Devenir formateur moto

Parmi les métiers du monde de la moto, le moniteur moto fait figure de cas particulier. Il règne depuis des décennies un malentendu autour de cette profession, ce qui entraîne bien des déceptions. Explications, analyse et opinions personnelles.

Première publication : août 2019

Précision

J’écris cet article avec une double casquette : je suis (à ma connaissance) le seul formateur de conduite qui soit aussi journaliste professionnel.

Il existe évidemment d’autres formateurs de conduite qui sont amenés à rédiger des articles pour différents types de publications, papier ou web, revues professionnelles, magazines spécialisés, etc.
Mais je suis le seul à avoir suivi des études professionnelles de journalisme, à avoir travaillé pendant plus de dix ans comme rédacteur et photographe pour différents médias (régionaux, nationaux et internationaux) de presse écrite, papier et en ligne, généralistes et spécialisés, avant de devenir formateur de conduite breveté et d’exercer ce métier depuis 2008, comme moniteur salarié d’abord, puis indépendant, puis dirigeant à mon compte.

Breveté Bepecaser avec mention deux-roues en 2008, major de promotion du centre d’examen de Versailles, j’ai d’abord travaillé pendant plus de trois ans comme formateur auto et moto dans deux établissements différents, dans le Val-d’Oise et dans les Yvelines.

En 2011, j’ai quitté la région parisienne pour l’Aquitaine, où j’ai travaillé en tant que formateur moto salarié dans la plus importante école moto de Bordeaux et de Gironde.
J’ai quitté cet établissement en 2012. Après quelques mois d’activité comme formateur indépendant pour plusieurs écoles auto et moto en Gironde, j’ai créé en 2013 ma propre entreprise pour enseigner le perfectionnement de conduite moto post-permis.
Activité que je poursuis depuis lors, en parallèle avec différentes activités éditoriales.

Pourquoi je vous explique ça ?

Pour souligner qu’à la différence de la plupart des journalistes qui traitent de ce sujet, je n’ai pas juste côtoyé ce métier pendant une journée ou une semaine, je n’ai pas été « embarqué » ou immergé pendant des semaines ou des mois : j’ai pratiqué et je pratique ce métier depuis plus de dix ans, dans des régions différentes et des environnements divers, dans des entreprises de tailles différentes, avec des statuts variés, seul ou avec des collègues, en cours individuel et collectif (par groupe de 2 à 12 élèves).

Et à la différence de beaucoup de moniteurs qui ne peuvent parler que de ce qu’ils ont connu, j’ai un peu plus de recul et d’analyse critique sur ce métier car j’ai connu d’autres réalités professionnelles.

Toutefois, je ne prétends pas avoir tout vu et tout connu !

J’ai de l’expérience, je ne suis plus un débutant, mais je n’ai pas encore 30 ou 40 ans de métier comme certains de mes confrères.
J’ai vécu une expérience, certes variée, mais cela reste une expérience singulière, je n’ai pas non plus fait le tour d’absolument tous les aspects de la profession.

Il va donc de soi que cet article ne reflète que mon opinion personnelle dans toute sa subjectivité, issue de mes expériences à moi tout seul.

 * * *

Comment devenir formateur ?

De façon amusante, moi qui ai suivi six années d’études supérieures, j’exerce aujourd’hui deux métiers assez particuliers :

  • journaliste, un des très rares métiers en France pour lequel aucun diplôme n’est exigé ;
  • formateur de conduite, profession accessible sans aucune condition de diplôme (à mon époque).

L’exercice du métier de formateur de conduite, en auto et/ou moto et/ou poids lourds, est soumis à deux conditions :

  1. la détention d’un brevet professionnel, pour lequel aucun niveau scolaire n’est (ou n’était) requis ;
  2. l’obtention d’une autorisation préfectorale d’enseigner, renouvelable, qui est soumise (entre autres) à une visite médicale et un examen du casier judiciaire.

La situation avant 2016

Le brevet professionnel a évolué, il a porté différents noms depuis sa création dans les années 1960, les épreuves pour l’obtenir ont changé au cours des décennies… mais le principe est resté le même, du moins jusqu’en 2016.

Pour ma part, j’ai passé le Bepecaser, Brevet pour l’Exercice de la Profession d’Enseignant de la Conduite Automobile et de la curité Routière, diplôme d’Etat instauré en 1971, réformé en 1991, puis en 2009, avant de disparaître en 2016.

Après une formation théorique et pratique d’environ six mois (900 heures de cours), on passait d’abord le « tronc commun » (voiture) et beaucoup s’arrêtaient là. Ceux qui le souhaitaient pouvaient ensuite préparer et présenter les mentions complémentaires, « deux roues moteur » et/ou « poids lourds ».

La quasi totalité des enseignants de conduite actuellement en activité ont obtenu ce diplôme, dont les épreuves ont changé au cours de ses 45 ans d’existence.

Ce diplôme professionnel d’Etat était assimilé à un niveau Bac.
Pour accéder aux épreuves d’admissibilité, puis d’admission, il fallait donc posséder au moins le niveau brevet des collèges ou CAP. Même pour ceux qui n’avaient pas le BEPC, il était possible d’être admissible à condition de passer des tests de français basiques.
Dans la réalité, l’immense majorité de mes camarades de promo possédaient au moins le baccalauréat.

C’est pourquoi je dis que ce métier est un des rares en France qui soit accessible à absolument n’importe qui.

C’est aussi pour vous faire comprendre que beaucoup de formateurs de conduite, surtout les plus anciens, n’ont suivi que très peu d’études supérieures et n’ont bien souvent effectué aucune formation continue.
Ce qui n’empêche pas certains d’être de très bons professionnels.

C’est aussi un relatif paradoxe que, dans notre pays qui affiche un certain culte du diplôme, la plupart des conducteurs se reposent sur le « permis pour la vie », en brandissant leur permis de conduite comme un diplôme, c’est-à-dire un certificat de connaissances ou de compétences… sans savoir ou sans prendre en compte qu’ils y ont été formés par des personnes qui ne détenaient elles-mêmes que peu ou pas de diplômes.

Bref, peu importe… puisque tout ça, c’était avant !
Les dernières épreuves d’admission au Bepecaser ont eu lieu en 2016 et les dernières épreuves des mentions complémentaires ont eu lieu en 2019.

La situation depuis 2016

Grande révolution dans le monde de l’enseignement de la conduite, le diplôme de base du métier a changé pour devenir ce qu’on appelle un « titre professionnel » (TP) d’enseignant de la conduite et de la sécurité routière (ECSR).

Ce diplôme est désormais assimilé à un niveau Bac+2 et pour le présenter, il faut donc justifier d’un niveau Bac (ou plus).
Il existe toutefois la possibilité de l’obtenir par la validation des acquis de l’expérience (VAE), sans condition de diplôme.

Dans les faits, l’immense majorité des nouveaux diplômés est titulaire au moins du baccalauréat et suivent deux voies :

  • accès direct en formation continue, avec 910 heures de cours en centre de formation et 280 heures de stage en école ;
  • accès direct en formation discontinue, c’est-à-dire en alternance.

L’obtention du diplôme se fait par modules, avec des certificats de compétence professionnelle (CCP).

Concrètement, il faut maintenant presque deux ans pour former un moniteur. Les tout premiers ayant commencé leur formation en 2016, ils ont commencé à exercer en 2018… et les premiers retours sont mitigés.

Ce qui n’a pas changé

Les textes officiels sont pleins de jolies formules, promettant notamment un « projet éducatif exigeant et moderne », une formation améliorée sur la pédagogie, plus d’attention au comportement du conducteur, une formation aux actions de sensibilisation des conducteurs, la formation de moniteurs selon les règles du REMC (Référentiel pour l’Éducation à la Mobilité Citoyenne)…

Les centres de formation disent rechercher des personnes pleines de qualités humaines, telles que l’écoute, l’ouverture aux autres, le sens des relations de confiance, la faculté d’adaptation à un public varié, avec le sens du contact, une bonne aptitude à la communication, qui sauront se montrer autonomes, organisés et rigoureux…

On vend du rêve.

La réalité que le métier de formateur de conduite constitue rarement une vocation !
La plupart des gens qui y viennent sont en reconversion, après avoir exercé différents métiers, avec des parcours extrêmement diversifiés, et sont surtout attirés par la perspective d’avoir du boulot dans un secteur en pénurie de main d’oeuvre.

La dimension pédagogique du métier leur passe largement au-dessus de la tête.
Pour beaucoup, devenir moniteur d’auto-école signifie rester assis toute la journée dans une voiture, le bras à la portière, à papoter, à raconter des blagues et à faire des petits croquis de voitures sur une feuille.
En devenant moniteur moto, ils croient qu’ils vont être payés à faire de la moto, à effectuer des démos pour impressionner les élèves.

Grosse déception au bout du compte !
La conséquence logique est qu’une majorité de moniteurs de conduite abandonnent ce métier dans les cinq premières années d’exercice.

Posez la question autour de vous, vous trouverez peu de formateurs de conduite avec plus de dix ans d’expérience.

La réalité du métier

Pourquoi disais-je en introduction de cet article que ce métier fait figure d’exception, de cas particulier parmi les métiers de la moto ?

Parce que quand vous êtes enseignant moto, vous n’êtes pas seul. C’est un métier intrinsèquement tourné vers les autres, c’est-à-dire les élèves.

Un pilote pro est seul sur sa moto. Un mécanicien moto fait son job seul, sur les motos des clients, souvent en équipe, mais basiquement seul dans son atelier ou sur son pont.
Un motocycliste d’administration, qu’il soit gendarme, policier ou douanier, reste avant tout un fonctionnaire, chargé d’une mission par son administration, qu’il accomplit seul ou en patrouille, sur une moto en tant que moyen de transport.

Pour un enseignant de conduite, la moto n’est qu’un outil de travail : l’objectif de son métier, son public, sa raison d’être restent ses élèves.

Là où tous les autres professionnels de la moto peuvent travailler seuls, un formateur de conduite n’est rien sans son élève.

Pourquoi je parle de formateur moto, alors que tout le monde parle de moniteur ?
Il faut bien comprendre la différence entre « moniteur » et « formateur ».

Un moniteur se contente de montrer.
Le mot vient du latin monitor, « celui qui conseille, qui avertit, met en garde», formé sur le supin monitum, de monere « avertir ». C’est une personne ou un appareil qui montre ce qui se passe, qui informe de la situation.
Par dérivation, c’est devenu une personne qui, dans certains sports ou certaines disciplines, instruit / conseille / assiste ceux qui s’y adonnent.

Un formateur instruit, transmet, enseigne.
Le titre officiel de la profession est « enseignant de la conduite ». Il ne s’agit pas de se contenter d’être un moniteur, mais bien d’être un prof de conduite.

C’est et cela reste avant tout un métier d’enseignement !

La qualité première pour devenir formateur devrait être d’aimer enseigner, transmettre son savoir, partager ses connaissances.
Pas pour les étaler, pas pour en mettre plein la vue, pas pour se la jouer, mais pour que les élèves les acquièrent et égalent un jour le maître.

Cela suppose de faire preuve de pédagogie.
Un grand mot, qui recouvre plein de choses. A mon sens, cela signifie avant tout se mettre au niveau de son élève, de savoir s’adapter à lui, de savoir se faire comprendre pour lui faire comprendre ce qu’il doit assimiler.
Donc de savoir se remettre en question.

Et vu la variété des personnes que nous sommes amenés à rencontrer dans notre activité, c’est difficile de s’adapter à chacun… c’est bien ça qui est passionnant !

Je m’explique.

Patience et adaptatibilité

Formateur de conduite est un métier excessivement répétitif.
Là où un enseignant en primaire, collège ou lycée peut répéter le même cours plusieurs fois par mois ou par semaine, vous serez parfois amené à répéter les mêmes cours plusieurs fois par jour, et bien sûr plusieurs fois par semaine.
Il m’est arrivé de faire exactement le même cours six fois de suite en une journée, parce que le hasard avait voulu que mes élèves en soient tous au même niveau dans leur parcours de formation ce jour-là.

Rester calme, même s’il faut sans cesse répéter la même chose aux mêmes élèves, c’est le rôle d’un enseignant.

Et pourtant, les élèves sont tous différents, avec des processus d’acquisition différents. Tout le monde ne fonctionne pas pareil… et heureusement !

Etre formateur de conduite vous mettra au contact de l’immense richesse humaine, pour le meilleur et pour le pire !
Cela demande une grande capacité d’adaptation et une TRES grande patience.

On ne va pas se mentir : en bagnole, vous aurez surtout le pire.
Comme c’est un permis que la plupart passent par obligation, on a de tout, tout l’éventail de la société et un beau panel de la connerie humaine.

En tant que formateur moto, c’est différent.
La très grande majorité de vos élèves viennent par choix, le niveau de motivation n’a rien à voir, la relation pédagogique se fait sur la base d’une passion commune.
Les cours se font en général en collectif, en petit groupe, et non en individuel.
Ils se font en extérieur, au grand air, et non dans l’espace restreint de la voiture.
L’ambiance n’est pas du tout la même.

Mais ce n’est pas mieux ou moins bien, c’est différent !
En enseignement B (voiture), vous travaillez principalement avec des jeunes, parfois très jeunes, entre 16 ans et 20 ans pour la majorité, 25 ans pour les plus âgés (avec bien sûr des exceptions), pour la plupart lycéens ou étudiants, parfois jeunes actifs, qui débutent dans la vie.
Un certain nombre se font payer la formation au permis ou à la conduite accompagnée.
Ils sont généralement faciles à gérer.

En A, vos élèves viennent de tous horizons en termes d’âge, de niveau socio-culturel, d’expérience…
Il faut savoir se faire comprendre et apprécier de tous, y compris de personnes plus âgées que vous, plus diplômées, parfois avec plus d’expérience de conduite.
La plupart se paient le permis eux-mêmes, ils n’ont pas les mêmes attentes.
A mon sens, c’est plus difficile et c’est bien ce qui m’intéresse.

Je vois beaucoup de moniteurs qui préfèrent les élèves « faciles » : des hommes, jeunes, en bonne condition physique, qui apprennent vite et facilement, qui disposent souvent d’une première expérience en scooter ou en 125, qui ont déjà pratiqué l’enduro ou le cross, qui savent « débrancher le cerveau »…
Ah c’est sûr, c’est bien plus simple avec eux. Mais que c’est ennuyeux ! Et dangereux pour l’avenir.

Perso, je trouve plus intéressant de travailler avec les autres, celles et ceux qui ont du mal.
Je suis devenu un spécialiste de ceux qui galèrent, des « boulets », des handicapés, des personnes qui demandent une pédagogie personnalisée et des exercices spécifiques. J’admets que ce n’est pas toujours simple, que c’est parfois frustrant, énervant… Mais que c’est gratifiant quand l’élève réussit !

Encore une fois, une qualité essentielle de tout formateur consiste à savoir se remettre tout le temps en question.
Pas forcément en cause, mais juste en question. Ce n’est pas la même chose.
Or bien peu en sont capables.

Combien de fois je vois des formateurs moto rejeter la faute sur l’élève, l’engueuler, voire le frapper !
Mais un formateur qui s’énerve, élève la voix, devient violent verbalement ou physiquement, avoue avant tout son échec. S’il s’énerve, c’est par frustration. S’il fait preuve de violence, c’est en fait un aveu d’impuissance.

Si vous n’avez pas la passion de l’enseignement, vous ne ferez pas long feu dans le métier ou alors, vous ferez de la merde.
Après, certains font de la m… pendant des décennies et ne s’en portent pas plus mal. Leurs élèves, si. Mais ça, ils s’en foutent.

Si vous n’aimez pas vos élèves, si vous passez votre temps à vous moquer d’eux, à les humilier… à quoi bon faire ce métier ?
Mais beaucoup de formateurs continuent quand même, parce qu’ils ne savent rien faire d’autre, parce qu’ils en ont juste besoin pour bouffer ou faire bouffer leur famille.

Pour 95% d’entre eux, ils exercent dans de petites structures, des écoles « familiales ». Ils sont formateurs à la fois auto et moto, la moto représentant de 20% à 50% de leur activité. Pas beaucoup d’élèves, pas beaucoup de moyens, une piste « privée » souvent composée d’une route désaffectée ou d’un parking plus ou moins squatté…
La pédagogie se résume le plus souvent à mettre les élèves directement sur les parcours plateau, pour les faire bachoter…
Bref, de former à l’examen du permis (enfin, surtout le plateau), mais pas à la conduite.

En même temps, difficile de leur jeter la pierre : ils sont pris entre le marteau et l’enclume, entre un patron (on dit un « exploitant », ça dit bien ce que ça veut dire) qui demande toujours plus d’efforts et de temps de travail pour un salaire peu motivant et des élèves qui sont aussi des clients, qui demandent (pour la plupart) le moins cher possible, le moins d’heures possible et surtout une réussite rapide à l’examen.

On en voit beaucoup sur le bord des pistes, de ces moniteurs usés, blasés, désabusés. Ils viennent au boulot en traînant les pieds, ils ne s’investissent plus, ils ne s’impliquent plus auprès des élèves, ils ne sont plus actifs. Ce sont juste des loueurs de piste et de moto, mais plus des enseignants. Bien sûr, ils sont présents physiquement, mais ils font le minimum et passent le plus clair de leur temps au téléphone.

Beaucoup d’entre eux sont âgés, en fin de carrière, ils n’ont plus l’énergie ou la possibilité de se reconvertir. J’en vois aussi qui ont 30 ou 40 ans, qui pourraient changer de métier, puisque celui-ci ne les satisfait visiblement pas. Mais c’est tellement plus confortable de rester protégé dans son statut de salarié en CDI, de se plaindre sans essayer d’améliorer la situation…

Mémoire et anticipation

Une autre réalité du métier et une autre différence entre la formation voiture et moto est qu’en A, nous utilisons beaucoup moins le livret d’apprentissage et les fiches de suivi.

La pédagogie par objectif où vous construisez votre séquence pédagogique avec une évaluation théorique à partir des documents pédagogiques avant chaque cours, c’est de la blague !
Personne ne fait ça, c’est du temps perdu, donc de l’argent perdu.

En voiture, on n’a qu’un seul élève, on peut prendre le temps de faire le point avec lui en trois minutes en début de leçon.
En moto, si vous croyez que l’élève qui paie 40 ou 50 euros de l’heure de sa poche va vous laisser 5 minutes pour faire le point avec chacun des deux, trois ou quatre autres élèves, vous rêvez.

Par conséquence, tout dans la tête !
Vous devrez vous remémorer pour chaque élève les difficultés qu’il a rencontrées la fois précédente ou les progrès qu’il a pu faire.

Il vous faudra aussi retenir l’ensemble des parcours routiers au départ de l’école et du centre d’examen et les apprendre par coeur, avec tous les endroits difficiles, les carrefours piégeux, les difficultés qui peuvent surgir ou pas.

En effet, à la différence de l’enseignement voiture, vous n’êtes pas dans la voiture avec l’élève, vous ne découvrez pas les situations en même temps que lui, ce qui est déjà assez difficile et éprouvant, surtout au début.

En moto, c’est pire : vos élèves sont devant vous, à plusieurs dizaines de mètres devant, et découvrent des difficultés que vous ne pouvez pas voir.
Quand vous suivez trois motards débutants avec des différences de niveau, le premier peut parfois prendre plusieurs centaines de mètres d’avance. Il vous faut le guider et prévoir les difficultés, tout en gardant un oeil sur celui qui roule juste devant vous.

Vous devez donc connaître et retenir tous les endroits où vos élèves vont pouvoir s’arrêter en sécurité ou faire demi-tour pour se regrouper ou vous attendre, voire se reposer.

Cela demande une excellente mémoire et une grande capacité d’anticipation, surtout quand vous débutez ou quand vous changez d’entreprise et découvrez une région, une ville, un nouveau quartier…

Il faut aussi de l’à propos, des réflexes rapides, la capacité de réfléchir vite pour trouver une solution quand les élèves se perdent ou suivent des directions différentes, le tout sans mettre quiconque en danger, sans surprendre ou gêner ni vos élèves, ni vous-même, ni les autres usagers.

N’oubliez pas que, si votre élève provoque un accident de la route, c’est toujours de votre faute. En tant que formateur pro, vous êtes considéré comme conducteur responsable par l’assurance et par les forces de l’ordre. Vous êtes responsable de la sécurité de votre élève, mais également de celle des autres conducteurs.

Et ce, quel que soit votre état de fatigue physique ou mentale.

Ce n’est pas évident quand vous enchaînez les leçons de conduite. La fatigue ne doit pas empêcher de rester aux aguets en permanence : tôt le matin quand il y a du brouillard, le soir quand il pleut, la journée en plein été sous le soleil qui tape…
Vous devez être capable de rester attentif en toutes circonstances.

Il faudra savoir analyser une situation et anticiper un danger.
Vous devez analyser les gestes et le regard de vos élèves, en même temps que primo la route et secundo la conduite des autres conducteurs.
Croyez-moi, au début, c’est épuisant.

Perso, j’ai mis deux à trois ans pour savoir gérer tout ça sans terminer la journée avec le cerveau qui me coulait par les oreilles.
La première année, j’étais tellement fatigué en fin de journée, après six à huit heures de cours en voiture, qu’il m’arrivait régulièrement de m’endormir ou somnoler pendant quelques secondes ou dizaines de secondes… Pas idéal pour la sécurité !
Sur ce point, l’expérience fait la différence.

Le goût du contact et le sens du relationnel

Les différentes qualités que j’ai citées ci-dessus feront déjà une grosse différence entre un bon et un mauvais formateur.
Et pourtant, ce n’est pas suffisant !

Etre un bon formateur moto, c’est aussi rassurer et encourager ses élèves !
Et pour ça, encore une fois, il faut les aimer.

Ils doivent se sentir confiants pour pouvoir oser une nouvelle technique, un nouvel exercice.
Ils doivent sentir et savoir que vous n’allez pas les critiquer, les dénigrer, mais que
vous êtes là pour les encourager et leur permettre de progresser.
Vous leur dites, clairement et complètement, ce qu’il faut faire pour y arriver et vous les félicitez quand ils y sont arrivés.

La pédagogie, c’est aussi savoir déminer les pièges, prévoir et annoncer les difficultés qu’ils pourraient rencontrer.
Pour un élève, c’est rassurant d’avoir un prof qui lui explique tout ce qu’il doit faire, du début à la fin de l’exercice, qu’il n’y ait aucune place pour l’hésitation ou le doute.
Or à moto, le doute amène la crispation et donc le danger.

A moto, la sécurité des personnes et des matériels doit être votre priorité. Le risque physique est présent en permanence. Vous devez le garder à l’esprit et adopter une attitude de prévention des risques.
A moto, la méthode essai-erreur n’a pas sa place !

Pour pouvoir apprendre et progresser, vos élèves doivent donc se sentir rassurés, en confiance.
Et c’est à vous de créer les conditions de cette confiance.

La confiance, c’est aussi la confiance en soi. Et là, la motivation est essentielle.

Or il arrive toujours un moment lors de l’apprentissage où l’élève se décourage ou au moins se pose des questions, surtout après un échec, que ce soit à l’entraînement ou à l’examen.
C’est à vous de trouver les mots pour l’encourager à continuer de progresser, qu’il ne faut pas baisser les bras.

Parfois même, il faut conseiller à l’élève de faire une pause dans ses leçons  pour prendre du recul, car certains se mettent tellement la pression qu’ils ne progressent plus.

C’est dire s’il faut savoir faire preuve à la fois de psychologie et de diplomatie, tout en restant ferme sur le fond.
Connaître la psychologie humaine vous aidera beaucoup dans ce métier. Mais ces connaissances ne trouveront leur véritable utilité que si vous aimez vos élèves, si vous vous préoccupez d’eux, et surtout de leur sécurité.

Pour résumer, un bon formateur moto doit avant tout :

  • avoir un bon contact humain,
  • être TRES patient et pédagogue,
  • avoir de bons réflexes pour réagir vite et correctement dans des situations dangereuses,
  • avoir une bonne résistance physique et nerveuse.

Et la passion alors ?

Vous remarquerez que, dans tout ça, je ne parle pas d’un élément pourtant souvent mis en avant par les moniteurs moto : la passion de la moto.

Je vais en choquer beaucoup, mais pour moi, un motard « passionné » fera souvent un mauvais formateur moto !
Je préfère un formateur passionné par l’enseignement plutôt que par la moto.

Car que signifie la passion de la moto ?
Pourquoi se dit-on « passionné » ? Pour beaucoup de motards, cela veut dire « aimer faire de la moto ».

Pourquoi ai-je dit en introduction qu’il régnait depuis longtemps un malentendu sur ce métier de formateur moto ?
Parce que beaucoup de futurs formateurs croient qu’ils vont être payés à faire de la moto et déchantent ensuite.

Quand on travaille en tant que formateur moto, on passe en fait très peu de temps en selle.
La plupart du temps, on est sur le plateau, à pied, en train de marcher ou de courir, pour aller remettre les plots et les piquets, pour aller donner un conseil ou rectifier une position, pour aller ramasser une moto tombée au sol.
Le reste du temps, on est en circulation, le plus souvent en voiture, car très rares sont les écoles où le formateur accompagne à moto les cours sur route.

Dans la plupart des écoles moto, la piste d’entraînement ne se trouve pas à côté du bureau ou du garage des motos.
Il faut donc emmener les élèves jusqu’à la piste, y compris les grands débutants qui ne savent pas du tout conduire une moto. Et comme la piste est souvent un lieu public, non clos, sans abri, il faut pouvoir emmener tous les plots et les piquets. D’où la nécessité de la voiture.
Et pour accompagner aux examens, il faut obligatoirement une voiture pour emmener l’inspecteur.

Moralité, le formateur moto passe une grande partie de son temps en bagnole.

Les seuls moments où il va enfourcher une bécane dans le cadre de son travail, ce sera lors de démonstrations sur le plateau.
Ah, les démos… Certains ne jurent que par ça, un peu parce que c’est l’occasion de faire de la moto, beaucoup parce que cela leur permet de frimer, d’épater la galerie.

Je me souviens d’une école moto où je débutais et où un des anciens m’a dit : « si tu veux que les élèves te respectent, il faut leur montrer que tu sais faire des roues arrière ! »
J’ai répondu que non, que j’allais gagner leur respect en leur montrant que j’étais surtout capable de les aider à maîtriser la moto.

Je me souviens d’un témoignage de motard débutant sur ce site qui disait : « mon moniteur est sympa, quand on achète notre première moto, on la lui amène et il la teste en wheeling et en stoppie pour voir si elle est bien… »
Est-ce vraiment le plus important pour une première moto ? Est-ce le rôle d’un formateur de conduite et de sécurité routière ?

Pour beaucoup de motards, surtout les hommes, surtout les jeunes (pas tous, heureusement), la passion de la moto, ça se résume à rouler vite sur route (surtout en ligne droite) pour se faire des sensations.
Et ceux qui deviendront moniteurs risquent fort de transmettre cela à leurs élèves, de les conforter dans cette attitude accidentogène et meurtrière.

Pour un motard « passionné de moto », la pratique moto constitue avant tout un plaisir égocentré, individuel, voire au mépris des autres.
Ceux qui aiment rouler vite sur route, au milieu du trafic, le font « pour se faire plaisir », pour leur plaisir à eux tout seuls, sans penser aux conséquences pour autrui.

C’est l’inverse total de l’attitude du formateur moto qui se consacre avant tout aux autres et doit se montrer responsable en toutes circonstances, en pensant toujours aux conséquences de ses actes / décisions pour ses élèves.

Si vous aimez juste « faire de la moto », ne devenez pas formateur moto !

Par contre, si la passion de la moto signifie vous intéresser à la pratique moto, comprendre les différentes techniques de maniement, étudier la mécanique, travailler à améliorer la sécurité routière des motards… alors vous ferez sûrement un bon formateur moto.

C’est le genre de passion qui donne envie de se bouger et d’essayer de rendre son boulot intéressant.

Cela suppose de se remettre en question régulièrement, de suivre des formations continues, de reprendre des études parfois, de lire beaucoup de bouquins de psycho-pédagogie, de pratiquer un max de disciplines moto pour en apprendre ce qui peut servir aux élèves…

C’est pratiquer la formation initiale, mais aussi le perfectionnement post-permis, savoir gérer tous les formats de cours, de 1 à 20 élèves…

C’est savoir s’adapter aux différents publics, gérer les ados de 14 ans comme les papys de 70 ans, les hommes et les femmes, les grands et les petits, les gros, les gringalets… pour savoir se mettre à leur place, les conseiller, donner des tuyaux pratiques et utiles, pas des généralités creuses et vagues.

Cela peut être de pratiquer la compétition, le sport moto avec toutes ses disciplines, éventuellement jusqu’à passer le brevet d’Etat d’éducateur sportif moto.

Cela peut être de voyager, de découvrir d’autres réseaux routiers que celui de la France, d’apprendre d’autres réglementations, de côtoyer d’autres cultures motardes, pour mieux comprendre les spécificités de notre pays.

Cela peut être de devenir formateur de moniteurs, d’encadrer des stages de perfectionnement ou des stages de récupération de points.

Cela peut être de devenir bénévole, de s’engager dans des associations et des actions de sécurité routière.

Cela peut être d’encadrer des groupes de motards touristes ou randonneurs, de passer un certificat de qualification professionnelle pour l’encadrement ou l’initiation.

Plein de choses, en fait, mais qui demandent des efforts, du temps, de la motivation, de l’engagement… donc de la passion !

Pour moi, la profession n’a pas besoin de passionnés de moto.
Elle a besoin de formateurs passionnés par leur métier, compétents, professionnels, sérieux et rigoureux, de préférence en restant humains et chaleureux.

 * * *

Conclusion

Pour dire les choses brutalement, j’en ai marre des moniteurs moto sympa et « passionnés » !

C’est toujours mieux d’avoir de l’humour, de faire des blagues, de faire rire les élèves… C’est bien de raconter sa vie, de partager ses expériences. C’est pas mal de savoir faire des acrobaties avec une moto.
Mais au bout du compte, est-ce que ça suffit ?
Est-ce que cela doit être la priorité d’un formateur de conduite moto ?

J’aimerais moins de moniteurs sympa et plus de formateurs compétents.

Et compétents, cela veut dire avant tout pédagogues.
Avec tout ce que cela implique et que j’ai détaillé dans cet article.

Or si la pédagogie peut s’apprendre, elle ne sera efficace que si elle vient en plus d’un état d’esprit favorable à son épanouissement.

  8 comments for “Devenir formateur moto

  1. Simone
    19 août 2019 at 20:14

    Bonjour,
    J’ai lu votre article avec passion et intérêt. Vous avez un style d’écriture très agréable et clair. Vous dites bien les choses telles qu’elles sont, bien que je n’aie enseigné que le B. Je me suis souvent reconnue dans vos remarques et interrogations.
    Je m’interroge à propos des nouveaux enseignants. Si leur formation équivaut à un Bac+2, ils ne vont pas vouloir se faire payer au SMIC…? Et donc ça va faire augmenter les tarifs des auto-écoles.. Qu’en pensez-vous ?
    Merci encore pour cette analyse super intéressante

  2. depeyre
    15 août 2019 at 08:43

    bjr,j’adhere a votre analyse
    cependant je deplore que vous n’ayez pas abordé le sujet du bsr recemment nommé permis AM.
    d’ailleurs si vous savez ce que signifie AM je suis preneur car ici personne n’a su me dire( inspecteurs,etc)
    et oui l’am..
    accueuillir 3 gamins qui parfois n’ont meme jamais fait de velo et ne savent pas de quel cote du guidon se trouve l’accelerateur et devoir les former en 7h ,8 aujourd’hui sans connaissance aucune du code de la route.
    n’est ce pas la la meilleure facon de savoir si la pedagogie qu’on applique est efficace?
    parce que la la passion moto etc on s’en tape .
    on veut que le gamin ait son 2 roues car on en a marre de le trimballer partout mais on s’imagine que celui ci va devenir un conducteur en l’espace de 7 heures alors qu’on exige 20 partout ailleurs minimum?
    je regrette que vous n’ayez pas abordé la problematique de l’abs sur les motos qui forment de légions de motards qui ne savent pas freiner et du coup qui facilitent encore plus la vie des monos branlos
    j’aurai aimé votre vision sur ces themes .
    merci

    • FlatFab
      15 août 2019 at 10:53

      Le permis AM est traité ici : Tout savoir sur le BSR (permis AM).
      L’ABS est traité ici : Le point sur : l’ABS de série en 2016.

      Dans l’expression « permis AM », le « A » désigne la catégorie de véhicules, comme dans A1, A2 et A, et « M » veut dire « moped », mot anglais pour « cyclomoteur ».

      Pour le reste, rappelez-vous que Passion Moto Sécurité n’est pas un site dédié aux formateurs, mais au grand public motard, notamment aux débutants.
      Il n’a pas pour vocation de relayer les débats et discussions entre formateurs professionnels, même si je les aborde de temps en temps.

      J’ai rédigé trois articles sur ce thème pour présenter ma vision du métier, mais ce n’est pas l’essentiel du site qui en compte plus de 200.
      Réflexion sur la formation initiale
      Mes propositions pour la sécurité routière des motards

  3. Leo
    12 août 2019 at 09:55

    Salut Fabien et merci pour cet article qui apporte ton expérience et ta vision personnelle de ce métier.

    Une reconversion qui serait intéressante à connaitre est celle qui comme toi propose des formations post-permis : Maniabilité sur route, sur piste, en tout-terrain… qui pour le coup s’adresse peut être aussi aux passionnés ?

    Un avis sur la question ? Est-ce que ce type de métier s’adresse à d’anciens (ou actuels) professionnels comme toi : des pilotes ? Des formateurs ? Ou bien après une formation (lesquelles ?) on peut aussi se lancer dans l’aventure de la formation post-permis ?

    Merci à toi pour ton regard éclairé sur le sujet =)

    • FlatFab
      12 août 2019 at 13:05

      Salut Leo,

      Dans l’état actuel des textes, les formateurs en perfectionnement post-permis relèvent du même régime juridique que ceux en formation initiale.

      N’importe qui peut le faire, y compris sur la voie publique, sans condition de formation ou de diplôme, tant que c’est à titre gratuit, sans se faire payer.
      C’est sur cette base que fonctionnent les animateurs – moniteurs bénévoles de la CASIM, par exemple.

      Un pilote pro ou amateur n’a pas le droit de faire de la formation à titre onéreux, en se faisant payer.
      Pour en faire son métier, il a l’obligation de passer un brevet d’Etat d’éducateur sportif (BEES), en général dans sa spécialité, ou un certificat de qualification professionnelle (CQP).
      Mais dans ce cas, il doit se cantonner à des terrains privés (circuits, pistes ou terrains), il n’a pas le droit d’enseigner sur la voie publique.
      Le CQP d’initiateur en motocyclisme est clair sur ce point : « exclusivement sur des circuits et terrains fermés à la circulation » et « sur des sites non ouverts à la circulation publique ».
      Pour le CQP de guide de randonnée moto, il y a un flou car la rando peut passer par des routes ouvertes à la circulation et rien n’interdit au guide de donner des conseils de conduite.
      Normalement, ces CQP visent des emplois temporaires (temps partiel, saisonniers et occasionnels), mais rien n’empêche d’en faire son métier principal.

      Un autre flou juridique existe autour des motocyclistes d’administration, dont certains arrondissent leurs fins de mois en faisant de la formation dans des organismes privés, avec l’accord de leur hiérarchie, mais sans détenir de diplôme d’enseignant.
      En général, ils se cantonnent à des sites privés, sous la responsabilité de leur employeur.
      Certains encadrent des groupes sur la route ce qui peut poser des soucis juridiques en cas d’accident car, même en service, ils sont censés se limiter à un rôle de conseil, pas de formation.

      Bref, pour pouvoir exercer à temps plein, en toute légalité, sur la voie publique et à titre onéreux… il faut avoir le statut d’enseignant de conduite, donc être titulaire du TP ECSR.

      • Leo
        12 août 2019 at 15:57

        Merci pour ces informations précises, exhaustives et pertinentes… comme d’habitude 😉

    • Sylvie excoffier
      19 août 2019 at 01:26

      Bonjour Fabien, merci pour cet article qui me réconforte et me désespère a la fois ! Je m’explique : a 51 ans , sans aucune expérience des 2 roues j’ai entrepris de passer mon permis … Pas terrible mais encore pire : je suis une femme… Je me suis montrée bien naïve malgré mon âge !! Je croyais que le rôle du moniteur etait de m’apprendre a conduire… Que nenni ! Bilan : 30min de découverte sur une 125 puis 2x3h facturees (sur une 500) 1h30 de parking + 2h de circulation + 2h30 de ‘divers’ (attente moniteur, pleins de la voiture et moto, 1h passée en voiture pour cause de gilets jaunes pour accéder au parking… Tout ça pour m’entendre dire que  » c’est limite dangereux en circulation et je ne veux pas que tu aies un accident avec l’auto-ecole ». Trop drôle ! J’ai même pas appris à freiner alors demerde toi comme tu peux ma poule pour le démarrage en petite côte en circulation … bref ! Je pensais avoir pris la mouche et vexée en être venue a juger un peu sévèrement mon ‘cher’ moniteur tout jeune papa et fan de telephone. Ton article me réconforte en cela : ce ne serait donc pas une simple vue de mon esprit de vieille femme ?! Et il me desole : comment trouver un formateur a ton image ?! Un vrai enseignant, qui explique les choses, qui donne des conseils, corrige, prend en compte la singularité de l’élève et ne l’envoie pas sur la route si il ne l’en juge pas apte. Pour la petite histoire j’ai donc laisse tomber le permis et passe la formation 125 sur les ‘bons’ conseils de mon moniteur (dans la même moto école mais avec un autre). Il me reste a m’en acheter une ( des conseils ?) et … a aller m’inscrire dans une autre auto école, je vais quand même pas abandonner si vite non mais !!
      Encore merci pour tes articles : ils m’ont appris bien plus que mes quelques heures de leçons
      Sylvie

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