Les troubles de santé liés au froid

Comprendre le fonctionnement de l’anatomie face au froid permet de mieux lutter contre les effets réfrigérants d’un trajet à moto ou en scooter en hiver. Conseils pour se préparer, s’équiper, s’alimenter, se réchauffer, secourir par grand froid.

montagneL’homme est homéotherme, c’est-à-dire qu’il est muni d’un dispositif physiologique lui permettant de maintenir une température constante. A cette fin, l’organisme humain met en oeuvre des mécanismes dits de thermorégulation.

Le problème de l’isolation thermique, c’est de trouver l’équilibre entre l’hypothermie ou l’hyperthermie.
Afin de lutter contre l’hyperthermie (quand la température centrale tend à s’élever), trois réactions peuvent se produire :

  • Vasodilatation périphérique et élévation de la température périphérique.
  • Transpiration qui entraine le refroidissement de la peau par évaporation.
  • Augmentation de la respiration et des échanges thermiques respiratoires.

* * *

Afin de lutter contre l’hypothermie (quand la température centrale tend à baisser), deux réactions peuvent se produire :

  • Vasoconstriction périphérique, qui entraîne les engelures.
  • Augmentation de la thermogénèse, c’est-à-dire augmentation de l’intensité du métabolisme qui engendre une production de chaleur supplémentaire en brûlant des calories, notamment les sucres rapides.

Les engelures sont consécutives à des troubles de la circulation qui se manifestent d’abord aux extrémités par un engourdissement. Il va sans dire que la préhension des commandes s’avère difficile. C’est dès ces premiers signes qu’il faut s’arrêter pour desserrer au maximum son équipement (ouvrir, voire quitter les bottes, si possible). La peau apparaît rougie et son réchauffement entraîne des picotements. Au stade de la gelure, les extrémités sont totalement insensibles et des cloques peuvent se former. Dans ce cas, faire appel aux secours et ne pas tenter de se réchauffer au-dessus du moteur, d’un radiateur, ni en buvant une boisson alcoolisée. Au pire, les tissus peuvent se nécroser irrémédiablement (perte de la sensibilité).

L’hypothermie se manifeste par une sensation de froid intense, des frissons puis des crampes. Elle entraîne rapidement une somnolence. Le risque est maximal lorsqu’on roule le ventre vide. Privilégier les sucres lents (pâtes, riz) aux repas du jour précédant le trajet et les en-cas sucrés à chaque arrêt. Par contre, éviter le cassoulet bien gras juste avant de partir, une digestion lourde engendre la somnolence. Il vaut mieux manger léger.
Le café a une action vasodilatatrice, il accélère donc la déperdition de chaleur, à consommer avec modération.

L’hypothermie peut mettre en danger de mort un campeur éméché (attention lors des concentres hivernales), très exposé du fait de son immobilité et de la diminution progressive de sa température interne (l’alcool n’arrange rien !). Encore une fois, ne pas tenter de réchauffer la victime façon « rasade de gnôle au coin du feu », mais alerter les secours, couvrir la victime et lui donner des aliments sucrés (en quantité raisonnable).
Voir l’article « Les gestes qui sauvent un motard »

* * *

Prévenir l’hypothermie. La consommation de poissons gras, surtout issus des mers froides (saumon, maquereau, hareng, thon), permet d’atteindre une condition physique optimale pour rouler l’hiver. Les graisses qu’ils contiennent ont la propriété de favoriser la fluidification du sang et de préserver le bon état des vaisseaux sanguins. Comme les méfaits du froid sont générés par des troubles de la circulation, l’ingestion régulière (deux à trois fois par semaine) de ces poissons est bénéfique dès les premières gelées.

Il faut impérativement éviter l’alcool !
L’alcool provoque en effet une vasodilatation périphérique, une plus grande irrigation des vaisseaux sanguins capillaires, ceux qui sont proches de la surface de l’épiderme (c’est pour ça que le visage rougit quand on a trop bu). Du coup, le sang se refroidit beaucoup plus rapidement au contact de l’air froid. L’impression de se réchauffer est factice.

* * *

Attention aux médicaments ! De nombreux traitements, notamment contre le rhume (ou rhinite, angine, bronchite, grippe…) sont incompatibles avec la conduite d’un véhicule. Il est possible de repérer ces médicaments aux effets secondaires avérés (somnolence, troubles visuels, perte de concentration…) grâce à un logo en forme de panneau triangulaire apposé sur l’emballage : orange ou rouge, on évite !
Généralement, le médecin peut trouver un traitement de substitution sans effets sur la conduite, n’hésitez pas à lui demander.
Sur ce sujet, lire l’article « Rouler au mieux de sa forme« .

Pour éviter le rhume. Contrairement aux idées reçues, le rhume n’est que rarement consécutif à un refroidissement. Ce qui n’exclut pas de prendre quelques précautions contre les rigueurs hivernales car l’organisme fatigue plus vite lorsqu’il lutte contre des conditions climatiques défavorables. Il devient alors plus sensible aux intrus que sont les bactéries, microbes ou virus en tous genres.
La prise de vitamine C est utile à titre préventif. Les besoins journaliers d’un adulte sont estimés à 110 mg. Si elle ne joue aucun rôle curatif, elle peut au moins atténuer les symptômes de l’infection et éviter qu’elle ne traîne en longueur. Une alimentation adaptée permet d’assimiler la vitamine C sans avoir recours aux médicaments, d’autant qu’un excès peut occasionner des troubles digestifs (nausées, diarrhées, crampes). Les fraises, les kiwis, les agrumes (clémentines, pamplemousses, oranges et citrons) sont des mines de vitamine C, tout comme les poivrons, le persil, les brocolis ou les choux.

Dose de vitamine C pour 100 g d’aliments crus
Goyave : 250 mg
Poivron : 160 mg
Kiwi : 80 mg
Brocoli : 60 mg
Orange : 50 mg

 

* * *

Se soigner. Même si aucun médicament ne permet de réduire la durée d’une rhinite ou d’une angine, il est toutefois préférable de consulter son médecin aux premiers symptômes (toux, migraine, fièvre…) car la médication varie selon l’origine de l’infection (bactérienne, allergique ou virale).

Dans la moitié des cas, la prescription d’antibiotiques (nécessaire seulement contre certaines bactéries) peut être évitée au profit de simples anti-inflammatoires et/ou médicaments « classiques » (paracétamol, aspirine…). Les nombreux effets secondaires dus aux antibiotiques, particulièrement néfastes au guidon (hypovigilance, somnolence), sont ainsi évités et la résistance des souches bactériennes réduite, comme le trou de la Sécu !

Dans tous les cas, ne pas abuser des produits à inhaler pour réduire l’écoulement nasal (vasoconstricteurs locaux). S’ils peuvent paraître très efficaces et évitent de quitter le casque à chaque carrefour pour se moucher, ils ont l’inconvénient d’entraîner des rhinites chroniques en cas d’usage prolongé et répété.

  3 comments for “Les troubles de santé liés au froid

  1. brisy
    26 novembre 2013 at 14:25

    hello, bonjour,
    article de saison…..à ce propos, depuis que je roule sur la bmw k12gt; j’ai le confort moderne: selle et poignées chauffantes, quel bonheur…surtout s’il pleut des cordes bien glaçées….pour les mains, au niveau de la paume ; c’est parfait, même parfois trop chaud. pour les doigts, par contre, au long cours il faut que les gants assurent, sinon!
    pour la selle :quel bonheur d’avoir le c… au chaud quand il fait bien froid! je vous le recommande … chaudement.
    Incidemment ,la bécane a l’alternateur et la batterie en rapport(ouf)
    bonne route
    marco

  2. marc
    25 novembre 2013 at 20:54

    Nota: cet incident a eu lieux y a 5 ans en ca fais presque 20 que je roules. LOL

  3. marc
    25 novembre 2013 at 20:51

    Assez bon article sachant que l’on parle jamais concretement du fond de ce danger en deux roue mais plus des produits vestimentaire qui permette de lutter plus ou moin contre.

    J’ai rouler plus de 16ans par tous les temps uniquement en moto.
    voila! A une periode de ma vie j’ai du rouler par obligation, de tres longue distance sous des temperatures allant jusqu’a moins 15 degres; En ne pouvant des fois faire de pause avant 2heure de route.
    Je pouvait rouler sous des pluie glaciale entre autoroute et departmentale et petite route de campagne avec ses animaux sauvages. ( oui oui onn est bien en france).

    Il faut savoir, en moto on peux largement retirer 20 degres lorsque l’on roule.
    Au fils du temps des douleurs a la pointe du coeur ou sur le cote gauche se sont fait vraiment sentir.

    Un soir. On a du m’a amener aux urgence en plein hiver.
    Je ne suis pas cardiaque dans le sens que je n’ai pas de maladie coronarienne. Donc pour les medecins cela ne pouvais etre qu’une de crise d’angoise ou de panique.
    Bref! le cibouleau! Je les invitent a se jeter dans un lac gelé il en seront peut etre certain?!

    Pour eux il était inconcevable qu’il en soit autrement. Le mieux qui m’ai dit c’est que certain petit vaisseaux on peut etre eu quelques sequelles suite a ces conditions. D’ou une mise en osbervation 3 a 4 jours a l’hospital.

    Les 3 a 4mois qui ont suvis on ete difficile et ais réellement recuper et supporter de respirer de l’air frais (froid) plus d’ 1 ans après.

    Faut pas rigoler avec l’hypotermie. Ce que je resentais lors des periodes était des tremblements, frissons, ma cage toracique comprimé sous mon cuir, extremiter gelées, douleur au bras . La peur de claquer
    etc.. (la liste est longue)
    Je me demande lorsque les symptomes était le pire? Lorsque je roulais? Ou lorsque je rentrais dans un endroit chauffé? les douleurs sont si et aussi intence!
    Le mieux c’est d’etre a l’arret meme dans le froid et bouger avant de se mettre progressivement et par etape au chaud. On se demande meme si ca vas etre possible.

    Ah oui pour les corp gras alimentaire c’est tres bien. C’est comme les vetement. C’est pour aider a la prevention.
    une fois que l’on est en phase d’hypo faut croisée le doigt et trouver le moyen de se rechauffer progressivement mais rapidement

    Mes conseil en prevention:
    -s’arreter avant meme d’avoir tres tres froid .
    -S’arrete tres tres regulierement.
    -Ne pas viser un arret a la deuxieme station essence car la 1ere et trop pres et l’on a pas parcouru asser de kilometre.
    – Investire dans les boissons chaude. voir un thermos.
    -Bouger et faire attention lors du changement de temperature lorsque l’on se rechauffe.
    -etre bien equiper mais surtout veiller a se que la cage toracique ne soit pas comprimer.
    -Une tres bonne nutrition et etre en forme. c’est aussi important que d’avoir un tres bon equipemetnt moto
    – apres il a aussi les cuir moto que j’ai constater comme etant moin chaud que certain blouson textil et toute les moto n’offre vraiment pas la meme protections.
    pour ceux qui n’ont pas de bulle ou ne serait ce un saut de vent. Bien vaut mieux meme pas rouler de longue distance comme j’ai fais. A l’epoque je roulais avec une kawasaki zrx naked avec juste un saut de vent. Merci a lui.
    -surtout pas d’acool
    etc…
    Donc pour en revenir merci pour ce petit article et espere voir des avis sur celuis ci ou meme des temoignage comme le mien.
    Bonne route a tous.

    Ps : je roule maintenant en gsxr 1000. Uniquement par beau temps mais j’ai mes raisons. 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *