Optimiser sa visibilité à moto (2/2)

Être bien vu des autres usagers de la route, lorsque vous roulez à moto ou sur un scooter, participe à votre sécurité. Pas besoin de gyrophare sur votre casque ni d’habit de lumière ; quelques précautions suffisent pour vous faire bien voir. Dans tous les sens du terme…

Cet article est la suite de Optimiser sa visibilité à moto (1/2)

* * *

Les raisons du problème de visibilité des motards

Pourquoi les motards ne sont-ils pas vus par les automobilistes (et autres conducteurs de véhicules) ?

Facteurs matériels

Une voiture comprend de nombreux angles morts qui gênent un bon contrôle visuel à 180 degrés.

Une moto, c’est petit et étroit, avec une surface frontale huit fois inférieure à celle d’une voiture.

10 à 20% des 2RM circulent sans feu de croisement, pour différentes raisons (oubli, panne électrique, ampoule grillée, méconnaissance de la réglementation).

Une autre partie circule avec un feu de croisement allumé, mais une ampoule faible et/ou une optique dégradée (négligence, mauvais entretien, manque de nettoyage).

La plupart des usagers 2RM s’habillent avec des couleurs sombres, notamment un casque noir, moins visible que des couleurs claires.

Il existe ensuite des facteurs liés à ce qu’on appelle les « difficultés perceptives » de l’être humain.

Facteurs physiologiques

Les premières sont d’ordre physiologique :

  • beaucoup de conducteurs ne tournent pas vraiment la tête sur l’épaule pour contrôler visuellement le trafic sur une intersection, ils ne voient donc que d’un oeil ou des deux mais seulement en vision périphérique et non en vision centrale, ce qui les empêche de distinguer les détails, les couleurs, le relief.
    Pour mieux comprendre les incidences de la vision périphérique, lire l’article Où regarder en roulant à moto ?
  • l’arête nasale gêne la vision stéréoscopique, il est difficile avec un seul oeil de bien distinguer les reliefs, donc d’évaluer correctement la distance et la vitesse d’approche.
  • un 2RM en approche frontale, c’est un seul point lumineux (quand le phare est allumé), c’est-à-dire une « signature visuelle » bien plus petite et difficile à percevoir qu’un véhicule large et/ou haut et/ou équipé de deux ou trois sources lumineuses.
  • Un conducteur sur 6 souffre de troubles de la vision non corrigés.
    Pour la plupart, c’est évidemment très léger, mais dans certains cas, ça peut suffire à faire la différence.
  • la plupart des conducteurs (y compris les motards) sont inconscients de l’existence de la « tache aveugle » (ou point aveugle).

Facteurs cognitifs

Une autre série de difficultés perceptives est d’ordre cognitif.

« Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir » : la plupart des automobilistes ne possède aucune expérience de la conduite en deux-roues moteur.

Ils ne sont pas sensibilisés aux difficultés de la conduite d’une moto, ils n’y sont pas formés, ils ne s’attendent pas à la présence de 2RM sur leur trajet, ils n’y font pas attention. Ce n’est pas qu’ils soient « motophobes », c’est juste qu’ils n’y font pas attention.

En effet, on fait surtout attention à ce qui nous fait peur, à ce qui représente un danger pour nous.
Les automobilistes font attention à ce qui est aussi gros qu’eux ou plus gros. Un 2RM est inconsciemment perçu comme négligeable, car pas dangereux.

Globalement, on parle de « cécité mentale » ou cognitive.
Ce n’est pas que l’automobiliste ne nous voit pas, son oeil nous capte, l’information est envoyée au cerveau. Mais son cerveau ne traite pas correctement cette information et au final, il ne nous perçoit pas.
Résultat, c’est comme s’il ne nous avait pas vu.

Si le sujet vous intéresse, lisez l’étude COMPAR (disponible ici) et l’étude AVI Moto (disponible ici), toutes deux réalisées par les chercheurs de l’Iffstar.

Lisez également l’article de L’Equipement sur l’étude AVI Moto.

* * *

Les fausses solutions

Bien sûr, on peut, comme toujours, stigmatiser les automobilistes et demander (comme le fait la FFMC) que soit améliorée la formation des nouveaux automobilistes sur la prise en compte des usagers vulnérables, sans rien demander aux motards.

Sauf que la prise en compte des usagers vulnérables fait déjà partie depuis des années du programme national de formation à la conduite. Sans grande amélioration pour le moment… La plupart des formateurs de conduite « zappent » cette partie, d’autant plus qu’elle ne fait pas l’objet d’un contrôle particulier lors de l’examen pratique.

Quant à demander des formations spécifiques (genre une initiation à la conduite moto pour tous les conducteurs), c’est techniquement irréalisable pour la plupart des auto-écoles et financièrement bien trop coûteux pour des candidats qui se plaignent déjà du coût trop élevé du permis.

De plus, comme d’habitude, la FFMC demande aux autres (pouvoirs publics et automobilistes) de faire tous les efforts pour favoriser une minorité d’usagers (moins de 5% du trafic). Politiquement intenable et parfaitement hypocrite.

Enfin, cette mesure d’éducation routière prendrait des années à commencer à prendre effet et ne concernerait qu’une petite partie des conducteurs, ceux qui viennent d’avoir leur permis. Il faudra des décennies pour que l’ensemble des 30 millions d’automobilistes soit formé.
Quand bien même la totalité de ceux-ci serait formée, il n’en resterait pas moins que l’ensemble des facteurs matériels et physiologiques de difficulté perceptive resterait valable.

 * * *

Les solutions réalistes

Il ne faut pas rêver, c’est à nous motards de faire attention à la place des autres si nous voulons être mieux vus et rester en vie.
C’est à nous qu’il appartient d’améliorer notre saillance visuelle !

Cela passe par :

  1. une amélioration de la signature visuelle de la moto
    (voir première partie : Optimiser sa visibilité à moto (1/2)),
  2. une amélioration de la signature visuelle du motard par son équipement,
  3. une amélioration de la saillance visuelle par le comportement de l’ensemble moto et motard sur la route.

fw5usuy4g9

* * *

Amélioration de la visibilité par l’équipement

Devenez VRAIMENT plus visible !

Pour ma part, cela fait un moment (depuis 2008) que je porte (fréquemment, pas forcément tout le temps) un vêtement à haute visibilité par dessus mon équipement motard habituel.

Ce fut d’abord le gilet Spidi Life Vest.
De 2009 à 2012, j’ai porté au quotidien un gilet Helite Airnest HV (haute visibilité), c’est-à-dire un gilet airbag de coloris jaune fluo.
Depuis 2012, je porte un gilet orange Icon Mil-Spec.

Mes premiers articles sur le sujet ont suscité de nombreux commentaires. Certains favorables, d’autres hostiles envers ces vêtements à haute visibilité. Beaucoup de motards s’insurgent contre la possibilité d’une mesure qui rendrait obligatoire le port d’un gilet fluo pour les motards.

Personnellement, j’en serais également contrarié. Mon opinion sur ce point est qu’il nous appartient de savoir nous-mêmes faire en sorte de nous rendre visibles, pour ne pas qu’on nous l’impose. Plus il y aura de motards qui porteront des vêtements haute visibilité,  moins les pouvoirs publics se penseront contraints de légiférer sur ce sujet.

A compter du 1er janvier 2016, les motards ont obligation de porter un gilet haute visibilité, mais SEULEMENT EN CAS D’ARRET D’URGENCE.
Informez-vous sur cette mesure avec l’article Le gilet obligatoire pour les motards.

Bien des motards pensent que porter un gilet fluo ou un quelconque vêtement à haute visibilité ne sert à rien.
Certains vont même jusqu’à fulminer contre les « social-traîtres » qui pervertiraient selon eux l’esprit motard en portant un gilet fluo. Quelques furieux regrettent parfois de ne pas pouvoir les frapper, les pousser dans le décor… Sans doute au nom de ce fameux esprit motard, vous savez, celui qui est fondé sur l’entraide !
De façon amusante, ceux-là mêmes qui stigmatisent les gilets fluo ne se rendent pas compte que le fait même de pouvoir les repérer montre bien que ceux-ci sont plus visibles que la moyenne.

Comparaison simple.
Regardez ces deux motards roulant côte à côte. A votre avis, lequel se voit le mieux ?

J’ai trouvé quelques images, issues d’un organisme de sécurité routière américain du Minnesota, qui tendent à prouver la bonne visibilité de ces équipements… Et vous pourrez vous en rendre compte tout seuls.

Vous avez de bons yeux, non ?
Alors regardez ces deux images. Sur laquelle le motard est-il le plus visible ?

Mais là, c’est facile, il n’y a qu’une moto juste au milieu de l’image. Evidemment qu’on la voit bien. C’est plus compliqué quand la moto est noyée dans un flot de circulation urbaine.

Autre comparaison de photos.

Pas encore convaincu(e) ? Normal, vos yeux cherchent une moto, ils la trouvent facilement, surtout qu’elle est située au milieu de l’image.

Qu’en serait-il si vous étiez comme l’automobiliste moyen, qui ne s’attend pas à voir une moto circuler près de lui, qui ne la cherche pas des yeux, mais qui ne peut la découvrir que s’il la voit…
Regardez ces deux photos. Lequel des deux motards détectez-vous en premier à chaque fois ?

Maintenant que vous êtes – je l’espère –  convaincus du surcroît de visibilité apporté par le port d’un vêtement à haute visibilité, voyons comment vous pouvez faire en sorte de vous rendre VRAIMENT visible.

* * *

Le gilet haute visibilité

Portez un gilet à haute visibilité, de couleur fluorescente (pour le jour) et doté de bandes réfléchissantes (pour la nuit).

Vous avez pu apprécier sur les images précédentes la différence que peut faire un gilet HV.
C’est vrai, cela ruine un peu la belle image du motard tout de cuir noir vêtu… Mais qu’est-ce qui est le plus important ? Votre image et votre sécurité ?

Les gilets HV sont proposés dans pas mal de formes et de couleurs différentes. Que ce soit en jaune, orange ou vert, un gilet ne vaut que quelques dizaines d’euros, dure des années et peut se porter au-dessus de n’importe quel vêtement moto.

Encore faut-il qu’il soit adapté à la pratique de la moto. C’est-à-dire qu’il résiste à la vitesse, qu’il soit réglable pour ne pas battre au vent et s’ajuster sur différents blousons. Et en plus, qu’il soit seyant, un peu plus élégant que le bête gilet de Karl Lagerfeld…

Il existe différents vêtements HV.

Le premier d’entre eux est le gilet fluo Bering, commercialisé au prix officiel de 39 euros. Trouvable à peu près partout en France, puisque Bering est un équipementier français distribué dans la plupart des magasins moto. Existe en deux tailles, chacune réglable : une taille L et XL, une autre qui va du 2XL au 3XL. Coloris unique jaune fluo.

Un autre produit spécifique moto est fabriqué par l’équipementier américain Icon, sous le nom de Mil Spec Vest.
Comme son nom l’indique, il a été réalisé pour respecter les spécifications des différents corps d’armée américains, afin que les militaires motards puissent les porter quand ils circulent sur leur base.
Une version améliorée, plus légère, est disponible avec le nom Mil Spec 2, dont une version spécifique pour femmes.

Mais après tout, rien n’oblige à ce que ces gilets soient tout spécialement voués à la conduite moto.
Il existe plusieurs produits comparables issus du monde du cyclisme, une autre catégorie de deux-roues qui ont eux aussi besoin de se rendre visibles.

Chez Décathlon, le gilet Velo 700 Fluo de leur marque B’Twin est à moins de 30 euros.
Et ils ont aussi un gilet fluo de running Kalenji Run Wind, à 10 euros.

Le gilet HV est le moyen le plus simple et le plus économique pour vous rendre bien visible des autres usagers. Il y en a vraiment pour tous les prix et tous les goûts, alors pas d’excuse !

Mais il existe d’autres moyens de se faire bien voir.

* * *

Les vestes éclairées

Les motards qui veulent être mieux vus installent des feux additionnels sur leur moto, le plus souvent à base de diodes électro-luminescentes, appelées DEL en français ou plus communément LEDs en anglais.
Mais avez-vous pensé que cela pouvait aussi se porter sur l’équipement ?

Quelques équipementiers proposent des vêtements moto avec diodes, devant et/ou derrière.
Compte tenu du faible volume de vente, ces équipement restent encore très chers…

La « jeune pousse » française Raylier propose des blousons en cuir pour motards éclairés, avec des zones électroluminescentes intégrées à l’avant et à l’arrière du buste, ainsi que sur les épaules.
Le blouson de la startup française est présenté comme très visible grâce à la puissance des diodes et leur surface : même de jour, ça brille bien, selon ses créateurs.
Un mode clignotant est également prévu, activable à l’aide d’un bouton placé au niveau de la ceinture. Grâce à un capteur de décélération, le blouson joue le rôle de rappel de feu stop.
À l’avenir, le Raylier pourrait disposer d’options intéressantes, à commencer par des clignotants connectés à ceux de la moto.
L’ensemble est alimenté par une batterie externe, une powerbank raccordée au système via un port USB et logé dans une poche spécifique, avec une autonomie annoncée de huit heures.
La gamme Raylier est vendue sur Motoblouz.

* * *

Le casque blanc ou fluo

Il paraît que le blanc est à la mode, on voit de plus en plus de motos blanches. Autant que ça aille jusqu’au casque !

Votre casque est le point le plus élevé de l’ensemble moto-pilote et le plus souvent, c’est l’élément de votre équipement qui sera le plus visible des autres usagers.

Il est logique de faire de cet élément celui qui offre la meilleure visibilité possible.

L’étude AVI Moto recommande d’ailleurs le port d’un feu à diodes de couleur jaune sur le casque (ou le haut du corps), pour augmenter la signature visuelle verticale de l’ensemble moto et motard.

Plusieurs fabricants de casques l’ont bien compris et proposent non seulement des casques blancs, mais même des casques (en général des modulables, prisés des motards urbains) de couleur fluo.

Comparé à un casque de couleur sombre, un casque blanc reste bien plus visible, de jour comme de nuit.

Si vous refusez de porter autre chose que du noir sur le corps,  si vous vomissez le jaune fluo, si votre moto est de couleur sombre… mettez au moins un casque blanc !

Beaucoup me disent « mais le blanc, c’est salissant ! »
C’est vrai et c’est pénible de nettoyer des gants, un blouson ou des bottes en blanc… N’empêche qu’il y a quand même des imbéciles pour acheter des équipements moto en cuir blanc !!
Mais pour un casque… Une éponge humide, 30 secondes et c’est propre !

* * *

Les vêtements avec des zones réfléchissantes

Je peux comprendre que l’on n’aime pas porter des coloris « flashy ». C’est au goût et au choix de chacun.

Mais je pense que tous les motards reconnaissent qu’il y a des moments où il est vital d’être bien vu, tout particulièrement dans des conditions météo qui altèrent la visibilité, comme quand il pleut, par temps de brouillard ou de neige, ou tout simplement de nuit ou dans des tunnels.

Dans ces moments-là, la plupart des automobilistes allument leurs feux, que ce soit de croisement (codes) ou de route.
Il reste bien sûr des fous ou des crétins qui roulent tous feux éteints quoi qu’il advienne, mais de moins en moins, alors que dans l’autre sens, de plus en plus de voitures sont équipés de l’allumage automatique des feux de croisement dès que la lumière environnante baisse.

Or ce que nous voulons, c’est bien d’être vus par les voitures qui s’approchent de nous. D’où l’utilité de zones qui renvoient la lumière des phares, sur nos vêtements et/ou sur notre moto.

Alors quand vous choisissez un vêtement de moto, quel qu’il soit, faites toujours attention à la présence de bandes, liserés ou empiècements réfléchissants. Le matériau le plus souvent employé est le 3M Scotchlite.

Dans l’idéal, tous vos vêtements moto doivent en comporter : blouson bien sûr, mais aussi bottes, pantalon et gants. Sans oublier le casque, évidemment !

Vous pouvez toujours ajouter ces bandes réfléchissantes en les achetant au mètre, puis en les faisant coudre par une virtuose de la machine à coudre. Ces bandes se trouvent dans les rayons accessoires pour le vélo des grandes surfaces de sport.

Il est également possible de trouver des bandes réfléchissantes adhésives sur le Net.
Voyez sur le site VFluo qui propose toutes sortes de produits rétro-réfléchissants.

Et si vous ne voulez pas de bandes rétro-réfléchissantes posées à demeure sur vos vêtements de moto, pourquoi ne pas porter des accessoires amovibles ?
Comme une paire de brassards, à porter sur chaque bras.

Les accessoires à placer sur un sac à dos
Car à quoi sert de porter un magnifique gilet HV ou des bandes réfléchissantes si vous les recouvrez par un beau sac à dos tout noir ?
Voir dans l’article S’équiper moto chez Décathlon.

* * *

Les feux additionnels sur votre moto

Certains motards (j’en fais partie) installent des feux supplémentaires sur leur moto afin de mieux y voir la nuit ou par temps de brouillard.

Ces feux additionnels sont également très utiles pour être mieux vu, surtout quand ils sont décalés par rapport au feu principal. La configuration des feux en triangle attire l’oeil des automobilistes.

Le fait de percevoir trois points lumineux les aide à identifier qu’il s’agit d’une moto (et non d’une voiture qui aurait un feu en panne, par exemple) et surtout à mieux évaluer sa distance et sa vitesse d’approche. L’effet de perspective permet à l’oeil humain de mieux percevoir le relief, donc la distance. Cela laisse moins de risques pour un autre usager de mal juger votre éloignement et votre vitesse.

C’est vraiment utile !

Comparez ces deux photos (floues), avec à chaque fois la même moto, avec des feux additionnels éteints puis allumés. Je pense que la différence saute aux yeux.

Précision juridique : vous avez le droit d’installer des feux additionnels, destinés à faciliter la saillance visuelle des motos, sans devoir recourir aux feux de détresse (en théorie interdits hors situation d’urgence), ni aux feux anti-brouillard (réservés au temps de brouillard, justement).

Pour cela, le Code de la Route a été modifié afin d’autoriser les feux diurnes (feux de jour), dans le cadre de la transposition en droit français du règlement européen 168/2013.

Depuis avril 2016, l’article R313-4-1 du Code de la Route prévoit que :
« Tout véhicule à moteur peut être muni à l’avant de deux feux de circulation diurne émettant vers l’avant une lumière blanche permettant de rendre le véhicule plus visible de jour.
Tout side-car équipant une motocyclette peut être muni à l’avant d’un feu de circulation diurne. »

Du coup… une moto peut comporter en face avant :

  1. un ou deux feux de position (veilleuses) ;
  2. un ou deux feux de croisement (codes) ;
  3. un ou deux feux de route (phares) ;
  4. deux feux indicateurs de direction (clignotants) ;
  5. deux feux d’angle ;
  6. un système d’éclairage avant adaptatif ;
  7. deux feux de circulation diurne ;
  8. un ou deux feux de brouillard avant.

 * * *

Parenthèse réglementaire

De façon générale, les articles R313-1 à 313-32 du Code de la Route définissent l’éclairage et signalisation des véhicules.

Tout véhicule ne peut être pourvu que des dispositifs d’éclairage ou de signalisation prévus au présent code.
Ceux-ci doivent être installés conformément aux prescriptions du présent chapitre.
Ces dispositions ne concernent pas l’éclairage intérieur des véhicules sous réserve qu’il ne soit pas gênant pour les autres conducteurs.
Le fait, pour tout conducteur d’un véhicule à moteur ou à traction animale, de contrevenir aux dispositions du présent article est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la troisième classe.

Revue de détail pour les motos :

  • Toute motocyclette, tout tricycle à moteur, tout quadricycle lourd à moteur doit être muni à l’avant d’un ou de deux feux de route.
  • Toute motocyclette, tout tricycle à moteur, tout quadricycle à moteur, tout cyclomoteur doit être muni à l’avant d’un ou de deux feux de croisement.
  • Tout véhicule à moteur, peut être muni à l’avant de deux feux d’angle émettant latéralement une lumière blanche afin de compléter l’éclairage de la route située du côté vers lequel le véhicule va tourner.
  • Tout véhicule à moteur peut être muni d’un système d’éclairage avant adaptatif destiné à s’adapter aux conditions ambiantes et aux paramètres d’utilisation du véhicule.
    Le système d’éclairage avant adaptatif est un dispositif d’éclairage émettant des faisceaux fixes ou orientables et possédant des caractéristiques différenciées pour une adaptation automatique à des conditions variables d’utilisation des feux de croisement et, le cas échéant, des feux de route. Son fonctionnement est automatique sans intervention du conducteur du véhicule.
  • Tout véhicule à moteur peut être muni de feux fournissant un éclairage supplémentaire sur le côté du véhicule pour faciliter les manœuvres à vitesse réduite.
  • Toute motocyclette, tout tricycle à moteur, tout quadricycle à moteur, tout cyclomoteur à trois roues doit être muni à l’avant d’un ou de deux feux de position.
  • Tout véhicule à moteur peut être muni à l’avant de deux feux de circulation diurne émettant vers l’avant une lumière blanche permettant de rendre le véhicule plus visible de jour.
  • Toute motocyclette, tout tricycle à moteur, tout quadricycle à moteur, tout cyclomoteur doit être muni d’un ou de deux feux de position arrière.
  • Toute motocyclette, tout tricycle à moteur, tout quadricycle à moteur, tout cyclomoteur doit être muni à l’arrière d’un, deux ou trois feux stop.
  • Toute motocyclette, tout tricycle à moteur, tout quadricycle à moteur, tout cyclomoteur à trois roues peut être muni d’un ou de deux feux de brouillard avant.
  • Tout véhicule à moteur ou toute remorque doit être muni d’un ou de deux feux de brouillard arrière émettant de la lumière rouge. Cette disposition ne s’applique qu’aux véhicules mis pour la première fois en circulation à compter du 1er octobre 1990.
    Les dispositions ne sont applicables ni aux motocyclettes, ni aux tricycles à moteur, ni aux quadricycles à moteur, ni aux cyclomoteurs à trois roues, ni aux véhicules et matériels agricoles ou de travaux publics, automoteurs, qui, toutefois, peuvent être munis d’un ou de deux feux de brouillard arrière émettant de la lumière rouge.
  • Tout véhicule à moteur ou toute remorque doit être muni d’un dispositif lumineux capable de rendre lisible, à une distance minimale de 20 mètres, la nuit, par temps clair, le numéro inscrit sur sa plaque d’immatriculation arrière ou sur sa plaque d’exploitation.
  • Tout véhicule à moteur doit être pourvu de feux indicateurs de direction à position fixe et à lumière clignotante. Ces dispositifs doivent émettre une lumière non éblouissante orangée vers l’avant et vers l’arrière.
  • Tout véhicule à moteur ou toute remorque doit être muni d’un signal de détresse constitué par le fonctionnement simultané des indicateurs de direction.
    Le signal de détresse se déclenche automatiquement en cas de collision si le véhicule est équipé d’un dispositif le permettant.
    Les dispositions ne sont applicables ni aux motocyclettes, ni aux cyclomoteurs à deux ou trois roues, ni aux quadricycles légers à moteur, ni aux appareils agricoles ou de travaux publics automoteurs qui, toutefois, peuvent être munis d’un signal de détresse.
  • Toute motocyclette, tout cyclomoteur à deux roues, tout side-car équipant une motocyclette doit être muni à l’arrière d’un catadioptre.
  • Tout autre véhicule à moteur peut être muni d’un ou de deux catadioptres latéraux, non triangulaires, de couleur orangée.
  • Deux feux ou dispositifs de même signification et susceptibles d’être employés en même temps doivent être placés symétriquement par rapport au plan longitudinal de symétrie du véhicule ; ils doivent émettre ou réfléchir des faisceaux lumineux de même couleur et de même intensité.
    Les feux et signaux ne peuvent être à intensité variable, sauf ceux des indicateurs de direction, des feux de position arrière, des feux stop, des feux de brouillard arrière et du signal de détresse.
  • Le fait de détenir, d’utiliser, d’adapter, de placer, d’appliquer ou de transporter à un titre quelconque les feux réservés aux véhicules d’intérêt général est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe.
    Ces feux peuvent être saisis et confisqués.

* * *

Un motard de ma connaissance a réalisé une vidéo pour illustrer tout ça :

 * * *

Bougez sur la chaussée !

On est tous d’accord pour dire qu’un objet en mouvement est plus facilement visible qu’un objet immobile.
C’est normal, notre oeil de chasseur est entraîné à détecter les objets mouvants, car ils constituent soit les cibles potentielles, soit les dangers éventuels. Cela fait 5.000 ans que nous sommes faits ainsi et ce n’est pas près de changer.

Mais vu sous un certain angle, un objet en mouvement peut paraître immobile.
Comme par exemple, le petit phare d’une moto arrivant droit derrière une voiture et vu dans le rétroviseur central de celle-ci… Surtout si ce phare n’a pas changé de place depuis la dernière fois où le conducteur de la voiture a regardé dans son rétro.

Parce que vous êtes resté au même endroit dans son champ de vision, vous pouvez à terme « disparaître » de sa vue, même si vous êtes bien en vue.
Pour éviter cela, vous devez apparaître en mouvement, utiliser des trajectoires « erratiques », de façon à attirer l’attention.

Il existe plusieurs façons d’utiliser le mouvement pour une visibilité accrue.
Vous pouvez bouger dans votre voie, changer de position par rapport aux voitures (de gauche à droite), ou quand il est sûr de le faire, changez de voie et puis y revenir.
Bouger dans sa voie, cela peut vouloir dire de petites embardées autour de marques sur la chaussée ou d’objets, tels que des plaques d’égout, ou même des objets imaginaires.

Le « mouvement de camouflage » est un terme utilisé pour décrire ce qui se passe quand un objet dans votre champ de vision demeure au même endroit assez longtemps pour pouvoir effectivement « disparaître ».

Un bon exemple de ce phénomène est la manière de chasser d’une libellule.

Une libellule se place à un endroit dans le champ visuel de sa proie, puis s’en rapproche sans changer sa position par rapport au fond du décor. Lorsque sa proie se déplace, la libellule se déplace avec elle, afin de rester au même endroit, jusqu’à passer inaperçue. Finalement, la libellule devient réellement invisible pour sa proie, ce qui lui permet de s’approcher assez près pour frapper.

Pourquoi un motard devrait-il être intéressé par le camouflage de mouvement des libellules ?
Parce que les motards peuvent utiliser ces connaissances pour éviter de devenir la « proie » d’un autre conducteur.
Lorsque vous approchez d’un autre véhicule, en particulier celui qui va sortir ou tourner en face de vous, la dernière chose que vous voulez est bien de passer inaperçu.

Afin de prévenir une collision, le motard peut se déplacer latéralement par rapport à un véhicule « menaçant », en mettant au moins la largeur d’une voie entre eux.
Face à une priorité potentielle de passage, le motard devrait s’éloigner latéralement de la menace. C’est-à-dire se déplacer vers la droite pour un virage à gauche ou une traversée vers la gauche. Ou se déplacer vers la gauche pour une voiture arrivant de la droite. Et ralentir si la menace potentielle arrive par l’avant. Le tout en restant dans votre voie.

Faire ainsi a deux avantages. En roulant avec un plus grand angle vers le véhicule venant en sens inverse, vous présentez votre moto plus de profil. Il y a donc plus de surface visible du côté de la moto par l’autre conducteur.

Sur ces trois schémas, la flèche verte indique la ligne qui peut le mieux vous aider à vous faire remarquer.
La flèche rouge est celle qui peut vous exposer au « camouflage de mouvement ».
En général, si le véhicule adverse se situe sur votre gauche, votre trajectoire doit vous faire passer de gauche à droite. Si le véhicule approchant est sur votre droite, votre chemin devrait passer de la droite vers la gauche.

* * *

Conclusion

Dernière recommandation : ne faites jamais aveuglément confiance à votre équipement, quel qu’il soit !

Ne partez jamais sur le postulat qu’un autre conducteur vous a vu et va vous prendre en compte, de façon correcte, sûre et certaine.
Dans certaines circonstances, hélas, certains conducteurs resteront incapables de vous percevoir ou de réagir de façon adéquate.

  90 comments for “Optimiser sa visibilité à moto (2/2)

Répondre à Momo Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.