La fiabilité des BM est-elle en baisse ?

Encore une question souvent posée et dont la réponse parfaite n’a pas encore été trouvée…

Introduction

Il est vrai que les motos BMW connaissent des déboires, voire de gros soucis, comme toutes les motos, comme toutes les mécaniques.
Il semble parfois que la fiabilité de nos machines soit en baisse par rapport à ce qu’elle pouvait être il y a 20 ans.
J’ai dit « il semble »…
Car il faut aussi comparer ce qui est comparable et relativiser par rapport au nombre de machines en circulation et au nombre de kilomètres parcourus.

Allez dans un rassemblement motard et regardez les kilométrages affichés au compteur, ce sont presque toujours des BMW qui durent le plus longtemps. Ou des Honda.

Mais qu’est-ce que « longtemps » ?

Avant les années 1980, un motard était bien content quand sa machine durait 50.000 km et encore, avec moult réparations sur le bas-côté, en changeant tout ou partie du moteur, etc.
Aujourd’hui, la barre psychologique est à 100.000 km et j’entends parfois des BMistes se lamenter sur les multiples avaries, pannes ou petits pépins de leur bécane à 30.000 ou 40.000 km.

Or bien des motards français (euh, 80% même) ne considèrent pas que 30.000 km soit un kilométrage « dérisoire ».
Le kilométrage annuel moyen en France pour les motos de plus de 750 cc est estimé à environ 6.400 km…
Et la durée de vie moyenne d’une moto est elle aussi estimée à sept ans.

Conclusion, environ la moitié des motos de grosse cylindrée disparaît de la circulation autour des 50.000 km.

Ce qui peut apparaître comme tout à fait « convenable » sur une sportive ou un roadster ou un trail sportif, motos qui seront souvent perçues comme « rincées » au-delà de 30.000 km parcourus (disons, entre 20.000 et 40.000 km).

Mais ce qui n’est pas beaucoup pour des motos routières, sport-GT ou GT, dont on dit en souriant qu’elles sont « à peine rodées » à 50.000 km parcourus.

Le truc, c’est qu’avec certains motards gros rouleurs qui font entre 20 et 40.000 km, on atteint vite les 100 ou 200.000 bornes, et là, forcément, y a de l’usure…
En mécanique, le « zéro défaut » ad vitam aeternam n’existe pas.

Généralités

Un premier biais d’analyse est la forte augmentation de la population concernée.

Les ventes de motos BMW enregistrent une croissance régulière depuis le début des années 2000, souvent supérieure à celle de la moyenne du marché.
La RT a longtemps figuré chaque année parmi les dix meilleures ventes de motos en France. La GS est entrée dans le palmarès depuis la fin des années 2000. Ses chiffres de vente en France la classaient d’abord entre la 10e et la 15e place, puis dans le Top 10 des ventes, et maintenant dans le Top 3…

C’est un fait simple : il y a de plus en plus de motos BMW dans les rues et sur les routes. Certains disent même qu’on croise de la GS à tous les coins de rue, en tout bien plus souvent qu’au détour d’un chemin de terre.

Mathématiquement, avec la même proportion de problèmes, si on augmente la population de base en valeur absolue, on se retrouve forcément avec un plus grand nombre de problèmes.

Tout le problème est de savoir si les motos BMW sont moins fiables qu’avant.
Et là, personne n’a la réponse !

Il y a un autre effet (en fait, deux) de la « démocratisation » de BMW :

  • l’un au niveau des concessionnaires,
  • l’autre au niveau des clients.
  1. D’une part, la moto BM n’est plus une affaire de motards passionnés, mais une marchandise comme une autre, mais qui se vend bien (et cher).
    Résultat, de plus en plus de concessionnaires sont avant tout des marchands de moto, des vendeurs.
    Le SAV n’est pas leur affaire : ça coûte cher et ça ne rapporte pas grand-chose, du moins à court terme.
    D’où une attitude de refus, de rejet, de déni des problèmes, qui se révèle hélas parfois relayée par l’importateur.
  2. D’autre part, la moto BM n’est plus juste une affaire de motards passionnés, mais un signe extérieur de richesse, un objet investi pour beaucoup d’une image de marque.
    La majorité des acheteurs de RT / GS, notamment en Ile-de-France, choisissent cette machine comme un gros scooter, en plus statutaire.
    Et s’ils acceptent d’investir entre 15 et 20.000 euros dans une moto BMW plutôt que 10.000 dans un maxi-scooter, c’est parce qu’ils en attendent une fiabilité à toute épreuve, mais surtout sans aucun entretien.

Pas de chance, une moto, ça s’entretient !
Or à 90%, les BMistes ne touchent jamais leur moto. Un coup de « karcher » de temps en temps, point final.
L’état de saleté, voire de corrosion, des tubulures d’échappement est à vomir, parfois dès 10.000 ou 30.000 km.

Le « problème » avec les moteurs Boxer et l’architecture moto BMW en général, est qu’elle repose sur des solutions techniques à la fois anciennes et éprouvées, avec des choix radicaux qui lui donnent un caractère bien particulier.

On ne conduit pas une BM comme on conduit une japonaise !
C’est au motard de s’adapter à cette moto s’il veut la garder longtemps et en tirer le plaisir qu’elle peut procurer.
Une BM ne s’adaptera pas à votre conduite ou alors, elle fera subir à son propriétaire toutes sortes de soucis et pannes.
C’est peut-être dommage, certains s’en plaignent, d’autres s’en réjouissent, mais c’est un état de fait.
Ou on l’accepte et on change sa manière de rouler (ce qui n’est ni agréable ni facile), ou on change de moto.
Ce n’est que mon point de vue, issu de mon expérience et de mes observations, pas un communiqué officiel BMW.

Pour autant, BMW se met progressivement au goût du jour des nouveaux conso-motards et tend de plus en plus à se rapprocher des standards de production japonais.
Résultat, boîtes plus douces, moteurs plus linéaires et fiabilité en baisse…

La fiabilité d’une moto repose sur quatre éléments:

  1. la machine en elle-même, sa conception, les matériaux, etc.
  2. l’entretien par le concessionnaire
  3. l’entretien par le conducteur et sa manière de conduire
  4. la chance

Il suffit qu’un seul de ces éléments soit absent ou insuffisant, et paf ! la panne.
Mais est-ce suffisant pour décréter qu’une moto n’est pas fiable en elle-même ?
On ne parle pas des trains qui arrivent à l’heure.
C’est un phénomène que je connais bien dans mon métier de journaliste : on parle en général de ce qui ne va pas et du coup, on a l’impression que tout va mal.

Expérience personnelle

Pour ce qui me concerne, ça va plutôt bien, merci !
Je parlerai surtout de mes motos passées, pour lesquelles la situation n’est pas susceptible de changer.

J’ai commencé chez BMW avec une R850RT en 2002, vendue en 2005 avec 115.000 km au compteur.
Ensuite, R1150GS Adventure de 2005 à 2010, vendue à 155.000 km.
Ensuite, R1200GSA de 2010 à 2018, vendue avec 230.000 km au compteur.
Entretemps, une R1150RT, vendue à 140.000 km.
Depuis 2016, R1200RT professionnelle renouvelée tous les trois ans, avec 35 à 40.000 km par an.
Depuis fin 2018, R1200GSA de 2011, 100.000 km.

Je ne dis pas que je n’ai jamais connu de souci, mais rien de grave.
Mon seul vrai gros problème a été dû à la malfaçon caractérisée d’un mécano professionnel hors réseau BMW.

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