Le point sur : la circulation inter-files

L’expérimentation de la circulation inter-files (CIF) des deux-roues moteur, annoncée en 2015, commence en 2016. Si vous circulez sur les routes concernées, voici les informations à connaître pour interfiler avec plus de sécurité et en toute légalité.

unnamedOn l’a tous fait, à un moment ou à un autre, en deux-roues, avec ou sans moteur, quelle que soit la cylindrée : remonter une file de voitures arrêtées, par la gauche ou par la droite, entre deux files de bagnoles ou en empiétant sur la voie en sens inverse… A l’approche d’un croisement encombré, dans des embouteillages, ou à un feu rouge… A un moment ou à un autre, ne serait-ce que sur dix mètres, peut-être même juste deux fois dans notre vie… tout conducteur de deux-roues a essayé la circulation inter-files !

Appelée « lane splitting » aux Etats-Unis et en Australie, « filtering » en Grande-Bretagne, la remontée de files, ou « circulation inter-files » (CIF) selon le terme officiel français, est plus prosaïquement nommée « interfilage » (avec le verbe « interfiler »), ou tout simplement l’interfile, renommé « infertile » par les plaisantins.

D’un point de vue juridique, l’interfile n’existe pas : un véhicule sera toujours forcément dans une voie de circulation. Il faudrait que le deux-roues moteur passe toujours exactement sur la ligne médiane discontinue entre deux voies pour être stricto sensu en « interfile », et encore n’est-ce pas du tout prévu par la loi puisque le Code de la Route était au départ le même pour tout le monde, pour tous les véhicules, surtout ceux à quatre roues.

la-circulation-inter-files-par-nicolazD’où la situation ubuesque qui a prévalu pendant des décennies en France, où la CIF n’était ni interdite, ni autorisée, mais plus ou moins tolérée par les forces de l’ordre, sauf quand les policiers estimaient (en toute subjectivité) qu’elle était pratiquée dangereusement ou quand telle ou telle autorité décidait soudainement d’une opération « coup de poing » qui frappait aveuglément tous les motards sur une portion de route, mais pas celle d’à côté, tel jour, mais pas le lendemain…

En l’absence d’infraction spécifique prévue par le Code de la Route, les agents des forces de l’ordre avaient recours à divers stratagèmes, en cumulant plus
ou moins plusieurs autres infractions, à la tête du client : le dépassement par la droite (sanctionné d’une amende de 135 euros et perte de trois points), le non-respect des distances de sécurité (amende de 135 euros et perte de trois points), le changement de file non justifié par un changement de direction (amende de 75 € et perte de trois points), voire la vitesse excessive eu égard aux circonstances (135 euros d’amende).
Au total, un motard pouvait ainsi perdre en une seule fois 8 points sur son permis de conduire (plafond maximum) pour un comportement qui ne mettait surtout en danger que lui-même !

Ce à quoi certains motards répliquaient par des contestations devant les tribunaux en invoquant l’article L.414-15 du Code de la route qui autorise un dépassement par la droite « lorsque, sur les routes à sens unique et à plus de deux voies, la circulation s’est, en raison de sa densité, établie en files ininterrompues »…

Avec l’augmentation continue du nombre de 2RM, surtout dans les grands centres urbains et notamment en région parisienne, la situation était devenue anarchique.

Beaucoup de conducteurs de 2RM vivaient très mal ce flou juridique qui laissait en permanence une épée de Damoclès au-dessus de leur casque, sans savoir en partant le matin s’ils risquaient de se faire verbaliser pour un comportement pratiqué par tous, qui n’était pas réprimé le reste de l’année et qui était du reste pratiqué allègrement par les forces de l’ordre elles-mêmes, y compris en dehors des missions prioritaires et urgentes.

Beaucoup d’automobilistes vivaient mal de voir des motos et scooters débouler entre les files de voitures, certains se traînant, d’autres fonçant à tombeau ouvert, sans savoir si c’était autorisé ou non.

Personne ne savait quel comportement était autorisé, interdit, interdit mais toléré, autorisé mais mal vu…

2-roues-lab-interfile-02En 2012, une enquête menée par le 2-Roues Lab’ auprès de 2.000 motards et scootéristes montrait que la circulation interfile était pratiquée par 97,5% des utilisateurs, que ce soit en ville (91% la pratiquent en zone urbaine) et en milieu péri-urbain (83%).

Pour clarifier la situation, le Conseil national de la sécurité routière (CNSR) a recommandé en 2013 une expérimentation de cette circulation inter-files pour donner à tous les usagers un cadre juridique et pratique.

Une circulaire de janvier 2015 précise les conditions d’exercice de la CIF, avec une expérimentation pratique qui devait commencer en septembre 2015.
Si vous voulez en savoir plus, voici la circulaire envoyée aux autorités départementales concernées.

Le décret qui acte la nécessaire modification du Code de la Route, définit les conditions d’exercice et celles de l’apprentissage théorique et pratique de l’ensemble des permis de conduire, est paru au Journal Officiel du 26 décembre 2015.

Il s’agit du décret n° 2015-1750 du 23 décembre 2015 portant expérimentation de la circulation inter-files.
Ce décret est entré en vigueur le 27 décembre 2015.

L’application réelle et concrète de la CIF est soumise à un arrêté du délégué interministériel à la sécurité routière, publié au Journal Officiel du 4 janvier 2016.

L’arrêté du 4 janvier 2016, fixant les dates de commencement et de fin de l’expérimentation de la circulation inter-files, prévoit que la circulation inter-files est expérimentée du 1er février 2016 au 31 janvier 2020.

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Quelles sont les routes où est autorisé l’interfile ?

L’expérimentation se fait sur les seules autoroutes et routes à au moins deux fois deux voies, sans croisement et séparées par un terre-plein central, où la vitesse maximale autorisée est supérieure ou égale à 70 km/h.

Et ce, dans ces seules quatre zones géographiques : l’ensemble de la région Île-de-France (départements 75, 77, 78, 91, 92, 93, 94 et 95) et les trois départements du Rhône (69), des Bouches-du-Rhône (13) et de Gironde (33).

Dans les faits, les zones admises pour la CIF sont :

  • le périphérique autour de Paris, les autoroutes franciliennes (A1, A2, A3, A4, A5, A6, A10, A12, A13, A14, A15, A16, A86) et grandes nationales (N118, N104) ;
  • le périphérique autour de Lyon, les autoroutes du Rhône (A6, A7, A89, A42, A43, A46, A47, A48) ;
  • une partie de l’autoroute A7 à Marseille, les autoroutes des Bouches-du-Rhône (A7, A8, A51, A52, A54, A55) ;
  • la rocade de Bordeaux, ainsi que les autoroutes A10, A62 et A63 et la nationale N89 autour de Bordeaux.

Attention, l’interfile n’est pas autorisé en permanence, mais seulement quand il s’avère utile, c’est-à-dire « lorsqu’en raison de sa densité, la circulation s’y est établie en files ininterrompues », donc quand il y a des embouteillages.
Filer à 180 km/h entre les voitures qui roulent à 100 reste tout autant interdit qu’avant…

Dernier détail, la CIF s’exerce uniquement entre les deux voies les plus à gauche et ce, « sur toutes les voies autres que celles réservées, le cas échéant, à la circulation de certaines catégories particulières de véhicules ou d’usagers ».
Il reste interdit de circuler sur la bande d’arrêt d’urgence, à droite de la voie la plus à droite, sur ou à côté de la voie débloquée en cas de bouchons sur l’A4, par exemple.

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Qui est autorisé à interfiler ?

Tous les conducteurs de véhicules motorisés à deux ou trois roues, d’une largeur d’un mètre maximum, autorisés à circuler sur les voies concernées.
Ce qui implique les motards et scooteristes en 125 (catégorie A1) et gros cubes (catégories A2 et A).
Mais pas les motos et scooters 50 (catégorie AM) qui n’ont de toute façon pas le droit de circuler sur les autoroutes, rocades et périphérique parisien.
Ni les quads, ni les machines type Bombardier Canam Spyder, qui mesurent plus d’un mètre de large.

Les tricycles à voie très large, les side-cars et les quads ne sont pas autorisés à circuler en inter-files.

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Quelles sont les règles de l’interfile ?

Pendant toute la durée de l’expérimentation, les usagers en deux-roues motorisés (2RM) peuvent circuler entre deux files de véhicules qui sont à l’arrêt ou à vitesse ralentie dans une circulation congestionnée.

Ils doivent toutefois respecter des règles simples, notamment :

  1. ne jamais dépasser les 50 km/h ;
  2. circuler obligatoirement entre les deux voies les plus à gauche de la chaussée ;
  3. utiliser leurs feux anti-brouillard (optionnels) pour être mieux vus.

Attention, les warnings et clignotants ne sont pas considérés comme des feux anti-brouillard !

Le décret n° 2015-1750 du 23 décembre 2015 précise l’ensemble de ces règles.

La circulation inter-files s’effectue dans le respect des conditions suivantes :
1° L’espacement latéral entre les véhicules circulant dans les deux voies les plus à gauche d’une chaussée est suffisant ;
2° Aucune des voies de circulation sur la chaussée n’est en travaux ou couverte de neige ou de verglas sur tout ou partie de sa surface ;
3° Avant de circuler en inter-files, le conducteur avertit de son intention les autres usagers ;
4° La vitesse des véhicules en inter-files est limitée à 50 km/h ;
5° Il est interdit à un véhicule en inter-files de dépasser un autre véhicule en inter-files ;
6° Le conducteur en inter-files doit reprendre sa place dans le courant normal de la circulation, après avoir averti de son intention les autres usagers, lorsque les véhicules, sur au moins une des deux files, circulent à une vitesse supérieure à la sienne.

Voici quatre infographies qui couvrent l’ensemble des situations possibles. Dans les trois premiers cas, l’interfile est autorisé, seulement dans la position des motos en vert. Dans le dernier cas, l’interfile est interdit.

cas-1

Avec un trafic fortement ralenti ou arrêté, les 2RM peuvent circuler entre les deux voies les plus à gauche, à moins de 30 km/h.

cas-2

Avec un trafic congestionné mais roulant (voitures entre 20 et 50 km/h), les 2RM peuvent circuler entre les deux voies les plus à gauche, à moins de 50 km/h.

cas-3

Avec un trafic dense (voitures aux environs de 50 km/h), les 2RM peuvent circuler entre les deux voies les plus à gauche, à environ 50 km/h.

Cas-4

Avec un trafic fluide (voitures aux environs de 90 km/h), les 2RM doivent circuler dans les voies, à distance de sécurité, à la même vitesse que els voitures.

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Et sur le reste du territoire français ?

Pour le moment, la situation reste inchangée : l’interfiles peut être toléré, mais n’est ni admis, ni interdit.
C’est valable autant pour les départements non concernés par l’expérimentation que pour les routes autres que celles prévues pour l’expérimentation, y compris dans les départements concernés.

Le décret précise :

Le conducteur circulant en inter-files en contravention avec l’une des dispositions mentionnées aux articles précédents ne peut se prévaloir des dérogations aux règles du code de la route prévues à l’article 1er.
Il est puni de l’amende et, le cas échéant, de la peine complémentaire ainsi que de la réduction du nombre de points du permis de conduire sanctionnant l’infraction correspondant à son comportement.

Infographie

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Quelles sont les sanctions encourues ?

Que ce soit dans les zones du territoire français non concernées par l’expérimentation ou dans les zones concernées pour le cas où le motard ne respecterait pas l’ensemble des règles définies, les sanctions déjà prévues restent applicables.

Dans le cadre de la CIF, il est demandé de ne pas dépasser les 50 km/h entre deux files de véhicules qui sont à l’arrêt ou à vitesse ralentie (moins de 30-40 km/h) dans une circulation congestionnée.

Le dépassement de cette vitesse autorisée dans les circonstances prévues est passible d’une amende, à partir de 45 euros pour un dépassement de moins de 20 km/h payé en amende minorée jusqu’à 3.000 euros en cas de récidive de grand excès de vitesse (plus de 40 km/h au-dessus de la limite autorisée) payé en amende majorée.
La même infraction entraîne un retrait de un à six points sur le permis de conduire, en fonction de la gravité de l’excès de vitesse.

Le même comportement, ou le fait de rouler à 50 km/h entre des véhicules à l’arrêt total, peut également être sanctionné pour « vitesse excessive eu égard aux circonstances », avec une amende de quatrième classe (à partir de 90 euros).

Comme par le passé, trois infractions peuvent être relevées en cas de circulation interfiles « imprudente » (notion laissée à l’appréciation de l’agent verbalisateur dans un premier temps, puis du magistrat si vous contestez), soit :

  1. non-respect de la distance de sécurité, amende de 4e classe et trois points en moins ;
  2. changement de voie sans avertissement préalable, amende de 2e classe et trois points en moins ;
  3. dépassement par la droite, amende de 4e classe et trois points en moins.

A noter que l’usage de feux autres que les feux de croisement et feux de brouillard peut être verbalisable et sanctionné d’une amende de 2e classe (à partir de 22 euros).

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En quoi consiste l’expérimentation ?

Avant de peut-être autoriser l’interfile sur tout le territoire national, le gouvernement veut expérimenter l’impact de la CIF sur la circulation en général, la sécurité des voitures et des motos, etc.

Dans le cadre de l’expérimentation prévue, de nouveaux dispositifs, permettant d’évaluer différents paramètres (mesure de la vitesse des motos et des autres véhicules, positionnement sur la chaussée et calcul de l’interdistance, comptage des 2RM), doivent être installés sur les chaussées concernées.
Le résultat de ces différentes mesures permettra de connaître l’évolution de la pratique avec précision, avant et tout au long de l’expérimentation.

Grâce à cette opération, la Sécurité routière attend une amélioration des déplacements, mais aussi une baisse de l’accidentalité impliquant des deux-roues motorisés dans ce type de situation.

Au moins deux années seront nécessaires pour obtenir des données fiables d’accidentalité et décider ou non de la pérennisation de cette pratique, à partir donc de 2017 au plus tôt, selon la Sécurité Routière.
L’expérimentation est prévue pour durer quatre ans, avec une prolongation possible d’un an.
Elle peut être suspendue par simple décision du ministre si les résultats de l’accidentalité ne s’avéraient pas satisfaisants.

Télécharger le dépliant de la Sécurité Routière sur la CIF.

Pourquoi des vidéos belges ? Parce que la Belgique a autorisé l’interfile aux motos depuis septembre 2011, sans phase d’expérimentation, directement en deux mois. Les motards belges y sont bien plus habitués que nous, avec exactement les mêmes règles.

En Australie, les motards n’ont pas le droit de circuler entre les files. Le cabinet d’avocat australien Maurice Blackburn Lawyers et l’Australian Motorcycle Council ont produit en 2013 une vidéo, basée sur une statistique du rapport sur l’accidentalité moto Maids et qui milite pour la légalisation de l’interfile. « Il est temps de s’intéresser à la circulation interfile », plaide la pilote professionnelle Bron Sorensen, ambassadrice du mouvement pro-moto Smidsy (« Sorry mate I didn’t see you », en français : « désolé mec, je ne t’avais pas vu »).

Slogan simple : en France, comme en Australie, les motards sont six fois plus en sécurité lorsqu’ils circulent entre les files de voitures qu’à l’intérieur de ces files.

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Quels conseils pour circuler en sécurité en interfiles ?

Premier point, la vitesse de circulation

Il vaut mieux rouler légèrement plus vite que les voitures, avec un différentiel d’environ 10 à 20 km/h, mais sans dépasser les 50 km/h.
Si les voitures sont à l’arrêt ou presque, dépasser les 50-60 km/h équivaut à jouer à la roulette russe.

Pour autant, on risque moins à remonter une file continue que dans un trafic « en accordéon » car une voiture coincée entre deux autres ne pourra bouger que très lentement et vous aurez le temps de la voir effectuer sa manoeuvre.

N’allez jamais au-delà de la vitesse à laquelle vous vous sentez capable de réagir à n’importe quelle éventualité.

L’idée est de toujours pouvoir freiner sur la longueur d’une voiture pour éviter de se prendre celle qui est en train de déboiter devant elle, et sans être jamais obligé de la doubler (car elle peut déboîter et vous entraîner avec elle).

Deuxième point, la gestion des intervalles

Le danger maximal intervient surtout en début et en fin de bouchon, quand les espaces entre deux voitures s’allongent et que les conducteurs veulent changer de file pour gagner un mètre ou deux, en profitant d’un espace qui s’ouvre soudainement. Ils veulent déboîter très vite pour en profiter et ne regardent pas dans le rétro. Quant au clignotant dans ces moments-là, il est en option sur 80% des voitures qui circulent…

De la même manière, il arrive que la voie la plus à gauche bouchonne, mais que par contre, celle du milieu soit plus fluide… Il est fort probable qu’une voiture déboîte sans regarder et sans clignotant pour tenter de grappiller dix secondes.

Une file de voitures « cul à cul » présente peu de risques de bouger, un automobiliste aura du mal à s’en extraire et s’il y parvient, ce sera lentement, ce qui vous laisse le temps de le voir. Par contre, s’il n’a pas encore vu le ralentissement ou s’il bourrine ensuite pour rattraper son retard, il sera alors bien plus dangereux pour vous.

Attention quand même quand tout est bouché et les voitures arrêtées : il y a toujours un cinglé pour se dire que tout le monde est à l’arrêt et qui va donc ouvrir une portière ou donner un coup de volant, sans regarder, pour essayer de forcer le changement de file ou essayer de voir jusqu’où dure le bouchon…

Troisième point, le passage entre deux voitures côte à côte

Ne passez entre deux voitures qui roulent côte à côte que si :

  1. au moins l’un des deux automobilistes vous a vu (par exemple, celui de gauche fait un petit écart en vous voyant arriver)
  2. si vous avez un espace devant les deux voitures,
  3. si vous pouvez le faire vite avec une accélération,
  4. si vous voyez assez loin devant.

Bien évidemment, essayez au maximum de remercier les automobilistes qui s’écartent. Un petit geste de la main gauche, un signe de tête, ça va vite et ça ne coûte rien.

Il est préférable de passer entre deux voitures plutôt que de slalomer en « S ».
Les automobilistes voient les autres voitures. Ils ont tellement peu la notion de distance latérale (surtout à droite, à cause de la portière) et tellement peur de faire une rayure sur leur carrosserie qu’ils se ménagent toujours une grosse marge de sécurité, minimum un mètre, souvent 1,50 mètre. Ils laisseront (presque) toujours un espace suffisant entre leur bagnole et celle qui les côtoie pour vous permettre de passer.

Quatrième point, les dépassements par la gauche ou la droite

Ne dépassez une voiture qui n’a pas d’autre véhicule à côté d’elle qu’avec un grand luxe de précautions : en étant sûr et certain qu’elle vous a vu ou que vous allez pouvoir le faire en gardant une distance latérale supérieure à 1,50 m et sans rester à sa hauteur plus d’une seconde.

Si vous devez slalomer dans un trafic chargé mais fluide, avec de grands intervalles entre les voitures, prenez large !
Abordez le véhicule suivant le plus à l’extérieur possible de sa position afin de vous laisser une marge de manoeuvre au cas où il se rabat ou déboîte. Vos « S » doivent être les plus larges possible, en souplesse, en douceur.

Alors que si vous vous amusez à slalomer vite et serré, vous prenez le risque qu’un caisseux ne vous voit pas arriver et se rabatte ou déboîte puisqu’il ne voit pas de voiture à côté de lui. La seconde d’après, vous êtes là… Et celle d’après, vous êtes par terre !

DepliantSR-002Cinquième point, votre placement sur la chaussée

Ne vous faufilez entre les voitures qu’entre les deux voies le plus à gauche. C’est entre ces deux voies que les automobilistes ont le plus l’habitude de trouver des motos. Ils y font donc un peu plus attention.
Passez rapidement sur la voie la plus à gauche.

La voie de droite est la plus dangereuse : voitures et camions s’y engagent rapidement, souvent sans regarder.
La voie du milieu n’est guère mieux avec ceux qui se rabattent brusquement en voyant leur sortie arriver plus vite que prévue.

Attention ! La dernière voie est la plus rapide, et si vous vous « traînez » dessus dans une circulation fluide, soyez sûr qu’une voiture vous talonnera avec klaxon et appels de phare, au risque de vous rentrer dedans.

Si l’entre-file est assez large, préférez passer un peu plus près de la voiture de gauche que de celle de droite, qui est plus susceptible de faire un écart. A l’approche d’une sortie, c’est l’inverse.

Sixième point, la gestion des autres véhicules

S’il y a plus de deux voies, faites attention si vous doublez un poids-lourd, un bus ou un autocar à votre droite, avec un « trou » devant lui.
Attendez-vous à ce que quelqu’un venant d’une file encore plus à droite ne remplisse le trou, voire coupe carrément la voie pour aller d’une seule traite sur la file de gauche. On ne double dans ce cas qu’avec une survitesse faible, sans accélérer et avec deux doigts sur le frein.

S’il y a plus de deux files et que vous voulez passer deux files d’un coup, prenez le temps de couper et remettre votre cligno en milieu de manoeuvre. Ainsi, votre manoeuvre ne sera pas ambigüe.
De votre côté, considérez qu’un cligno peut vouloir dire « à gauche toute » quand vous doublez une voiture en train de changer de file à votre droite. Elle pourra vous couper la route sans vergogne : l’automobiliste a mis son cligno, il estime être dans son droit, donc ne prendra pas forcément la peine de vérifier son angle mort.

Un autre endroit où peuvent se produire des changements de voie intempestifs de la part des voitures et camions, c’est en courbe. Attention dans les courbes un peu prononcées, certains automobilistes peuvent déborder de leur voie, en coupant ou élargissant. En courbe, ne restez pas à côté d’une voiture et surtout pas dans son angle mort !

Il ne faut jamais doubler une voiture qui a mis son clignotant !! Même si c’est un cligno oublié.
Dans ce cas, attendre assez longtemps pour être sûr que le cligno est bien un oubli, et pas l’attente d’un trou pour changer de file. Si quelqu’un oublie un cligno, c’est peut-être parce qu’il téléphone… Donc, prendre tout son temps pour avoir une certitude avant de doubler.

Septième point, soyez prêt à réagirDepliantSR-003

Roulez à un régime suffisant pour pouvoir accélérer fort en cas de problème.
Inutile de faire hurler le moteur. Adoptez une plage de régimes entre 3.000 et 5.000 tours par minute, ce qui permet d’accélérer sans taper la zone rouge et de garder un peu d’allonge avant de monter un rapport.

Dans le même esprit, roulez aussi avec deux doigts sur le frein avant. Entre les files, il faut toujours pouvoir réagir extrêmement rapidement.
Lire l’article « Savoir freiner à moto (et en scooter)«

 

Huitième point, gérer les autres motos

Si vous suivez une autre moto, faites-le à une distance raisonnable au cas où elle devrait freiner brutalement.
Il y a eu un cas où un motard a chuté entre les files et a été tué par un autre motard qui le suivait de trop près…

Mais ne restez pas trop loin non plus, vous profiterez de l’effet d’ouverture de la voie.
La plupart des caisseux (les vrais, pas les automobilistes responsables) font attention aux motos pendant les dix secondes qui suivent le moment où ils viennent d’en voir une les doubler. Beaucoup moins ensuite…

Suivre un train de deux-roues limite le stress, vous fatiguerez moins nerveusement.
Une bonne « locomotive », c’est un motard qui roule bien, mais pas trop vite et qui ouvre donc la voie. Un pot non homologué et très bruyant ne sera utile qu’à faible vitesse, quand les automobilistes auront le temps de l’entendre arriver. Sinon, aucun intérêt, vous serez celui qui sera le plus gêné en roulant juste derrière lui !

Si vous commencez à fatiguer en remontant les files, ne ralentissez pas les autres.
Arrêtez immédiatement l’interfile et rangez-vous derrière une voiture (mais pas un camion ou une camionnette, ce n’est pas transparent).

DepliantSR-004Neuvième point, surveillez vos arrières !

Personne n’est le plus rapide, il y aura toujours quelqu’un pour vous rattraper.
Regardez fréquemment dans vos rétros, dès que la situation permet de le faire sans vous mettre en danger.

Sur le périph’, c’est celui qui roule le plus vite qui a priorité !
Si vous roulez plus lentement que les autres, regardez vos rétros toutes les dix secondes et rangez-vous dès que possible pour laisser passer ceux qui sont derrière. Plus vous attendrez, plus ils seront nombreux et plus vous devrez attendre en les regardant passer avant de reprendre l’interfile.

Rangez-vous dès que vous pouvez le faire sans danger pour vous.
Jouer l’obstruction est une très mauvaise idée, cela n’aboutirait qu’à faire prendre des risques tant à vous qu’au motard qui veut vous dépasser.
Laissez-le passer dès que possible, sans prendre de risque. Mettez votre clignotant et rabattez-vous à gauche ou à droite lorsque vous voyez un trou suffisamment grand entre deux voitures (et pas un trou de souris qui aura toujours tendance à se rétrécir).

Découvrez les conseils pratiques de la FFMC Paris et Petite Couronne pour circuler en inter-files en toute sécurité. A partager largement !

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Retrouvez une synthèse des conseils donnés dans cet article sur le site Moto vs Wild !

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Autre point à discuter : l’enseignement de la circulation inter-files dans les écoles moto.

L’apprentissage PRATIQUE, réel, concret de l’interfile n’est possible :

  • que dans les établissements d’enseignement de la conduite moto situés dans les départements concernés par l’expérimentation et sur les voies autorisées à la CIF ;
  • et surtout qu’avec un formateur circulant à moto, et non en voiture.

La circulation interfile ne sera bien évidemment pas demandée lors de l’examen en circulation car l’inspecteur circule forcément en voiture.

Elle ne pourra pas non plus être travaillée dans la grande majorité des écoles moto dont les formateurs, bien que détenteurs du permis moto, ne circulent qu’en voiture.
Pour ma part, je suis partisan (et j’exerce ainsi) du formateur moto qui roule à moto avec ses élèves, au lieu de rester bien au chaud dans une bagnole avec la musique et le téléphone, à expliquer comment il faut rouler à moto…

  15 comments for “Le point sur : la circulation inter-files

  1. Yapukafaucon
    8 août 2017 at 09:37

    L’interfile est autorisée depuis février 2016 à titre expérimental, pendant 4 années… mais chaque année, il est censé y avoir un rapport selon le Décret n° 2015-1750 Article 5 .

    Je crois savoir que c’est le CEREMA qui a « l’honneur » de faire ce rapport. Cependant, je n’en ai pas entendu parlé… Y a t il eu vent de ce rapport quelque part pour cette première année ? C’est censé être fait « au plus tard trois mois avant la date prévue pour son terme » (cf Décret).

    Merci.

    MAJ : J’ai été un peu vite en besogne, c’est le dernier rapport annuel qui doit être établi « au plus tard trois mois avant la date prévue pour son terme ».

  2. drv67
    30 septembre 2016 at 20:31

    Aux automobilistes, je suis motard mais je conduit aussi des poids lourds, super lourds et voitures.
    Il m’arrive régulièrement d’avoir un geste « agressif » de la main pour indiquer à un automobiliste qu’il doit se serrer plus à droite.
    Quand je le fais, c’est que l’automobiliste en question est un abruti qui se croit tout seul sur la route.
    Je ne compte plus ceux qui zigzaguent entre les files, ceux qui roulent sur la file centrale alors qu’il n’y a personne sur la file de droite, ceux qui roulent entre deux files, qui se promènent d’un coté à l’autre de la chaussée parce qu’ils téléphonent au volant etc le tout sans aucun clignotant bien sûr.
    N’oubliez pas qu’en cas de choc, c’est le motard qui meurt. Alors les chauffards nous font sortir de nos gonds effectivement.
    Je vous rassure, je préfére de loin tendre la jambe pour remercier les bons automobilistes.

  3. Ricky
    4 septembre 2016 at 10:41

    Bonjour,

    Pour l’instant l’inter-file n’est qu’une expérimentation.

    C’est assez bien expliqué sur le site de la prévention routière :
    http://www.securite-routiere.gouv.fr/conseils-pour-une-route-plus-sure/special-deux-roues-motorises/conseils-sur-la-route/l-experimentation-de-la-circulation-inter-files

    On peut y lire que l’on demande aux usagers de : « Laisser un espace suffisant pour faciliter la circulation des motocyclistes qui roulent en inter-files »

    A l’issue de cette expérimentation le code de la route évoluera peut-être…

    Il est à noter que l’inter-file n’est autorisé que « Lorsqu’il y a trois voies de circulation, les deux-roues motorisés doivent circuler entre les deux files de véhicules les plus à gauche de la chaussée » .
    C’est généralement des voies rapides ou des autoroutes où la voie de gauche dispose d’un accotement et où la largeur des voies est plus que confortable. Donc se serrer un peu à gauche ou à droite n’est pas bien compliqué. Si comme tu le dis, certaines personnes ne s’en sentent pas capable, c’est très inquiétant quand à leur capacité à conduire tout simplement !

    Amicalement
    Ricky

    • Ricky
      4 septembre 2016 at 10:44

      Désolé, ce post est en réponse à celui de KiratoSum ;
      Mais il est bizarrement allez se loger ailleurs ???

    • Philippe Roche
      1 octobre 2016 at 11:02

      Ou peut-être tout simplement qu’ils ne le veulent pas, ce qui, après tout, est leur droit, puisqu’on le leur demande sans en faire une exigence.
      A l’inverse, je suis choqué par le comportement de certains de nos « amis » motards qui, eux, exigent le passage entre deux files à l’aide de grands coups de gaz, transmis à nos oreilles par des pots sans chicane. Je me suis même fait insulter par un kéké en hypersportive aux yeux duquel je devais manquer de couilles, puisque je n’osais pas rouler entre deux files de voitures avec une différence de vitesse de plus de 20 km/h avec elles.
      Je n’ai pas entendu toutes ses insultes, mais le ton était très véhément, et concernait les gros bourgeois comme moi qui roulent en BM et qui ne savent pas conduire, etc, etc…
      Qu’il aille se faire pendre ailleurs, mais c’est exactement le genre d’individu qui se donne beaucoup de mal pour donner à l’ensemble de la population une image très négative des motards.
      « Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m’en charge ! »
      Merci, Monsieur Voltaire.
      Amicalement,
      Philippe.

      • Ricky
        1 octobre 2016 at 12:36

        Salut Phillipe,

        j’emprunte à De Gaulle sa réflexion devant une inscription « Mort au cons » :
        <Vaste programme !> aurait-il dit 🙂

        Amicalement
        Ricky

  4. KiratoSum
    2 septembre 2016 at 11:40

    Quel est la légalité des motards qui se mettent à votre niveau et vous font signe (exige) de vous pousser/rabattre, en tant qu’automobiliste je trouve cela agressif.

    Merci.

    • Ricky
      3 septembre 2016 at 08:45

      Je ne sais pas s’il faut raisonner en terme de légalité ?
      Il faut penser la route en terme de partage, d’entre-aide.

      Je trouve normal qu’un motard signale à un automobiliste qu’il est mal situé sur la chaussée et crée un risque d’accrochage dans l’inter-file.
      Par contre, je trouve anormal qu’il le fasse de manière agressive (voir insultante) comme on le voit hélas trop souvent.

      Amicalement,
      Ricky

      • KiratoSum
        3 septembre 2016 at 20:40

        Hello,

        merci pour cette réponse.

        Le fait est qu’on peut se serrer et faire un effort, mais ce n’est pas évident pour tout le monde et certaines personnes aurons peur de se serrer.

        Mal situé me paraît assez peu approprié, on demande à l’automobiliste de rouler dans la voie, de préférence la plus à droite, pas de se serrer au max pour laisser passer les motos.

        Personnellement si je peux vous laisser passer je le fait, mais ca reste une décision arbitraire. C’est dommage que la loi ne clarifie pas les choses.

        A moins d’interpréter cela comme l’absence de droits à l’interfile, donc a demander a quiconque de se pousser, ce que nombre d’automobiliste penserons probablement.

        • Le fou sur la colline
          11 septembre 2016 at 14:15

          Bonjour,
          Tout d’abord je voudrais comme beaucoup d’autres souligner l’excellence de ce blog qui m’a appris énormément de choses. Je ne suis pas motard (peut-être que je passerai le cap l’an prochain), mais en réponse à Kiratosum : Je ne sais pas si c’est pareil en France, mais chez moi en Suisse, serrer à droite (ou à gauche selon la piste utilisée) en cas de ralentissement sur autoroute n’est pas à bien plaire mais une obligation. Ceci pour laisser la voie interfile aux éventuels véhicules d’intervention (police, ambulance, dépanneuse). Mais malheureusement, cela n’est vraiment pas toujours respecté.
          En tant que vil caisseux (oui, c’est moi votre pire cauchemar 😉 ), je constate que la grande majorité des deux roues motorisées que je rencontre sur la route a un comportement souvent plus responsable, courtois et professionnel que les automobilistes. Ayant conduit des véhicules routiers de types divers (du petit cabriolet anglais de 150cm de large jusqu’au gros machin blindé à chenille de 3m de large) j’ai pris depuis longtemps l’habitude de me placer sur la route en fonction du bord droit et non pas de la ligne blanche. Et c’est une petite satisfaction quand le motard qui me double me fait un petit signe du pied droit.
          Je suis consterné par le fait que la grosse majorité des automobilistes n’a absolument aucune conscience du gabarit de son véhicule. Depuis quelques années, la largeur moyenne des voitures a passablement augmenté, sans pourtant augmenter la place intérieure pour autant. Les conducteurs n’en n’ont généralement pas conscience et n’adaptent pas leur conduite à cet état de fait et donc roulent n’importe où sur leur voie ou même celles des autres.
          La courtoisie, le respect, même s’il ne vient pas en retour, ça facilite quand même les choses. Et puis si un motard vous double alors que vous êtes coincé au milieu d’un bouchon… ben tant mieux pour lui. Rien ne vous empêche de passer votre permis moto ;).
          Bonne route à tous, avec 2, 3, 4 ou plus de roues.

          René

          • Philippe Roche
            1 octobre 2016 at 19:32

            Hello, The Fool on the Hill,
            Si tu as choisi ce pseudo, c’est que tu dois être à peu près de la même génération que moi.

            Entièrement d’accord avec toi : je me fais une obligation de remercier du pied droit ou de la main gauche tous ceux qui font l’effort de se pousser, à droite ou à gauche, selon le cas, pour me laisser passer. C’est à mon avis la moindre des choses, car ces automobilistes qui te laissent passer n’ont aucun espoir de bénéficier en retour d’un raccourcissement de leur temps de trajet. Au contraire, même, puisque tu leur passes devant !
            Il reste à déterminer s’il s’agit d’altruisme ou de la peur du voyou qui circule en moto tout en portant un blouson en cuir « avec un aigle sur le dos ».

            Une autre réflexion, sur un autre sujet : les Suisses, comme les Allemands, d’ailleurs, considèrent que le fait d’actionner leur clignotant de gauche leur donne l’autorisation de se déporter sur la voie de gauche sans autre forme de procès.
            Ça, en revanche, c’est vraiment pas cool.
            Amicalement,
            Philippe.

            • Le fou sur la colline
              2 octobre 2016 at 20:17

              🙂 J’ai été bercé avec les Stones, Pink Floyd, Les Beatles et tout ça.

              Pour l’Allemagne, comme je n’y vais pas souvent, je ne peux pas dire. Mais c’est pas faux qu’en Suisse, certains oublient de regarder dans le rétro avant de déboîter (en parlant d’autoroute bien sur).

              Petite anecdote arrivée la semaine dernière : une voiture de police banalisée transportait un de nos conseillers fédéraux (ce qui se rapproche le plus d’un ministre en France) et le chauffeur a déboîté pour laisser entrer une voiture sur l’autoroute. Résultat : ils se sont fait emboutir par une autre voiture qui arrivait un poil vite sur la voie de gauche. Perso, j’estime que le chauffeur de police qui a déboîté aurait dû se rappeler de bien regarder dans son rétro avant de changer de voie.

              Pour ce qui est des routes, l’usage est que celui qui est derrière n’a aucune priorité donc à lui de se démerder pour gérer sa vitesse et sa distance. Et si tu es coincé derrière un convoi agricole (par exemple), l’usage (un peu perdu hélas) veut plus ou moins que c’est la première voiture derrière le convoi qui pourra doubler en premier. Donc si tu arrives fort et que tu veux doubler la colonne, bien possible que tu ai une voiture qui déboite devant toi. Le gars sera plus attentif à ce qui pourrait venir en face que derrière lui. N’oublie pas que la Suisse est un pays « serré » où les longues lignes droites ne sont pas toujours là quand on a besoin 😉 .

              Un autre petit détail : depuis quelques années, la répression est devenue assez féroce en Suisse pour ce qui est des limitations de vitesses. Ex : si tu es contrôlé avec plus de 30 km/h au delà des 50 km/h autorisés en localité, ce ne sera pas l’amende ou les points de permis (chez nous il n’y a que 1 ou o) qui vont être ton soucis : peine de prison ferme. Et la loi a été si bien tarabiscotée que les juges n’ont que très peu de marge de manoeuvre. Et « localité »… parfois il faut vraiment avoir vu le panneau 50km/h pour savoir qu’on est pas en rase campagne.

        • Quadrapasfou
          12 septembre 2016 at 11:14

          Comme le dit le fou sur la colline, beaucoup de personnes ont une très mauvaise appréhension des dimensions de leur véhicule, surtout sur le côté droit (et en Angleterre ce sera l’inverse, lol), mais, pour expérimenter de temps en temps l’interfile, mon sentiment est surtout que beaucoup d’automobilistes ne regardent tout simplement pas assez souvent dans leur rétro, particulièrement sur autoroute et quand la circulation est ralentie (personne ne roule ou tout le monde roule à la même allure et tout le monde va dans le même sens, donc la nécessité de regarder …).

          Ce n’est donc, à mon avis, pas une question de volonté mais d’attention (et ce n’est pas sur l’autoroute ou sur une rocade que l’attention est à son niveau le plus élevé, mais cela tient à la conception même de ces voies : pas de croisements, pas de feux ou de stops, une vitesse constante, …).

          Et il ne faut non plus en faire une généralité, il y a tout de même pas mal d’automobilistes qui s’écartent, je trouve.

    • FlatFab
      6 septembre 2016 at 20:44

      Les motards n’ont pas plus ou moins de droits que les autres usagers.
      Après, c’est plutôt une question de courtoisie entre usagers et la réalité est qu’en général, les automobilistes peuvent le plus souvent faciliter le passage des motards sans se mettre en danger, alors que l’inverse reste moins vrai…

      Si le motard se situe à votre niveau, voire légèrement devant votre voiture, et qu’il fait un geste du pied ou de la jambe, il ne s’agit pas d’un ordre de vous déporter, mais au contraire d’un geste de remerciement pour lui avoir facilité le passage.

      Si le geste est fait de la main sans agressivité, c’est pour exprimer qu’il a pu passer, mais qu’il serait préférable de vous pousser afin de faciliter le passage des autres usagers en 2RM qui arrivent derrière. Rien ne vous y oblige, c’est juste du respect entre usagers.

      Si le geste est fait de la main violemment, c’est juste un motard connard, vous pouvez l’ignorer.
      Cela dit, cela ne vous empêche pas de vous interroger sur les raisons de son geste : peut-être étiez-vous effectivement mal positionné sur la chaussée ou sur votre voie ?

  5. robert
    19 décembre 2015 at 08:06

    Fab, tu devrai appeler directement la DSCR, c’est plus sur que ce qui circule sur les sites amateurs. L’expérimentation CIF n’a jamais commencé, le décret définissant la CIF n’a pas été publié. Si tout va bien, l’expérimentation devrait officiellement commencer le 1er février, via un simple arrêté qui suivra le décret. Et il n’y a aucun panneau de prévu. C’est la limite des départements qui servira de frontière. Dans le département concerné, et sur les axes de type autoroutiers, avec séparateur de voie et 2 voies mini, ce sera possible. 🙂

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