S’équiper en bagages

Tous les motards doivent savoir voyager léger. Mais cette notion dépend de la bagagerie dont vous disposez, ainsi que des conditions dans lesquelles vous allez passer vos vacances : mode d’hébergement, climat, seul ou à deux…

Il faut garder en mémoire qu’une partie du volume disponible sera accaparée par quelques éléments de sécurité indispensables, comme un antivol et les papiers de bord: manuel du conducteur, livret d’entretien, photocopie des cartes grise et verte, gilet ou baudrier fluorescent, constats amiables pré-remplis, sans oublier un stylo en état de marche, voire un appareil photo jetable pour établir des preuves en cas de litige.
Bien utiles aussi, un manomètre pour vérifier la pression des pneus, un chiffon en micro-fibre pour tout essuyer (notamment l’écran du casque), des bouchons d’oreille, une tenue de pluie, des pièces d’équipement chaud comme un tour de cou et des gants d’hiver, surtout si vous prévoyez de faire de la montagne…

Pour que le confort des voyages en deux-roues soit le plus grand possible, de multiples solutions de bagagerie s’offrent à vous. Elles dépendent du voyageur que vous êtes, du type de monture que vous possédez et de votre budget. Les possibilités varient aussi bien sûr si vous voyagez seul ou en duo.

La sacoche de réservoir

Proche du centre de gravité de la moto, les sacoches réservoir sont idéales pour les objets assez lourds. Souples, parfois équipées d’un ou de plusieurs soufflets pour une contenance variable, les plus volumineuses dépassent les 30 litres.
Presque toujours munies d’un porte-cartes étanche pouvant accueillir un ou deux plis de carte (attention à l’introduction de la carte, parfois délicate), elles ont aussi des pochettes latérales où peuvent se glisser les divers tickets et cartes bancaires. Pratique, par exemple au péage.

Vérifiez que la sacoche comporte une housse de pluie (non intégrée de préférence), car leur étanchéité est souvent discutable. Comme pour toute bagagerie souple, emballer ses affaires fragiles dans des sacs plastiques reste une solution fiable pour les garder au sec.

Il existe plusieurs types de fixations. Les sacoches magnétiques se fixent à même le réservoir (à condition que celui-ci soit en métal) grâce à un système d’aimants. Elles sont intéressantes en termes de prix et faciles à placer. Il est cependant recommandé de bien nettoyer le réservoir avant installation pour le préserver de rayures que peuvent faire des poussières métalliques attirées sur les aimants. De même, pensez à poser la sacoche à l’envers quand vous l’enlevez du réservoir pour la laisser par terre ou sur une surface sale, afin de ne pas exposer le dessous de la sacoche et les aimants aux particules abrasives.
Petite ruse de Sioux: collez un film plastique type Véléda sous les aimants.

Les tapis de réservoir, quant à eux, ont l’avantage de protéger le réservoir des assauts du temps et de toute dégradation, sous réserve là aussi d’un entretien scrupuleux: des poussières peuvent se faufiler sous le tapis et user la peinture par frottement. Le tapis comprend des fixations pour des sacoches spécifiques au fabricant. Le point faible de cette solution, quasi exclusivité du fabricant français Bagster, réside dans son coût : à l’achat de la sacoche s’ajoute celui du tapis pour un montant parfois équivalent. Plus cher encore, mais plus classe et moins fragile, le couvre-réservoir carbone d’Yves Moillo, l’artisan sellier de Lyon.

Avant le départ, vérifiez bien que la sacoche ne réduit pas trop votre champ de vision. Une fois remplis à fond, les plus gros modèles cachent le tableau de bord (mais protègent aussi du vent) et diminuent la maniabilité de la moto si le guidon vient en butée contre la sacoche. Certaines risquent même d’appuyer malencontreusement sur des commodos quand vous braquez à fond.

Notez enfin qu’il vaut mieux éviter de laisser votre sacoche de réservoir sur votre moto si vous vous en éloignez. Rapides à installer et donc à enlever, interchangeables, elles peuvent être volées facilement !

Le top-case

Avec la sacoche de réservoir et le porte-paquet (d’origine ou adaptable), c’est l’un des éléments de bagagerie les plus courants, tout particulièrement utile en duo. D’une part, sa contenance peut atteindre les 50 litres. D’autre part, on peut l’équiper d’un dosseret qui augmente le confort du passager.
En parlant de dosseret, une autre option pour les sportives consiste à apposer un dosseret de selle-sacoche (dit aussi « fastbag »). Accessoire injustement méconnu, il se fixe sur la selle passager et conserve l’esthétique grâce à une bonne aérodynamique. Sa faible contenance peut être augmentée grâce à un soufflet zippé et il peut fermer à clef. Certains peuvent se transformer en sac à dos à l’arrêt.

Vérifier qu’une fois chargé, le top-case n’entraîne pas de risques pour la sécurité. Positionné loin en arrière du centre de gravité et en hauteur, il modifie l’aérodynamisme et la répartition des masses de la moto. Outre des turbulences, il peut engendrer des guidonnages en cas de délestage de la roue avant. Sur route cassante et à vitesse excessive, les vibrations d’un top-case trop chargé peuvent provoquer la rupture de son support ou même du cadre arrière. Le top-case est donc à réserver pour des vêtements ou objets volumineux, mais légers (sacs de couchage par exemple).
A l’arrêt, c’est le bagage idéal car verrouillable pour abriter un casque, voire deux pour les plus volumineux.
Pas d’illusion cependant, une serrure de top-case se fracture facilement, ne laissez pas d’objets de valeur dedans.
Certains top-case sont amovibles et peuvent facilement se détacher de leur platine pour se transporter comme une valise, très utile pour les monter dans la chambre d’hôtel.
Autre argument de sécurité passive: le top-case comporte souvent une surface réfléchissante à l’arrière, voire des catadioptres, et certains peuvent même être équipés en option de feux stop (reliés à votre feu arrière).
Le top-case – comme les valises latérales – repose sur une platine, elle-même fixée à la moto. Le prix annoncé de la bagagerie ne comporte souvent pas celui des supports, renseignez-vous bien avant de commander.

Les sacoches cavalières et valises latérales

Pour les motos non équipées d’origine (de série ou en option) de valises latérales rigides, il existe deux classes de bagages, sacoches souples ou valises rigides.

Les sacoches souples se fixent un peu à la manière d’une selle de cheval. Leur installation paraît assez simple, mais peut s’avérer piégeuse. Il faut veiller d’une part à bien les équilibrer, et d’autre part à les sangler pour qu’elles ne battent pas. Si le système de fixation passe sur la selle, il peut à la longue gêner le confort du passager. Il est donc préférable de le faire passer sous la selle en démontant celle-ci. A noter également que les systèmes de fixation fournis s’abîment rapidement et sont parfois insuffisants pour garantir la stabilité de l’ensemble. Mieux vaut avoir recours à des tendeurs supplémentaires. Abordables, extensibles, les sacoches latérales disposent de housses amovibles car leur étanchéité n’est pas toujours totale. Attention que les sacoches ne fondent pas au contact des pots d’échappement, de plus en plus souvent hauts, voire sous la selle. Les manufacturiers essaient de s’adapter à cette contrainte avec des protections thermiques. Ces sacoches peuvent être transportées en bandoulière ou sur le dos.

Les valises rigides sont faciles à installer une fois leur support permanent en place et présentent l’avantage d’être étanches. Elles sont détachables et transportables à la main. Mais si vous ne souhaitez pas vous encombrer, elles disposent d’un système de verrouillage et peuvent donc être laissées sur la moto en votre absence. Principal inconvénient : sur les motos non équipées d’origine, il faut installer un support spécifique, souvent non amovible et qui peut remettre sérieusement en question le charme de votre monture. Par ailleurs, supports et valises représentent un certain investissement, rentabilisé par une durée de vie importante. Faites attention les premiers temps : une fois équipé de cette bagagerie, l’arrière de la moto dépasse la largeur à laquelle on est habitué.

Le bagage de selle

Il se fixe sur le siège passager ou sur le porte-paquets. Des sacoches de selle, dites « soft-case », existent et ressemblent à celles de réservoir. On trouve aussi des sacs « polochon », de contenance variable (40 à 80 litres), à sangler à l’aide des fixations fournies ou de tendeurs. Mais pour emporter des bagages derrière soi, il n’est pas nécessaire d’investir dans un sac spécial moto. Un sac de marin ou un sac à dos étanche peut être fixé au moyen d’une « araignée », filet extensible muni de crochets – un accessoire extrêmement pratique et peu cher.

La remorque « bagagère »

Une réponse radicale à l’éternelle question de la place des bagages. Avec une remorque, pas de privation : sa grande capacité (jusque plusieurs centaines de litres) permet de ramener des souvenirs et d’emporter quantité de vêtements de rechange.
Les remorques bagagères dédiées à la moto restent assez peu répandues. Elles sont pourtant esthétiques et maniables, conçues pour ne pas gêner la facilité de circulation qui caractérise le deux-roues. Quelques rares fabricants se partagent le marché avec des produits très divers, à une ou deux roues, au look parfois futuriste et à des prix souvent élevés en raison du faible volume des ventes.

Le sac à dos

Ce n’est pas parce que vous n’avez pas de bagagerie sur la moto qu’il faut vous mettre les vertèbres en bouillie à cause d’un sac à dos mal chargé. Bien sûr, évitez de transporter près de votre colonne vertébrale tout objet rigide et solide: antivol, chaîne, raquette de tennis, bouteille en verre…
Réservez le sac à dos à des objets souples et peu épais, tels vêtements, papiers, gants de rechange, serviettes, etc. Et triez ! Virez le superflu, l’anodin, tout ce qui est gênant.
Et ce n’est pas parce que ce n’est pas vous qui le portez que vous devez y prêter moins d’attention. Un sac lourd lacère les épaules, fatigue les muscles, crée des turbulences, génère des courants d’air pour votre pauvre passagère qui joue le porte-bagage sur le strapontin de votre supersportive.

Dans tous les cas, le sac à dos doit être léger, rembourré dans le dos, avec de préférence une ceinture ventrale, voire un élastique sur le torse pour bien tenir les bretelles, avec des coutures solides et une matière étanche (ou avec housse de pluie).

Il existe aujourd’hui des sacs à dos spécifiques moto, équipés de bretelles préformées et de protections au niveau du dos pour plus de confort et de sécurité. Des serrages sont conçus pour favoriser la stabilité du sac, avec une housse pour l’étanchéité. Leur contenance peut varier de 10 à plus de 50 litres.
Certains sacs disposent d’un accessoire des plus pratiques : une housse de casque qui peut être fixée directement à l’arrière du sac à dos – il va sans dire que cette utilisation est déconseillée en roulant.
Même dans un sac à dos coqué, il faut absolument éviter de transporter des objets rigides et lourds (exemple typique: un antivol), très dangereux pour votre dos si vous chutez.
Vérifiez que la prise au vent du sac ne vous gênera pas sur une longue distance.

Le sac de casque

Les casques trouvent difficilement leur place sur une moto garée. Pour les casques intégraux et modulables, une solution consiste à les fixer à la moto avec un antivol flexible, doté d’une serrure àclef ou à code (une clef se vole, se casse ou se tord, un code s’oublie), qui passera à l’intérieur du casque et d’un élément fixe de la machine – poignées de maintien passager ou boucle de cadre. Les antivols pour vélos conviennent parfaitement.
Il est aussi possible d’en bricoler un soi-même avec : un mètre de câble inox ou galvanisé torsadé gainé de néoprène de diamètre 6 mm, un serre-câble plat à boulonner, un mousqueton pompier de 6mm et un collier type Rilsan ou à visser. Trouvez le meilleur endroit pour fixer le mousqueton sur la boucle du cadre par le collier en faisant attention qu’il ne ballotte pas et ne touche pas les bornes de la batterie. Le câble viendra faire une boucle dans le mousqueton, entourer la mentonnière, puis repasser dans le mousqueton. Une fois la bonne longueur définie, couper le câble (avec un coupe-boulon) et fermer la boucle avec le serre-câble en assurant avec une goutte de frein de filet.
Ces antivols retarderont le voleur chevronné et dégoûteront le chapardeur opportuniste, mais pas les malfaisants qui pourront s’amuser à pisser dans le casque, y verser de la bière, y glisser leurs mégots et autres blagues fines et spirituelles.

Si vous craignez pour la sécurité de votre heaume réplica dernier cri, il existe soit des sacs à dos spécifiques pour casque, soit des housses, fréquemment fournies avec le casque au moment de son achat (ne pas hésiter à la demander en cadeau). Ces dernières permettent d’abord de protéger le casque des petits chocs et des poussières. Elles constituent aussi des sacs de transport grâce à leurs bretelles ou aux cordons. Veillez à vérifier régulièrement la solidité de ces derniers, surtout au niveau des noeuds qui se défont lentement.

  5 comments for “S’équiper en bagages

  1. darkfaiteur
    15 février 2014 at 19:48

    Salut,

    Pour ce qui est de la bagagerie « four-tout », le sac furygan URBAN III convient très bien :

    Pour les vac il est possible de l’associé à un sac à dos, ou de le donner à votre passagère

    et Pour tous les jours, une petite sortie nécessitant de prendre une serviette, un sandwich, un peu d’équipement (sortie à la montagne), pour la ville ou même un sac de sport petite contenance (je l’utilise pour mettre mes affaires de natations et autre baskets et survêtement de sport) il convient parfaitement.

    Il peut remplacer une petite sacoche de réservoir pour environ 30-40€ et il est assez esthétique (à mon gout).

    Les serrage permette un bon maintient mais attention au scratch qui s’use très vite, une solution et de bien le scratcher une bonne foi pour toute.

  2. lartigue phil
    24 juin 2013 at 22:35

    Comment trsporter des raquettes de tennis en moto sans devoir les mettre ds un sac à dos pr des raisons de securite en cas de chute . Merci

    • FlatFab
      24 juin 2013 at 22:43

      En les mettant dans un grand sac de sport qui sera lui-même sanglé sur l’arrière de la selle. C’est le plus simple.

  3. Thomas
    15 avril 2012 at 01:13

    Bonjour,

    Tout d’abord, félicitation pour la qualité de ce site.
    Ensuite, dans cet article il est fait mention de sacs à dos moto (donc étanches et confortables pour la passagère) de grosse contenance (50L). Avez vous des exemples de modèles qui ont fait leurs preuves (donc que vous avez testé) et qui seraient, disons…abordables (80 euros)?
    L’idée est de pouvoir partir une semaine en vacances à deux avec comme bagage uniquement un sac à dos puisque ma moto (ER6n) n’est équipé ni de top case ni de sac à réservoir.
    Par ailleurs, merci pour l’info du sac Guy Cotten que je sangle derrière moi lorsque je suis seul. C’est parfait.

    Bonne continuation.

    Thomas

    • FlatFab
      15 avril 2012 at 23:33

      Des sacs à dos testés et approuvés, de grande capacité et à moins de 80 euros ?
      Impossible.
      D’ailleurs, un sac à dos moto ne saurait faire 50 litres de contenance, il serait bien trop grand et inconfortable (prise au vent).
      Les plus grands sacs à dos moto, comme le BMW Function, offrent 30 litres de capacité.

      Pour partir une semaine à deux sur une ER-6, il va falloir acquérir des sacoches latérales, souples ou rigides.
      Faut être logique : si tu veux voyager plus d’un week-end à deux, il faut une moto routière, pas un roadster basique.

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