Débuter sur sportive

Il est généralement déconseillé de choisir une sportive comme première moto. Ce n’est pas pour rien que la majorité des assureurs refuse de couvrir les motards débutants sur ce type de machines. Plutôt que de choisir n’importe quoi et de s’exposer à de gros ennuis, voici quelques conseils pour acheter une sportive de faible cylindrée et/ou adaptée aux débutants.

Cet article a été écrit par Macareu, auteur contributeur du site Passion Moto Sécurité.

Qu’est-ce qui change entre une sportive et un roadster ?

Généralement sur une sportive, tout est pensé pour la performance, pour l’efficacité sur circuit.

ninja-300Le moteur est le plus puissant possible.
Il n’est pas fait pour évoluer dans les bas et moyens régimes, on ne cherche pas à avoir une moto coupleuse, mais simplement puissante pour être rapide.

Le châssis n’est pas permissif.
Sur circuit, on n’a pas/peu besoin d’improviser : une fois qu’on est lancé sur la bonne trajectoire, on y reste.
Il ne sera pas facile de corriger une trajectoire si vous voyez un obstacle. Le châssis demande également plus d’engagement physique, il faut être mobile sur la moto sous peine de ne pas arriver à tourner correctement sur certains modèles.

La position n’est pas confortable.
On est très basculé sur l’avant pour attraper les demi-guidons ou les bracelets, qui ont comme avantage par rapport au guidon de permettre de mieux ressentir le train avant et d’être plus stable. Moins de bras de levier, c’est un avantage sur circuit mais pas forcément sur route.
Les jambes sont très pliées : en remontant les repose-pieds, on gagne en garde au sol, on perd évidemment en confort, mais là aussi on s’en fout sur circuit, vu qu’on reste rarement plus de quelques secondes d’affilée assis sur la selle : on est mobile, on déhanche.

Les suspensions sont réglées pour attaquer.
N’attendez pas que l’amortisseur soigne votre mal de dos et la fourche est souvent plus ferme. Associée aux demi-guidons, vous ressentez bien plus les aspérités du bitume, mais également les chocs, le tout dans les avant-bras et les épaules.

Au niveau des aspects pratiques, on a vu une radicalisation des sportives à partir de 2000-2003.
Maintenant, elles sont tellement pensées pour la performance que certaines proposent seulement en option la selle arrière et les repose-pieds pour le passager !
Les rangements sous la selle n’existent généralement plus bien entendu, ne comptez pas non plus sur des poignées passager, ni des crochets pour arrimer quelque chose. Vous n’aurez pas non plus de jauge à essence par exemple.

L’assurance va également être généralement très dissuasive sur les modèles sportifs, à cause d’une accidentologie plus élevée.
Pour les assureurs, sportive = kéké = risque.

Pour la mécanique également, c’est un peu plus chiant, donc plus cher.
Les moteurs sont poussés à fond, ils tournent régulièrement dans les très hauts régimes, il faut mettre de l’huile de très bonne qualité et la changer souvent, contrairement à un roadster basique qui acceptera à peu près n’importe quoi.
Les carénages doivent être enlevés à chaque fois que vous voulez accéder au moteur.

En cas de chute, même à l’arrêt, vous allez tout rayer ou casser, là où avec un roadster, vous n’auriez eu à changer qu’un embout de guidon, un rétro et une pédale.

Après, il se pose un autre problème, c’est celui d’avoir une moto trop performante pour la route : qu’est-ce que vous allez en faire ?

Soit vous en profitez et vous roulez vite (très vite, trop vite) : il faut avoir le niveau, mais c’est un énorme kiff (très dangereux, bien entendu).
Soit vous allez rouler au même rythme qu’avec une autre moto, sauf que vous aurez l’impression que la moto s’emmerde, que vous n’utilisez que 10% du potentiel (ce qui est vrai), et vous n’aurez pas le côté gratifiant de savoir qu’on tord la moto à son maximum ou presque.

En quoi les sportives de petite cylindrée / adaptées aux débutants sont des fausses sportives ?

Les moteurs de 250 ou 300 cm3 ne sont pas orientés vers la performance : ce sont généralement des monocylindres pas très poussés, on n’est pas dans l’optique de la performance maximale

Ce qui est vendu, c’est l’accessibilité des débutants à une machine qui ressemble visuellement à la grande sœur de la même marque.
Selon les modèles, le châssis peut être « bien », mais c’est pas vraiment des lames non plus, c’est souvent très orienté route et non piste, contrairement aux grandes

Les motos sont plus petites, plus basses afin d’être plus facile d’accès.
Souvent en revanche, elles gardent le côté « pas pratique au quotidien » pour vous habituer à vivre à la dure.

Vous allez souvent vous retrouver à payer cher en assurance quand même, car ça ressemble à une sportive.

La position est souvent un peu bâtarde : en gros, vous avez des demi-guidons, mais le triangle selle – repose pieds – guidon ressemble plus à celui d’un roadster qu’une sportive.

Donc si vous voulez une sportive / rêvez d’une sportive / avez passé votre permis pour avoir une sportive… dites vous qu’il est préférable de commencer sur un roadster et d’ensuite prendre une sportive, plus tard, plutôt que de choisir une sportive pour débutant.

Je ne dis pas qu’il faut absolument les éviter, mais il faut les choisir pour les bonnes raisons (pour le look par exemple), mais pas en pensant que c’est simplement une sportive avec un plus petit moteur.
C’était vrai à l’époque des 400 cc 4-cylindres comme les ZXR 400 / VFR 400 / CBR 400… une catégorie de sportive avec un moteur aussi poussé mais moins puissant, qui n’existe plus à l’heure actuelle.

* * *

 

  6 comments for “Débuter sur sportive

  1. 8 août 2016 at 11:50

    Je vais passer mon bsr cette semaine et j’ai une moto 50cc qui est une sportive rieju rs3 de 2012 .
    Est ce que c’est bon pour débuter ?

    • FlatFab
      8 août 2016 at 16:07

      Pas le meilleur choix, mais tant que tu ne débrides pas et que tu restes raisonnable, cela ne posera pas de problème.
      De toute façon, comme tu as acheté la moto avant d’avoir le permis, tu ne vas pas changer maintenant, n’est-ce pas ?

  2. Ricky
    1 mars 2016 at 08:36

    Bonjour à tous,

    Un petit truc pour comparer l’assise entre les différents types de moto.

    Avec une photo de profil de la moto, tirer un trait horizontal passant par l’embout du guidon.
    Sur une sportive (gsx-r, R6, R1, Zx-10R…) ce trait arrive juste au niveau de la selle.
    Sur des sportives d’initiation comme la ninja 300, R3, … ce trait passe nettement plus haut que la selle d’où une position moins couchée.
    Sur des roadsters ce trait passe encore plus haut.

    Amicalement,

    Ricky

    • Patrick
      28 avril 2016 at 10:07

      Ricky,

      Tu as aussi un site très sympa http://cycle-ergo.com/ qui permet de voir la position sur la moto etc en fonction d’une multitude de paramètres.
      Cela permet déjà d’avoir une idée de la position, avant un essai.

      • Ricky
        29 avril 2016 at 09:41

        Vraiment pas mal fait le site cycle-ergo.com
        On voit clairement la différence de position entre les machines.

        Amicalement,
        Ricky

  3. Jojo
    16 décembre 2015 at 19:12

    À la lecture de cet article, il me semble que ces mini-sportives ne présentent guère d’avantages pour un jeune mais qu’en est-il pour un vieux motard ?

    Un petit retour d’expérience vite fait ?
    Allez, mets ton casque,enfiles tes gants, tes bottes (mets des bottes, c’est bien les bottes de moto) et ton blouson aussi.
    Sors ton futal en cuir si t’en as un et monte par-là-bas-dessus !

    Motard depuis 16 ans et gros rouleur, j’ai opté pour une de ces micro-machines (YZF-R3 2015, 320cm³, 42 bourrins) en remplacement d’une noble Kawa ER6-F 2011 qui commençait à être trop bornée et moins fiable (22 000km/an sur voie rapide).

    Ce que j’en attendais :
    – Consommer moins de carburant (de 4,8 litres au cent avec l’ER6-F, je passe à 4 litres au cent)
    – Bécane très légère (pour un petit gabarit, 50 kilos en moins c’est un gros bonheur à chaque instant)
    – Faible coût d’achat (Outremer les bécanes sont hors-de-prix, un VFR 800 tâtonne les 18 000 € TTC ici)
    – Facile à faufiler dans les embouteillages (c’est une aiguille cet engin, surtout avec les rétros rabattables)

    À l’usage, ce que ça donne :
    – Une machine utilisable à 100% de ses capacités sur route ouverte (c’est rare, même très rare et ça peut être jouissif à l’usage pour un motard expérimenté)
    – Une impossibilité de transporter un/une passager(e) : c’est clairement pas fait pour, trop inconfortable et fort peu polyvalent
    – Un entretien plus onéreux qu’une routière (vidange tout les 5 000 bornes en pure synthèse vu que le régime moteur moyen se situe à 9 000tr/mn)
    – Une machine facile en toutes choses (en dessous de 7 000tr/min c’est une grosse 125 et au dessus, jusqu’à 13 000tr/min, c’est une moto avec un couple maximal de 3 qui ne fait jamais de frayeurs malsaines à ta femme)

    Et ce que n’est certainement pas cette machine :
    – Une faiseuse de veuve (ABS pas trop pourri, ça freine très bien quand on ose appuyer fort et ça accélère jamais de trop 😐 )
    – Une bécane de cacou (ça fait le bruit d’une mobylette kittée au ralenti, il faut savoir assumer fièrement le ridicule de la situation au feu rouge)
    – Une machine discrète (ça fait quand même un bruit très inhabituel et ça attire l’œil sévère)
    – Une sportive pour jeunes (les jeunes, prendez n’importe quel six et demi bien entretenu et pas trop cher d’occaze histoire de vous faire la main à la cool, vous verrez le reste plus tard, chaque chose en son temps les jeunes)

    Voilà, trêve d’objectivité maintenant.
    Après 4 mois d’utilisation et bien qu’étant toujours en phase d’apprentissage, il est temps de laisser parler le cœur.
    Au quotidien, j’ai retrouvé un certain plaisir de rouler assez vintage : légère, maniable, douceur et rigueur, tout en contrôle sans pourtant s’interdire de pousser le moteur ou le cadre à fond : de toutes façons, ça ne pousse guère quand on est habitué à plus gros et la partie cycle est amplement suffisante pour encaisser tout ce que le moteur peut délivrer ou tout ce que vous lui ferez subir.
    L’étagement de la boite de vitesse est parfaitement adaptée à la courbe de puissance de l’engin et on a du mal à croire qu’on roule sur un bi-cylindre tant la plage d’utilisation moteur s’étire en longueur. Oh, cette machine semblera manquer de couple à beaucoup d’anciens et c’est indiscutable : ça ne pousse guère, c’est une machine calibrée pour l’apprentissage et du coup, mon pignon de sortie de boite risque bien de se voir amputé d’une dent ou deux lors de la prochaine révision : la vitesse de pointe ne m’intéressant guère et la bougresse y gagnera en caractère pour 30 €.

    Bref…
    En attendant qu’un constructeur nous ponde un 400 cm³ trois cylindres pas trop cher, avec un tout petit compresseur façon Ninja haut de gamme, juste histoire d’optimiser un poil la consommation tout en conservant un vrai caractère de moto à haut régime, ben je roule par-là-bas-dessus et je vous salue bien ! 🙂

    Pour ma part, je continue à m’entrainer à faire des huits à basse vitesse sur cette bécane, j’en suis pas encore à lâcher la main extérieure au virage comme sur l’ER6 et je peste sur la difficulté de manœuvrer l’engin lors des virages à droite, lorsque j’ai la main coincé contre le réservoir alors même qu’il faut que je dose l’accélération avec le poignet coincé contre le réservoi, pas cool ça…
    Franchement, un réservoir asymétrique côté droit m’aurait pas mal facilité le boulot, je précise que je suis gaucher et donc malhabile de la main droite.

    Grand V à tous et soyez bien prudents sur les routes, pour vous et pour les autres : ça passe avant tout le reste quand il s’agit de choisir sa prochaine monture.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *