conserver l’effet gyroscopique sur la roue. De mon peu d’expérience, particulièrement en aquaplaning, ça fonctionne bien de garder un peu de gaz.

    « l’accidentologie moto prouve que le comportement du motard est à l’origine de la grande majorité des accidents mortels des motards. »
    Je ne suis pas d’accord :

    – le motard n’est pas « à l’origine » des accidents mortels dans la majorité des cas, il n’est pas à l’origine du mouvement causant les situations ‘habituelles’ d’accident.
    Si on considère que toutes les autres règles tombent si la vitesse n’est pas la bonne, alors oui les motards sont en cause car vitesse plus élevée que la voiture. Critère choisi par défaut pour beaucoup d’accidents, cf. policiers, faute d’évaluer la visibilité.

    – qu’il ait les moyens de les éviter en grande majorité, oui comme tous les autres conducteurs d’ailleurs.
    Se rendre visible, adapter sa vitesse, etc, vous en parlez très bien.
    Responsable ou pas, le motard est celui qui est sûr de finir à l’hôpital donc il ne doit pas se reposer sur la vigilance des autres usagers.

    L’expérience de quasi-accident des autres (la voiture qui sort du bouchon pour faire demi-tour, comme celle du parking, est classique en face de chez moi) permet de détecter les situations dangereuses et sur quoi être vigilant.

    De temps en temps, je demande à un pote de rouler derrière moi ou en passager. Je retiens ma mauvaise foi tant bien que mal et note ses remarques comme celles d’un motard lambda qui me suivrait ou simplement profiter de ses points de vigilance à lui.
    Malgré cela, sur 4 accidents, j’en ai 2 que je ne saurais pas éviter aujourd’hui. Se faire rentrer dedans sur le côté, dans l’angle mort, en suivant la circulation et pas comme un mouton. J’en suis à vérifier qu’un conducteur pressé ne grillera pas le feu rouge, pendant 2sec avant de partir au vert… j’ai failli mourir un jour et c’est ma passagère qui m’a tiré en arrière pour m’empêcher de partir.

    Je pense que beaucoup prennent des libertés en considérant l’absence d’impacts sur les autres. Un simulateur qui te fait traverser un gamin sur le passage piéton après ton virage, qui te confronte en vrai à ce que d’autres ont vécu + en te laissant aux commandes : ce serait bien plus efficace qu’un code mal respecté.
    Et on mixe les véhicules pour tous : pour se rendre compte des angles morts d’une voiture et de son isolation, se rendre compte qu’un motard sous la pluie ne voit pas grand chose et qu’il évite de s’arrêter en virage.

    En attendant, profitons de bouche à oreille et de cet excellent site ! V à tous

    1. Je me rends compte que je n’ai pas été précis sur le dernier point : MotoPrev est ce simulateur mais peu le connaisse (moi si désormais).
      Quand sera t il intégré aux permis moto et voiture ?

  3. Article très instructif et qui invite à s’interrogé sur sa pratique motarde.
    Pour ma part j’ai un leitmotiv constant quand je roule en moto « Il vaut mieux arriver 3 minutes plus tard que pas du tout »

  4. Merci pour cet article très intéressant et je souhaite poser la question du comment :

    « Je sais rattraper une perte d’adhérence de l’arrière. Il m’est déjà arrivé de perdre l’avant. Jamais agréable, mais si c’est bref, ça se rattrape. »

    Y a t-il un article sur ce sujet ?

    Merci par avance

    1. Non, cela se travaille avec la pratique de la moto tout-terrain / enduro.
      C’est vraiment une question de sensations, de ressentis. Très difficile d’écrire de la théorie sur ce point.

      1. D’ailleurs la chute que j’ai faite en prenant la voie de chemin de fer debout sur les cale pieds, je me dis que si j’avais eu de la pratique offroad je serais sûrement pas tombé.

  5. Bonjour Flat-Fab,

    Dans ce nouvel article tu dis :

    « l’accidentologie moto prouve que le comportement du motard est à l’origine de la grande majorité des accidents mortels des motards. »

    Je suis tout disposé à le croire, mais si l’on veut fouiller un peu le problème, on se heurte assez rapidement à la difficulté d’accès aux statistiques de l’accidentalité motarde… En tout cas, je n’ai pas trouvé de véritables études statistiques là-dessus et c’est dommage car, pour rejoindre le propos de ton article, ce serait un moyen de mieux analyser encore les accidents dont nous sommes les victimes et:ou responsables.

    J’ai quand même fait une petite recherche et je n’ai guère trouvé que le bilan annuel ONISR (2018)…

    https://www.onisr.securite-routiere.interieur.gouv.fr/

    Ces bilans ONISR ne concernent pas uniquement les motards mais tous les usagers de la route, piétons et cyclistes compris…

    Il doit exister par ailleurs des statistiques privées, associatives, pas forcément accessibles au grand public ? Je pense aux statistiques AFDM/Mutuelle des Motards qui existent forcément sinon la Mutuelle n’accorderait pas 20% sur la prime « roulante » d’assurance après un stage Perf.AFDM…

    Existe-t-il donc des sources statistiques de l’accidentalité motarde et surtout des analyses des accidents les plus fréquents ? Peut-être cela t’inspirera pour écrire un article complémentaire… 🙂

    Un autre point et non moins le plus simple est qu’il est, à mon humble avis, très difficile d’analyser les causes d’un « gadin » en moto… A un effet… correspond rarement une seule cause… Un gadin survenu avec telle moto, ne serait jamais survenu avec un autre type d’engin… (toutes choses égales par ailleurs). De même, et toujours pour illustrer sans prétendre à une quelconque exhaustivité, l’état du motard à l’instant t joue forcément un rôle (état de santé, fatigue etc… ).
    Analyser ses propres accidents nécessite d’avoir déjà une expérience motarde… Or, c’est surtout juste après le permis que les risques d’accidents par mauvaise analyse de l’environnement et/ou mauvaise maîtrise de la moto sont les plus élevés (me semble-t-il).

    Enfin, pour élargir le débat, faire analyser aux motards, en cours de formation ou en post-permis, des cas typiques d’accidents me paraîtrait une bonne idée…

    Qu’en penses-tu ?

    Alain

    1. Beaucoup de questions en un seul message…
      Je vais les traiter en commençant par la fin.

      C’est ce que je propose notamment dans mes stages de prévention du risque routier 2RM en entreprise.
      Cela se fait aussi dans les cours des antennes de l’association CASIM, en particulier lors d’un atelier appelé « partage d’expérience et comportement ».
      Dans les deux cas, on part d’un outil appelé « Moto Prev » qui sert de base de présentation pour initier la discussion et les partages d’expérience.
      J’ai parlé de « Moto Prev » lors de sa sortie, c’est un module Java gratuit, mis à disposition par La Prévention Routière, mais pas facile à trouver.
      https://www.preventionroutiere.asso.fr/campagne/motoprev-un-module-interactif/

      Les difficultés d’analyser un accident de la route à moto… elles sont évidentes !
      C’est pourquoi on fait appel à la micro-accidentologie, que ce soit par les enquêtes ECPA ou REAGIR, ou par des études comme l’étude RIDER du CEESAR.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Enqu%C3%AAte_comprendre_pour_agir
      https://www.fondation-maif.fr/pageArticle.php?rub=1&id=43

      Pour mieux comprendre l’accidentologie moto, deux études fondamentales : MAIDS et CEESAR.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Accident_d%27un_deux-roues_motoris%C3%A9
      http://www.vias-seguras.com/content/download/1849/9961/file/RIDER_RF.PDF
      http://www.maids-study.eu/pdf/MAIDSreport1.3_FR.pdf

      1. Merci beaucoup pour ces liens très intéressants pointant sur des ressources que j’aurais eu du mal à trouver.

        Moto Prev mériterait d’être mis en avant dans les moto-écoles…

  6. Bravo pour tes talents de conteur !
    Et la règle à essayer de suivre  » il faut toujours essayer de passer sur une portion de la chaussée que vous voyez, que vous avez pu vérifier… et dont vous êtes certain qu’elle est propre »
    Me concernant, toujours garder une distance « vitale » avec le véhicule qui me précède,
    J’ai le permis depuis 1972 et j’ai toujours en tête de revenir vivant de chaque sortie, pas d’ego à couper les gaz, securité one, trop de motards en fauteuil ou dcd.

  7. Bonjour, tout pareil, j’ai déjà partagé une chute sur un post, idiote, de ma faute…comme les précédentes. Ce qui m’a rendu le plus froussard, c’est une glisse sur une flaque de gasoil en sortant d’une station. Je retiens de tes chutes que je ne suis pas toujours au top de l’équipement et j’y remédie…trop bête de se casser une clavicule pour une économie sur un pantalon.merci

      1. Merci beaucoup pour cet article très didactique comme de coutume.
        J’aimerais bien que vous réservez un article sur les incidents moto et comportement face à une flaque d’huile ou de carburant et surtout ce qu’il ne faut pas faire lorsqu’on est plein dedans.

        1. Comme sur du verglas : ne pas pencher, ne pas freiner (ou alors, seulement de l’arrière et en douceur), ne pas accélérer.
          Serrer les jambes, détendre les bras, ne pas se crisper.
          Regarder loin, souffler fort !

          1. Merci, enfaite lorsqu’on est dans cette situation on perd tout ses réflexes tellement ça se passe rapidement.
            Donc ne rien faire serait l’idéal.

            1. Ne rien faire, lâcher les commandes (mais pas le guidon), laisser la moto faire en ligne droite.
              A la limite, débrayer, se mettre en roue libre pour garantir que les deux roues tournent à la même vitesse.
              Si c’est en ligne droite et qu’il s’agit d’une flaque passagère, pas trop longue (2 à 3 mètres), cela suffit.

  8. Salut, très impressionné par les kilométrages annoncés, comment s’imaginer maîtriser une bmw F 800gs avec 5000km / an. Deux chutes quasi à l’arrêt – une en fin de balade – fatigue – je démarre d’un stop pour aller sur la gauche – la moto cale et je ne peux la retenir – heuresement des automobilistes m’ont aidé à la relever. L’autre en voulant passer entre 2 arbres qui m’ont déséquilibré – Depuis j’ai mis un kit rabaissement pour être plus à l’aise lors de basse vitesse et à l’arrêt. Mais avec son centre de gravité haut, je ne suis pas à l’aise et envisage de changer.

    Est-ce que tu pense qu’un airbag aurait changé qcq chose – par ex sur ta dernière chute?
    Laurent

    1. Sur toutes les chutes que j’ai vécues, un gilet airbag n’aurait absolument rien changé… puisque je n’ai jamais subi de lésions sur le torse.
      Mais cela ne vaut que pour MES chutes, pas en général.

  9. Salut Fab,
    Merci pour cet article modeste et salubre comme toujours… J’aime ton style et ta façon de parler moto.! Pas eu le temps de tout lire encore mais introduction et première gamelle donnent déjà le ton.
    Chaque fois que je tombe…. J’essaye d’analyser et de trouver que faire pour que ça n’arrive plus le premier blessé étant l’amour propre..
    Pour les cas plus graves, obligé d’admettre que je porte une part de responsabilité,là aussi
    Les motos même modernes sont très différentes, de même pour les pneus etc…
    Grâce à toi, grâce à l’AFDM, grâce aux copains, j’ai eu la chance d’apprendre à m’équiper , ce qui m’a probablement sauvé la vie lors du dernier crash….. Le plus grave, il y a 3 ans maintenant…je ne roules plus pareil, c’est sûr, je ne prends plus certains risques….Pour apprendre de nos erreurs,il faut d’abord accepter celles qu’on fait .
    Merci de continuer à nous faire partager ton expérience
    V
    Marco

  10. Merci ! Propos instructifs et intéressants . Une belle invitation à se remettre en question, et à réfléchir sur ses comportements .

  11. Merci Fabien pour ce partage et l’état de tes points et de ton bonus. Effectivement on pourrait se dire qu’un instructeur ne peut que se vanter d’être au maximum sur ces deux critères !
    De mon côté et mixant maxi scoot récent avec abs et freinage couplé et 1000 gtr sans rien d’autre que mes petites capacités, le passage de l’un à l’autre se fait toujours avec méfiance et circonspection.
    Je n’ai pour ma dernière gamelle qu’à me reprocher de ne pas avoir vu les traces humides laissées par la balayeuse municipale sur le passage piéton que j’enquille au ralenti à angle droit…dommage. Depuis je vise entre les bandes blanches, systématiquement. Et je ne remets pas les gaz avant le retour à la ligne droite. Merci encore pour cet article… Rafraîchissant.

  12. Très instructif merci.
    Pour ma part depuis deux mois où j’ai repris la moto je suis tombé deux fois.
    Tout seul.
    Première fois, connement, je me levais de ma selle pour prendre les dos d’âne, j’ai fait pareil à un passage à niveau, sauf que derrière y avait une grosse pente, j’ai perdu l’équilibre, je suis tombé, ma moto a fini contre un mur.
    Résultat, un rétro cassé, et le guidon légèrement tordu. Ainsi que bien sûr des rayures. Je n’ai pas fait jouer l’assurance, je vais réparer ça moi même.
    Deuxième chute, à l’arrêt, avec mon fils. Moto dans une pente, perpendiculaire à la pente, je lui demande de descendre, en oubliant de lui dire de descendre du côté de la montée. Il descend du côté de la pente, la moto penche, j’arrive pas à la retenir et elle tombe. Voilà j’ai fait l’autre côté 🙂

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