Rouler en groupe : encadrer

Quand on se déplace en groupe à moto, on essaie avant tout de ne pas se perdre les uns les autres et de faire attention à ses compagnons. Sans aller jusqu’à un encadrement militaire, un minimum d’organisation s’avère nécessaire !

Cet article est le troisième volet d’une série de quatre.
Pour lire les autres, voir en bas de page.

Quelle que soit la taille de votre groupe (même s’il ne compte que deux ou trois motos), il est fondamental de regarder souvent dans ses rétroviseurs pour vérifier que la moto qui vous suit est toujours là. Si vous n’êtes pas trop manchot, vous devriez même pouvoir surveiller les trois motos qui vous suivent, une dans le rétro de gauche, l’autre dans celui de droite, la dernière entre les deux…
Pour la plupart des balades en petit comité, cette vigilance de base suffit.

Les choses se corsent quand il s’agit de faire se déplacer un groupe de 10, 20, 50 motos et plus…
Dans un gros groupe, il suffit qu’un seul ne fasse pas attention pour que la tête de groupe poursuive son chemin pendant des dizaines de kilomètres avant de s’apercevoir qu’il manque du monde.

Dans ce cas, deux solutions possibles. Soit un des motards de queue fonce pour alerter la tête de groupe, en espérant que lui-même n’ait pas ni ne provoque d’accident. Soit on recourt à la technologie moderne avec un système d’intercom de moto à moto ou de talkie-walkie. Pratique mais cher, et utilisable seulement à portée limitée, voire très limitée en cas de relief montagneux. Reste bien sûr le téléphone portable, mais il faut capter un réseau et que votre interlocuteur entende la sonnerie et puisse décrocher…

Un squelette pour le groupe

C’est pourquoi il est conseillé de s’organiser avant le départ en identifiant clairement ceux qui auront pour tâche d’encadrer le déplacement de la colonne.

Un groupe de motards, c’est comme un grand corps, il lui faut un squelette ! Soit un ouvreur, un fermeur, et des “voltigeurs” éventuels.
Tout ce petit monde prendra soin d’échanger leurs numéros de portables pour se contacter en cas de souci. En cas de découpage en plusieurs groupes, les ouvreurs et fermeurs de chaque groupe doivent disposer des numéros de l’ouvreur du premier groupe et du fermeur du dernier groupe.

Le meneur de jeu

L’ouvreur, c’est celui qui ouvre la route. Appelé aussi meneur ou chef de file, il devra être le plus expérimenté du groupe, capable à la fois de suivre l’itinéraire, de l’indiquer aux suivants, de surveiller à la fois le trafic, l’environnement et les motos qui le suivent. Pas facile…
Il devra également gérer les arrêts du groupe à des endroits suffisamment vastes et protégés, sans gêner les autres usagers, sans risquer qu’une des motos se fasse accrocher.
Il devra enfin veiller à trouver le bon moment pour dépasser, afin de ne pas mettre ceux qui le suivent en difficulté. Mieux vaut souvent attendre un peu pour que tout le groupe puisse dépasser, plutôt que de risquer un morcellement.

Dans le même ordre d’idée, en cas d’erreur de routage, il devra se monter vigilant sur l’endroit où faire demi-tour. Ce qui se fait facilement seul peut se révéler beaucoup plus long et dangereux pour une bande de 15 bécanes !

Pour ces raisons, il est préférable qu’il connaisse déjà le trajet emprunté. Il devra aussi savoir conduire d’une seule main car sa main gauche sera souvent nécessaire pour signaler au groupe ses instructions.
Pas la peine d’avoir une moto puissante car il devra conduire en souplesse. En revanche, la moto de l’ouvreur doit disposer de moyens de signalisation (clignotants, phares, klaxon) bien visibles et en parfait état. Pas question de mettre en tête ou en queue une bécane avec des clignotants “goutte d’eau” ou une antiquité au phare anémique !

En général, l’ouvreur se positionne sur la gauche de sa voie de circulation, près de la ligne médiane, pour que les voitures arrivant en face s’écartent bien sur leur droite et ne viennent pas percuter une des motos suiveuses. Il pourra mieux anticiper les dépassements. Mais ce n’est pas une obligation, certains préfèrent se positionner au milieu. Eviter par contre de se mettre à droite, cela risque de perturber le quinconce lors des changements de voie ou de direction.

De même, l’ouvreur roule souvent un peu en avant du groupe, de façon à se donner le temps d’avertir les autres en toute sécurité, notamment sur certains changements de direction négociés un peu au dernier moment.

Le serre-file, celui qui conclut

Le rôle du serre-file (appelé aussi fermeur, balayeur ou moto-balai) est aussi important que l’ouvreur et réclame tout autant – voire davantage – d’expérience et de capacité de vigilance, en plus de celle de rouler vite et freiner fort car il subit les contrecoups de l’effet de l’élastique (ou de l’accordéon, lire la 2e partie).

Il devra disposer d’une moto puissante (si possible équipée de feux de détresse, ou “warnings”) pour pouvoir au besoin remonter le groupe et alerter le meneur en cas d’urgence. Si la route ne permet pas de le faire sans risque (sur route étroite par exemple), le mieux est de s’arrêter en klaxonnant jusqu’à ce que le motard précédent s’arrête à son tour en alertant celui de devant, et ainsi de suite jusqu’à ce que toute la colonne soit stoppée.

Règle absolue: personne ne doit jamais se trouver derrière le fermeur !

Dans l’idéal, l’ouvreur doit pouvoir apercevoir le fermeur, au moins de temps en temps, pour s’assurer que tout le monde suit bien.
Il est donc recommandé que tous deux portent un gilet fluo ou un élément distinctif, afin de se reconnaître facilement. Rien n’est plus difficile que d’identifier le fermeur parmi une masse de motards tous habillés en noir ! Et dans le rétro, il n’est pas évident de reconnaître une moto qui apparaît toute petite au loin. Alors que la tache jaune ou orange fluo se voit tout de suite. Bien évidemment, ces gilets réfléchissants sont encore plus indispensables en cas de route de nuit, cette fois pour la sécurité de tout le groupe.

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Conseil : soyez responsables les uns des autres !

Si vous participez à un trajet organisé, respectez le travail des organisateurs. Prenez le road-book, lisez-le au moins une fois et si vous ne le mettez pas dans votre lecteur de cartes, conservez-le à l’abri. On ne sait jamais.

Dans l’idéal, chaque participant aura un minimum vérifié sa moto (notamment la pression de pneus et le niveau d’huile moteur), consulté la météo, prévu une tenue de pluie et/ou des vêtements chauds si nécessaire, emporté des ampoules de rechange, une bombe anti-crevaison, de la graisse de chaîne…

Gardez à l’esprit que la gestion d’un groupe (constituer les groupes, présenter l’itinéraire, expliquer les règles de sécurité, sans compter les éternels retardataires et les pépins possibles) prend beaucoup plus de temps qu’une virée en solo. Alors arrivez un peu à l’avance sur l’horaire et faites le plein de carburant au préalable !

Un bon compagnon de route est celui qui saura regarder ailleurs que là où va sa moto, tout en faisant en sorte qu’elle y aille. Il faut pouvoir rouler en surveillant quasiment en permanence celui qui vous précède (ne pas lui rentrer dedans) et celui qui vous suit (ne pas le perdre de vue).

Il est donc d’autant plus vital d’être au maximum de sa vigilance et de le rester.
En groupe, la tentation du verre de l’amitié et du petit gueuleton entre potes est encore plus grande… Sachez y résister.

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« Rouler en groupe : la formation« ,
« Rouler en groupe : s’organiser« ,
« Rouler en groupe : s’orienter« .

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